CHAPITRE ler. REFUTATION, &c. &c
Dans un pays comme le nôtre, où la liberté de discussion met chacun à son aise sur la nature des questions qui se présentent, et où la grande majorité des citoyens n’est pas encore
* Ce que Mr. Meilleur regrette de ne pas voir, M. Guillet l’a fait dans une espèce d’Introduction, que nous avons jugé à propos d’omettre, pour en veair de suite à quelque chose ds plus nouveau et d’une utilité plus immédiate.
ira Supplemens Critique.
venue à la connaissance même élémentaire des choses, il es mportant, comme il est du devoir d’un patriote, d'aider et de sur. veiller à l'instruction et à l'avancement de ses concitoyens dans Ja voie des arts et des sciences, afin de la leur rendre plus faci. le et de les garantir, duns l'acquisition de leurs premiers prin. cipes, des fausses impressions qui pourraient ensuite les retur. der, les induire en erreur et leur être préjudiciables,
La première impression d’une erreur est aussitôt et aussi aisé. ment reçue que celle de la vérité la plus incontestable ; et celle de la vérité la plus sublime est aussi facile à recevoir que celle de la plus petite erreur; mais comme les premières impressions sont toujours très couteuses à abandonner, et très difficiles à ou. blier, il est essentiellement important qu’elles soient justes et cor. rectes ces premières impressions, et que la rectitude des idées
w’elles font naître soit irrévocable en (loute.
Or, Mr. Guillet a l'honneur d’être, en quelque sorte, le pre. mier auteur canadien connu, en fait d'agriculture, et il prétend, et s'efforce de prouver, que la terre contient un suc, où un in.
rédient nutritif particulier, qui est propre à servir de nouriture â chaque espèce de ‘plante ; et après avoir offert plusieurs faits apparents à l’appui de cette doctrine peu fondée, il finit par cette conclusion prématuniée : ‘enfin chaque espèce d'arbres à sa terre favorite, ce qui démontre et prouve évidemment que la terre possède un aliment particulier qui est propre à la nourrir et à la substanter.
Mais, 19°. l’histoire naturelle, et de la création, nous apprend que Dieu créa, en six jours, la lumière, l'air, le ciel, la terre et tout ce que nous voyons. Ses objets palpables de la création sont naturellement divisés en animés et inanimés. Les objets inanimés sont ceux qui, doués du principe de la vie, possè. dent, en eux-mêmes, le pouvoir de la digestion, de l’assimila. tion et de la reproduction de leur propre espèce, els que l’hom. me, les animaux proprement dits, les arbres, les plantes, &c. &c.
Les objets inanimés sont «eux dont la privation de ces trois choses princ'pales en fait une distinction marquée, tels que les
métaux, les minéraux, &c. &c. dont est constituée la terre, et qui ne résultent que du principe d’aggrégation et d’adhésion entre leurs particules intégrantes, Mais comme les êtres animés sont tous plus ou moins pourvus de certains organes dont les fonctions spécifiques et relatives maintiennent en eux l’éxistence et l'opération de la vie, et du pouvoir digestif, assimilateur et reproductif, et que les être inanimés en sont totalement dépourvus, les objets palpables de la création sont encore divisés et distingués en corps organiques et inorganiques. Les objets inanimés ou. inorganiques furent créés dans les trois premiers jours, et les animés où organiques le furent Re trois
deraiers.
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Supplément Critique.
