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Dans le mème temps que le comte de la Galissonnière faisait partir M. de Céleron pour le Détroit et les contrées de l’ouest, il envoya une lettre à M. Hamicron, gouverneur de la Pensylvanie, pour l’informer de la démarche qu’il faisait, et le prier de donner ses ordres pour qu’à l’avenir les habitans de son gouvernement n’allassent pas commercer au-delà des monts Apalaches, attendu qu’il avait reçu de son gouvernement linjonction expresse de saisir les personnes et de confisquer les effets de ceux qui seraient trouvés faisant la traite avec les sauvages dans les contrées situées à l’ouest de ces montagnes, lesquelles, disait-il, appartenaient incontestablement à la France.
M. de Céleron s’acquitta ponctuellement de la commission dont le gouverneur général l'avait chargé; mais non sans exciter des soupçons et des craintes dans l'esprit des sauvages, dont plusieurs ne se génèrent pas de dire tout haut, que l’objet de la France, en prenant ainsi possession de leur pays, pourrait bien être de faire d’eux ses sujets, et peut-être même ses esclaves. La masse des procès-verbaux qui furent dressés dans le cours de cette expédition, furent apportés à M. de la Galisson. nière, ei par lui transmise à la cour de France. Deux ans après, Céleron fut récompensé des services qu’il avait rendus en
ses plantes, ses terres et ses minéraux, ainsi que sur les rivières, les lacs et mers qui baignent cette portion étendue de l'Amérique qu'il gouvernait, Jl était mème en état de donner la description des endroits éloignés qu'il n'avait pas vus mieux que ceux qui les habitaient. Enfin, M. de la Galissonnière était l’homme qu'il fallait pour réveiller dans l'esprit des Canadiens le goût des sciences et des arts, s’il n’y avait été qu’endormi.
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cette occasion, par la place de commandant du Détroit avec le rang de major.
Par un des articles du traité d’'Utrecht, il était stipulé que ceux des habitans français de l’Acadie qui voudraient devenir sujets de la Grande-Bretagne et demeurer dans la Nouvelle Ecosse, y jouiraient du libre exercice de leur religion, &c. Plusieurs de ces habitans se prévalant de cette clause, (que M. Suirx appelle indulgente, quoiqu’elle ne fut que juste,) avaient prêté le serment de fidélité, ou comme le prétendent quelques écrivains français, de neutralité seulement, et étaient demeurés sur leurs propriétés, Le gouverneur du Canada crut voir dans cet état de chose une anomalie, ou une inconvenance préjudiciable au bien de son gouvernement : il pensa qu’il ne convenait pas que des Français d’origine, de langue et de religion demeurassent sous un gouvernement étranger et souvent ennemi de la
France, tandis qu’à moins de cent milles de distance, ils pou-.
vaient se trouver parmi leurs compatriotes, et faire corps, pour a :si dire, avec les autres habitans du Canada. Il forma donc le projet de retirer les Acadiens de sous la domination anglaise, c'est-a-dire de les faire passer de la Nouvelle Ecosse dans la terre-ferme de l’Acadie, ou ce qu’on appelle présentement le Nouveau Brunswick, et qui était encore censée alors faire partie de la Nouvelle France. Pour mieux réussir dans l’entreprise, il se servit de l’entremise des missionnaires, et surtout de l’abbé LELOUTRE, qui exerçaient sur ces hommes simples et crédules J'influence morale la plus étendue. Les missionnaires entrant dans les vues du gouverneur général, donnèrent à entendre aux Acadiens qu'il y allait non seulement de leur intérêt, mais encore de leur honneur, comme français et catholiques, de se retirer de parmi des Anglais et des protestans, pour faire partie d’une colonie qui devait s'établir dans un certain endroit de l’Acadie continentale, Pour seconder les missionnaires dans leurs ef forts, M. de la Galissonnière envoya quelques troupes au nordouest de la Baie Française, avec ordre au commandant du poste français qu’il y avait dans ces quartiers, de s’y maintenir par la force des armes, si l’on cherchait à l’en déloger. Par ces moyens, et principalement par les mouvemens que se donna M.
Leloutre, on parvint à induire plusieurs familles acadiennes à
venir s’établir au poste français dont nous venons de parier, ou elles trouvèrent tout l'appuï et les avantages qu’on leur avait promis. ,
F'latté de ce premier succès, et persuadé qu’avec un peu d’encouragement, un grand nombre suivraient l'exemple de ces premiers émigrans, et qu’il se formerait par ce moyen une puissante colonie, qui serait comme une barrière contre les Angluis, de ce côté là, M. de la Galissonnière s’edressa au minis-
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sère français pour lui demander un fond qui le mît en état d’exéeuter pleinement le plan qu'il s'était proposé par rappoit aux Acadiens. Ce plan fut approuvé en France, et il fut accordé huit cent mille livres par année pour le mettre à exécution. , Sur ces entrefaites, le comte de la Galissonnière fut remplacé par M. de là Jonquière, qui ayant recouvré sa liberté, à la la paix de 1748, rentra en possession de son gouvernement, en vertu de sa première commission. Par l'article V du traité d’Aix-la-Chapeile, l’ Angleterre s’obligeait de rendre à Ja France tout ce qu’elle avait conquis sur cette’ puissance en Amérique, et nommément la ville de Louisbourg et l'île du Cap Breton, au grand regret sans doute des habitans des colonies anglaises ; et par l’article 1X du mème traité, deux seigneurs anglais du premier rang devaient se rendre en France, et y demeurer comine otages, jusqu’à ce qu’on y eût eu des avis certains que ces conquêtes avaient été restituées. . Avant de s’embarquer pour la France, M. de la Galissonnière communiqua à son successeur tous les renseignemens qu’il s'était procurés concernant la colonie, et lui indiqua les plans qu’il croyait être les plus propres à la faire fleurir et prospérer. Il fut ensuite nommé, conjointement avec M. SILHOUETTE, commissaire de la part de la France, * pour le réglement des limites des possessions anglaises et françaises, et particulièrement de l’Acudie, et il ne se montra pas comme tel moins actif et moins zélé qu’il ne l'avait été comme gouverneur de la Nouvelle France. Il dressa un mémoire où il exposait, d’une manière détaillée, tous les avantages que la France pouvait retirer du Canada, et il proposa un plan qui, s’il eût été adopté à temps, et suivi exactement, aurait probablement empêché la conquête de 1760, Ce plan était de prendre possession de l’intérieur du pays, au moyen de forts érigés de distance en distance, et d’envo rer en même temps dix mille paysans de France, pour Hetnlé les bords des lacs, du Mississipi et des principales rivières qui s'y jettent. Si ce plan avait été suivi, dit M. Smith, les colonies anglaises auraient été bornées par les monts Alleghanys, ou Apalaches, et seraient conséquemment toujours restées faibles ; les mesures qui occasionnèrent les hostilités de 1755 n'auraient pas eu lieu, et lenvahissement de 1759 n'aurait pas été entrepris,
(A CONTINUER
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* Les commissaires de la part de l'Angleterre furent MM. Shirley et Mibaay.
PETIT SYSTEME D'AGRIGULTURE.