D PETIT SYSTEME D’AGRICULTURE
CHariTRE QUATRIEME, Des Engrais.
La terre, bien que possédant des richesses immenses et incal= tulables, s’épuise et s’affaiblit néanmoins, en fournissant des productions de toutes les espèces possibles. Plus on cultive yne terre, plus elle devient meuble et déliée; si les plantes jettent alors des racines plus profondes, pour en retirer une nourriture plus abondante, l'humidité que cette terre meuble contient, s'échappe et s’évapore plus facilement. La terre étant alors trop sèche et trop aride, la végétation devient faible et languissante, et l’officieuse humidité, qui en est presque entièrement disparue, ne peut plus donner et dispenser à chaque
lante le suc nutritif qui lui est propre, nécessaire et particuier. Il faut donc ranimer la terre par des engrais propres à conserver cette humidité bienfesante, et à lui donner une vertu mutritive qu’elle a perdue en produisant une immense et prodigieuse quantité de végétaux de toutes les espèces possibles.
. L'art est d'employer les éngrais que fournit le pays; ce sont ceux qui sont ordinairement les plus favorables et les moins dispendieux. Ils sont pour ainsi dire naturels à la terre épui-
10 Petit Systéme d'Agriculture.
sée qui en a besoin : ils lui donnent une plus grande force et une vertu toute nouvelle; elle recouvre pas ce moyen sa viva cité primitive, et produit par le secours de l’art, ce que la n‘uture fatiguée lui semblait refuter opiniâtrément. C'est le seul moyen factice de réparer l'épuisement d’un sel ruiné par les productions continuelles de plusieurs années Il n’est pas de meilleur engrais que le paccage des montons. Les paccages des autres animaux ont aussi leurs avantr;res ; mais jamais dens ua degré aussi éminent que celui des moutons. Les fumiers de chevaux, de bœufs, de cochons et autr:: animaux domestique etprivés, sont aussi excellents, et fouruissent un bon engrais ; mais pour cela, il faut y apporter beaucoup de soin et de précaution, pour l'empêcher e perdre par l’action de l'air et du soleil, l'humidité et la vertu nutritive qu'il peut contenir. Les feuilles, les tiges, les racines de toutes plantes, les genêts, les roseaux, les bruyères, les fougères, les gazons inutiles, et autres matières semblables, portées sous les bestiaux, dans les basség
cours, sur les chemins fréquentés, au milieu des boues, et par là
plus promptement et plus facilement décomposés, peuvent sup: pléer au fumier ordinaire; principalement quant à la conservation de l'humidité; car ces différentes espèces d'engrais sont toujours plus propres à fixer l'humidité et à la conserver, qu'à donner à la terre un suc nutritif abondant. Les égoûts des marres, les vâses et les terres tirées du fond des fossés, et toutes les espèces d’immondices, peuvent être utilement employés comme engrais. Il est bon d’avoir toujours un tas de terre près des maisons avec. un ou plusieurs trous dessus, où l’on doit jetter toutes les eaux sales, lavures, urines, balayures, et autres immondices ; enfin généralement tout ce qui.se jette près des maisons, et se perd dans la terre. Par ce moyen on peut se procurer un excellent engrais, principalement pour les bleds, qui viennent ordinairen-nt beaux dans les terres engraissées:
ar ces sortes de substances ; un pareil tas vaut, tous les ans, le fumier de plusieurs bêtes à cornes, sans crmpter l’avantage de la propreté autour des maisons et l'absence des odeurs nuis sibles à la santé.
Les plantes qui croissent dans Îles fleuves, les rivières, les étangs, et dans les marais, fournissent aussi un engrais profitabl . On doit pour cela récolter ces plantes et ces herbes, dans le cours de l'été ; c'est dans ce tems qu’elles sont plus abondantes et que les eaux sont plus basses. On les met en tas dans un trou pratiqué en terre, ou dans le fumier: elles se décomposent plus facilement par l’action du soleil. . Cet engrais mêlé avec du fumier ordinaite donne, indépendainment de l’économie pécuniaire, de grands avantages dans la culture. Les Cabadiens n’ont pas encore, ou n’ont que peu pratiqué ces diffé-
{ $ j d Y n a ( q tr
orce et sa vivu- , la n‘ule ee rt les és de accages ais dans niers estiques engruis ÿ de préir et du ir. Les ièts, Îles et autres s basses
et par là.
vent sup:
onserva= rais sont ver, qu'à oûts des s, ettouemployés de terre s, où l’on ures, et ette près on peut les bleds, graissées es ans, le ’avantage cars nu
ières, les grais pro- PS herbes, nt plus anet en tas les se déet engrais de l’éco- . Les Caces diffé-
Petit Système d'Agriculture, 71
rentes manières d'améliorer leurs terres, et véritablement ils n'en ont pas encore, ou n'en ont que peu senti le besoin. La nouveauté de la plupart de leurs terres n'a pas encore excité leur industrie.
