MŒURS ET USAGES DES ANCIENS ME'XICAINS
Les Méxicains étaient beaucoup plus civilisés que les autres
eu,les de l’Amériqne, si l’on en‘excepte les Péruviens, Leur : vaste pays était sous la domination d’un empereur, qui envoy- :
ait dans les provinces des gouverneurs OM caciques, exercer l'autorité en son nom. Ils avaient des prêtres, un culte régulier, de grandes villes, ét des ârts qui excitèrent l'admiration des Européens eux-mêmes. "7 © :
* Al y avait dans’ tout le Méxique, depuis les provinces les plus éloignées jusqu’à la capitale, ‘à des distances réglées, des coureurs biens exercés, par le moyen desquels l'empereur était informé, en peu de temps, de tout ce qui se passait dans toute l'étendue de ses vastes états.
Chemin, ou de penu enduite de gomme, et pliées en forme de
Les Méxicains avaient des espèces de livres faits de par-
410 Maurs et ysuges des anciens "Méxicains, -
naient lieu de lettres, AUS LP à Ê © Ils avaient deg peintres qui déssinaient les objets d'après nature,.sur des toiles blanches de coton. Ils âvaient encore l'art de représenter des formes d’animaux, d’arbres et d’autres, objets, avec des plumes de différentes couleurs, disposées a. véc tant d'industrie, qu’on aurait cru voir des tableaux. | ” Les seigneurs méxicains étaient vètus d’un manteau de toile de coton, et suspendajent des pierres précieuses .à leur nez et à leurs oreilles : leur tête était ornée de panaches. Le roi portait une couronne d'or faite presque comme une mitre: d’évêque : sa chaussure était de plaques d'or massif, attachées avec des courroies et des haucles de même métal. Lès Méxi-. cains en général portaient une ceinture de coton, ou d’une autre étoffe faite de plumes: ce petit vêtement leur desçendait seulement jusqu'aux genoux. Leur tête était entourrée de,plumes. Lorsque les Méxicains. envoyaient deg ambassadeurs ; de: paix, ceux-ci étaient vêtus de blanc et portaient sur la tête des.
feuillets, Toutes sortes de figures: et de traits significatifs tes.
plumes blanches, Quand ils voulaient donner à quelqu'un des
marques d’un profond respect, ils avaient coutume de toucher la terre avec la main, puis de porter cette main à la bouche. . Les sacrifices humaines faisaient la principale partie des usages religieux du Méxique. Les Méxicains n’épargnaient: leùrs ennemis, 4 la guerre que our les faire: périr ensuite d'uñe manière plus crue | Le nombre de ces malheureuses victimes, égorgées le. même jour, se montait souvent à quelques milliers. . Il y a même des écrivaing qui le portent jusqu'à vingt-cinq mille; ce qui est sans doute une exagératidn.. La nation avait-elle eu Ja paix pendant quelque temps, et par conséquent manquait-elle de prisonniers à égorger, les pretres représentaient à l’empereur que leurs dieux avaient faim. Aussitôt, sur un ordre impérial;'on ahnonçait dans tout le pays, que les dieux avaient envie de faire uñ repas ; et re mot était le signai ‘de ia guerre” générale contre tous les peuples voisins. Dés qu’on avait a— menéun nombre suffisant de prisonn:ers, les prêtres sangüinaites: procédaient à la fête abominable de la manière suivante : | "| Les maälhèureuses victimes! étaient amenées dans le parvis
dutemple. Bientôt après, paraissaitun sacrificateur en robe :
blanche; tenant au bras une pri figure d’idole, faite de farinevei de miel, à qui, pour la, r s vuit fait les yeux verts et les dents jaunes. 11 montait aussitôt :
sur une pierre ‘-exhaussée, «et s'élevait par-dessus le mar: De là
il montrait à chacun des prisonniers ‘cette figure monstruetse, : ei lui-disait : ‘ Voila ton dieu.” : Alors il descendait, se mettré à-la-tête des prisonniers, et marchait avec eux, vers le lieu
le par le couteau de leurs prêtres.
“rendre plys effroyable, on ‘a-
où les direct PH guéni de pi ‘garnie noir caillo!
