‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 61 sur 177 · Tome IX. N°. VIII · texte numérisé non relu

Tome IX. N°. VIII

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146 Hstoire du Canada.

qu’il désaprouvait hautement les conditions de l'engagement qu’on avait pris avec cet. Anglais, ajoutant qu’il désirait avoir une entrévüe avec lui (Howe) sur le sujet, L’entrevue eut lieu en effet; mais à peine M. Howe eut-il prononcé quelques mots, qu'il fut tué par deux sauvages cachés derrière une espèce de haie. Mr. Smith prétend que ces sauvages avaient été placés derrière la haie par Leloutre lui-mème ; qu’à son retour au'fort, il fut accusé de complicité dans le meurtre de Howe; qu’il s’en défendit, mais ne convainquit pas tout le monde ce son innocence. L’historien ne dit pas ce que devinrent les assassins ; s’ils subirent la peine de leur crime, ou s’ils demeurèrent impunis; circonstance qu’il n'aurait pas dû omettre, et qu'il n'aurait pas omise probablement, s’il avait cru qu’elle viendrait à l'appui de son assertion,

Les gouverneurs des colonies anglaises continuaient d’accorder à leurs commerçans la permision de faire la traite des pélletèries avèc les sauvages sur les bérds de l'Ohio. Comme la cour de France avait approuvé le plan de conduite de M. de la Galissonnière par rapport à ce pays, elle envoya à M. de la Jouquière l’ordre de mettre fin au commerce dés Anglais dans les contrées de l’ouest, et de saisir les persornes et les efféts de ceux qu’on y rencontrerait. Afin de mettre à effet les ordres de son gouvernement, le gouverneur général envoya M. de ConTrecœur, gentilhomme canadien, et quelques autres officiers sur les bords de l'Ohio. A peine ces oflicirs étaient-ils arrivés dans le pays, qu’ils arrêtèrent trois traitans anglais, et les envoyèrent prisonniers à Montréal avec leurs pelleteries. Quelques jours après leur arrivée, ils subirent un interrogatoire devant le ba. ron de Longueil et le commissaire Varin; il parut qu’ils avaient des permissions écrites des gouverneurs de leurs provinces de fairé la traite avec les sauvages, à l’ouest dés monts Apalaches, et quelque temps après ils furent renvoyés. Les détails de l'in. terrogatoire qu’on leur fit subir furent envoyés en France, et communiqués, par ordre du gouvernement, à l’ambassadeur d'Angleterre, Ici l'historien anglais du Canada jette tout le blâme sur le gouvernement de France, et cela parce que les deux couronnes avaient déja nommé des commissaires pour fixer les limite que le traité d’Aix-la-Chapelle avait laissées indéterminées.

Mais si ces limites n'avaient pas encore été déterminées, comment les gouverneurs dés colonies anglaises pouvaient-ils avec droit prendre sur eux d'agir comme si elles l’eussent été à l’avantage de leur gouvernement, en accordant à leurs gouvernés la permission d'aller commercer dans dés contrées de tout temps reclamées par la France, et jusqu'alors, il paraît, sans contradiction, et n’était-ce pas plutôt à la Trance 4 se plaindrr la première, comme il paraît qu’elle le fit, si ‘Angleterre soutenait

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Histoire du Canade. 147

alors les prétentions des gouverneurs de ses colonies; d'autant plus que le Mississipi et les rivières qui s‘y jettent, tant du côté de ‘Est que du côté de l‘ouest, et particulièrement l‘Ohio ou Belle Riviere, avaient été primitivement découverts par des Français ou des Canadiens.

Les commissaires étaient MM. de la Galissonnière et Silhiouette de la part de la France ; Shirley et Mildmay, de la part de l‘Angleterre ; leur commission avait plutôt rapport aux bornes de l‘Acadie qu'à celles des pays de l‘ouest, qui, comme nous venons de le dire, n'étaient guère contestées, ou du moins n‘avaient pas, jusqu'à ces derniers temps, donné lieu à autant de réclamations, tant d‘une part que de l'autre. Ces commissaires se rencontrèrent, mais ils avaient à soutenir des prétentions si opposées, qu‘il parut bientôt très probable qu'il ne termineraient pas à l‘amiable les différens qui existaient entre leurs gouvernemens, et que la paix ne serait pas de longue durée.

