‹ La Bibliothèque canadienne [microforme]Chapitre 62 sur 177 · MONTAGNE DE GLACE EN VIRGINIE · texte numérisé non relu

MONTAGNE DE GLACE EN VIRGINIE

(D'un Journal Américain.)

La curiosité dont je veux vous parler est convenablement

nommée la Montagne de glace. Elle est située A- le comté lHamsliire, non loin du chemin qui conduit de Winchester À Romney, et près d'un cours d‘eau appellé la Rivière du Nord. Elle n'est pas d‘une grande hauteur, et ses côtes ne sont ni tail: lés à pié ni escarpés, Environ un demni-mille, et peut-être un peu plus, du flanc qui fait face à l‘ouest, est entièrement com: posé de pierres, depuis la base jusque près du sommet. Ces pierres, dont la pesanteur varie de dix a vingt livres, sont entièrement détachées les unès des autres, et peuvent être déplacées facilement avec la main, n‘y ayant point, où presque point de terre entr‘elles : conséquémment il n‘y croît point d'arbres, et les seuls arbrisseaux qu‘on y trouve sont quelques touffes de groseilliers sauvages assez éloignées les unes des autres,

Un des flancs. de la montagne ci-dessus est exposé aux rayons du soleil depuis neüfou dix heures du matin jüsqu‘à son coucher, Sans aucune autre montage ou collirie pour l‘en garantir. On trouve dans cette montagne, dans toutes fes saisons de l‘ans née, eti été aussi bien qu'en hiver, de la glece en abondance. On sé la procure sans la moindre difficulté: il n‘est besoin que d‘ôter les pierres de dessus, pour trouver dessous de la glace adhérente à d'autres pierres où détachée, en morceaux de diffé= fentés grandeurs, tous aussi durs et auissi compacts que durant le cœur d'hiver. Ce fut le 4 Juillet que je visitai cette montagne, et l‘on se rappellera que ca jours auparavant, le

Tonwc IX, N°. VIII

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temps avait été extrémmement chaud. Néanmoins, avec l'aide d‘un monsieur qui m‘accompagnait, je me procurni de la glace en abondance ; ét je suis persuadé que dans l'espace de dix mi. nutes, nous aurions pu en amasser beaucoup plus que nous nu. rions pu en poiter sans: nous trop fatiguer. On la trouve.en si grande quantité, .et on se-la procure si aisément, que les per. sonnes du voisinage sont dans l'habitude journalière d'y en envoyer chercher, dans les grandes chaleurs, pour l‘usage de leurs familles. La glace que je vis se trouvait près du pied de la mon. tagne, et. je ne doute pas qu‘on n'en puisse trouver beaucoup, en montant jusqu'à une distance considérable ; mais la difficulté de monter sur ces pierres détachées et roulantes, et le danger qu'elles ne tombent, lorsqu'on déplace celles d‘au-dessous, m'ont empêché de m'assurer du fait. À

Il sort de cette montagne, et nutravers de ces pierres, un courant d'air très fort et extrêmement froid. Il ne ressemble point à la brise ordinaire qui se fait sentir dans nos campagnes, et qui se ralentit par intervalles ; mais il est continu et aussi froid que.l‘est le vent au mois de Décembre, Autant que je puis me rappeller ce que Mr. JEFFERsON dit, dans ses Notes sur la Virginie, de la Caverne Venteuse, je suis persuadé que le cour:int d'air de la montagne dont je parle est beaucoup plus fort.et plus froid que celui de cette caverne. On peut dire de plus, pour achever la description de cette montagne singulière, qu'un monsieur qui demeure auprès, a bâti parmi les pierres une petite maison, afin d'y tenir Ja viande, le beurre, le lait, &c, constamment frais. Je vis pendre aux dernières pièces de cette cabane des glaçons aussi durs et aussi fermes que ceux qui pendent des gouttières, au milieu de l‘thiver, et l‘on m‘a dit quil nétait. pas rare de trouver les mouches :attirées par.l‘odeur des viandes, engourdies et sans mouvement sur les pierres,

Comté d‘Ambherst, 22 Juillet 1829,

rtf DES QUAKERS,

Le mot.qualer signifie érembleur, parce que dans leurs assem. ‘ blées religieuses, celui qui se croit inspiré et prononce un dis. cours de morale, a coutume de trembler, comme par le mauve. ment de l‘Esprit-saint, Le nom de qguakers ne leur est donné que par les autres sectes ; ils s'appellent entr‘eux amis ou frères, Le mérite principal des quakers consiste dans l’économie, dans l‘application aux affaires, dans leur zèle ardent à remplir les devoirs de l'hospitalité, de la bienfaisance, En cela leur conduite est vraiment exemplaire.et digne de louanges.

