‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 40 sur 177 · MM. W · texte numérisé non relu

MM. W

ve

Se

Tous IX. 15 SEPTEMBRE 1829, Nuweno VI.

HISTOIRE DU CANADA

(CONTINUATION)

Loin d’être découragé par le mäuvais succés de son entreprise, le gouvernement de France résolut de faire incontinent de nouveaux efforts pour reprendre le Cap Breton, et même ce , qu’il avait perdu en Acadie. Pour cet effet, il prépara un armement, et fit appareilier, dans le port de Brest, r.1e escadre dont le commandement fut confié à M. de la Jonquière, qui joignait la commission de vice-amiral à celle de gouverneur général de la Nouvellé France. (Cette escadre mit à la voile dans le mois d'Avril 1747, conjointement avec une autre sous les ordres de M. de St. Grorers; et qui devait agir contre les établissemens anglais des Indes Orientales, y , . Le ministère anglais, qui avait été informé à bonne heure des préparatifs de la France, et qui savait que les deux escadres devaient; pendant quelque temps, faire route de compagnie, comprit qu’il n’avait rien de mieux à faire que d’essayer à les intercepter avant qu’elles se fussent séparées. En effer,'à peu près dans le même temps que les escadres françaises sor:

‘ taient du port de Brest; l’amiral Anson et le contre-amiral

Warren firent voile de Plymouth avec une escadre supérieure à celles qu’ils avaient ordre de chercher. Ils se dirigèrent vers :le cap Finistère, sur les côtes de la Galice, et le 3 Mai, ils rèncontrèrent les escadres françaises, qui se composaient de six vaisseaux de ligne, d’autant de frégates et de quatre vaisseaux armés de la compagnie des Indes, ayant sous convoi une trentâine de navires chargés de marchandises. Aussitôt les vaisseaux de ligne troussérent la voile et se formèrent en ordre de bataille, tandis que les bâtimens marchands faisaient force de voiles pour s’éloigner, sous la protection des frégates. Ce fut peut-être une faute lourde de la part des amiraox français d’éloigner d’eux toutes leurs frégates, en présence d’un ennemi d'éjà supérieur en force, et quite devenait beaucoup plus 4 cette séparation : aussi voulurent-ils s'éloigner des Anglais, dès qu’ils virent leur convoi à une certaine distance; mais ces derniers, TOME IX.—No. VI. 16 |

106 Histoire du Canada.

qui ne s'étaient pas pressés d'attaquer, tant qu'ils avaient vu les vaisseaux de ligne et les frégates à portée de se soutenir, comprirent que moment favorable était arrivé, et manœuvrèrent de manière à mettre leurs adversaires dans l’impossibilité d'éviter le combat. Les Français se battirentbravement, et tinrent quelque temps la victoire indécise ; mais ils furent à la fin contraints de la céder au nombre, et peut-être à l’habileté supérieure de leurs ennemis. Tous les vaisseaux abaissèrent leurs pavillons, et les deux commandans et leurs équipages demeurèrent prisonniers de guerre.

En même temps que la France avait fuit les armemens dont nous venons de parler, il avait été levé, dans les colonies anglaises, de nouvelles troupes pour faire partie d’une expédition contre le Canada. Ces troupes furent tenues sur pied pendant l’année 1746 et le printemps et l'été de 1747, dans l'attente d’une flotte d'Angleterre ; mais dans Je mois d'Octobre de cette dernière année, le gouvernement anglais craignant de ne pas réussir dans l’entreprise; ou prévoyant qu’il serait obligé de restituer, à la paix, qui paraissait alors prochaine, ce qu'il aurait enlevé à la France en Amérique, envoya aux gouverneurs de la Nouvelle Angleterre et de la Nouvelle York l’ordre de licencier toutes les troupes et milices levées pour une expédition contre le Canada.

Le gouvernement du Canada devenait vacant par la captivité de NL. de la Jonquière : le roi nomma pour le remplacer «d interim le comte de la GazissoNNierr, dont les provisions sont datées du 10 Juin 1747. M. Hocquart, qui avait été rappellé en même temps que le marquis de Beauharnois, eut pour successeur dans lintendance M. François Bigor, par commission du ler. Janvier 1748. Ses pouvoirs comme intendant furent augmentés dans la colonie, et s’étendirent à la Louisiane et à toutys les terres et îles dépendantes de la Nouvelle France.

-ndLe comte de la Galissonnière, homme instruit, habile et enueprenant, n’eut pas plutôt pris les rênes de l'administration, qu'il travailla à se procurer des renseignemens exacts sur le pays qu'il avait à gouverner, sur son sol, son climat, sa population, son commerce et ses ressources. * Muis son activité ne lui pet-

* Siles Canadiens, dit M. LamserrT, dans son Voyage en Canada, avaient été disposés à cultiver les arts et les sciences, cette disposition se serai! manifestée sous le marquis de la Galissonnière, qui fut le gouverneur le plus actif et le plus entreprenant qui fut envoyé en Canada, et qui avait des eonnaissinres étendues dans chaque branche des sciences. C’était à tous égards un homme d'état accompli, et ses connaissances dans l’histoire bitureile, la philosophie et les mathématiques devinrent utiles aux vues de son gouverncnent. lise procura des renseignemens des parties les plus éloignees de la eulunie, coucernunt ses habitans, ses animaux, ses arbres,

tint mt = pa

Page 1