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Tome, IX.-—No. III

46 Histoire du Canada.

à-dire de 1722, en ordonna l'exécution d'après sa furme et teneur.

Quand les divers événemens de la guerre n’occupent pas les esprits, ils s'arrêtent volontiers sur des objets moins grands aux yeux du vulgaire: nous remarquerons donc qu’en 1723, deux vaisseaux de guerre et six bâtimens marchands, construits à Québec, firent voile poûr la France, vers l'automne. ‘ Le nombre des vaisseaux qui partirent du port de Québec, cette même année, chargés de productions du pays, fut de dix-neuf. Ces productions consistaient en pelleteries, bois de merrain, goudron, tabac, farine, pois et lard salé. Les pelleieries se portaient en France, et les provisions de bouche aux Antilles. Ce commerce d’expartation, florissant pour le temps, était dû à la tranquillité dont le Canada jouissait, depuis quelques années. Cette colonie se trouvait alors dans la situation le plus heureuse où elle eût peut-être jamais été; mais un accident déplorable lui causa une perte dont elle se ressentit pendant longtemps.

Dans la nuit du 25 Août 1725, Le Chameau, vaisseau de roi, qui allait à Québec, avec environ deux cent cinquante passagers, se brisa sur la côte de l'Ile Royale, près de Louisbourg. Mr. de CHazrz, qui devait relever À. Bégon dans l’intendance du Canada ; M. de Louvigny, nommé gouverneur des Trois-Rivières, le même doit il a été si souvent parlé dans le cours de cette histoire; M. De La Gesse, capitaine, fils de M. de Ramsay, mort, l’année précédente, gouverneur de Montréal ; plusieurs autres officiers de la colonie, des prêtres séculiers, des jésuites, des récollets, périrent avec l'équipage, et la côte parut, le lendemain, toute couverte de cadavres.

La mort de M. de Vaudreuil vint ajouter encore à ce malheur, Ce général mourut à Québec, 10 Octobre suivant, regretté à proportion de l’empressement qu’on avait eu de le voir à la tête de la colonie, : et après vingt et un ans d’un gouvernement dont les événemens heureux furent, en grande partie, le fruit de sa vigilance, de sa fermeté et de son habileté dans le maniement : Ÿ affaires. Le marquis de BrauHarNois, capitaine de vaisseau, lui succéda, l’année suivante. M. Bégon s’embarqua pour la France, cette mème année, laissant la place d’intendant à M. Dupuy, nommé en remplacement de M. de Chazel.

Pendant que le Canada jouissait de la paix et de la tranquillité intérieure et extérieure, quelques centaines de Canadiens se distinguaient, par leur bravoure et leur activité, vers l‘embouchure du Mississipi et sur fes côtes de la Froride, dans la petite guerre que les Français et les Espagnols se faisaient dans ces quartiers, particulièrement au sujet des bornes de la Louisiane. Quoique les détails de cette petite guerre, ainsi que ceux des démèêlés que les Français eurent avec les diverses tribus

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sauvages du pays, et particulièrement avec les Natchez, nous saraissent étrangers à l‘histoir: du Canada, nous croyons devoir au moins nommer ceux de nos compatriotes qui s‘y distinguèrént davantage. Ce sont MM. Jucnereau pr Sr. Denis, qui agit pendant plusieurs années, dans . contrées, et comme négociateur et. comme guerfier ; de BienviLce qui eut pendant quelque temps le commandement Rnge de la Louisiane; Serigny et CHATEAUGUAY, ses frères ; Dugué de Boisbriand, déjà renommé, ainsi que Serigny, paï plusieurs actes éclatants de bravoure et d‘habileté dans les combats; de Vienne, Cou- LONGES, &c. La guerre avec les ue nols se termina en 1722: celle que les premiers habitans de la Louisiane eurent à soutefr contre les sauvages du pays se prolongen au-delà de 1730, et fut accompagnée de beaucoup de trahisons, de dévastations et de massacres, de la part de ces barbares. Tantæ molis erat Lodoicam condere gentem ! |