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Des Quakers 155

implici favorite, et ils suivent-encore :ns- + a ee péter ! ‘6 Que tes vètemens soient ee dit les; vise à la commodité et à la décence, mais point gt st4 ‘Si tu te ‘tiens propre et chaudement, ton but est rs ls douloit faire davantage, c'est voler les pauvres,” Nine ‘PemBerTow, un des plus riches quakers d’Arnétique, ri vertus faisaient regarder comme un de leurs plus reset ciblés chefs, portait un habit râpé, mais sans tâche, Il aimait Eu vêtir les pauvres que changer souvent d per #ich, Ils portent un habit de drap bruu assez fin-et La plis. #° heveux sont coupés en rond et sans poudre. ‘Le er pren du é ï nt en Amérique est ordinairement blanc, depuis que FRanit a prouvé les avantages que possède cette coiffure, et ‘les d ni x teints en noir. | TE Aire OU s’habillent avec plus de soin et de resite. qui se poudrent, qui portent des : oucles d per 5 à manchettes ; mais les Ltd les regardent comme des i si s faibles.

l'es de re ient les bas de laine le 15 Septembre : c’est un article de leur discipline ; car elle s'étend jusqu'à RS lemens, et c’est à leur régulariré à ‘observer qu'ils attribuen lé longue vie. On allègue en preuve qu'ils TP pr qe parmi les quakers 1 ae de Penn, en 1698, il en exi i ix en 1791.

ep n'otent leur chapenu pour pere et sine .tont.le mondes mais eux QUE ne sons F ss al ss °e9:am pe è nière à leur égard, hent, vai Fe As attente sur 4e physionomie, et a ce s’en plaignent ouvertement, Une des singularités qui Parais ai les plus ridicules à ceux qui.ne sont point de leur gate ex. oh manière de saluer avant de boire. Je te regarde, ditun art au lieu de dire à £a santé. Un jour, à un ) Ne se ve pas beaucoup de monde, un jeune homme s avisa s \re â M que ker avant de boire: Thomas, Je te regarde.— : e œ je G:llaume, répondit le quaker, ef fu le fais ave eauc AA LM pudince encore. Les quakers observent que de mens sa ‘autres sectes n‘élant pas obligés par leur religion . # $ A de.l‘usage ordinaire, ils ne doivent pas traiter les quakers. ; ent des autres, | Fr. | rene donnait-on un soufflet à un aber M qu l’autre joue ; lui demandait-on son ag il of et Pi à je veste, ‘ Maintenant les choses sont bien c angées, tan n Age gleterre qu’en Amérique. On rapporte plusieurs me à , ens.qui, pour avoir pris un peu trop de Ra io 51 À et .ont payé cher leur in liscrétion, Avant. a révo ren La 1775, un matelot anglais, qui s’imaginait peut-être que. que-

156 Naivetés.

kers d'Amérique étaient plus patients que ceux d'Angleterre, trouva dans une hotellerie un quaker assis près du feu avec plu. sieurs autres personnes ; il s’avisa d'en faire l'essai ; il li donna sur l'épaule un coup assez rude, en lui disant : ‘Je vous procurs une occasion de pratiquer les devoirs que votre religion vous prescrit.” Le quaker était un de ces hommes extraordinaires pour la force. Il se lève, ouvre seulement les deux premiers doigts de chaque main, prend le matelot par le milieu du corps, le porte jusqu’à la muraille, et le serre si fort, que l’imprudent est réduit à recourir aux prières. Comme le matelot rappelait au quaker les principes de bonté qui lui étaient prescrirs : il est vrai, répondit celui-ci, que ma religion me défend de te battre, mais elle ne me défend pas de te corriger. Enfin, après l'avoir serré contre le mur de manière qu’il ne dût pas oublier lu le. er il le posa à terre, et s‘en retourna tranquillement auprès u feu.

On sait qne les quakers regardent la guerre comme un ouùtrae fait à l'humanité, et refusent de prèter serment devant les es cours de justice ou les magistrats.

cf

NAIVETESS.

Une dame, vojant la pompe funèbre de son mari, s‘écria » Ah! que mon mari serait aise de voir cela, lui qui aimait tant les cérémonies.

Un malade recommanda qu‘on l‘ouvrit après sa mort, et don: na pour raison de cette volonté, que les médecins n‘ayant jamais pu s‘accorder entr‘eux sur la cause de sa maladie, il ne serait pas fâché de savoir à qui s'en tenir sur le genre de sa mort.