M. de la Jonquière prévoyait bien que si la guerre avait lieu entre la France et l‘Angleterre, ‘Amérique en serait le théatre : il réprésenta donc à son gouvernement la nécessité de faire passer en Canada un grand corps de troupes; et d‘y envoyer en même temps une grande quantité de munitions et de marchandises, afin qu’on en püût toujours fournir suffisammant et à assez bon marché aux cinq cantons pour les détacher de lAlliance et de la fréquentation des Anglais de la Nouvelle York: En attendant que ces troupes et ces effets fussent arrivés, le gou« verneur crut devoir faire de son côté tout ce qui lui parut pouvoir faciliter l‘éxécution du plan qu'il avait en vue. Il fit partir M. de La JonquiErE-CHABERT, accompagné de l‘abbé Piguer, du Séminaire de Montréal, et d‘un parti d‘Iroquois du Sault St. Louis, pour le canton des Agniers, avec ordre de demander à ces sauvages la permission de bâtir un fort sur la frontière de leur pays, enleur promettant qu'ils y trouveraient constamment et à bon compte tous les effets dont ils pourraient avoir besoin. M. Chabert devait en outre demander aux Agniers la permission de réssider parmi eux, et il avait ordre de n‘épargner ni soins ni dépenses pour que le fort fût achevé le plus promptement qu'il se pourrait, s'il obtenait la permission de le bâtir. Chabert s‘acquitta si adroïiement de la commission dont le gouverneur l'avait chargé, et il fut si bien secondé par abbé Piquet, qu'il obtint sans peine la permission désirée: le fort fut bâti et nommé de {a Présentation; et les Agniers, et autres Iroquois, parurent si satisfaits de la chose, que sans l‘intervation de Sir William Jonxson, qui avait déjà acquis beaucoup d'influence parmi ces peuples, % la plupart, ” suivant Mr. Smith, ‘auraient abandonné les Anglais, pour se joindre aux Françnis, ”

‘148 Histoi: . du Canada.

Jusque vers 1750, les Canadiens n'avaient pas .eu sujet d‘ac. cuser leurs gouverneurs ou leurs intendans, de péculat, de cons. cussion, ou même de favoritisme ou de partialité marquée pour certains individus; mais au temps dont nous parlons, la corruption commença à se montrer chez presque tous les fonctionnai. res publics de la colonie. Le marquis de la Jonquière, quoique touchant soixante mille livres par an d‘appointemens et de pension, était d‘une avarice sordide; l‘intendant Bigot ne se trou. vait pas assez riche ou assez payé pour soutenir dignement le rang qu‘il occupait ; et ils avaient tous deux des parens et des favoris qu’il s‘agissait d‘enrichir. Pour suppléer à ce qui leur manqmait, ou à ce qu'ils croyaient leur manquer, du coté de la fortune, ils eurent recours, comme on l‘a déjà vu, à la traite avec les sauvages, et la firent au moyen de sociétés qu'ils formé. rent, et où ils firent entrer leurs parens et leurs amis. Quel.

uefois ils eurent recours à des moyens plus odieux encore, Cest ainsi, d‘apèrs Mr. Smith, que pour enrichir M. PEAx son favori, mari d‘une femme pour laquelle il avait un attachement particulier, M. Bigot lui prèta une forte somme d'argent, prise dans le trésor public, pour acheter du bled dans la campagne, et le racheta ensuite lui-même pour le gouvernement, à un prix exorbitant. Quelques uns de ces contrats avantageux, a- Joute notre historien, enrichirent le favori, qui, à la recommandation de son protecteur, fut nommé major de Québec, et quelques années après, chevalier de St. Louis.

Par l‘édit de 1716, il était expressément défendu à tout habitant du Canada de commercer avec les sauvages, sans une permission écrite du gouverneur général. : M. de la Jonquière sut faire tourner cet édit à son avantage, ou plutôt il en abusa d‘une manière tout-a-fait odieuse. Outre qu'il se faisait payer une forte somme d'argent pour les permissions qu'il accordait à des particuliers pour aller vendre des marchandises aux sauvages, il accorda à M, Sr. SaAuvEUR, son secrétaire, la vente exclusive des eaux de vie à ces peuples. St. Sauveur résidait à Québec, et employait deux ou trois sergens de troupes, en quartier à Montréal, pour faire ce commerce, ou plutôt pour accorder, moyennant une énorme prime, aux marchands qui le demandaient, la permission de vendre de l’eau de vie aux sauvages. Le gouverneur, qui avait sa part de ces profits, y vit un moyen d'enrichir aussi ses parens. Il avait obtenu, par son influence, la place de doyen de Québec pour son neveu, M. Pierre de T'AFFANEL-CANABAC, curé de campagne en France, qu’il avait fait venir en Canada, dans la vue de l’enrichir par le commerce. I] l'initia en effet au mystère, dit M. Smith, et lui fit faire une in.mense fortune, avec laquelle il le renvoya en France. Il avait auss fait venir dans ce pays un autre neveu, le capitaine DE