Les neiges, dit-on, donnent un engrais assez profitable. Plus les clotures sont hautes et fortes, plus elles arrêtent et retiennent les neiges qui par leur fonte, laissent à la terre une substance saline et huileuse, qui contribue beaucoup à la fertis jiser et à l'améliorer. Le cultivateur qui à une petite terre, doit la partager et diviser par moitié et faire des clotures de divisions, fortes et bien hautes; il retiendra par ce moyen les neiges avec, abondance, sur toute sa modique propriété, et les avantages qui en résulteront seront pour lui, inappréciebles, Cela peut se p: >uver par la beauté du bled ou autres grains qui se trouvent le long des clotures. La différence est toujours très remarquable. (C'est ordinairement au milieu d‘une pièce de grains, que le plant est moins haut et moins bon.
k me souviens d’avoir vu, il y a quelques années, sur une
ci-devant Gazette des Trois-Rivières, qu’un cultivateur de is paroisse Ste. Anne d’Yamachiche, qui n’avait qu’une petite portion de terre, qui était divisée par de fortes et hautes clotures, avait toujours une récolte plus abondante que celle de ses voisins ; d'ou l'on Goit conclure, que la neige seule, contribuait beaucoup à cet avantage ; en outre, ia neige entretient par sa fonte insensible une humidité avantageuse et qui pénètre très avant dans la terre.
Le plâtre fournit aussi un engrais fort avantageux : mais cette manière de fertiliser les terres n'est guère possible en ce pays, à cause des frais qu’il faut faire pour se le procurer.
La meilleure manière de fertiliser les terres sablonneuses, est d'y mettre une couche de glaise, la plus mince possible: alors ces sortes de terres, qui semblaient privées du pouroir de produire toute et chaque espèce de grains, deviennent des plus fertiles, et récompensent amplement le laborieux cultivateur, qui a fait les frais d’un engrais aussi avantageux.
Rien n’est moins couteux que cette manière de fertiliser les terres. Îl ne faut que du tems et de ia patience; cur c'est un ouvrage long. Un cultivateur qui a une nombreuse famille peut employer quelqu'un à ce genre d'ouvrage, sans que les autres travaux puissent en souffrir; ou s’il n’a dans sa famille personne de capable de faire cette besogne, s’il en a les moyens, un homm qu’il engagera au mois, ou pour l’été, lui glaisera plusieurs arpens de terres, dont les revenus et les nelle de l’année suivante, lui vaudront des sommes considérables, et l'indemniseront largement des déboursés qu'il aura faits pour faire faire ce très utile ouvrage. Une terre ainsi fertilisée,
2 Petit Suttime d'Agriculture:
pousse pendant un grand nombre d’anrées avec beaucoup de ur et d'aïantage; aucune espèce d'engtais ne dure et ñe subsiste plus longtems.. Le bled vient toujours beau et d‘une
excellente qualité. : Les mauvaises herbes diminuent sensible.
ment sur les terrains ainsi fertilisés, et l'on a toujours l’avantage d'y ramasser du bled net et put:
Cette manière d'améliorer ct fertiliset les terres; est devenüe très à la mode, dans les paroisses de Champlain et du Cap de la Madelaine, près des "lrois-Rivières. On sait que le sol de ces paroisses est généralement Jlécer et sablanneux ; qu’on y voyait ci-devant peu d’habitans jouir de l’:bondanes et posséder des richesses qu'un grand nombie de cultivateurs possèdent «il. leurs. Fatigués de toujours cultiver sans rs60elir assez pour payer leurs peines et leur travaux et pour se rrocurer ioutes Îés nécessités de la vie ; ils se sont mis, depuis plusieurs années; À glaiser leurs ierres, dans l'espoir d’un profit qui devait leur pro curer les aisance: communes à toutes les classes des cultivateurs. Les pre «xpériences ant si bien réussi, qu'à présent, chaque habitant qui entend se; intérêts, passe une vartie de l’été à glaiser ou à faire glaiser les partit: de sa rropriété ie sont lès plus en besoin de ce favorable et productif bienfait, Leurs produits ont considérablement sugir.enté; ces paroîsses reprennent insensiblement une anparcrice d'aisance et de fortune qui leur fait un grand honneur, et qui démontre combien les habitang qui les composent sont diligents et industrieux.
