RANGER, M
BucC, fille de
Dile Sophie , lle Celn-
ies Jrvine,
30 ans ; nfant de L.
cr. de Qué-
mblée, à la
« Tour IX. ter. NOVEMBRE 1829. Numexo IX.
HISTOIRE DU CANADA
(CONTINUATION
M. de la Jonquière eut pour successeur le marquis DuouEsNe pe MENNEVILLF, rapitaine de vaisseaux et major de Toulon, sous le titre de wouverneur du Canada, de la Louisiane, du Cap Breton, de l'ile St. Jean et de leurs dépendances. Sa commission, datée du ler. Mars 1752, fut enrégistrée à Québec le ‘7. Août suivant, le lendemain de son arrivée dans cette capitale. Le marquis Duquesne avait des talens et de l’activité: M. de la Galissonnière, a la recommandation duquel il avait été nommé gouverneur, lui avait communiqué tons les renseignemens qu’il possédait sur le Canada, et les réclamations de ln France, quant aux limites de ses possessions en Amérique, Persuadé que la paix ne pouvait pas durer longtems, il s étudia à discipliner les troupes et les milices : il forma les miliciens des villes de Québec et de Montréal en différentes compagnies, à la tête desquelles i! mit des officiers expérimentés. Une de ces compagnies, dans chacune des deux villes, se composait d’artilleurs, et on les exerçait tous les dimanches et fêtes à tirer du canon, Il passa les miliciens en revue dans les paroisses de la campagne, et prit tous les moyens qui lui parurent propres à assurer la tranquillité de la colonie et à la mettre en “tat de défense. |
Les instructions qu’il avait reçues concernant les limites étaient trop positives, pour qu'il püt s’en écarter, ou négliger de les mettre à exécution ; elles portaient qu’il devait regarder comme les véritables bornes des possessions françaises celles qui avaient été tracées par M. de la Galissonnière, et construire des forts de distance en distance, pour enpèêcher que les Ane glais ne s‘avançassent à l’ouest des monts Apalaches,
Il fut envoyé en conséquence plusieurs détachemens de troupes sur l'Ohio, et les commandans eurent ordre de bâtir de nouveaux forts dans le pays, et de s'assurer par des présens
: l'alliance des sauvages. Ceux-ci prévirent qu’une telle conduite
amènerait infailliblement la guerre, et aussitôt que les Français Tous 1X.—-N °. IX. 25 -
168 Æfusioire du Canada.
parurent pari eux, ils leur donnèrent à entendre què leur voisinage, non plus que celui des Anglais, ne leur était point agréable, et les prièrent, comme ils avaient déja prié ces der. niers, de ne point bâtir de forts dans leur pays. Mais sans a voir égard à leurs prières et à leurs représentations, les Fran. çais et les Anglais s‘approchèrent les uns des autres, et conetruisirent les forts Duquesne, Necessity, Ecc.
Le marquis Duquesne, qui s'attendait à une rupture prochai. ne, envoya un grand renfort de tronpes sur les bords de l'Ohio, sous la conduite de M. Pean, avec des présens pour les sauva. ges, à qui il devait faire entendre que le but du re général était de les protéger contre les aggressions hostiles des Anglais, qui, leur faisait-il dire, n'avaient en vue que tie s‘emparer de leur pays et de faire d'eux leurs esclaves. El donna avis au marquis de Vaupreuit, gouverneur de la Louisiane, de la démarche «il avait faite, et lui recommanda de faire en sorte que les sauvages de son gouvernement se joignissent aux troupes françaises de l'Oh::. Des détachemens de troupes furent stationnés aux postes Ge Ma-zxult et de la Presqu’ile, entre le fort Duquesne et le Détroit, et ii fat construit des vaisseaux et des bateaux sur les lacs Erié ét Ontario, pour la facilité du trausport.
On savait, au fort Duquesne, que les Anglais, ou plutôt les colons anglais de la Virginie, avaient franchi les monts Apalaches, s'étaient avancés au nord-ouest, comme à la rencontre des Français, et se fortifient sur les bords de la rivière Malenguélé. M. de Contrecœur, qui commandait à ce poste, crut que son devoir l’obligeait à s’opposer à l’entreprise des Anglais. Mais avant d'emjioyer la force ouverte, il voulut tenter des voies pacifiques : il ‘nvoya au commandant anglais un officier distingué, avec une lettre dans laquelle il le sommait de retirer ses troupes de dessus les terres de la domination française. Les Anglais, suivant l'écrivain qui nous sert de guide, feignirent d'abord de se retirer en effet; mais au lieu de le faire, ils se hâtèrent d'achever le fort qu'ils avaient commencé, et qu’ils avaient appellé, ou qu’ils appellèrent alors de la Nécessité, (Necessity. )
Cependant M. de Contrecœur ignorait si les Anglais s'étaient retirés ou non : pour s‘en assurer, il fit partir M. de Jumon- VILLE, jeunc officier plein de mérite, accompagné de trente hommes, avec ordre de découvrir si les Anglais étaient encore sur les terres de France, et s’il les rencontrait, de notifier à leur commandant une seconde sommation de se retirer.
