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VIE

92 Petit Systéme d'Agriculture.

à paraître, et que le soleil nous favorise de ses premières faveurs, on doit alors mettre dans les fumiers, toutes les pailles, pesas, et autres choses de cette éspèce, qui restent dans les granges; et jétter dessus une couche de fumier, assez épaisse pour qu'ils se pourrissent et corrompent promptement et à l’égal du fumier. Après trois semaines ou un mois de soleil, et lorsqu'on est certain que les fumiers sont parfaitement dégelés, et qu’ils commencent à chauffer, il faut avoir le soin de les couvrir (quoique les cultivateurs Canadiens ne le fassent jamais) afin “empêcher les pluies qui tombent quelquefois, avec une grande abondance dans cette saisons de les pénétrer; et d'en tirer en peu de tems par de continuels lavemens la mcilleure partie, qui est la vertu nutritive et vépérres qu’ils peuvent contenir, ” Le soleil n’est pas moins dangereux que la pluie à il n‘y a aucun doute que par la force de son insatiable attraction, il benlève continuellement une partie riotable des substances grasses que contient la superficie du fumier. Ainsi il est de la plus grande nécessité de meitre le fumier à labri du soleil et des pluies : ses qualités seront généralement meilleures ; il pos: Sédera une plüs grande force ; et sera en état de couvrir une plus grande étendue de terrain. |

Les Canadiens ont pour habitude, et c’est encore un vice dans leur système actuel de culture, de charroyer leurs fumiers aussitôt après leurs semences faites, afin de se débarasser de ce pénible ouvrage et de nétoyer les devantures de leurs granges et de leurs étables. En cela ils ont certainement raison, et j‘avoue que c’est bien pour eux le tems le plus propice et le plus favorable pour faire cet ouvrage ; mais si c’est le tems le plus convenable, il faut qu'il soit fait dans des circonstances fort heureuses, qu’on ne peut pas toujours prévoir.

Encore ces circonstances heureuses, qui sont des pluies de quelques jours qui suivent immédiatement le charroyage des fumiers, ne font qu’empêcher une plus grande perte, en donnant aussitôt à la terre, les vertus humides et nutritives des fumniers,

u’un soleil ardent attirerait promptement par son avide et continuelle attraction, Car dès que les fumiers sont charroyés et étendus, s‘l vient une pluie de quelques jours, elle les pénètre et les lave, et donne immédiatement à la terre toutes les substances nutritiyes qu’ils contiennent. Alors on voit l'herbe croître considérablement : elle devient plus verte et plus forte : elle jouit. contre les vœux. du -Jaboureur, des premiers avantages que donne le fumier à la terre, et profite des premières et plus nes substances de cet engrais, qui ne devrait servir qu’au seul froment Ce qui reste de graisse où vertu nutritive dans la teyre après que l’herbe en a eu les premiers avantages, a moins de force et de vigueur, et par conséquent est moins favorable à la

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Anecdote Américaine. 28

Mais ce qui est encore le plus: à craindre-et le plus dangereux, c'est un'tems sec et chaud, pendant plusieurs jours, après que fumier a été charroyé et étendu. Le soleil attire avec une grande avidité toutes les substances humides et nutritives que contient le fumier : il devient sec et aride, et les vents emportent-dins les airs un suc nourricier et végétatif qui était, destiné a restaurer la terre épuisée. Le fumier le plus gras est alors privé :de:toute sa valeur et sa force, et il ne lui reste plus que la propriété de retenir l'humidité que contient la terre, et de l'empêcher de ‘&texhaler dans lair par des évaporatiaons qui seraient sans:le secours du fumier plus communes et plus faciles. Le fumier:ainsi détérioré par les ardeurs du soleil, ou lavé par l'abondance des pluies, cause une pérte considérable au cultivateur, qui attentl de cet engrais, des avantages dont l'herbe a profité aison préjudice, ou que le soleil et le vent ont naturellement dissipné dans les airs. El est certain que le tems le plus, prapice pour charroyer le fumier, et pour enavoir un ample profit, serait avant de faire les labourages, l'autonne au le printems. Car il serait aussitôt couvert par la terre, et serait moins détérioré par lés ardeurs du soleil, ou par des’pluies continuelles. et. abondantes. Le grain que l'on confierait à cette terre profiterait seul de sa force et de sa valeur; et deviendrait beaucoup. plus beau que s’il eût été semé dans une terre engraissée dans le tems orinaire. Mais afin que le fumier que l'on. charroyerait à cette “saison ne fût pas nuisible,: il faudrait qu’il: füt bien pourri car stil était trop vert, il empècherait. l’action de la charrue,; on au moins rendrait lv terre:très difficile à labourer ; ce qui causerait une perte de tems considerable pourle laboureur. On peut aussi étendre du fumier sur les terres: ensemenvées; mais il faut éviter de le charroyer avec des chevaux ou des bœufs; çar ils perdraient beaucoup de graïns:par leurs pieds. è Le grain viendrait tout à fait beau et bon sur un terrain ainsi engraissé, surtout si une pluie favorable et bienfaisante venait À tomber aussitôt après cet ouvrage terminé. Léigtain profite: rait alors seul de toutela force du fumier, mir nf i