Li serait à désirer que les cultivateurs qui habitent des lieux sablonreux, qui ressemblent au sol maigre et aride de’ces parois: gés, imiiassent la diligence et l’industrie de ces sages et prudents
argissiens. Animés par les premièrs succès, ils s’'adonneraient
ientôt avec courage à ce digne genre d'ouvrage, qui augment terait béaucoi:» leurs revenus et leurs aisances, sans être obligés à augmenter là grandeur de-leurs champs et la quantité de leurs duts et pénibles travaux. (Cette espèce d’engrais excède de beaucou la valeur et la bonté du fumier, et durs beaucoup plus longtems. Il est à espérer que les nombreux succès de ceux qui ont embrassé cette manière d‘améliorer leurs terres servi: ront de stimulant à ceux qui ont les mêmes besoins et qui souffrent les mêmes privations. On ne saurait leur trop recommander cet usage, dorit ils ne coninaîtront l’avantage qu'après l‘avoir essayé. Par la même raison, on pense que les terres où la
laise est dominante, deviendraient beaucoup plus fertiles, si Fon y ajoutait une couche de sable assez épaisse pour décomposer cette glaise, qui est toujours trop compacte ; car la glaire pure est stérile, parce qu'elle est impénétrable à leau et aux racines des plantes : mais mêlée avec'du sable, elle devient extrèmement féconde. Le degré de sa fécondité est en raison de
coup de re etre et d'une sensible.
l’avanta-
devente u Cap de le sol de ÿ quon y ; passécler dent ail .
s$ez pour ioutes és années; À | lenr pro- Itivateurs.
sent, chade l'été à # sont lès eurs proreprennent > qu leur s habitans
des lieux ces parois:
t prudents onneraient i augmen+ tre obligés ité de leurs excède de ucoup plus ès de ceux rrea servi:
et qui soufrecomman:
près l'avoir srres Où la | fertiles, si bur décomar la glaise leau et aux devient exn raison de
Election de Preston. 13
son mélange dans une juste proportion. ayec Île snble où autre substance. De süfté que je croirdis très uVantageux d'ajouter üne couche de sable dux térres où l‘argilé est domiriante, ét que les récoltes qui suivraient cette additioh seräient des plus luvratives. :
Edfin rious ne finiridtis pds; s'il falldit réhdre compte de Loutes les manières d‘engraissér kt feitiliset les tértes. Nous ne pouvou: dire sur ce sujét que des choses géné:ales; et il restè ï da cagesse at à l'industrie dû prudent cültivatéut de les &ppliquer suivant le besoin et latonvéhänte des cas: |
hi
ELECTION DE PRESTON. LL Preston, 15 Juin 1896.
J'assiste iti à un drdme foit extraordinaire et d'un genre inconmuen Franc’: Les personnages sont : ,
Le maire de Prèstbn ‘et ses deux baï/lifs, chargés dè diriger l'élection ; À
M. Srancey, de la phissante famille des Dérby:. C’est le candidat des whigs. Il a vingt-six ans environ, une figure agréable, beaucoup de talent, des manières tout-ä-fait distinguées, et une grande fortune : il ent faut pas tant pour être sûr d’un bon nombre d'amis ;
Le capitäineé Barrie, second candidat, Il passe pour un torÿ de la vieillé foche,’ c’est-à-dire pour plus partisan du lord chancelier que de M. Canning, du duc de Wellington que de M. Huskisson. Officier de marine, son langage ést plus franc qu'élégant ; :
M. Woo, avocat de Londres et réformutéhr modéfé: Sa ee ést douce, sa voix un peu faible, son élbcation apftéäble. Il'se présente comme troisième candidat ; Are À ns "Wivrtam Cosserr, ci-devañt caporal; atijoürd'hüi pamphlétaire fameux; et radica! enragé jusqu'à nouvel ordre, C’est un homme de soixante ans ‘environ ; sa tête est châuve, .son tein échaufté, Rien de plus grossier que ses manfères, de plus’ commun que’ son tot: Pour plaire sans ‘doute à à fnültitude, on le voit paraître le gilet ouvert et 1m poitrine à denñ nue. C’est le quatrième candidat. El ÿ a deux membres à nommer: ‘
Sir Thomas BEzvor, baronnet du comté de Süffolk, et Jun dés plus zélés partisans de Cobbett. Il'siège presqué toujours à ses côtés, et forme avéc lui un contraste parfait. Sh physio: rromie exprime la douceur ; sa manière dé patler ést frainante et un pieu féminine, ‘ Mais en y regardant de près, on défouire