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| -heur de fopilsm, était revêtu d’une
Histoire naturelle. in
où les autres sucrificateurs les attehdaient; Celui qui avait la
direction de ces odieut sacrifices, et qui portait letitre d’honongue robe, bordée de
guénilles couleur de sang, ayant sur În tête ue couronne
‘de plumes vertes em) les oreilles et la lèvre inférieure ‘garnies d’anneaux d’
d'or montés en pierres ‘vertes, le visa noir conime du jais; et dans sa main il tenait un couteau à caillou large et pointu. Cinq aütres se tenaient à ses côtés dans leurs ornemens sacerdotaux et chacun d’eux faisait, dans “cette ‘exécution, la fonction qui lui était assignée. On égorgeait les victinies sur üne grande pierre, :” Alorsles prisoñiniers s’avançaient les uns après les autres : ‘on se saisissait du p'émier et on l’étendait sur la pierre, Deux des sacrificateurs lui tenaient les mains ; deux autres les pieds; Je ‘cinquième, le cou au môÿen d’un collier qu'on Jui. avait Ron ge et le sixième, appüyant la main gauche sur da poitrine, de la droite; lui oüvrait le corps du haüt en bas, arrachaït son cœur encbre palpitant et le tenait tourné vers le soleil, pour lui offrir les vapeuts qui s‘en exhalaient. Le-topilzin se tourndit ensuite vers l'idolé; et lui frottait la face avec le cœur de la Ÿittime, en murmurant quelques paroles mystérieuses. : Pendant cé temps; les autres prêtres pre-
. aient le cadavre, -et le jettaient en bas de l’escalier où se trou-
aient ceux Qui avaient âmené le prisonnier, et à qui il appartenait. Ils s'en sâisissaient, le portaieht chez eux, et le mangeaient avec leurs amis :
Les Méxicains, dans un tertain temps, célébraient une fête qu'ils appellaient, dans leut langue; d’un nom ‘qu’on peut rendre en français par celui d’écorcherie d‘hommes. : Voici en duioi cette fète consistait: Les prêtres M Hs les ptisonhiers destinés à être sacrifiés, et touvraient de fleur peau, eomine d’uti mantedh, les valets du temple: (Ceux-ci couraient cà et là par la ville, chantant et dansant devant toutes les maisons ; et il fallait que chacun leur donnât quelque chose pour les prêtres. Si quelqu'un voulait s’en dispenser, ils le frappres visage d‘un pan de la peat, jusqu’à qu’il fût tout bar-
uillé de sang. Cette txtorsion publique durait jusqu’à ce que la peau commengat à se corfümpre. (Bedutés de {6 Hietoire d'Amérique) |
- HISTOIRE NATURÉLLE:
Querqu'on ne.puisse décider positivement si la matière est
Givisible à l’infini, lès ar présentent cependant, dans Ja ducübilité des métaux; -üne idée de sa gtande didisibilité: . C’est
es
en Histoire naturelle,
peut-être le secours de l'art qui manque à l'homine, Auési; pour démontrer ce que la grossièreté de ses instrumens ne permet pas d'exécuter, nous observerons ce que la nature fuit faire tous les jours aux plus petits insectes. $ ‘
Tout le monde connait ce ver merveilleux “qui produit là soie : il a, sous sa bouche, deux filières par lesquelles il moule ce fil précieux. Des natu:alistes en, ont trouvé sur une de ses coques, 980 pieds, qui ne pesaient pas deux grains et demi, Ce fil, qui échappe presque à la vue, est cependant double, et collé dans toute sa lonfjueur ; ce qui revieht par conséquent à près de 2000 pieds, : . . . Ales
11 en est de mème de l'araignée : get insecte, qui ne se montre que pour périr, est celui qui peut le mieux, nous apprendre jusqu'où la nature sait allonger une liqueur, La soie dont elle enveloppe ses œufs, étant plus cassante que celle du ver à soie, ne peut devenir fléxible, \ $ avoir été extrèmement divisée ; aussi est-elle divisible à un point étonnant. Suivant la découverte de M. de R£’aumun, qui a fait l'anatomie de cet insecte, il a près de l'anus six ouvertures, dont chacune; plus fine qu’une tête d'épingle, donne passage à mille fils, et ces fils sont à l'égârd d’un cheveu, moins gros que n’est le trait-doré par rapport au cylindre dont il a été tiré. Cette. merveille se voit dans une grosse araignée qui fait ses œufs, Que serait-ce des petites, qui'en sortent sept à huit cents à la fois? A peine sontelles nées, et déjà ell s filent les toiles ; déja elles fournissent autant de fils que leurs mères. On peut juger de la ténuité de ces fils et de leurs filières, par la proportiun qui se trouve entre le corps de ln grande araignée et celui de sept à huit cent qui en sont sorties. Si lan én faisait le calcul, même en mettant aù plus bas piedi dit l'ingénieux historien de l’académie, on tomberait dans des abimes de petitesse, ct l’on aurait tort de penser que de fussent encore là les deniers. Ces petits êtres sont colossaux, si on les compare à mille autres, que la faiblesse de nus yeux nous dérobe, jt MS
Placés entre deux infinis, l’ün de grandeur, l'autre de petitesse, il s’en faut de beaucoup que nous appercevions tout ce qui habite sur la terre: Nous. voyons depuis l'éléphant jusqu'au ciron, que nous sommes éloignés de croire qu’au ciron commence un peuple d’animalcules, dont il.est l'éléphant; qu’üne goutte d’eau, grosse comme une graine de mille, en offre
jusqu’à 45000 ; qu’un grain de sable, presque invisible, en peut contenir 294,000/000, très vifs, très variés. Telles sont cependant les merveilles que le microscope a découvertes à plusieurs ph siciens célèbres, à Lavenœcx, à KeLt, à MAL£'siEU, à HR &oc, et qu’il peut découvrir tous les jours dans les infusions des végétaux, et jusque däns une goutte de cette écume
xpiers rèter (
Le les an force plutôt
Phénomènes Naturels et a:tificiels, 478
qui flotte sur les étangs. Mais nou: ne sommes point au ter-mé; dès que nous admettons l'existence de ce petit peuple, nous ne pouvons refuser de reconnaître des parties encore plus petites; et c'est même l’ordre et le nombre de ces parties
ui mettent ces espèces d’atomes au rang des animaux + ils ont des muscles, des nerfs, des veines, du sang; dans ce sang, des esprits, des humeurs, duus ceshumeurs, des géuttes, des vapeurs, composées elles-mêmes de mille autres corpuscules, insensibles, à la vérité, mais étendus, et par conséquent susgeptibles dé division. Que dire de la peau qui les couvre ? hérissée de poil ou de soie, peinte souvent de couleurs diffé rentes, elle porte quelquefois des créaturés encore plus petites, qui en soutiennent une multitude, à leur tour. AlHons plus Join, s'il est possible: ces animaux ont des petits; ceux-ci en renferment encore d’autres aussi bien organisés que les pre-miers; ainsi de suite, sans qu'en puisse, dit FE’NE’LOx, s’arrêter dans cette composition infinie d’un tout si infini,
Le microscope, en nous découvrant un nouveaü monde, que les anciens n'auraient jamais soupçonné, fait sentir toute la force de ce mot de Pascaz, sur l'imagination: elle se lassers plutôt de concevoir, que la nature de lui fournir.