=épres

ANECDOTE AMERJCAINE.

Dans les:habitations situées sur les bords de Ja Delaware, une

jeune fille d‘une beauté: parfaite, nommée.MoLi.y, aimait: le jei

. SEvMours, et en était tendrement aimée. Harvey, père de

la belle Molly, possédait de grandes richesses ; il avait des champs fertiles et de nombreux troupeaux. Seymours était Tous IX.—No. V. 4

04 Anecdote Américaine.

pauvre; Harvey ne pouvait se résoudre à lui donner sa fille, Seymours accablé de chagrin, partit pour la Caroline avec une troupe de volonteires. Jaloux d’apporter des lauriers aux pieds de sa maîtresse, et d'acquérir un grade qui puisse lui faire obte- -nir sa main, il se distingue à la défense du fort Sullivan, et le commandement d’une compagnie devient bientôt la récompense de sa valeur, (ra Après avoir donné de nouvelles preuves de son courage, il joignit l’armée de WasHiINGToN ; et se trouvant peu éloigné de sa maîtresse, il désira jouir du bonheur de la revoir; il demanda et obtint un congé de trois jours. Le père de Molly le voyant capitaine, lui fit un accueil favorablé, et ne crut pas devoir refuser pour gendre un homme utile à sa patrie, Le temps pressait; il fallait que Seymours rétournât dans les camps : le mariage se fit dès le lendemain. Après la cérémonie, les parens ‘des jeunes époux se rassemblèrent sous des arbres environnés de treillages, à deux cents pas de la maison d‘Harvey. Ils y ‘faisaient un repas champêtre qu’assaisonnait une douce joie, lorsque les soldats de l’infanterie légère du général Howe, qui M ring le pays pour chercher des vivres, traversèrent

‘habitation. Seymours et les ‘témoins de son bonheur étaient ‘dans la plus grande sécurité : l‘armée anglaise était loin de là, et le pays était couvert par les détachemens de Washington, ‘Qui tenaient la campagne. Cependant deux soldats appercevant de loin, à travers les arbres, un uniforme américain, s’avancèrent en appeilant leurs camarades. Ils surprennent Seymours au milieu de la joie et dans l’ivresse du plaisir ; ils veulent ‘emmener prisonnier. Il n‘avait point ses armes, mais le courage et l'amour ajoutant à sa force, il saisit un des aggrssseurs, s'empare de son fusil, et le renverse d‘un coup de bay nette. L'autre soldat prend la fuite : Seymours le poursuit, 1. Tâche son coup après lui. : Fier de sa victoire, il reyole vers ses parens et ses amis; mais il n‘entend que des cris et des gémissemens : il fremit, il approche : la balle a frappé scn amante, il la trouve expirante et baignée dans son sang, :

Ne pouvant supporter ce spectacle douleureux et terrible, ni la voix d'Harvey qui lui demande sa fille, Seymours retourne éperdu dans le camp, pour se livrer tout entier à la fureur et au désespoir. Il netärda pas à trouver’ dns les combats la mort qu’il désirait, et à suivre au tombeau elle qu'il avait tant aiméeset qu’une affreuse déstinée fit périr de 5a main, au monÿent qu'il allait être l'époux et l'amant lé plus fortuné,

: (Beautés de l'Histoire des Etats- Unis.) :

sa fille, avec une aux pieds aire obtean, et le pmpense

purage, il loigné de demanda le voyant devoir remps press : le males parens environnés ey. Ils y louce joie, OWE, qui raversèrent eur étaient loin de là, ashington, s apperceain, s’avannnent Seyir ; ils veues, mais le les aggr°<- ) de bay

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nts- Unis.) :

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