Tome IX. N°.IV
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çais, pour environner l'habitation, et ordonna au reste de l‘armée d'y entrer, Mais quelques précautions que les Français eussent prises pour cacher leur arrivée, les Sakis et leurs alliés en avaient eu connaissance, et tous s'étaient sauvés, à l'exception de quatre, qui furent livrés sauvages alliés, lesquels, après sen être bien divertis, Jes tuèrent à coups de flèches.
L'armée remonta ensuite la rivière des Renards, et le 24, elle arriva au village des Puants, dans la disposition de détruire tout ce qu'elle y trouverait d‘habitans: mais leur fuite avait prévenu l'arrivée des Français; et ils en furent quittes pour ls perte de leurs cabanes, et du bled-d’inde, qui faisait leur principale nourriture. On les poursuivit néanmoins dans leur retraite : l’armée traversa le petit lac des Renards, et le lendemain, elle entra dans une petite rivière qui la conduisit dans une espèce de marais, au bord duquel était la principale bourgade de ceux qu'elle cherchait, Leurs aliiés les avaient sans doute avertis de l'approche des Français; car ceux-ci ne trouvèrent dans leur village que quelques femmes, que les sauvages firent esclaves, et un vieillard, qu'ils brulèrent à petit feu.
M. de Lignery donna ordre de passer jusqu'au dernier fort des Outagamis, situé sur une petite rivière qui tombe dans l‘Ouisconsin, À trente lieues de l'entrée de cette dernière rivière dans le Mississipi. On le trouva abandonné comme les
récédents, et il fallut se contenter de le détruire et de ravager a campagne, afin d’ôter à l’ennemi le moyen d‘y subsister.
Ce fut là à quoi se borna l'expédition ; car comme il aurait été à peu près inutile d'aller plus loin, M. de Lignery donna l'or dre du retour. T1 fit démolir, en passant, le fort de la Baie, pensant qu'étant trop voisin des ennemis, il n‘aurait pas été pe à sûre pour les Français qu’on y aurait laissés pour le
rder.
1 ne se passa rien de remarquable durant les deux ou trois années qui suivirent immédiatement l'expédition dont nous venons de parler. En 1731, une nouvelle forteresse s’éleva dans les forêts du Canada, ou de ce qu’on appellait alors de ce nom. M, de Beauharnois voyant qu’il ne pouvait contraindre le gouverneur de la Nouvelle York à abandonner son fürt d'Oswego, et ne PA ae apparemment l'entreprise de ce gouverneur assez contrebalancée par la construction du fort de Niagara, résolut d'en ériger un autre à la Pointe à la Chevelure, sur le Isc Cham. plain. On ne pouvait en effet choisir pour ce dessein une situation plus convenable; car outre qu’une forteresse érigée en cet endroit donnait au gouverneur du Canada le commandement des eaux du lac Champlain, elle servait encore de poste avancé pour tenir en échec les établissemens anglais sur les rivières d'Hudson et de Connecticut. C’est ce que l‘on comprit parfui-
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Histoire du Canada.
tement dans les colonies anglaises voisines du Canada, , Mais quoique la Nouvelle York eût plus à appréhender de l‘entreprise dé M. de Beauharnois que la Nouvelle Angleterre, cette dernière province fut pourtant la première à prendre l'alarme. On n'eut pas plutôt appris à Boston que la nouvelle forteresse, à la-
uelle on donna le nom de Fort Frédéric, avait été commencée, que le gouverneur BELcHER envoya une lettre à M. Van-Dam, le nouveau gouverneur de la Nouvelle York, pour l'‘informer
ué l'assemblée générale de sa province s'était engagée, par un vote, à encourir sa proportion des frais d‘une ambassade en Canada, à l'effet d‘empècher la continuation des ouvrages commencés à la Pointe à la Chevelure, et pour le prier de faire en sorte
ue les Cantons s‘opposassent aussi, de leur côté, à l'entreprise
es Français. M. Van-Dam mit la lettre du gouverneur de la Nouvelle Angleterre devant son conseil, dans l'hiver de 1782 ;,
| mais il ne fut rien fait en conséquence, et M. de Beauharnois a-
© cheva tranquillement son fort, et y mit une garnison.