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Histoire du Cunadua. 149

Bonne DE MiseLcr, pour commander sa companie de gardes. 11 demanda d’abord pour lui le grade d’adjudant-général, sous

rétexte qu’il n’y avait ni ordre ni discipline dans les troupes de JA colonie; mais n'ayant pas eu une réponse favorable, il résolut de l’avancer d’une autre manière ; il lui concéda une seigneurie, et lui accorda le poste de Ste. Marie, avec le privilége exclusif du commerce avec les sauvages, se contentant de lui associer un M. D’ARPENTIGNY.

Ce népotisme mit le comble au mécontentement qui régnait déjà depuis longtemps dans la colonie, contre M. de la Jonquière : on fit parvenir en France des plaintes nombreuses contre son administration, et prévoyant sans doute qu’il ne tarderait pas à être rapellé, il demanda lui-mème son rappel; mais avant qu'il lui et été nommé un successeur, il mourut à Québec, le 17 ai 1752.

Le marquis de la Jonquière, sans être doué de talens transcendants, avait de l’habileté et de la bravoure; il avait fait preuve de cette dernière qualité surtout dans les combats où il s'était trouvé. Mais quoiqu'il «*t amassé par le commerce en Canadu plus d’un million de livre :1 se trouvèrent, à sa mort, entre les mains de M. de Ver, greffier du conseil supérieur, son avarice n’avait en rien diminué. M. Smith raconte, que durant sa dernière maladie, il ordonna que les bougies de cire, allumées dans sa chambre, fussent remplacées par des chandelles de suif, observant que ces dernières feraient aussi bien et coutaient moins.

Le mème historien rapporte de M. de la Jonquière une autre anecdote, puisée dans le Journal des Jésuites, et en prend occasion de dire ‘ qu'il savait soutenir avec fermeté les droits de la couronne ; qu’il maintenait que le roi était le chef de l’église, et qu’il était investi du pouvoir de la gouverner comme il le jugeait expédient. ” Sans adopter entièrement l'opinion d’un écrivain d’entre nous, qui paraît donner à entendre que ce serait le plus grand des malheurs pour les Canadiens, s’il fallait l'approbation du gouvernement civil pour la nomination d’un curé, comme pour celle d’un évèque de Québec, nous sommes bien convaincus que M. de la Jonquière ne s’est point exprimé sur le sujet de la manière que le dit M. Smith; quand même, comme le prétend, l‘écrivain précité, toutes les opinions eussent commencé alors à se déplacer, chez une certaine classe d'hommes. Le marquis de la Jonquière n’était pas sans doute plus imbu de l'esprit philosophique que le comte de Maurepas, qui, comme le dit plaisamment un auteur, voulait borner toutes les études à la lecture de l’Almanach royal. Le-simple fa t est que

la conduite du P. Lerournois, au Sault St, Louis, ayant dépla au

gouverneur, celui ci jugea à propos de le déplacer ; et de nom-

: Extrait.

oi fin gg ni fiturel Te pi + fin a l' mir.à sa p'ace M. de La Breronniens, prêtre séculier, L'évêque tinuée, et le. supérieur desjésuites lui représentérent qu'il n'avait pes plus | je sois le, droit de sommer à un bénéfice ecclésiastique, dans la. colonie, . da vérit gee de. déplacer un bénéficier. . M. de la Jonquière, sans ré. #ure qi pondie directement à leur représentation, leur fit savoir qu'il avait sous $ changé d'avis quant à M. ‘: la Bretonnière ; et qu’il avait nom- malhe: mé à sa place le P. Hocçurr, jésuite. - fi, reconf Charles Lemoynr, baron de Longueil, alors gouferneur de tromp Montréal, étant le plus ançien officier de la colonie, prit les rênes loutre de J'adiministration, en attendant l’arrivée du successeur de M, te pas dela Jonçuière., C'est Je premier et jusqu’à présent le seul dans * Cañadien, qui se soit trouvé à la tôte du gouvernement de son ligue a pa; & me do:

(A CONTINUER.) justem

autres.

devant que je

EXTRAIT ment p D:s UBrautés de Histoire dis Etats-Unis.” Une sur les ri, àS rage et drisse

