Tome IX, N°. VII
134 Notice Historique et Biosraphique.
La voici, cette preuve touchante de l'estime qu’il inspirait, et des regrets qu’il a laissés.
6 Messieurs, chacun de nous vient, dans cette triste cérémonie, apporter son tribut de regrets pour l’homme de bien dont nous déplorons la perte.
Qui l’eût dit, Messieurs, que ce pieux devoir nous rassemblerait sitôt, quand il y a quelques jours encore nous ressentions l'influence de son administration toute paternelle, qu’au lieu de sa présence qui nous était promise, nous serions réduits à n’accueillir que ses restes inanimés ?
La carrière de M. le général vicomte de Léry a été marquée par d’illustres événemens.
Né au Canada, la France le vit bientôt dans les rangs de ses défenseurs ; peu de campagnes, peu de siéges mémorables ont eu lieu sans qu’il y ait participé : le maréchal Kellermann sut lé distinguer et l’associer en quelque sorte à ses travaux et à sa gloire, en le faisant entrer dans sa famille,
. le vicomte de Léry avait aussi puissamment contribué à l'illustration de sa patrie adoptive; sa vie entière lui fut consacrée, et, après l'avoir servie de son épée, il vint parmi nous se dévouer à des fonctions civiles qu’il a si bien remplies.
La commune d’Annet conservera toujours, de son administration, un souvenir plein de reconnaissance; nous chérirons sa mémoire, et, dans notre gratitude, nous nous féliciterons de ce qu’une de ses dernières pensées a été pour la commune, puisqu'il a voulu reposer parmi nous.
Ses administrés lui conserveront après sa mort toute l‘affection qu’ils lui portaient vendant que sa vie était employée à leur utilité. ”
Je n'ajouterai rien à ce discours qui, selon moi, renferme en peu de phrases le plus bel éloge que Kon puisse faire du général de Léry. Oh mon père! votre mémoire est assez honorée par les regrets des bons et simples villageois, au milieu desquels vous aimiez tant à vous trouver ; vous leur étiez bien cher. Jai vu leurs larmes couler quand le général Kellermann, dans un discours touchant, fit l’'énumération des titres que vous donnaient vos vertus guerrières et civiles à la reconnaissance de vos citoyens.
Reposez en paix, mânes sacrés; un encens toujours pur s‘élevera jusqu'à vous : il ne sera composé ni de louanges mercenaires, ni de regrets factices; nos vœux pour votre éternelle félicité vous accompagneront dans les célestes demeures, et l’espoir de vous retrouver un jour paré de vos vertus, environné de cette béatitude promise à tous Îles justes par un Dieu puissant, pourra seul nous faire supporter avec courage des jours fétris par votre absence,
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Notice Historique et Biographique. 135 NOTICE BIOGRAPHIQUE.
François-Joseph Chaussegros de Léry, fils M. Gaspard- Joseph Chaussegros, écuyer, sieur de Léry, lieutenant de toutes les troupes de la marine du Canada, et de madame Louise de Brouagues son épouse, est né le 11 Septembre 1754, et a été baptisé le lendemain en l‘église paroissiale de Notre-Name de
uébec. | D eut pour parrain le sieur François Martel de Broungues, commandant pour le roi de France en toute la côte de Labrador.
11 fut l‘uiné de dix-sept enfans dont cinq seulement lui survivent.
A peine âgé de huit ans, on l‘envoya au collége à Paris, où il fit lui-même son-éducation.
Admis à l‘Ecole du génie à quinze ans, il en sortit en qualité de lieutenant en 1773.
Aspirant en 1777, il fut promu au grade de lieutenant le 12 Octobre 1780. Il fut décoré de la croix de Saint-Louis dans le courant de Juin 1790 ; il fut nommé par le roi commandeur du même ordre en 1814; mais ensuite, malgré son ancienneté, ses droits reconnus, et ses justes réclamations, il n‘a jamais pu obtenir du ministère d'être porté sur le travail qui se présentait tous les ans au Roi à la Saint-Louis, pour nommer les grandscroix de l‘ordre.. Pendant le mois qui précéda sa mort, il adressa de nouvelles demandes à ce sujet, doiit le résultat eût sans doute été plus heureux, mais il nù pas eu la consolation de voir l‘avénement du roi Charles X, et toutes nos espérances se sont anéanties avec lui. |
Le général vicomte de Léry avait été nommé chef de bataillu saus-directeur des fortifications, le ler. germinal an 111 ; promu extraordinairement chef de brigade, le 28 Février an 1", il fut nommé directeur des fortifications, le 5 ventose an vi.
On le nomma encore extraordinairement général de brigade le 17 thermidor an vi.
Le premier consul le nomma inspecteur-général des forfications, et commandant en chef du génie à l’armée expéditionnoire de Hollande, le 5 floréal an vin.
Il fut promu au grade de général de division, le ler. Février