M. de Jumonville était encore à une certaine distance da fort Necessity, lorsque, tout à eoup, il se vit environné d‘Anglais, qui firent sur lui un feu terrible. Il fait signe de la main ou
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Flisotre &u Canada. 167
cœmmandant, montre ses dépèches et demande à étre entendu, Le feu cesse alors; il annonce son <aractère et sa qualité d‘envoyé, e& conimence à lire la sommation dont il est porteur ; mais à peine était-il à la moitié de la lecture, que les Anglais recommencèrent à tirer, très probablement sans l‘ordre de leur commandañt, Gui était le colonel WaswiN&toN, devenu clepuis si célàbre ; Jumouville et une partie de ses gens furent tués, et les autres furent fait: ; ‘isonniers, à l‘exception d‘un seul, qui se sauva et vint &uorter ‘u fort Duquesne la nouvelle de ce désustre.
M. de Contrecœur assembla aussitôt les officiers de la garnison et les sauvages des environs, et leur raconta ce qui venait de se passer. ‘Tous se montrérent indignés de la conduite des Anglais, et furent d'avis qu‘l fallait aller, sans perte de winps, investir le fort de la Nécessité, Une partie de la garaiscr, et quelques centaines de sauvages furent mis sous les Cette petite armée se mit aussitôt en marche, investit le fort Necessity, et l‘attaqua, dans ‘intention de le prendre à l'assaut, sfil ne se rendait pas à la première sommation. Les Anglais ne l‘attendirent pas: n‘espérant point de quartier, si leur fort était emporté de vive force, ils se hâtèrent de capitaler, et se rendirent prisonniers de guerre. Quoique parti pour venger la mort de son frère, de Villier se conduisit en cette occasion avec une modération qui lui fit le plus grand honneur. (Cette affaire çe passa au commencement de Juin 1753.
Cependant, M. Bigot, qui n‘ignorait pas le mécontentement que sa conduite avait exité dans la colonie, craïgnit que Îles plaintes des colons ne parvinssent enfin aux oreilles du roi: il demanda donc un congé d‘absence, sous le prétexte d‘arranger ses affaires, mais dans le fait pour se faire des protecteurs äla cour ou dans le cabinet, et invalider par leur moyen les accusations qui pourraient être portées contre lui. Il obtint la permission demandée, et M. Varin, commissaire de la marine, agit, en son absence, comme commissaire ordennateur, et remplit toutes les fonctiois attachées à l‘oflice d‘intendant.
Avant son départ, il obtint du gouverneur général la place de commandant de Beauséjour, et la charge lucrative de commisaire, pour un de ses favoris, M. de Vergor, dont il a été parlé plus haut, homme, suivant M. Smith, dépourvu de connaissance et de talens. A peine de Vergor était-il arrivé à Bcanséjour, qu‘il reçut de M. Bigot une lettre qui, en même temps qu'elle prouvait qu'il était dépourvu de tout sentiment de probité, dévelopait l'affreux système de péculat suivi dans ce pays, “ Retirez autant d‘argent que vou: pourrez de votre poste, mon cher de Vergor, disait l‘intendant à son favori; les moyens sont eatre vos mains ; faites en sorte d'être bientôt en état de passer
168 Æittoire di Canado:
en France, et d'acheter un bien près de moi.” * De Vergor sut mettre à profit l'avis de son protecteur : M. de LA Manrinier son prédécesseur dans le commandement à Benuséjour, avait n« cheté plusieurs milliers de cordes de bois pour l‘usage de la gar. nison : ce bois était obtenu du premier vendeur pour sept ou huit francs la corde, et était revendu quinze francs au roi par le com. mandant comme commissaire, De Vergor, déja initié par M. Bigot aux moyens de faire promptement fortune, suggéra, dans sou rapport, que le bois acheté par la Mcrtinière était pourri et ne pouvait être employé pour l‘usage de la garnison. Il fut dressé un procès-verbal, et donné un certificat que le bois était ourri. Il n‘en fallut pas davantage pour autoriser de Vergor à faire un nouvel achat de bois, qui lui procura un profit de cent pour cent.
