‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 43 sur 177 · LE MILITAIRE ANGLAIS · texte numérisé non relu

LE MILITAIRE ANGLAIS

De lu discipline de l'armée anglaise dans ses rapports avec les Citoyens, par M. Cnarzes Durix.

L’'ARME’E anglaise mérite d’étre citée comme un modèle à toutes les nations qui chérissent à la fois les lois et la liberté.

114 Le Militaire Anglais.

Le gouvernément britannique a trouvé le secret de constituer une armée redoutable seulement aux peuples étrangers, et qui regarde comme une partie de va gloire l’obéissance aux lois de la patrie, Les nobles sentimens qui animent le militaire anglais soit empreints syr sa physionomie ; il n’a pas cet aspect menngant et farouche, que trop souvent, sur le continent européen, on preud pour l'attitude martiale; sou regard insolent ne va pas toises les hommes et les femmes avec cette arrogance qui semble dire: c'est moi qui suis la force et la terreur ! Un tel air n’e:tpasun objet d'admiration dans li Grande-Bretagne, et jamuis a Londres il n’y eut lieu de dessiner des caricatures semblables à celles de nos calicots. Loin que sur les bords de la Tamise, les gare çons marchands et les commis de bureaux prennent les gros talons, les éperons et la moustache, pour briller au sortir de l'office et du comptoir, le militaire, au sortir des camps, cherche plutôt à faire oublier son état en entrant dans la cité. Dès qu'un: officier anglais arrive dans la capitale, à moins d‘ètre de service, il quitte ses armes, son uniforme et ses décorations ; son costume ne diffère «alors pas plus de celui d’un simple citoyen que le frac tout uni d’un membre du parlement ou d’un prince du sang... Par là, l'officier, rentrant à chaque instant dans la classe des citoyens, en reprend l'esprit et le caractère. Par là, le peuple s’habitue à ne voir dang les militaires que des citoyens, armés momentanément pour sg défense, mais non pas attachés à l'épée comme un janissaire au cimeterre, et dévoués pour la guerre, à l'exclusion de tout autre devoir. Tel doit être, à cetégard, l'esprit d’un peuple régi par des lois constitationnelles.

Le soldat anglais est obligé d'être constamment en uniforme ; mais, eu sein de la patrie, et surtout en tems de paix, il n’est armé que quandil est de service; dans ce dernier cas même, si, par suite d’une dispute avec des citoyens, il abusait de ses moyens d'agression pour les frapper, un cri d'horreur s’éléverait de toutes parts, et la vindicte des lois sévirait contre le coupable avec une rigueur inexorable: ajoutons que, dans tous les cas, il serait jugé par les tribunaux civils.

En Angleterre, l'officier et le sous-officiers seuls portent le sabre on l'épée; ils ne s’arment que quand ils sont de service ou de parade ; enfin le sous-officier est si sage, qu'il est presque sans exemple de le voir abuser de son arme pour répandre le sang des citoyens sans défense.

Lors mème que les troupes anglaises sont sous les armes, rien n’altère leurs égards, et je dirais presque leurs respects pour les moindres citoyens. J'ai vu des compagnies marchant par file sur des trottoirs se déranger, et passer vers le milieu de la rue pour céder le pas à des habitans qui venaient en sens contraire. Jamais, en Angleterre, on ne voit, comme sur Îe conti-

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Anecdotes. 115

nent européen, des fonctionnaires exerçant dans les lieux publics une’ police digne d'Alger ou de Tunis, en avertissant à coups de crosse (et parfois à coups de bayonnettes,) qu'on ne passe pas ld, et qu'on ne peut rester ici. Lors même que, dans les cas extrèmes de rébellion ou d’outrage à la paix publique, la force armée est requise de prêter main-forte au pouvoir civil, la troupe respecte encore des citoyens qui ne se respectent plus, Guidée par les officiers de paix, elle arrive à l'endroit du tumult:, se place en bataille à la vue des mutins, reçoit en silence leurs injures et même les projectiles qui leur sont lancés par des mains séditieuses. On croit voir les soldats de Dion traversant, au milieu des outrages et des violences, cette du er Syracuse, qu’ils avaient déja sauvée, et que malgré elle ils sauveraient encore, Il faut que le magistrat lise aux séditieux l'acte contre les émeutes (riof act), leur enjoigne, d’après cet acte, de se disperser paisiblement, et leur laisse une heure entière pour rentrer sous l’empire de luloi; ce n’est qu’au bout de ce tems qu’il ordonne, si cela est indispensable, de mettre par la force un terme à la violence.

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