deraiers. Or, les abjets animés ne sont strictement que des haants des lieux de leurs résidences respectives, et se nourrissent principalement et essentiellement des purties constituantes des substances organiques décomposées, digérées et assinilées. En effet, la physique et la physiologie nous enseignent que rien, dans la création, excepté l'eau, l'air atmosphérique et quelques dérivatifs, ne sauraient contribuer à la nourriture ni°a la subsistance d’aucun être vivant quelconque, que seulement les diverses substances, simples ou composées, solides, liquides ou aëriformes, résultent de la décomposition chimique ou digestive des différents objets organiques ; et la terre, ni rien de tout ce qui entre dans sa composition physique ou géologique, n’étant ni animée ni organique, ni conséquemment nutritive, ne saurait contribuer, en aucune manière, à la nourriture ni des are bres, ni des plantes, ni d'aucun être vivant quelconque. Ainsi, parlant physiquement, la terre ne contient donc pas un suc nutritif particulier propre à nourrir et substanter chaque espèce d'arbres et de plantes. , 2°. L'histoire et la géologie nous apprennent que la terre a été créée dans les deux premiers jours; que, comme tous les autres objets de la création, elle a dû l'avoir été, dès l'instant, dans une condition parfaite ; et que, considérée dans son état primitif, c’est-à-dire immédiatement après avoir été créée, elle consistait, comme aujourd’hui, d’un amas confus d’objets inorganiques de toutes sortes, ne pouvant, conséquemment, contribuer
à la nourriture d'aucun être vivant quelconque, et n’étant propre
qu’à servir d'habitation commune aux différents objets animés, tels que l’homme, les animaux, les arbres, les plantes, &c. &c. qui n‘avaient pas encore reçu leur existence; et que ce n’est qu'après que la décomposition ou putréfaction de ces divers objets organiques a eu çommencé et donné différents produits nutritifs qui en sont résultés, que la terre, qui les reçoit dans ces occasions, a pu devenir enfin propre à servir tout à la fois de demeure et de réservoir alimentaire aux arbres et aux plantes; car lorsqu’au troisième jour de la création, Dieu sépara les eaux d'avec la terre, et tira les arbres et les plantes, ceux-ci n’avaient pas besoin d’un suc particulier de la terre pour subsister, se maintenir et croître, puisqu'ils furent créés dans un état de végétation parfaite ; que trois jours après, ils devaient donner leurs fruits à l'homme, aux animaux, &c. pour leur servir de nourriture ; et que l‘eau, l‘air, la lumière et le calorique, qui en sont les stimulants et les principaux supports, étaient déjà créés.
3°. L‘analogie et la physiologie végétale nous enseignent encore que les arbres et les plantes, comme les animaux, ne sont strictement que des habitants de la terre, tous doués d‘un
Tous IX.-—N0©. IX. 26
174 Supplément Critique.
pouvoir intérieur altérant et assimilateur, qui les met en état de s'approprier à chacun les aliments qui lui conviennent, sans cependant posséder celui de locomotion, ce qui les distingue plus particulièrement des autres êtres vivant sur la terre, qui ne leur sert simplement à tous que comme un lieu commun de leur résidence. Mais comme les animaux ne se nourris. sent pas d‘un suc particulier de la terre, mais bien des divers aliments convenables qui résultent de la décomposition, de la digestion et de l‘assimilation des corps organiques devenus inanimés ; de même les arbres et les plantes, au moyen de leur pouvoir absorbant, digestif et assimiiateur, se nourrissent exclusive. ment des substances nutritives, simples ou composées, qui leur sont propres, et qui résultent de la décomposition chimique de leur feuillage, ou de quelques uns d‘entr‘eux, en forme de fu. mier, de putréfaction où autrement; ou, mais bien plus rare. ment, de quelques autres êtres organiques qui, ayant perdu la vie, sont plus ou moins immédiatement exposés à l'influence des éléments actifs, ct des principes de la chimie, qui en opérent la décomposition en faveur des vivants. De sorte que la terre, loin de contenir en elle un suc nntritif particulier et convenable à chaque espèce d‘arbres et de plantes, leur sert simple. ment de lieu commun d‘habitation, ou tout ou plus, de récipient ou de réservoir des diverses substance snutritives, que la décor. position chimique des corps organiques y dépose journelie. ment.
4°. La physique et la chimie nous assurent de plus que Dieu, en créant les divers objets de la nature, les a tous doués chacun de certaines propriétés qui lui sont propres; les a exposés à l‘influence de certaines causes physiques et accidentelles, et les a soumis chacun à des lois spécifiques, respectives et collectives, dont les unes ont rapport exclusivement aux ol.jets animés, et les autres aux êtres inanimés. Les premiers ont tous chacun son tempérament, sa forme, son penchant, sa conformité, son appé: tit, sa susceptibilité et son caractère particulier qui les distingue des autres ; et c‘est précisément pour ces raisons-là-mûêmes quil est nature] aux arbres et aux plantes, comme aux animaux, de se nourrir, préférablement et essentiellement, les uns de certaines substances et les autres de certaines autres, d‘une nature et dés. ne propriété toute dffiérente, mais d‘une qualité convenable et congéniale à l‘appétit particulier et à l‘acroissement de chaque espèce. D'où vient que certaines plantes absorbent, et s‘assimilent avec avidité, certains ingrédiens nutritifs que leur portent, â travers le sol où elles croissent, I‘eau et l'air, avec d‘autres qu’eiles rejettent, parce qu‘ils ne leur conviennent pas, mais qui y demcurent généralement pour servir de nourriture à d‘autres plantes d‘une nature hétérogène ct d’un appétit différent,
qui ys rait pr Tous c les arg notre f vorise.