Ban

La conduite des nouveaux Anglo: Américains ne mérite pas toujours des lodanges, et les fautes qu'ils commirent occasionnèrent leurs propres malheurs. Ce peuple composé de fugitifs, que l'intolérance des prélats avait chassés Angleterre, ne se vit te eû pas plutôt paisible dans ses nouveaux établissemens, quél se Hi. ire vra à ki chaleur d'un faux zèle, et imita Ii fureur de ceux qui a- crever vuiet ‘ été les auteurs de son exil. Il poursuivit impitoyable. dâtau ment Les quakers, les anabaptistes, et d'autres sectaires dont les sentimens différmient des siens, et devint persécuteur quand il cessa lui-même d'être persécuté. Ni la faiblesse de l'âge, nites

-8ES jue Les des in

iufirmités de la vieillesse, ni i‘honneur du sexe, ni la dignité du ts "de

ministère, ni la naissance, ni la fortune, ne purent vaincre la les | voge de ces fanatiques. Ce zèle anglicun s'étendit jasqu‘aux 4 5 sorciets, et il est presque incroyal.le à quels excès il stest porté. t éd On ne peut lire sans indignation le procès de la nommée Su- ps ci zutna Martin, de la ville de Salem, accusée et convaincue de éclei sortilége, La veille de lféxécution, cette infortunée adressa le eléy mémoire suivant à ses juges :

“Votre humble et malheureuse suppliante, n‘ayant aucun crime à se reprocher, et voyant les basses subtilités de ses accusutèurs, ne peut juger que favorablement de ceux qui se trouvent Ï | dans le cas dont elle géinit pour elle-meme. Le ciel connait dus À nion innocence ; elle sera connue de même an grand jour, à la | re M face des hommes et des anges. Je ne vous demande point la vie, th ge mais je souhaite, et Dieu connait mes intentions, qu'on mette

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te pas casionugitifs, e se VIt l se Hi qui a- >yableont les uand il , miles uité du ncre la qu'aux porté.

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un cri- ACCUSsUe ouvent connait r, à la an vie, | mette

Exirait. Ai

fin à l'effasion du:sang innocent, qui ne peut manquer d‘ètre con tinuée, si les choses ne prennent point un autre cours. Quoique je sois persuadée que vous employer tous vos efforts à :conhai- Aa vérité, cependant le témoignage de me propre constience m'assure que vous êtes ‘dans Ja plus triste de tautes-lés erreurs. Je sous supplie donc d'examiner: de plus près quelqu: uus des malheureux accusés, qui, par la faiblesse de leur esprit, s8:sont reconnus coupables : vous verrez: qu'ils vous::trompent, :en ‘se trompant eux-mêmes : je suis sûre du moins au‘on le verra dans leutre monde, où:vous êtes: prêts à me‘faire- passer; et: je ne doute pas non plus qu'il n'arrive tôt ou:tard un grand changement dans vos idées. On'm‘accuse moi et d'autres d'avoir fait une ligue avec l‘espri deperdition: nous ne pouvonsavouer tn crime dont nous soinmes innocents. Je sais qu'on mfaccise injustement, et j‘en conclus qu'on ne fait pas moins d'ihjustice aux autres. Je le répète, Dieu qui pénètre le fond des:cœurs, et devant le tribunal de qui je vais paraître, Dieu m'est témoin que je n‘entends rien à tout ce. qui regarde les sortiléges. Comment pourrais-je mentir à lui-même et livrer volontairement mon âme à sa vengeance éternelle ? ” |

Une pièce si forte et si touchante ne fit aucune impression sur les juges. Cette femme dit adieu: d‘un air, ferme à son ma-

ri, à ses enfans, à ses amis, et marcha au suplice avec un cou-

rage et une grandeur d‘ême qri:ne causèrent re moins d'atten-

drissement que d‘admiration aux spectateurs. Quoique la crainte.eût porté plusièurs-des accusés à se canfesser eoupables, il n°y en eut pas un qui‘ne se rétractât en mourant, et qui ne deinandât au ciel de fire retomber con sang sur ses accusateurs et sur ses juges 39 fl Lesuns.et les autres n‘èr furent pas moins achavnés à la perte des innocents. On faisait mourir sans pitié des énfans dé douze ans; on dépouillait tout nus les accusés,. pour découvrir sur eux des preuves de sortilepes. Les taches de scorbut, duxauel. tes les vieillards sont sujets, passaient pour des marques que le démon avait imprimées sur leur chair. Il n‘y avait point. d‘histoire de snectres‘et de fantômes qui ne passät pour véritable ans ‘esprit de Ir populace; comme dans les ‘siècles les moins éclairés. Au Géfaut de témoins, on avait recours à la torture, et ces melheureuses victimes . étaient contraintes, par: la force des tourmens, d‘avouer les crimes qu'il plaisait à leurs bourreaux de leur dicter. Les prisons étaient remplies, et il n‘y avait point

de jour qui ne fût marqué par. quelque exécution, Cependant

la rage dles délateurs ne se lussait point, x; le nombr- des: nrétendus sorciers'allait toujours en augmentant ; et ce qu‘il v eut de

‘Plus singulier, c'est que les juges qui refusaient leur ministère

aux accusateurs se virent eux-ntêmes Acousés à leur tour, et for-

4158 Biographie Canadienne.

wr de quitter la colonie pour se dérober aux fureurs du peue.