TouE IX: N 5 EV. rl
74 Election de Preston.
sous ce calme apparent bien de Vardeur et de l'énergie: il y a deux cents ans, Sir Thomas Beevor eut été un puritain fanatique ; HurFMANN ; second aide-de-camp de Cobbett, et Dies 1 4 de son métier. Gros, court, la tête enfoncée dans les épaules Huffimann est le maître absolu de la populace : d‘un geste i l'enflamme et l’appaise; d’un mot il dirige tous ses mouvermens.
n certain esprit naturel, et beaucoup de ce que les Anglais
appellent umour, lui ont.assuré cet ascendant ; .: Une foule d'amis, huit ou dix avocats, çent constables, quatre’ bandes de musiciens et trente ou quarante porte-étaudards ; enfin un corps de sept à huit mille électeurs, composés de tous les individus mâles et majeurs qui habitent Preston depuis six mois.
Il semble que je n’aie plus qu’à laisser l'élection se développec,par elle-même ; mais quand je suis arrivé à Preston, les deux premiers actes de ce drame étaient joués ; et pour mettre le leçteur au fait, une courte exposition me paraît nécessaire. De- His plus de deux mois, trois des candidats, Stanley, Wood et Cobbett, s'étaient présentés, et. le canvass, avait jeu lieu selon les formes ordinaires. Favorables aux catholiques, qui sont fort nombreux à Preston, tous trois étaient d'accot
ne point exiger le serment de suprématie ; mais, la velk de l'élection, paraît un nouveau candidat, le capitaine Barrie, et le serment fatal est demandé. Jugez de la fureur de Cobbettet de tout son parti! Aussi le capitaine, en se montrant sur les hustings, a-t-il pensé être lapidé. La chambre de son comité a été assiégéc, forcée, presque démolie, et il a fallu d’incryobles efforts pour le ramener sain et sauf dans son hôtel. Le métier de candidat a quelquefois ses désagrémens. /
À présent, transportez-vous au troisième jour de l'élection, et suivez-moi. sur les Aus/ings, dans la loge du maire, d'où nous pouvons parfaitement tout voir et tout entendre. Ici chacun des candidats a son quartier séparé par de fortes balustrade, et, de peur que les. élecieurs.ne se battent, ils entrent eux-mêmes par des portes différentes. La place commence à.se. remplir d'ouvriers déguenillés et de femmes presque toutes parées des couleurs de Cobbett (vert.et blanc.) Les. avocats, sièvent audessous des candidats, et Cobbett lui-mème, debout sur la ba- Justrade qui le sépare du capitaine Barrie, s’attache d’un bras à l'un des pilliers des Aus/ings, tandis que de l’autre il agite son chapeau et salue la populace.
À peine le maire est-il assis que M. Stanley demande [a parole. , Il réclame vivement çontre un pamphlet que, la veille, Cobbett a lancé contre lui, le traite de lâche, d'eflronté menteur, et finit par l’assurer de son profond mépris. Regardez Cobbett pendant cêtte vigoureuse apostrophe. IL pälit, ses’ lé-
nn. = = =)
A + = € nm pan Æ-
pm
ie: il ya fapatique ; cordonnier
es épaules,
un geste i ouveinens.
