ANIMAUX FOSSILES
De tout temps on a trouvé des ossemens d’éléphans fossiles ; mais ces ossehens jusqu'ici avaient presque toujours été méconnus, et c’est à leurs décoüvertes qu’on doit les histoires fabuleuses de lu mise à nu des cadavres d'anciens géans. Où ferait un volume entier des histoires d'ossemens fossilles de grands quadrupèdes que l'ignorance où la fraude ont fait passer pour des débris de géans humains. La plus célèbre de toutes est célle du squelette que, sous Louis XIII, on a voulu faire passer pour celui de Teutabochus, roi des Cimbres, celui qui combattit contre Marius. Voici ce qui donna lieu à ce conte :
‘ Le 11 janvier 1613, on trouva dans une sablotinière, près du château de Chaumon, des ossemens dont plusieurs furent brisés par les ouvriers: un chirurgien de Beaurepaire, nommé Mazunier, averti de cetté découverte s’empara des os, et songea à en faire son profit ; il publia les avoir trouvés dans un sépulchre long de trente pieds, sur lequel était écrit Zeuiabochus res; il prétendait avoir trouvé en même temps une tinquantaine de médailles à l'effigie de Marius. Il inséra tous ces contes dans une brochure au moyen de laquelle la curiosité du public étant excitée, il parvint à montrer pour de l'argent tant à Paris que dans d'autres villes, les os du prétendu géant. GassENDI cite un jésuite de Tournon comie l’auteur de la brochure, et montre que les prétendues médailles antiques étaient controuvées; quant aux os, c’étaient des os d'éléphant. Ro
Au dix-huitième siècle, le progrès des sciences naturelles ne permettant plus des méprises aussi grossières, on feconnut les ossemens d’éléphant pour ce qu’ils étaient; mais on se persuada qu'ils avaient été ensevelis sous le sol dans le temps des Romains. Mais le nor.bre prodigieux qu’on en a trouvé dans le Val d’Arno et ailleurs réfute parfaitement l'opinion de ceux qui prétendent qu’ils ne sont que des traces du passage de l'armée d'Aunibal par les Gaules en Italie. Il serait ridicule de vouloir expliquer par une cause unique un phénomène aussi général que l'existence de ces ossemens. On en trouve en effet dans toute l’Europe, en Angleterre, en Allemagne, où ils ont été plus fréquemment et mieux observés que partont ailleurs, quoique les Romains n’aïent jamais pu en conduire dans le nord de cette contrée. On en a découvert beaucoup dans jes parties les plus septentrionales de l'Irlande, dans ki Scandinavie, en Norvège, et jusque dans: l'Islande. On en rencontre aussi dans la Pologne, et dans la Russie. Les habitans de la Sibérie sont si habitués à rencontrer sous terre de ces
monstrueux débris, qu'ils croient qu'il existe dans leur pays
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un animal de la grosseur de léléphant, ét portant comme lui
des défenses, mais vivant à la manière des taupes sans pouvoir:
jamais sipporter impunément la lumière du jour. Ils le désignent sous le nom de mummouth.
Le capitaine russe KoïrzEBUE a trouvé des ossemens fossiles d’éléphant sur la côte d'Amérique, au-delà du cercle polaire : ils y sont si communs, que les matelots de son expédition en brulèrent plusieurs monceaux à leurs feux, M. Adalbert de CHamisso, naturaliste, qui accompagnait M. Kotzebue, a apporté en Europe une défense longue de 4 pieds, ser 5 pouces dans son plus grand diamètre, et que M. Cuvier a trouvé ressembler beaucoup à celles qu’on a déterrées près de Paris, en creusant le canal de l’Ourcq.
Un animal aujourd'hui perdu; contemporain de l'éléphant fossile, et qui a dû avoir avec lui la plus grande ressemblance, est celui qu'on a connu longtemps en France sous le nom d’animal de l'Ohio, et auquel M. Cuvier a donné celui de grand masloionte. Ses ossemens se trouvent, comme ceux de l’éléphant, dans les deux continens, mais beaucoup plus fréquemment dans l’ Amérique septentrionale que partout ailleurs.
Le grand mastodonte vivait avec l'éléphant, puisqu'on trouve presque toujours ses ossemens mêlés avec ceux de ce dernier animal. Il avait sa taille et sa forme générale, à quelques légères différences près : son corps, par exemple, devait ètre plus alongé, et ses membres, au contraise, un peu plus épais : ‘du reste, il avait des défenses comme lui, et très probablement une trompe semblable à la sienne.