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en tout dans u nullem tient u manièt étant | née et qui pr sertion conve nous son ét ment, rien d d'un à ne co!
ce qua fourni irrégt tion d 6° bien 4 tritif expéI ture ; glanc il pes ne ct rache le nf:
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Supplément Critique. 175 qui y sont semées subséquemment ; ce qui, cependant, ne saurait prouver l'existence d‘aucun suc particulier dans la terre. Tous ces faits physiques sont incontestables, rendent réversibles les arguments de Mr. Guillet, et tournent avantageusement en notre faveur tout ce qu'il a avancé au support de sa doctrine favori*o.
5°. Pour les objets inanimés, outre quelques propriétés purement physiques, telles que la couleur, la gravité spécifique, Je goût, l‘odeur, &c. &c. ils sont principalement reconnus par Je nombre et la proportion, toujours exactec et définie, de leurs substances constituantes. Or si la terre, comme les corps inorganiques, contient un ingrédient qui lui est particulier coume un de ses constituants, la chimie nous assure qu’elle le ‘contient en tout temps, également dans toutes ses parties intégrantes, et dans une proportion toujours exacte et définie. : Mais ce n’est nullement le cas par rapport à la terre; et si parfois elle contient une substance particulière, ce n‘est que par endroit, d‘une manière accessoire, et toujours dans une proportion différente, étant l'effet de l'art ou de l'accident, ou de l‘opération spontannée et naturelle de certaines lois physiques; ce qui avec tout ce qui précède, ne saurait le moindrement nous justifier dans l‘assertion trop gratuite que la terre contient un suc particulier convenable à chaque espèce de plantes ; mais bien au contraire, nous prouve et démontre, à l'évidence, que, considérée dans son état primitif, comme elle doit l‘tre, pour en juger sainement, ‘elle est une substance absolument inerte qui ne possède rien de particulier comme corps physique individuel, consistant d‘un amas confus de substances inorganiques de’touttes sortes, et ne contenant de nourriture, propre aux arbres et aux plantes, que ce que l'art, l‘accident ou quelques opérations chimiques lui ont fourni, par temps, par endroit, d‘une manière inexacte et très irrégulière, et subséquemment à la création et à la décomposition des êtres organisés,
6°. Mais pour prouver encore plus démonstrativement combien est fausse la doctrine de Mr, Guillet touchant son suc nutritif particulier de la terre, il suffit de faire mention d‘un fait expérimental rapporté par lui-même dans son système d‘agriculture; ‘% un naturaliste remplit une boëte de terre, et y serra un gland, après avoir pesé la terre qu'il avait fait sécher autour ; il pesa de même lfeau des arrosements ; le gland germa, le chine crut considérablement, et au bout de quelques années, il arracha le chène, et fit sécher de nouveau la terre et la pesa; elle n‘avait rien perdu de sa pesanteur ; il pesa aussi le chêne, qui se trouva peser plus que la terre où il l'avait semé |
Or, on ne saurait nier à un suc nutritif particulier les propriétés qualificatives de la matière, et si la terre en contient un pro-
176 Supplément Critique.
pre à nourrir chaque espèce de plantes, toute et chaque substance matérielle ayant son poids naturel ou sa gravité spécifique, il s‘ensuit, relativernent, qu'une portion donnée de terre doit né. cessairement avoir éprouvé une diminution dans son volume et dans sa pesanteur spécifique, d‘autant plus grande, que les plantes qui y croissent ont absorbé, et converti en leur propre substance, une quantité plus considérable de ce suc nutritif et nécessaire a leur subsistance. Mais le fait expérimental, rapporté ici, prouve tout le contraire de ce qui devrait naturellement arri. ver, dans le cas supposé que la terre contiendrait ce suc particulier ; la-portion donnée conserve sa pesanteur spécifique, et le chène en aquiert une qui la surpasse encore !