Pour revenir au Canada, M. BurnrtT, gouverneur de la Nouvelle York, ayant construit un fort et.un comptoir, oumaison de commerce, à l'entrée de la rivière Chouaguen, ou Oswego, suivant lorthographe anglaise, afin d’induire les sauvages à pürter leurs pelleteries à Orange, ou Albany,. M. de Beauharnoïs crüut qu’il était de son devoir de contrecarrer l'effet de cette niusure. A cette fin, il ényoya le baron de Longueil chez les Onnontagués, avec ordre de faire tous ses efforts pour obtenir de ces sauvages la permission de construire aussi un fort et un comptoir à Niagara. Les Onnontagués ne parurent pas d’abord gouter fort la proposition de Longicil; mais à la fin, il parvint à leur faire comprendre, qu'il était de leur intérêt que les Français eussent aussi un fott dans leur pays, afin que la partie fût égale entre les deux nations qui les avoisinaient, et que les Anglais ne pussent tenter impunément de les asservir ou de les opprimer, s’ils en avaient le dessein. La permission demandée fut donc accordée, et les Français mirent aussitôt La main à l‘ouvrage.

Les autres cantons n'avaient ps été consultés ; aussi déclarèrent-ils, (sans doute a l‘instigation des agens de M. Burnet,) dès qu'il eurent appris ce qui s'était passé, que le pays où le fort devait se bâtir appartenant aux Tsonnonthouans, la permission accordée par les SARODES était nulle et de nul effet; et ils envoyèrent de suite aux Français une députation pour leur enjoindre de discontinuer les ouvrages qu’ils avaient commencés. Sur cela, Longueil, Joncaire, qui était comme l‘ambassadeur du gouverneur général du Canada dans les Cantons, et les missionnaires jésuites, mirent touten œuvre pour appaiser les craintes ou détruire les soupçons des sauvages : ils y réussirent à la fin, et les ouvrages furent continués.

48 Collection d'Ouvrages sur lHitoire de l'Amérique, &c.

M. Burnet voyant qu‘il ne pouvait empècher les Français de se fortifier à Niagara, ne songea plus qu‘à achever les ouvrages qu'il avait commencés à Oswego, et y envoya une forte garni: son. M. de Beauharnois fit alors ce qu‘il aurait eu meilleure grace à faire avant l'entreprise formée à Niagara, ou si cette entreprise n‘eût pas été formée : il envoya sommer l‘officier anglais commandant à Oswego de se retirer, et il fit partir en même temps M. de la Chagsaigne pour New-York, avec une lettre pour M. Burnet, où il se plaignait, en termes énergiques, de la conduite de ce gouvetneur. Celui-ci lui répondit sur le même ton, c'est-a-dire en lui reprochant la construction du fort de Niagara. M. de Beauharnois repliqua eñ envoyant au commandant d'Oswego une nouvelle sommation de ce retirer, et à M. Burnét une note où il le inénaçait d'employer la force des itrmes, si le fort n’était pas abandonné. Cette menace n’eut d'autre effet que d’induire le gouverneur de la Nouvelle York à renforcer la garnison d’'Oswego. Ceci sé passa dans l’été et l'automne de 1726.

L'année suivante, M. DE Monnay fut nommé, par lettres patentes, évêque de Québec, en remplacement de it. de St. Vallier. Ce dernier, d’une piété éminente, d’une charité exemplaire et d’un zèle fnfatigable, avait été le bienfaiteur dé la colonie, sous le rapport de la religion. Deux ou trois communautés de religieuses, qui ont toujours été depuis de la plus grande ntilité dans ce pays, lui durent leur fondation et une partie au moins de leur dotation. M. de Mornay son successeur, ne vint point en Canada: en son absence, les fonctions épiscopales y furent remplies par M. Dos@uer, son coadjuteur sous le titre d’évèque dé Samos. /

( 4 continuer. )

COLLECTION D‘OUVRAGES SUR L'HISTOIRE DE L'AME'RIQUE SEPTENTRIONALE, ET EN PARTICULIER SUR CELLE DU CANADA.

PREMIERE PARTIE, contenant les Ouvrages avec les noms des Auteurs; pur ordre alphabétique.

Pierre Brarn, de Grenoble, Jésuite. Relation de la Noùvelle France, et du Voyage que les Jésuites y ont fait. Lyon, 1616, in-12,

Pierre Boucner, Gouverneur des Trois-Rivières. Histoire véritable et Naturelle des mœurs et des productions de la Nouvelle France, dite Canada. Paris, 1664, in-12.

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