Ce fut vers le milien du siècle dernier qu’on eut en France les pfemières notions sur l’existance des os fossiles de masto-
dontes. Un officier français naviguant dans l'Ohio pourse,
rendre dans le Mississipi, trouva, sur les bords d’un marais, un tas d’ossemens qui lui parurent curieux: il en prit une partie pour les présenter à l'examen des naturalistes, et il apporta à Paris un fémur, une extré mité de défense et trois dents machelières, qu'il regardait comme ayant appartenu à un animal inconnu. Le mastodonte est le premier animal qui ait convaincu les naturalistes qu’il pouvait y avoir eu autrefois des vspèces détruites aujourd’hui.
Les habitans de l'Amérique septentriorale n'ont pas plus manqué de rattacher aux mastodontes fossiles qu’ils trouvent dans leur pays des idés superstitieuses que les Russes de la Sibérie aux éléphants fossiles du leur. Aussi quelques ren disent-ils que ces grands animaux ont existé autrefois avec des hommes d’une taille proportionnée, et que le grand Etre fou. droya les uns et les autres. Ceux de Virginie croient qu’une troupe de ces terribles quadrupèdes détruisant les autres ani«
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maux créés pour l'usage des Indiens, Dieu les avait foudroyés tous, ‘excepté le plus gros mâle, qui présentant sa tête aux foudres, les secouait à mesure qu’ils tombaient ; mais qui ayant à la!fin été blessé par le côté, se mit à fuir vers les grands lues, où il se tient caché jusqu’à ce jour.”
L’hippopotame fossile se trouve en grande quantité dans le Val d’Arno supérieur, où ses ossemens sont plus nombreux que ceux des rhinocéros, et presque autant que ceux d’éléphants. L'une des espèces d’hippopotames fossiles paraît avoir été à peu près de la grosseur de l'espèce qui vit actuellement en Egypte. En exécutant les travaux nécessaires à la construction du pont d’Iéna, on a trouvé, dans la plaine de Grenelle, une portion de défense d’hippopotame très reconnaissable,
Outre cette espèce, il en a existé une autre qui n’était pas plus grande que notre cochon. Enfin quelques dents fossiles trouvées avec des dents de crocodiles, à vingt pieds, dans un banc calcaire, près de Blaye, indiquent une autre espèce voisine de l’hippopotame, et plus petite que le cochon.
Les rhinocéros ont dû être beaucoup plus nombreux dans l’ancien monde qu’ils ne le sont de nos jours. Nous ne connaissons, en effet, que deux espèces vivantes de ces animaux ; mais à l’état fossile, outre deux grandes espèces, de la taille à peu près de celles qui vivent encore aujourd’hui, et, qui sont connus depuis longtemps, il en existe très probablement deux petites, dont on ne possède que très peu d’os, et qui n’ont été connues que plus tard.
M. Pazzas, célèbre naturaliste, qui voyagea en Sibérie, donna la relation de la découverte d’un rhinocéros entier, trouvé avec sa peau, en Décembre 1771, sur les sords du Wilaji rivière qui se jette dans la Léna.
En général, les animaux de l’ancien monde paraissent avoir été plus grands que ceux des espèces actuelles qui leur correspondent. C’est ce qu’on a eu occasion de voir sur les ossemens fossiles des paresseux, qu’on a r=trouvés depuis peu en Amérique, dans des couches très superticielles.
C’est aussi en Amérique qu’on a rencontré le mégalonyr: il a été déterré dans une caverne, à quelquss pouces seujement de la surface du sol. Cet animal devait avoir un volume égal, au moins, à celui des plus grands bœufs de la Suisse ou de la Hongrie. On l'avait pris d’abord pour un carnasssier, supérieur de beaucoup pour la taille au lion; mais M. Cuvier : prouvé qu’il ne pouvait avoir appartenu à cette classe.
Un animal fossile de la mème famille que le précédent, le mégathérium, dont on a trouvé le squelette presque e réuni dans le même lieu. Il devait avoir des dimension
que comparables à celles de éléphant.
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Magnétisme “Animal.
: Une seule phalange trouvée dans les états du grand-duc de Fest: a révélé a M. Cuvier Pexistence d’un pangolin gigantesque, qui a dû avoir au moins huit fois la taille des animaux de même espèce vivants; de sorte qu’il pouvait avoir jusqu'à 24 pieds de longueur.
‘Le plus célèbre des ruminans fossiles est le cerf à bois gantesque : il appartient à une espèce bien évidemment petite. ue. Il paraît plus commun en Irlande que partout ailleurs. Un naturaliste anglais assure que, dans un seul vérger d’une acre d’étendue, on en a trouvé par hazard, à sa connaissance, plus de 80 en vingt ans. Une de ces têtes portait des cornes dont chaque perche était longue de plus de 5 pieds anglais, et leurs eux andouillettes extérieures avaient leurs pointes à 10 pieds {9 pouces lune de l'autre. (Lettres sur les révolutions du giobe.)
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