Donc la terre où cet arbre croissait ne lui fournissait aucun suc particulier propre à faciliter et maintenir son accroisement, mais lui servait simplement de couche et de réservoir des ali. ments d'autres sources dont il se nourrissait. Ceci est un corallaire puissant qui coule naturellement de source, et on Stépuie serait en vain à raisonner et à produire des arguments pour produire une seule preuve plus concluante.
Mais si le célèbre chevalier Newton avait été aussi bon chimiste que mathématicien, il n‘aurait pas conclu que l'eau seule avait exclusivement nourri le chène en question, et s‘était convertie en sa substance, ce dont nous prouverons le contraire subséquemment dans nos observations. Mais, dans la supposi. tion que celà aurait pu être le cas, ce n‘est d‘aucun secours à I‘assertion de Mr. Guillet; car on peut lui répliquet que si celà a pu l‘être dans un, ce peut i‘être dans tous les cas, et ce, indépendemment d‘aucun suc nutritif particulier de la terre.
De cette croyance en cette doctrine, que la terre contient un suc nutritif particulier, peut venir souvent la négligence de nos cultivateurs, d‘amélicrer le sel de leurs terres, par les engrais qu'ils devraient y répandre soigneusement dans une proportion bien conditionnée, afin de suppléer, par ‘art, à ce que la terre n4 pas reçu de la nature, pratique dont le défant cause plus de retardement et plus de torts réels à l‘agricultevr, que toutes les rigueurs et les injures du temps, que tous les dégats des tempite et de la vermine.
Ainsi, donc, puisque ‘histoire et la géologie, l‘analogie et la physiologie, i: physique et la chimie viennent si avan'ageusement à notre appui, et concourent si puissamment ensemble à la preuve pleinement démontrée que la terre ne contient pas, naturellement par elle-même, un suc nutritif particulier propre à nourrir chaque espèce de plantes, laiss-nt les principes et les faits prendre la place de cette hypothèse bâtie à la lueur fausse de quelques simples apparences, nous devons péremptoirement conclure, en somme totale, qu'elle est inutile, contre l‘intérét, et
Vers. 177
bstance rique, il toit né.
lume et que les
physiquement insoutenable, et qu'il faut, conséquémment, la détacher du cannevas des choses utiles et fondées, et la laisser tomber, se confondre et se perdre dans le cahos obscur des saines spéculations.
Propre no tritif et apporté VERS.
nt arri.
barticu- >, et le
O moment solemnel! ce peuple prosterné,
Ce temple dont la mousse à couvert les portiques,
Ses vieux murs, son jour sombre, et ses vitraux gothiques, Cette lampe d’airain, qui, dans l'antiquité,
aucun ; dans
sement, Symbole du soleil et de l’éternité,
des ali. Luit devant le Très-haut, jour et nuit suspendue; un co- La majesté d’un Dieu parmi nous descendue, s‘épuie Cet orgue qui se tait, ce silence pieux,
L'invisible union de la terre et des cieux,
Dur Pere Tout enflamme, era émeut l’homme sensible ;
on chi- Jl1 croit avoir franchi ce monde inaccessible,
u seule Où, sur des harpes d’or, l’immortel séraphim
ait con- Aux pieds de Jéhovah chante l'hymne sans fin. ” ontraire C’est alors que sans peine un Dieu se fait entendre; u pposi- 1l se cache aux savans, se révèle au cœur tendre. cours à DE FonTanes.
e si celà Instans de! . ” D Ke. : 4 grande ! sacris prœæsentia numinis aris |
ù Plebs prostrata, vetus templum, viridantia musco OR Atria, prisca obscuratis specularia vitris, CRT 4 Ante Deum suspensa, diu noctuque refulgens, quil Solis et œterni œvi symbolum, ahenea lampas, maue Organa quæ cessant resonare, silentium id altum, bien Transcendens oculos cum cœlis unio terre, NPRUER ÆExaltant hominem, inflammant, hæc cuncta moventque, s le re- Credit inaccessi sese penetravisse intima mundi, utes Les Immortalis ubi seraphim hymnum fine carentem tempe- Concinit, auratis citharis, Jehovæ ante tribunal : | Numinis auditur tunc vox ignola superbis.
e et la Un Canadien.
igeusembleà | Je songeais cette nuit que de mal consumé, nt pas, Côte à côte d’un pauvre on m'avait iuhumé,
propre Et ne pouvant souffrir ce fâcheux voisinage, et les En mort de qualité je lui tins ce langage :
fausse Retire-toi, coquin, vs pourrir loin d'ici ; rement Il ne t’appardient pas de m’aprocher ainsi. éret, et Coquin ? ce me dit-il, d’une arrogance extrême,
oms IX. No.—IX. Pi
178 | Jugemens Ingénieux.
