‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 33 sur 177 · LE DUC DE MONTEL’BELLO A BALLINASLOE · texte numérisé non relu

LE DUC DE MONTEL’BELLO A BALLINASLOE

Un peu de fumée sur le penchant du Vésuve suffit pour faire pälir l’habitant de Portici, et l’orangiste d'Irlande se croit perdu s’il entend murmurer : tolérance, liberté, révolution surtout. À ces terribles paroles, fussent-elles prononcées au hazard, son corps s’agite, son visage se décompose, et son trou-

ble donne le secret de sa faiblesse. En voici un exemple récent, Un de nos compatriotes, le duc de MonTEBELLo, assitait au meeting de Ballinasloe : flattés d’avoir un pair de France pour témoin de leurs énergiques réclamations, les catholiques du Connaught lui ont adressé des remercimens, auxquels il a répondu en faisant des vœux pour le succès de leur cause. C’est ce qui arrive tous les jours en Angleterre. Eh bien, en Irlande cette circonstance si simple est tout à coup devenue une affaire d'état. Les catholiques s’en sont réjouis comme d’un événement de là plus haute importance, et le gouvernement a eu la folie de s‘en effrayer. Plus d’un conseil privé s’est rassemblé à Dublin pour délibérer sur les dangers de la patrie; des mectings protestants ont eu lieu, où l’on a parlé de trahison, de doujon, et même de potence. Pendant ce temps, les journaux ne restaient point en arrière : l’un dénonçait à l’exécration publique “ le fils de l‘un des chefs de cette horde sanguinaire que la France, aux jours de son athéisme, a vomie sur l'Europe ; à l'autre en faisait l‘émissaire des jésuites de Rome, et invoquait contre lui l’alien-bill, qni n‘existe plus. Le grave Courrier ygyait dans le discours du duc de Montébello {e pied fourchu de Ponsiqu étrangère ; et le John Bull, avec une délicatesse toute aristocratique, lui reprochait surtout de n'avoir pas deux çent mille livres de rente, armani ainsi un préjugé contre l‘autre. Tous enfin ont révé l'Irlande en feu, etle Times lui-même, le sage Times, a sérieusement envoyé Sa Grâce ( His Grace) conspirer avec M. Sur, contre la religion protestante et la maison de Hanovre.’ Dans cette puissante Grande-Bretagne, c’éfaient enfin toutes les petites craintes, tous les misérables soupçons, toutes les honteuses angoisses du GONsArRAnenE lombar: do-autrichien. Juste châtiment de l'intolérance et de la persécution ! Cf‘est nour les opprimés un commencement de ven: Hat 9 L dr oh Pat Vian Quel était donc ce discours ga la fois jésuitique et séditieux diplomatique et incendiaire, ce discours qui a ébranlé l’empire ritannique et fait trembler sur sa base Ja glorieuse, pieuse et immortelle statue du graud roi GuiLLaume ? , En voici la traduction : | at | 6 Si j'étais Irlandais, je me rendrais digne de l'honneur que yous venez de m’accorder, en défendant votre cause. Mais, 6:

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tranger, que puis-je ? si ce n’est faire les vœux les plus ardents pour votre délivrance. On est heureux de trouver des hommes pour qui les mots de tolérance et de justice ne sont point de Vains sons, Ces hommes sont nombreux en France. Et com. ment serions-nous insensibles à vos souffrances, nous qui, libres depuis si peu de temps, n’avons point encore oublié le temps où nous luttions pour le devenir? Enfin nous avons conquis la li. berté civile et religieuse ; nous l'avons conquise par cette glorieuse révolution, si mal connue de ceux qui ne voient que ses éxcès ; et quoiqué catholiques pour Ja plupart, si demain le protestantisme était blessé dans ses droits, nous nous léverions contre les empiètemens du catholicisme comme vous vous levez aujourd’hui contre éeux l’église dominante, Permettez-moi done âu nom de la France libérale, de vous souhaiter une prmpte et complète émancipation. En persistant dans vos efforts, vous he pouvez manquer de l’obtenir, et je ne pue croire que l’admifable constitution anglaise reste toujours déshonorée par l'ilotis me politique de six millions d'hommes.”

De ‘els sentimens n’ont rien que de noble et de généreux: exprimés au nord de l‘Angleterre, on les eût trouvés parfaite: ment innocents; le Cowrier n’en eût rien dit, et le Times les eût loués ; mais l'Irlande les avait applaudis, et, dès qu'il est question de l'Irlande, les Anglais perdent la tête. Quandl les plus sages en parlent, c'est avec un orgueil de conquérant, avec une naïveté de dominateur, qui reportent aux siècles de Henri LT et de CrouweLr. ‘ A leurs yeux, il ne s‘agit point de droits, mais de faveurs. Ce sont de hauts et puissants seigneurs qui daignent consentir à émanciper leurs esclaves. Lettres sur la sie fuation de l'Irlande. Paris, 1826.

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, LE GUAGO.

La nature bienfaisante a souvent placé le remêde à côté du mal: c’est ainsi que, dâns l'Amérique du Sud, te graco, espèce de lierré qui s‘accroche nvec ses vrilles aux branches des arbres, annonce la présence des serpens de la plus dangereuse espèce; car il passe pour certain que.cette plante, antidote infaillible de leurs poisons, abonde dans les lieux qu’ils hnbitent, ‘La racine et' les branchies du gunco, qui ressemblent à la vigne dépourvue de ses feuilles, sont également efficaces contre leur morsure, Si jé n'avais, dit M. "PHompson, entendu raconter les effets de ce contre-poison par des personnes dignes de foi qui les avaient éprouvés élles-mèmes, je n'aurais pu y croire, tant on les représente comme jinstantannés et en quelque sorte miraculeux.

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morsure de quelques-uns des serpens de ce pays est si venimeuse, que l’on en meurt en moins de vingt minutes ; mais si la personne blessée peut mâcher un morceau de guaco peudant quelques heures, en appliquant sur la plaie une partie de la salive qui résulte de cette mastication et avalant le reste, elle n’a plus à redouter aucun mauvais effet du venin, quelque puissant u‘il soit, É Ce merveilleux remède ne pourrait-il pas être employé dans le cas d’hydrophobie ? Sans parler de son utilité contre les fièvres d'accès, la dyssenterie, et généralement toutes maladies ui appartiennent aux contrées où il est répandu avec abondanbés je puis, poursuit M. Thompson, me citer comme exemple de ses qualités bienfaisantes. A l'exemple des autres Anglais, pour éviter les maladies pendant que je résidais à Sansonate et dans:les autres villes dont le climat est considéré comme funeste aux Européens, j‘en pris tous les jours, et ma santé y fut constamment parfaite.

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