MAGNETISME ANIMAL
Nous avons été déjà témoins des expériences curieuses exécutées à Toulouse par M. le comte de B.... Le document qui nous parvient est tout à fait authentique ; il raconte un fait qui s'est passé le 15 mars dans le département du Gers, chez M. le juge de paix du canton de Condom, et en présence de personnes dont quelques unes sont de notre connaissance. Jean... de Toulouse, âgé de 23 ans, était atteint d’un abcès par congestion, à la partie antérieure et supérieure de la cuisse : les gens de l’art qui donnaient des soins au ‘: ‘ade, dédlarèrent < que la ponction serait pratiquée, mais l’opératign exigeait la plus grande prudence et beaucoup de résignation, parce que l'artère crurale traversait la tumeur, développée d’une manicre effrayante.
M. le comte de B....… dont la force magnétique est remarquable, proposa de plonger le maïade dans l’état magnétique, du produire ie somnambulisme d’ abord, puis, d'établir l’insensibilité sur la partie du corps où devait ètre faite Popération, afin d'éparguer à Jean... des angoisses et des souffrances inévitables dans l’état de veille. Laproposition fut acceptée. Au bout de deux minutes, le malade fut plongé dans Pétat magnétique. Le somnambulisme se présenta presque assitôt, mais sans lucidité remarquabie, Jean répondait à son magnétiseur, qu’il cherchait en vain et qu’il ne pouvait voir son mal nf la cause de ce mal. Dès lors M. le docteur L...... fit, avec Ja plus grande dextérité, l'opération chirurgicale qui avait été juuée nécessaire, A plusieurs reprises, il plongea le stilet dans P ouverture faite par le bistouri, afin de donner issue à la ma.
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Epigrammes, &c. 481
tière purulente, lorsque son écoulement était empèché par des flocons albumineux. Le pansement fut fait ensuite. Pendant cette opération, Jean ‘demeura immobile comme une statue ; son sommeil magnétique ne fut nullement troublé ; et sur la proposition, agréée par MM. les médecins, de rompre l’état magnétique, M. de B...... réveilla spontanément ie inalade.
. M. le docteur R... s’approcha de lui, et lui demanda s'il voulait se soumettre à l'opération. Il le fant bien, puisque cela est nécessaire, répondit-il. C’est alors que M. R.., lui annon-
a qu’il était inutile de recommencer, puisqu’eile était faite.— L'éonnement du malade fut à son comble, lorsqu’on lui en fit voir la preuve. Il n'avait rien senti, rien éprouvé, et ne se rappelait absolument que l’action de M. B...., lorsqu'il appuya la paume de sa main sur son froni pour l’endormir.— Journal de Toulouse.
EPIGRAMMES, &c.
Ux vieux prélat, tout bouff de son nom, Frappé se ,:t d'humeur apoplectique.
Un vieux docteur, homme de grand renom, ) Appelé fut dans ce moment critique.
Près du malade il s’assied, prend le pouls :
Eh bien! dit-il, comment vous sentez-vous ?
. Point ne répond. Notre rusé Boerhaave Lui dit alors d’un ton un peu plus fort :
Monseigneur... Rien ! peste ! le cas est grave ! Prince...au plus mal! votre altesse...il est mort! . ‘ NE 5 18 M, LEBRUN.
Pres de mourrir, Florimont appela Un confesseur, et puis lui défila De ses péchés la kirielle étrange.
Son sermon fait, le prêtre s’en alla.
Florimont dit: “J’aime cet homme-la, Il m’a parlé de l'enfer comme un ange.
M. LEGOUVE’.
L'ARDENTE Eglé, coquette douairières
Se croit encore à ses premiers beaux jours, Et, poursuivant sa galante carrière,
Ne songe à rien qu’aux plaisirs, aux amours.
Et cependant le Temps, sur sa figure,
De son passage a sillonné linjnre :
ane D
Anecdotes ct Bons Mots.
La seule Eglé n’a jamais pu le voir.
Mais voulez-vous la laisser sans refuge,
Sans nul prétexte à son galant espoir ?
À son lever, sans bruit, sans subterfuge, Traduisez-la pardevant son miroir,
Comme un coupable en face de son juge.
M, SIMON de Troyes,
À ses amis Forlis promet tous ses services.
Comme ils se trompent, ses amis, S'ils jugent du cœur de Forlis
Par ses grands mots; par ses transports factices !