es Anglais
ables, quaétaudards ; sés de tous depuis six
e dévelopn, les deux ettre le leçsaire. De- L Stanley, ss, avait eu atholiques, nt d'a oxd la vil de , Barrie, et à Cobbett et rant sur les on comité a d’incryobler
Le métier
l'élection, et , d'où nous
Ici chacun lustrade, et, t eux-mêmes i.se, remplir s parées des siègent aut sur Ja bae d’un bras à il agite son
ande Îa pane, la veille, flronté men- , Regardez pälit, ses’ Iè-
Election de Preston. 45
wes se contractent, et cet- homme, si hardi lorsqu'il, s'agit d’attaquer, semble perdre toutes ses facultés dès qu'on osé se mesuter avec lui. Sa réponse n'est qu'un, tissu d‘absurdités et qures il balbusies montre le poing à Stanley, au milieu des acclamations de la multitude, et se sert Gehhé V Lau trop grossières fou que je puisse les rapporter sans légoût, Pour prévenir des rixes continuelles, il a fallu, comme je l'ai déja dit, que le maire de Preston assignât une porte particulière aux partisans de chaque candidat. Ce scrait merveille si, pendant les quinze jours du poll tous les électeurs avaient le temps de voter ; mais comme il n’en peut être ainsi, une telle mesure est évidemment défavorable à Cobbett, qui n’a d'autres voix que celles des gens qu’il amène, tandis que ses conçurrens sen prêtent mutuellement quelques unes. Après plusieurs ten tatives pour, échapper à cette combinaison, il se détermine à protestér; et le fait dans les termes le plus violents. Alors cammence une scène .de confusion qu’il ést impossible de rendre. Tout est en mouvement sur les Aus/ings et dans la place. Les injures volent, d’un banc à l’autre; on semble prêt à en,venir aux mains ; la voix du maire ést couverte par les horribles cla» meurs de la poputtées que, Cobbett et Hu mann ont soin d’encourager. Sir Thomas Beevor obtient un moment de silence, ét se présente comme conciliateur, mais en vain. Insulté par Cobbett, le capitaine Barrie veut s’élançer sur lui, et ne cède w’avec peine aux représentations de ses amis. Plus populaire, . Wood franchit les Austings, se montre de près au peuple, et acause Cobbett d’avoir employé la menace contre ceux qui lui refusaient leur voix, Cobbett nie avec fureur; mais un témoin se présente: c’est un paysan de soixante ans ebviron. On le hisse sur les Austings, et là, malgré un épouvantable tumulte, il confirme l’assertion de Wood. Cobbett alors n’y. peut plus. tenir ; il s’agite violemment, et sa voix rauque se: fait entendre par-dessus toutes les autres. Il me semble assister à une séance du club des Jocobins, De guerre lasse, pourtant, un. peu, de calme renaît; Cobbett se retire en menaçant.le maire, et le poil. commence. :
… Eci tableau dfun autre genre. Les électeurs arrivent par quatre avenues distinctes, et quand ceux de Cobbett ne:seraient, pas séparés des autres, on les reconnaitrait aux haillons qui lés couvrent... De temps en temps, tes Cobbettistes essaient de ren+ verser les barrières. (Cobbett, de son hôtel, envoie une nouvelle protestation contre les quatre portes, bien sûr, sion les supprime, d’emporter election d'assaut. Enfin les Æustings présentent jusqu’à cinq heures le coup d'œil le plus animé, le plus confus, le plus varié.
Pendant ce temps, une autre scène se passait sur la place du
76 Election de Preston.
marché. Chaque c andidat a sa bande de musiciens et ses baïnières, qui, après l'avoir coriduit, le matin, aux Auslings, ne
cessent, jusqu'à la cloture du pol/, de se promener en triomphe
à traveñs la ville. Les étandards de Cobbett et ceux du éapitaine Bârrie s'étaient rencontrés ; un combat à coups de pierres s'en était suivi, et les amis de Barrie, mis en, fuite, n'avaient trouvé d'autre refuge que la maison de ville. Î1 fallait pourtant tie Île capitaine retournât des Awstings chez lüïi, et tout faisait craindre üne nouvelle attaque. Elle a en effet eù lieu ; mais, escorté d’urie soixañtaine de consfables, il est parventi à se faire jour et à fegagnief ses quartiers. Cependant le peuple s‘assemble sous les fenêttes des divers candidats, qui le harangüenñt de leur mieux. Les féclamations et les huées se répondent d'un bout à l’aitre de Îa ville. Une demi-heure après, toutes les tavernés sont pleines, et le soit, plus d‘un , honorable électeur est forcé de se faire porte chez lui,
Voulez-vous maintenant visiter les coulisses et examiner de près les ressorts qui font mouvoir toute la machine ? Montez dans la chambre où siège le comité central de l’un des candidats : vous le verrez correspondant avec divers comités, de districts chargés de fournir au pol? tant d‘électéärs pâr jour. Dijeure en heure, des messagers vont en commandef dix, quinze, vingt, suivant le besoin, Des agens subalternes se mettent alors en route. Le lieu de rallièment est, comme dè faison, ufe taverne dont le maître se fait un plaisir de traiter gratis des hôtes aussi aimables, ‘ De là on les conduit par bandes au pol, d’où ils reviernent boire à la santé.et aux dépèns du candidat favorisé ; car si la corruption est défendue, la reconnaissance ne l’est pas. Cette vertu là coute, dit-on, à M. Stanley mille louis par jour: Aussi se trouve-t:il constamment
placé en tête du pol. ‘ : Se Preston, 21 Juin 1826.