Va chercher tes coquins, ailleurs, coquin toi-même : sul
3 Jci tous sont égaux, je ne te dois plus rien ; À do
Je suis sur mon fumier, comme toi sur le tien. 4 U
Parrix. dit:
Morbo consumptum, hâc per somnia nocte putabam, A:
Juxtà mendici, tumulatum me esse, sepulchrum ; les à
Clarus avis, vicinia ut ægrè inhonora ferebam | ces P
Hinc apage, Ô nebulo, clamabam, alibique putresce ; Eh!
Non tibi concessum jure est inihi täm esse propinquum, vous
O Nebulo?.. hic dixit; nebuloues quære aliô, ipse es : Or
Hic samus-æquales; nihil hîc tibi debeo: fimo reten
Hic resuiesco meo, fimo tuo ut ipse quiéscis. U
Un Canadien. jours
—D—— s vaitr
JUGEMENS INGENIEUX. Flor!
| | pouv
Cxarzes, duc de Calabre ayant condamné un gentilhomnee Q
à donner cent florins d’or à une fille, qui prétendait n’avoir cé. défat
dé qui la violence, lui commanda de suivre cette fille chargée M
de cette somme, et de faire sen Llant de vouloir la lui oter. Elle amis
se délerdit si bien qu’il n'en put venir à bout. Le duc la ft sur n
venir, ct lui dit: Vous r’auriez pas perdu votre honneur, si vous qui €
aviez pris autant de sin de le défendre. Itendez les deux tiers Où
de la somme, et n‘y retournez plus, avait
Un riche banquier de la ville de Naples se sentant près de sa le pri
fin, donna soni fils u:'que aux religieux d’un certain couvent, qu'il
pour l’élever et le recevoir ensuite dans leur ordre, leur Jais- H
sant tout son bien, -qui était de cent mille dueats; mais il stipu- la m
la que si son fils voulait prendre nn autre éfat de vie, ils lui nous
donneraient ce qu'ils voudraient. Ce fils, devenu majeur, ne ajou put s’accorder de l’état ecciésiastique, et reclama le bien de son
père. Les relicieux n‘ayant voulu lui donner que dix mille du- pret
cats, il sten plaignit au duc d‘Ossonnr, vice-roi de Naples, Les Le
pères allésnèrent les termes précis du testament. Lä-dessus, le fem:
duc prononça en ces mots: Il est juste, mes pères que le testa- moit
ment soit exécuté; il ordonne que vous donmiez au fils ce que U
uwe.s voudrez ; des cent mille ducats que le père vous a laissés, da à
vo: en voulez quatre-vinst-dix mille ; c’est donc cette somme cier.
là : u‘l faut donner au fils. ne l’
ANECDOTES ET BONS-MOTS
SALOMON disait d’une belle femme sans esprit : c‘est un corps sans âme,
On demandait à Tuaxes, fameux philosophe de Milet, ce
ême :
ATRIX, abam,
esce ; inquum, ipse es :
badien.
entilhomrn e n'avoir célle chargée ioter. Elle > duc la ft eur, si vous s deux tiers
t près de sa In couvent, , leur Jaisais i] stipuvie, ils lui majeur, ne bien de son x mille duaples, Les a-dessus, le ue le testafils ce que is a laissés, tte Ssuruime
Anecdotes et Bons-mots. 179
qu'il y avait de plus difficile pour l’homme: C'est, répondit-il, de se connaitre lui-même.
Un aucien orateur grec, se voyant applaudi pat la multitude, dit: Me serait-il échappé quelque sottise ?
Anrisre conseillait aux Athéniens d'employer au labourage les ânes aussi bien que les chevaux; comme îls lui dirent que ces premiers animaux n’y étaient pas propres, il leur répondit : Eh! qu'impôrte? vous avez bien élu des chefs incanables de vous gouverner.