Ils ne savent donc pas que cet ami si sûr Est en tout point semblable à l’ombre :
Qui parait quand le ciel est pur, Et disparaît quand il est sombre. . M. cogrr. FF ME
Pourquor dans le grand Despréaux Admire-t.on jusqu’au moindre hémistiche ?
C'est que l’on ne croit pas qu’un diamant soit faux Quand on le voit au doigt d’un riche.
M. GORET, a Re—
ANECDOTES ET BONS-MOTS
: Un gentilhomme se vantait devant un paysan de l’ancienneté de sa noblesse: “Tant pis, monsieur, lui dit-il ; plus une graine est vieille, plus elle est sujette à s’abâtardir et à dégénérer.”
Le maréçhal d'Esrre’Es, âgé de 103 ans, ayant appris la mort de M. le duc de TR&MES, qui mourut âgé de 93 ans, dit: ‘6 C'était un corps cacochyme et tout usé; j'ai toujours pensé qu’il ge vivrait pas longtemps.”
Un général d'armée, qui avait été battu en AHemagne et en Italie, apperçut un jour, au-dessus de sa porte, un tambour qu’on ÿ avait peint avec cette devise: On me bat des deux côtés.
Un seigneur étant à diner, causait uvec son fermier, qu’il laissait debout, sans l’inviter,. et lui demanda quelle nouvelle il y avait ? Notre truie, dit le fermier, a fait treize petits et n’a que douze tettes.— Comment fera donc le treizième, dit le seigneur ?—Il fera comme moi, dit le paysan, il regardera maiger les autres.”
Un mauvais auteur avait fait un livre imtitulé: Délices de PEsprit: quelqu'un dit: iln'y a qu'un r à mettre en place d’un c, pour lui donner son wrai titre : Délères de l'Esprit.
Anecdotes et Bons Mots. 483
Un homme äccublé par de longs malheurs et par la misère, apprit qu'on avait cherché à lui nuire dans unie société Je ne suis donc pas, dit-il, totalement malheureux, puisque j'ai des ennemis : un misérable n’en a point.”
On disait de l‘avant dernier évèque d’Autun, qui était monstrueusement gros, que la nature l'avait conformé ainsi, pour faire voir jusqu'où pouvait s'étendre la peau humaine.
Un joueur, qui venait de gagner 700 louis, ayant été provoqué en duel, dit à son adversaire: “ Je ne puis me mesurer avec vous, la partie ne serait pas égale: je viens de gagner 700 louis; je doute que vous en ayiez autant à regretter, si vous veniez à süccomber; mais allez trouver celui à qui je les ai gagnés; il se battra comme un diable; car je ne lui ai pas laissé le sou.”
Après sa réception à l'académie, M. de FoNTENELLE dit en riaht: Il n’ÿ a plus que trente-neuf personnes dans le monde qui aient plus d'esprit que moi. “ On connait les deux vers suivants du mème auteur.”
Sommes-nous trente-neuf, on est à nos genoux : Si nous sommes quarante, on se moque «le nous.
C’est en parlant de Fontenelle, que VorTaine a fait ce vers
heureux, et qui le caractérise si bien:
L'ignorant l’entendit ; le savantl’admira,
Des dames très âgées demandaient: à un particulier, en se moquant de lui, ce qu’il faisait depuis si longtemps dans une des salles du vieux Louvre : ‘ Vous voyez, mesdames, répondit-il, en les regardant, que j'admi-e des antiques.”
Un peintre avait représenté un enfant tenant une corbeille de fruits. Quelqu'un, pour vanter le tableau, disait que ces fruits paraissaient si naturels, que les oiseaux venaient les becqueter: “Il faut; dit plaisamment un paysan, que l'enfant soit bien mal représenté ; car les oiseaux en auraient peur.”
Un paysan français voyant qu’on augmentait les impôts, après des victoires, Sous le règne de Louis XV, dit: “Il est bien étonnant que nous gagnions toujours, et qu’il nous faille toujours mettre au jeu.”
Un curé et une dame galante avaient oui dire que la lune était habitée. Ils le croient, et le télescope en main, tâchent d’en reconnaitre les habitans. ‘“ Si je ne me trompe, dit d’abord la dame, j’apperçois deux ombres ; elles s’inclinent l’une vers l’autre; ce sont sans doute deux amans heureux.—-Vous vous trompez, madame, dit le curé; ce sont deux clochers d’une cathédrale.”
une goutte de sang.”