Le gouvernement s'était obligé, comme on l‘a vu plus haut, à fournir aux Acadiens émigrés de la peninsule, les marchandises et les provisions qui leur seraient nécessaires. Ces articles étaient ordinairement envoyés de Québec, pour être mis dans les magazins du roi; mais les personnes qui étaient chargées de voir à ce que les Acadiens ne .:manquassent de rien de ce qui leur était nécessaire, s‘emparaient de ces effets, et les reven-
daïent à la couronne, à un énorme profit, lorsque ceux pour .
lesquels ils étaient destinés dans le principe, se plaigaient trop hautement de leur denuement. On employait pour cela le mê. me expédient dont s‘était servi M. de Vergor par rapport au bois de ja Martinière : on prétendait que la farine était endommagée, que les viandes étaient gâtées, que les vins et les eaux de vie Péétaient que de l‘eau; on en dressait ou faisait dresser des Procès-verbaux, et l‘on couvrait par-là une conduite qui aurait encore été inique et scandaleuse, quand même il y aurait eu quelque chose de vrai dans les prétentions que l‘on mettait en avant pour en agir comme on faissait,
Il arriva dela que les Acadiens de Beauséjour se virent'souvent contraints d'aller au fort Lawrence, pour y acheter les articles dont ils avaient besoin; et, comme on peut se l‘imaginer, c‘étaient pour les officiers anglais des occasions de chercher, par leurs discours et leurs insinuations, à leur faire regretter de s'être soustraits, par l'émigration à la domination, de I‘Angleterre Les choses envinrent au point que ces émigrés se repentirent en effet de leur première démarche, et présentérent à de Vergor un
CR om ms
* Cette lettre, d’un extrait de laquelle nous donnons ici une retraduction, est datée, suivant M. Smith, du 20 Août 1754. C’est une imitation de celle que Louis XII, si inconvenablement sarnommé le Juste, écrivit au maré-
] de Marillac, cxécuté ensuite, pour concussion dans la province dont avait été gouverneur
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Histoire du Canada. 169
. i disaient en substance: ; ue AE Imposible de vivre sur les terres qui leur avaient A rbehéss et qu'ils désiraient retourner à ph te letr
it fait abandonner; que leurs biens souffraient du manque ss ins et d‘attention, et que dans état où ils étaient, ils ne & ten s'attendre qu'a l‘indigence et à la misère; que si cn PE voulait pas leur accorder la permision de pd sur leurs terres, on le leur signifiât par écrit, afin ku tres ri né connus<ent que s‘ils étaient réduits a la misère, c'était en cons quence du refus qu'on avait fait à leurs pères de retourner sur Jes biens qu'ils avaient abandonnés. A LU De Vergor consulta labbé Leloutre sur ce qu‘ devait r'éondre à ce mémoire, dressé sans donte à la suggestion, et eut-être avec l‘uide des Anglais de Beaubassin. Labbé fit observer au commandant que sil host bris aux re de Beauséjour de retourner dans la presqu'île, ceux des autres ostes du continent voudraient suivre leur exemple sil ajouta, Énivant M. Smith, * que s’il leur refusait par écrit la perinission de se retirer, il ferait connaitre un fait qui id encore que soupçonné ; cest à-dire, sans doute, que c‘étaient vx les autres employés, qui par leur conduite envers les A ca iens, leur avaient donné le désir de redevenir sujets englais, De Vergor comprit que l‘abbé avait raison : ilrefusa de répondre au mémoire des Acadiens, etémana un ordre par le quel il leur était défendu de communiquer à l‘avenir avec la garnison du {fort Lawrence.
(A CONTINUER
* Dans tout ce que nous avons dit de l’Acadie, depuis que nous n'avons plus Charlevoix pour guide, nous avons été obligés de nous en rapporter
resque entièrement à Mr. Smith. Cet auteur nous paraît avoir puisé la plus grande partie de ce qu’il rapporte des affaires de cette Paris, dans des mémoires ou des journaux anglais du temps, qui, sans doute, n étaient rien moins qu’exempts de partialité. S'il nous tombe ve la mains des renseignemens qui nous fassent voir que l’historien anglais du Canada nous a induits en erreur, nous ne manquerons pas d’en faire part à nos lecteurs.
SUPPLEMENT CRITIQUE du SYSTEME D'AGTICULTURE de Vazene Guiuer, Ecuyer, N. P.
En trois chapitres :
1°. Réfutation de l’assertion que la terre contient un sue autritif particulier,
2°. Quelques remarques utiles & pratiques.
