‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 44 sur 177 · ANECDOTES · texte numérisé non relu

ANECDOTES

Quaxp les Missouris commencèrent à faire usage de Ja poudre à canon, ils la prirent pour de la graine, et demandèrent : celui qui leur en avait vendu pour des fourrures, comment elle croissait en Europe. Le Français leur fit croire qu’on la semait en terre, et qu’on en faisait des récoltes comme du millet, Par cette ruse il se défit de toute sa poudre, et reçut en échange des pelleteries. Les Missouris furent bien contents de cette découverte, et ne manquèrert pas de semer leur poudre, Ils allaient de temps en temps voir si elle levait, et ayaient soin d’y mettre des gardes, pour empècher les animaux de ravager Je champ et ruiner la moisson, Ils reconnurent enfin la tromperie, et cherchèrent l’occasion de s’en venger. Elle ne tarda pas à se présenter, Un autre Français vint, quelque temps après, exposer chez eux d’autres marchandises: ils apprirent qu’il était l'associé de celui qui les avait trompés : 1ls dissimulèrent le tour qui leur avait été joué, et lui prêtèrent mème la cabane publique, où il étala tous ses ballots. Ils y entrèrent ensuite en turulte, et emportérent tous les effets dont ils purent s’emparer. Le marchand se récria contre un pareil procédé : il s’en plaigoit au grand chef, qui lui répondit d’un air grave, qu'il lui ferait réidre justice, mais qu’il fallait pour cela attendre la récolte de Ja poudre que son peuple avait semée par le conseil du marchand français. d | us

116 Inventions.

Au 18 vendéminire, Bonaranre n'étant encore que général,

avait été investi du commandement de Paris. Le peuple souf- L frait alors de la disette, et la disette amène toujours à sa suite prin l’effervescence et l’'émeute. Pour mieux veiller à la tranquillité des : publique, NaPoLEoN parcourait les places, les marchés, les fau- P urgs, et se dirigeait de préférence vers les attroupemens nom- entr breux qui se formaient aux portes des boulangers. Un jour, mag la foule, plus excitée que de coutume, se presse autour de lui mar d’un air menaçant et demande du pain à grands cris. Une fem- uat me ei api par une corpulence qui contrastait avec la mai- p d'un greur extrème du général Bonaparte, se fait entendre au-des- de I sus des autres. ‘ Pourvu que ces gueux-là mangent, disait-elle tant en désignant les officiers, pourvu qu’ils s’engraissent bien, il gran leur est bien égal que le pauvre peuple meure de faim.—La C bonne, dit Napoléon, regarde-moi bien, quel est le plus gras signe de nous deux?” Un rire universel se fit entendre, et chacun Six ! s’empressa d’applaudir à la repartie du général et de fuire place vaiss pour le laisser passer librement. Ce tisp

Il y a quelques semaines qu’un prédicateur au chapitre fit un sermon dans un village du Derbyshire, en Angleterre, sur le L: texte: Si quelqu'un prend ton manteau, donne-lui aussi ton habit. Après son sermon, étant monté dans sa voiture, il ne trouva plus son manteau, et vit à la place un billet avee ces mots: ‘ J'ai pris votre manteau, j'espère que vous me donnerez aussi votre habit, comme vous l'avez prèché. ” |

Page 1