‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 60 sur 177 · Tome IX. 15 OCTOBRE 1829. Numero VIII · texte numérisé non relu

Tome IX. 15 OCTOBRE 1829. Numero VIII

HISTOIRE DU CANADA

(CONTINUATION

Comme c'était l'intention du gouvernement de France de

construire un fort régulier à Beauséjour, M. CnossEcros DE Leny, fils de l'ingénieur qui avait tracé les fortifications de Québec, y fut envoyé pour cet effet, M. de la Corne fut rappellé, et M. pe VassaN, envoyé à sa place, avec ordre de hâter les ouvrages, de s'entendre avec l'abbé Leloutre, et d’éviter tonte querelle avec les Anglais qui se fortifiaient à Beaubassin, La énétration de de Vassan, dit M. Smith, lui fit bientôt connaître e vrai caractère de l’abbé Leloutre; mais ne voulant point se brouiller avec lui, il le laissa le maître d’en agir vis-à-vis des Acadiens comme il l’entendait. ‘Ces pauvres gens,” continue le même historien, sans citer ses autorités, ne se furent pas plutot placés sous sa direction, qu’ils furent accablés sous b poids de sa tyrannie; ils ne pouvaient obtenir ni les étoffes ni les vivres que leur fournissait le gouvernement, qu'à force de prières et de supplications, tant son cœur était étranger à tout sentiment d'humanité."

En conséquence de la rareté de provisions qui menaçait de se faire sentir bientôt en Canada, M. Bigot s'était adressé au ministre des colonies pour obtenir l'approvisionnement nécessaire; mais comme cet approvisionnement ne pouvait être reçu que le printemps suivant, il écrivit au commissaire ordonnateur de Louisbourg pour lui mander de faire marché avec quelque commerçant anglais, pour l’approvisionrement des postes de l’Acadie. Le commissaire s’adressa à un monsieur Howe, qui s'était déjà engagé à fournir des provisions pour le poste de la rivière St. Jean, et qui se chargea volontiers d'en fournir aussi pour les autres, dans l’éspérance d’y trouver son compte. L’abbé Leloutre, (c’est toujours Mr. Smith qu: parle,) qui, conjointement avec un nommé LEBLANC, fournissait sous-main des provisions à ces postes, sentit que ses intérèts pécuniaires souffriraient du marché fait avec Howe, et témoigna à M. de Vassan

Page 1