Dans le printemps et l'été de l’année suivante, la petite vérole
… fit de grands ravages dans ce pays, tant parmi les Canadiens
que parmi les sauvages domiciliés. Cette maladie, contre laquelle on ne connaissait point alors de préservatif, y fit périr un grand nombre de personnes de tout âge ; des familles presqué entières furent enlevées, et l’on fut obligé, dans bien des cas, de recueillir au berceau des enfans qui avaient survécu à leurs parens descendus au tombeau. | Vers l’automne, il y eut un tremblement de terre des plus violents, on plutôt une suite de tremblemens de terre. Un monsieur qui remontait le Lac St. Pierre en canot, fut extrèmement surpris de voir, vers midi, les eaux du lac sfagiter, tout d‘un coup considérablement: il ne pouvait imaginer d’où provenait un aussi singulier phénomène, Arrivé vis-à-vis des lieux où les bords du fleuve étaient habités, il vit. les bhauitans de ces campagnes aux portes de leurs demeures, allant et venant, dans la plus grande agitation, comme des gens affecté: et troublés par Îa plus grande frayeur. 11 débarqua, et apprit des premiers qu’il rencontra la cause de la terreur quil voyait einte sur tous les visages. C'était un choc violent de tremlement de terre, qui avait fait tomber les têtes des cheminées de plusieurs maisons. Arrivé à Montréal, il trouva la ville tout en alarme; on y avait éprouvé les mèmes terreurs et les mêmes accidens. Ce tremblement de terre se fit sentir dans toutes les parties de la province qui étaient alors habitées : les secousses en durérent pendant quarante jours, en diminuant graduellement de violence : plusieurs personnes furent blessées par les pierres qui tombaient des cheminées, et quelques unee perdirent la vie par la mème cuuse.
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Cette mème année, le même sujet qui avait déjà été une oc. casion de brouillerie entre le premier évêque de Québec et le comte de Frontenac, revint encore sur le tapis. Sur les plaine tés qui furent portées au pied du trône, sinon par le gouverneur gr ù moins par quelques officiers ou notables du
pe 8, M. de Maurepas, alors ministre de la marine et des coonies, écrivit, par ordre du roi, à l’évêque de Samos, qui avait fait un cas réservé à lui seul de la vente des liqueurs fortes aux shuvages, une lettre où il lui mandait, que le roi regardait une telle restriction comme impolitique par son extrème rigueur; que si majesé avait appris avec regret que quelques uns Le ses offi- Ciers avaient été Obligés ue descendre du fort de Frontenac à Québec, pour obtenir l’absolution, et qu’elle ordonnait en conséquence qu'aussitôt après la réception de sa lettre, cette res= tirction fut levée, ou du moins modifiée de manière à ne donner plus lieu à des plaintes bien fondées. La restriction, ou le règlement ne fut pas entièrement rescindé, maïs suffisamment mitigé pour faire cesser les plaintes et les murmures, ou les em pècher de se faire entendre au-delà de l’Atlantique,
Vers la fin de cette même année 1733, M. Dosquet devint de droit évèque de Québec, en conséquence de la démission de M. de Mornay. M. Dosquet ayant aussi donné sa démission én 1739, M. Pouroy DE L'AUBERIVIERE fut nomme pour le remplacer. Îls’embarqua, le printemps suivant, pour ce pays; mais il mourut, quelques jours après son arrivée à Québec, d‘ure fièvre maligne contractée sur le vaisseau dans lequel il a- Yait fait la traversée, (Ce prélat eut pour successeur M. Du:
BREUIL DE PowrBrraAND, qui gouverna l'église du Canada jus+ qu'en 1760, année de sa mort, |
Depuis l'année 1733 ou 34, jusqu’au premier siège de Louisa bourg, en 1745, le Canada se trouve dans un état à peu près pul pour l‘histoire : il ne s‘y passe presque aucun événement digne entrer dans les annales de la colonie, ou plutôt, il n’ÿ a pas, dans cet espace de temps, d'‘annales canadiennes : tous les regards sont tournés du côté de la Louisiane ; les voyageurs se portent vers Ifembouchure du Mississipis et les relations, naguère en si grand nombre, cessent pour le Canada, dont on semble ne plus s'occuper dans la métropole. Ce fut probablement dans cet intervalle de silence et de répos, que M. de Beauharnois entreprit de faire pénétrer un de ses officiers, bien'accompagné, jusqu'a la mer du Sud. Charlevoix, qui fait mention de cette entreprise, sans nommer la personne qui en fut char-
ée, n’a pu parler de son résultat, parce qu'il n‘était pas connu orsqu'il achevait d'écrire son histoire ; mais il paraît qu’elle ne réussit point, ou qu’elle n‘aboutit à rien d‘utile, soit pour la France, soit pour ie Canada, bit
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Cependant le pays se peuplait de plus en plus; tant par l‘ac+ troissement Sa de la population indigène que par l’émigras= tion, et assez rapidement, s‘il en faut juger par le nombre des nouvelles concessions. Il ne fut pas concédé. moins de trente espaces de terre, plus ou moins considérables, en fief et 'seis neurie, dans l‘intervalle de 1732 à 1743, par le marquis.de bon et M. Hocquarr, successeur de M. Dupuy dans l‘intendance, La colonie faisait aussi des progrès du côté de l‘industrie ; en 1737, pn commença à exploiter les mines de fer de St. Maurice et de Batiscan, découvertes en 1667; mais entièrement négligées durant l‘espace de soixante-dix ans, -Le minerai fut d’abord mis en œuvre avec assez peu d‘habileté; mais en 1739, on fit venir de France un artisan qui réunissait la connaissance des différentes branches de manufactures de fer fondu et travaillé à une connaissance suffisante de l’art d‘exploin ter les mines; et la compagnie qui avait entrepris cette explois tation, put s‘y livrer avec profit pour elle-même et avantaga pour le pays, ë { À continuer. }