It était temps enfin que les choses prissent une autre face : la voix de la raison fit taire celle du fanatisme; les délateurs furent intimidés; on élargit cent cinquante prisonniers; deux cents, qu'on avait arrêtés, furent renvoyés ‘absous, et l‘on ordonna un jeune général, accompagné de prières prbliques, pour demander pardon à Dieu de tart d‘horreurs et d‘absurdités.

Heureux le Canada: ces erreurs fatales Jamais il ne souilla ses antiques annales,

Et jamais il ne vit un fanatisme ardent D'un crime‘imaginaire accuser l‘innocent,

Le condamner à mort, le conduire au supplice : Non, la religion y.fut consolatrice,

Y conserva des mœurs l‘aimsble aménité,

Et ne s‘arma jrmais d‘un pouvoir redouté.

M. B....n, ÆEpitre inédite.

—Dn—

BIOGRAPHIE CANADIENE. .

Jacques GRaAssET-SAINT-SAUVEUR.

Grasser-Saint-Sauveur (N***), né à Montréal, en Canada, en 1757, (*) mort à Paris en 1810, fut vice-consul de France en Hongrie. Comme littérateur on lui doit, I. Costumes civils et actuels de tous les peuples connus, avec Maréchal, 1784, II. Tableaux de la fable, représentés par figures, accompagnés d'explications, avec le mème.--III. Tableaux cosmographiques de l’Europe, l'Asie, l’Afrique et l'Amérique, 1787, in- 40.—IV. L’'antique Rome, ou description historique et pitoresque de tout ce qui concerne le peuple romain dans les costumes civils, militaires et religieux, dans les mœurs publiques et privées, depuis Romulus jusqu’à Auguste; 1795 ou 1796, in-4o. -V. Les Amours du comte dé Bonneval, pacha à deux queues, connu sous le nom d’Osman, rédigés d’après quelques mémoires particuliers ;. 1796, in-18.—VI. Le Sérail, ou histoire des

(*) En recourant aux Régistres de la paroisse de Montréal de cette année, on voit que M. Grasset-Saint-Sauveur, dont l’auteur de cet article parait ignorer le nom de baptême, ainsi que le jour de naissance, a été baptisé sous le nom de Jacques, et est né à Montréal, le 6 avril 1757. Ses père et mère - étaient André Grasset-Saint-Sanveur, secrétaire du Marquis de Vaudreuil, et Marie Joseph Quesnel Fonblanche.—Éprreur.

rs du peu-

autre face :

s. délateurs iers; deux et l‘on oriques, pour surdités.

n Canada, de France ostumes cichal, 1784.

ACCOMpPacosmogra- , 1787, inet pitoresss costumes jues et pri- 196, in-4o.

ux queues, es mémoiistoire des

e cette année, e parait ignoiptisé sous le père et mère e Vaudreuil,

Montagte de Glace, 154

intrigues secrètes et amoureuses du grand-Seigneur; 1995, 2 vol.—VIL Fastes du peuple français, ou Tableaux raisonnés de toutes les actions héroïques et civiques du soldat et du citoyen français, etc. 1796, in-4o.-—VIIT. Warc, Julia et Zelmire, Histoire véritable, traduite de l'anglais ; 1796, in-12.—1X; Voyage dans les îles Vénitiennes, 3 vol. in-80, avec un atlas, in-4o.—X. Voyage dans les îles Baléares, Encyclopédie des voyages, 5 vol, in-40.—-et enfin, XI. Le Muséum de la Jeunesse, dont dix livraisons ont paru avant sa mort. M. Babie, homme de lettrés, son ami, avec lequel il avait donné les Ars chives de l'honneur, ou notices ‘ar les généraux ét officiers de tout grade, qui ont fait les campagnes de la révolution, huit volumes in-80. se charge de terminer cet intéressatit ouvrage,

Dictionnaire universel, historique &e. par MM. CHauLon et

ELANDINK. )

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