Quard je suis parti dé Preston, Cobbett était le héros dela multitade; et l'ennemi commun de tout le reste: eh biën, huit jours se sont passés, et j'ai retrouvé le héros de la multitude sans inflaence; Wood héritier de sa popularité et en monts ouverte avec le capitaïne Barrie ; tout enfin sans dessus-dessous. M. Stanley seul avait conservé son langage et sa position. Foujours en tête du pol, soh élection est gagnée depuis quelques jours, comme celle de Cobbett est perdue. Aussi, par des raisons bien différentes, ont-ils tous deüx jugé convenable de fermer leurs tavernes. Grande leçon pour les électeurs qui veulent jouir de lewrs droits, et boire jusqu’au bout,
Wood et Barrie en présence, ç‘a été le temp des intrigues et des contre-intrigues, des injures et des voies de fait, comme
et ses banustings, he
| du capide pierres | n'avaient it pourtant but faisait ieu ; mais, j à se faire le s‘assemangüeht de ndent d'un toutes les fl électeur
kaminer de ? Montez des candités de dis- pâr jour.
andeï dix, ilternès se comme dè de traiter it par banux dépens due, la re- -on, & M.
nstamment Lin 1826.
héros de la bièn, huit caca en querelle er. ar a position.
puis quel- Aussi, par
convenable ectewrs qui
s intrigues hit, comme
à triomphe
Hydrorama. 11
pendant le règne de Cobbett....Quand celui-ci a vu que son souvoir lui échupptit, toute sa rage s’est tournée contre Wood. ll appellé coquin, hypocrite, lâche, &c. &e. tandis que de temps en temps, il offrait la main au capitaine en signe de reconciliation. Mais une chose qui fait le plus grand honneur au ‘peuple de Preston, c’est que malgré les efforts de ce bas tribun, malgré l'argent que les amis du capitaine répandaient à pleines mains, les principes l'ont emporté sur l'intérêt. Le comité de Cobhett lui-même, refusant de s'associer à ses haines, a soutenu l’homme pauvre contre l’homme qu’appuyait toute la gentry du ays.
F Quand on est le second sur la liste, parmi les moyens d’arriver au premier rang, il en est un fort expéditif et très usité en ‘Irlande: c’est d’appeller son adversaire en duel, et de le tuer avant la cloture du pol. Ce moyen, le capitaine Barrie a voulu l’employer contre Wood; mais il n’a pas réussi; et aujourd’hui, quinzième et dernier jour, tout s'est passé tort tranquillement. Bien que le résultat de l'élection fût connu d'avance,
une foule immense remplissait la cour des hustings, et trois hou-
ras ont retenti au moment où MM. Stanley et Wood ont été proclamés. Lettres sur les Elections Angluises. Paris 1827.
tes nan
HYDROR4MA.
Les succès obtenus dans les divers établissemens connus sous les désignations de Panorama, Diorama et Cosmorama, ont fait naître l’idée, de rendre les avantages qui résultent de l'exposition de ces objets sous le rapport des connaissances géo-
raphiques, et sous celui des arts, communs à un grand nomhe de villes situées sur. les rives des principaux fleuves et rivières de la France.
Pour atteindre ce but, on a conçu le plan d‘un bateau qui portera le nom d’Hydrorama. Ce bâteau aura quatre-vingts pieds de long sur vingt-quatre de large ; il sera surmonté d‘une
-construction en menuiserie dont l‘entrée sera placée au centre.
Chaque côté du bâteau contiendra un salon ayant à son extrémité un Diorama, et sur les côtés de chacun de ces salons six cabinets contenant des tableanx représentant les sites les plus intéressants. Ces tableaux, vus à travers des verres d'optique donnaut sur chaque salon, seront disposés comme ceux du Cosmorama, et éclairés de la mème manière que ceux du Diorama.
La dimension des grands tableaux placés aux extrémités du