8°. Manière simple de détruire les puces des blés, &e.
Par J. B. Marrueur, Ecuyer, M. D.
me de SUPPLEMENT CRITIQUE.
Monsieur l'Editeur.
Je me proposais de soumettre à la considération de vos le. teurs quelques observations sur les principes & la pratique de l'agriculture, qui auraient peut-être pu servir de petit traité, lorsque Jai vu l'insertion, dans votre journal, de la production intéressante de Mr. Guillet, que j'ai lue : ec les sentiments d’un vif intérêt.
L’excellent traité de Mr. Guillet fait honneur à son auteur et à la littérature canadienne, et il serait fort à désirer que l'on prix les moyens de le répandre plus généralement parmi nos cultivateurs canadiens, qui pourraient, je crois, surtout avec l’xide des sociétés d'agriculture, en retirer de grands avantages dans la culture et la pratique de leur art important. C'est pourquoi, je m'abstiendrai très volontiers de faire part au public de quelques unes de mes remarques ; mais comme quelques autres contiennent des faits et des idées qui tendent les unes à corroborer et élucider, et, les autres à réfuter quelques avancés que fait notre écrivain, maintenant que la fin de Ja publication de son ouvrage nous en indique, pour ainsi dire, le besoin, j'espère qu’au moyen de votre intéressante feuille, on vouilra bien me permettre d'en exposer ici un court abrégé, dans l'espérance qu’il ne sera pas tout-à-fait inutile à nos cultivateurs éclairés; et vous conviendrez, sans doute, qu'ils pourraient l'être tous plus ou moins dans la culture et la pratique de leur art, si les sociétés d'agriculture voulaient prendre les moyens et se donner la pe ne de Fes y instruire en forme de discours publics ou autrement.
Entre plusieurs autres choses, nous regrettons beaucoup que Mr. Guillet n'ait pas jugé à propos d’introduite son systame
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v'a l'agr médiaterl d'étudier d'inviter celui don honorabl faire un dés en a; tre au ni la chimie cilité, gé rir la co nallemer sité dép votre de trouvent particul
Muis théorie fondée, agricult art, lais
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auteur 1e l’on 1i nos 2 l'atntages pourlic de autres robo- 1e fait )N OU qu’au rinetil ne vous 1S ou iétés pe n@ nt, que tame
Supplement Critique. 171
ar quelques remarques succintes sur l’éminence et l'avantage v'a l'agriculture sur tous les arts, dont plusieurs déper dent immédiatement ; * sur l'importance, pour ne pas dire la nécessité, d'étudier les principes de cet art noble et indispensable, et d'inviter nos Canadiens instruits à le consicérer comme étant celui dont l'étude et la pratique peuvent leur procurer un état honorable et lucratif dans le monde ; sur l'importance, pour faire un agriculteur scientifique et plus certain dans ses procédés en agriculture, d'avoir une certaine éducation, et de connaitre au moins les élements de cette science si belle et si utile, la chimie, qui en est le principe, le guide et la base; sur la facilité, généralement plus grande qu’on ne se l’imagine, d’acquérir la connaissance de ses premiers principes et d’en faire journallement l'application à l’agriculture, &c. &c. et sur la nécessité d’épierrer, ou, (comme vous l'observez avec raison dans votre dernier n ©.) % d’oter les pierres d’un champ où elles se trouvent en trop grande quantité, et faire de ce sujet un chapitre particulier.”
Muis passons, sans autre préambule, à la considération d’une théorie favorite de notre auteur, que nous croyons n’être pas fondée, puis à la seule mention de quelques faits importants en agriculture, et dont l’omission, dans son traité touchant cet art, laisse un vide qui diminue son utilité pour l’agriculteur, et la certitude du succès qu’il devrait lui promettre, par l'exposé simple de tous les moyens qui peuvent venir avantageusement à son secours, dans la culture, la pratique, l‘avancement et la perfection de son art. puit
Mais je dois observer ici, avant de procéder à la tâche que je m'impose, que je l’entreprends dans la,conviction intime où je suis que c’ost le devoir d’un compatriote de, le faire, sans avoir la moindre intention de déprécier, en aucune manière, la juste valeur du système d’ailleurs excellent de Mr. Guillet; et Je me permets de le faire ouvertement, (comme aussi à la hàte, pour ne pas permette d'interruption entre la publication de son ouvrage et celle de ce supplément, ) parceque je crois que c'est la manière la plus honnête et la plus ‘libérale, et conséquemment la plus propre à me justifier du motif qui me fait agir.