On a dit que les courtisans de Terence parlent avec plus de retenue que les honnêtes femmes de PLaurTE. ,
Un jeune homme dit, tout triste, à FLonus, que depuis trois jours, il cherchait un exorde pour un discours, et qu‘l ne pouvaitrien trouver qui le satisfit, Ne serait-ce pas, lui répartit Florus en riant, que vous voudriez faire mieux que vous ne pouvez ? ù
Quelqu’un demandait à un ancien Romain s’il n'avait point de défauts: Vous l’apprendre: de mon voisin, répondit-il.
Manc-AuReLe étant à l’article de la mort, s’apperçut que ses amis fondaient en larmes: pourquoi pleurez-vous, leur dit-il, sur moi seul? Que ne pleurez-vous sur tout le genre-humain, qui est réduit à la même misère ?
On dit à Louis XI, qu'un gentilhomme qu’il connaissait, avait une bibliothèque très considérable : il ressemble, répondit le prince, à un bossu qui porte sa bosse derrière le dos, sans qu'il la voie jamais.
Henrt IV fut harangué par un maire, qui s'arrêta tout court la mémoire lui manquant, il répétait toujours: Sire, la joie que nous éprouvons est si grande. ... que vous ne pouvez l’exprimer, ajouta le monarque.
Louis XIV dit à la mort de la reine son épouse: C’est le premier chagrin qu’elle m'a donné,
Le P. de La Ferre’, jésuite, parlant du temps que les femmes employent. à leur toillette, dit qu’elles consacrent la moitié du jour pour se mettre en état de perdre l’autre.
Un commissaire d'armée, dont l'esprit etait très borné, manda à M. de Louvois, qu’un capitaine, qu'il lui nomma, était sorcier. Le ministre lui écrivit : Si ce capitaine est sorcier, vous ne l’ètes pas.
Un premier président demandait à M. Lavaerots pourquoi il ne se chargeait plus que de méchantes causes, étant si bon avocat: C’est, lui répondit M. Langlois, que j'en ai tant perdu de bonnes, et tant gagné de mauvaises, que je ne sais plus lesquelles prendre.
FoxrenELLe disait plaisamment que c'était par bêtise que le
180 Académie des Sciences.
bon homme, l’inimitable LAroNTAINE, préférait les fables des cnciens aux siennes.
Une homme voulant railler uhe femme qui chassait plusieurs ânes devant elle, lui cria: Adieu, la mère aux ânes; elle lui ré. pondit sur le champ: Adieu, mon fils.
Au commencement de la célèbre campagne d'Italie, on con. seillait à BoNAPARTE d'attendre d’autres munitions : Vainqueurs, ditil, nous n‘en avons pas besoin ; vaincus, nous en aurons trop.
ae
ACADEMIE DES SCIENCES
Ossemens de palæotheriums découverts dans une couche de calcaire grossier près de Paris.
M. Corprer communique à l’Académie un fait relatif à la théo: : cles terrains des environs de Paris,
Cet académicien, averti par M. RoBERT, que des ossements de mammif ::+ venaient d’être découverts dans des couches appartenant à la formation du calcaire grossier, s’est transpor. té sur les lieux, où ce jeune géologue en avait reconnu l’éxistence. C’est une carrière de Nanterre, connue sous le nom de carière des moulins, la troisième de celles qu’on rencontre en arrivant à Nanterre par la route de Paris: elle est exploitée par M. Neror, qui en est le propriétaire. La couche ossifère est située cinq mètres et demi au-dessus du sol ; elle est épaisse de quatre à cinq décimètres. Rien n'est si facile que de l’éxaminer, puisque la caverne est exploitée à ciel ouvert. Les ossements sont tellement friables, et d’ailleurs si fortement encaissés dans leur gangue, qu’il est presque impossible de les en détacher sans les briser. Les échaztillons de la roche ont été mis sous les yeux de M. G. Cuüuvier, qui a reconnu les os pour appartenir a une grande espèce de palæotherium. I] paraît que la quantité des ossements est très considérable ; la couche ossifère s‘étend déjà sur une longueur de plus de vingt mètres, et rien n‘annonce qu‘on soit près de l‘avoir épuisée.
Des faits qu'il vient de communiquer à l‘Académie, M. Cordier conclut :
Jo. Que les m:mmifères appartenant à des espèces perdues, dont on a trouvé tant de débris dans la formation gypseuse ues environs de Paris, et dont on a reconnu quelques ossements dans une formation de grès quartzeux qui est intercalée entre la formation du calcaire siliceux et celle du calcaire gressier, descendent, en outre, dans le eaïcaire grossier lui-même ;