Le père d‘uti paysan se mourait : le bon villageois fut ap: peller le curé, et demeura près de trois heures à sa porte à heurter tout doucement. Le petit bruit qu'il faisait fut enfin entendu : le pasteur se leva, et apprit avec regret que le villageois était à sa porte depuis longtemps. J'avais peur, dit le paysan, de vous éveiller.-Qu'y a-t-il, lui demiända le curé ?—Mon pète se mourait quand je suis parti—Comment, répliqua le curé, il est inutile que j'aille chez vous ; votre père sera mort infailliblement.—Oh | non, monsieur, reprit le villageois, netre voi- ‘sin m'a promis de l‘amuser en attendant.

Un païticulier ayant une cruche d‘excellent vin, la éachetn, Son valet fit un trou par dessous, et buvait le vin, Lé maitre “yant décacheté la cruche, fut fort surpris de voir son vin diminué sañs en pouvoir deviner la cause. Quelqu‘un lui dit qu'on devait l‘avoir tiré par-dessous : non, répondit le maître, te n’est pas par-dessous qu‘il manque, c‘est par-dessus.

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Naïvetes. 157

Ün homme faisant un inventaire, décrivait ainsi une tapisserie de Flandres : tfem, une tapisserie à personnages de bêtes. .

Un bourgeois était d'une cotterie où l‘on donna un repas sans l'inviter : piqué de ce mépris, je m‘en vengerai, dit-il; je veux donner un grand repas où je serai tout seul.

Un gentilhomine voyant dans sa basse-cour un tas d’ordures,

se fâcha sur ce qu’on ne l'ôtait pas. Son domestique s'excusa sur le manque de chiartetiers, Que ne fais-tu, dit-il, une fosse à côté pour enterrer ces ordures ?—Mais, dit le domestique, ou mettrai-je la terre qu'on tirera de la fosse ? Grand sot, s’écria le maître, fais la fosse si grande que tout y puisse entrer. Une femme fondait en larmes pendant que son mari était à l'agonie : on voulut l’arracher d’auprès de lui, pour qu’elle n'eût pas ce triste spectacle devant les yeux. Laissez-moi, ditelle, ici: on est toujours bien aise de voir mourir son mari.

Dans uñe audience où l’on faisait beaucoup de bruit, le président dit : Hussiers, faites faire silence : nous avons jugé je ne sais combien de causes sans les entendre. |

Deux paysans furent députés pour aller dans une grande ville, choisir un peintre qui entreprit le tableau du maître-autil de leur église, Le sujet était le martyre de St. Sébastien. Le peintre demanda si l'intention des babitans était de le représenter vivant ou mort, (Cette question les embarrassa, et comme ils ne pouvaient la résoudre, ils étaient obligés de s’en retourner sans, rien conclure. L’un d’eux, prenant son parti, dit à ce peintre: le plus sûr est de le représenter én vie ; si on le veut mort, on pourra toujours bien Îe tuer. | |

Un Espagnol passait un jour dans un village du Brabant. Plusieurs chiens aboyaient et eouraient après fi. Il se baissa pour prendre une pierre.et la jetter; mais il avait gelé, et la pierre tenait si fortement qu'il ne put l’arracher. Oh! le mau-

. dit pays, s’écria t-il en jurant, où on lâche les chiens et l’on

attache les pierres.

Une fille s’accusait à confesse d’avoir chanté une chanson fort deshonnète. Le confesseur, non content de cet aveu, lui demanda quelle était cette chanson. Cette fille, sans autre façon, se mit à la chanter tout haut dans l’église,

A la naissance du derniér dauphin de France, on maria cent filles dotées, Une d'entr’elles se faisant inscrire, on lui demanda le nom de son futur. Je croyais, dit-elle, qu’on fournissait tout, | ; , 3!

Un homme malade envoya son valet pour savoir l'heure qu’il était à un cadran solaire : le valet n’y connaissant rien, arrachale pieu, et portant le cadran à son maître, ma foi, lui dit-il, regardez-y vous-même ; car pour moi, jen’y vois goutte.

Un cuisinier demarida à son maître comment il voulait qu‘on

LT

158 Char d Fupeur.

lui accommodât un canard sauvage: Faites m'en, dit le maître du bœuf à la mode.—Le mème Seigneur ayant acheté un tom: beau : Je ne veux pas, dit-il, qu'on y mette âmés vivantes que ma famille. | |

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*ACADEMIE DES SCIENCES

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