Tome IX. 15 NOVEMBRE 1829. Numero X
HISTOIRE DU CANADA
(CONTINUATION
Aussrrôr que la Grande-Bretagne eut eu connaise
ui s’étâit passé près des bords de l'Ohio, elle prit la resoiution
e faire les plus grands efforts pour chasser les Français des postes qu'ils occupaient dans ces quartiers : non seulement elle donna ordre aux gouverneurs de ses colonies de repousser la force par la force ; el'e fit encore passer plusieurs régimens d’Ir: laade en Amérique, pour les mettre en état d'agir sur l’offensive. La France, qui regardait sa rivale comme ayant été l’aggresseur dans l'affaire de Jumonville, et qui prévoyait que a paix ne pourrait pas se prolonger encore bien longtemps, se prépara, de son côté, à soutenir la guerre en Amérique, et fit
artir de Brest, sous le commandement de l'amiral Bots DE LA Morus, une flotte considérable, portant plusieurs régimens de vieilles troupes, et un approvisionnertent considérable de munitions et d'effets militaires.
Quoique la guerre n’eût pas encore été déclarée, le gouverne: ment anglais crut qu’il lui était permis d’intercepter l’escadre françuise, si la chose lui était possible, et en conséquence, une flotte de onze vaisseaux de ligne et plusieurs frégates, sortit de Plymouth, le 27 Avril 1754, sous les ordres de l'amiral BoscawEN. Les deux escadres arrivèrent presque en mème temps sur les bancs de Terre-Neuve; et fort heureusement pour l'amiral français, dit Mr. Smith, les épais brouillards qui règnent sur cetté côte, donnèrent à toute sa flotte le moyen de s’échapper, à l'exception de deux vaisseaux, /’Alcide et la Zys, qui furent pris par l’escadre anglaise; d’où il parait que l'amiral Boscawen n'avait pas seulement reçu ordre d’épier les mouvemens de la flotte francaise, comme s’exptfime notre historien, mais encore celui de l’attaquer, quoique les deux puissances fussent encore en paix, Il y avait à bord de ces deux vaisseaux, huit compa-
nies de troupes et un grand nombre d'officiers du génie. M, A la Mothe arriva quelques jours après à Québec, avec le reste Tome IX. No. X 28
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186 Histoire du Canada.
de son escadre, à la grande joie du gouverneur général et de à colonie. ,. L "ue ÿ ji Aussitôt qué la prise dès deux vaisseaux:français eut été connue à la cour de France, le comte de Mineroix, ambassadeur français à Londres, fut rappellé, et il fut publie un manifeste et les journaux retentirent de #laintes contre la conduite du gouverneméenit anglais. Celui-ci répondit que la conduite des Fran. çais sur les bords de l'Ohio avait rendu la mesure à laquelle à avait recouru nécessaire -et justifiuble.
Cependant ke général .BraDppocr s'était mis en marche, le 10 Juin, à la tête de déux mille deux cents hommes, pour se- ren: dre dar.s les lieux où de colonel Washington avait été défait pat M. de Villier, l’année précédente ; et les colons de la Virginie et de la Pensylvanie, avaient fait partir plusieurs détachemens de. yolontaires pour le renforcer.:: M. de Contrecœur, qui tom. mangait tovjours. au fort Duquesne, fut informé à bonne heure -de la: marche des troupes anglaises sous le général Braddock, .et envaya «un particonsistant en deux cent cinquante Canadiens et six cent cinquante sauvages, . sous le commandement de MM. de Brauyeu.et Dumas, pour les attaquer àä.un défilé qu’elles avaient à passer, à environ trois lieues du fort. Ils y'attendirent l’arrivée de Braddock, qui s’avança sans. méfiange et sans pré: “<autions dans l'androit où.les Français s'étaient postés, comme ‘en ainbuscade. Ceux-ci firent une décharge générale de leur ‘mousqueterie sur l'avant-garde des. Anglais, qui se replia aus- ,sitôt.en désordre sur le corps d'armée Le mouvement rétro- grede et précipité de leur -avant-garde jetta les Anglais dans une espèce de terreur panique, et ils se mirent. presque tous à fuir dans le plas grand désordre. Braddock parvint. néanmoins à ‘en rallier un certain nombre,'et alla avec eux a la chargè né seconde fois, mais avec aussi peu-ce, succès que la première: il -x fut blessé mortellement et.les soldats découragés par la perte de leur chef, se mirent aussitôt à fuir en désordre et péle-mèle.
a perte des Anglais se monta.à ‘environ sept cents hommes,
armi lesquels.il,y avait plusieurs officiers de.mérite.: Toute ee artillerie, leurs munitions «et leur bagage-tomhèrent entre lès mains des Français, ainsi que les plans et les instructions du ‘commandant. . Du côté des: Français, il y eut une trentaine d'hommes de tués, et .à peu près autant, de blessés: MM. de
. Beaujen, de ‘la Pernane et Connevaz, officiers du corps de la «marine, furent. du noôtabre desiderniers. M. Dumas se distingua particulièrement dans ce,combat;. qui se livra le 9 Juillet à midi: es Canadiens y donnérent.de mouvelles preuves de leur bravou- re.et de teur bonne volonté, .et les sauvages s:v conduisirent en alliés fidèles; et zélés, 4. ii 5e à to ceus watt Les Anglais, au lieu .de .se. fortifier, après leur retraite, au
Cana, succes:
de la
furent
Cef ar la péditi l’autre Août Lyma vincia de bo abbati troupe néral ron L comp« pidié kau y Sud, © retra
L £ s'ava sa gro cè, a les sa raille les so qui fi (car n troup toire accabl mis, rétrog un co gal, il
Histoire, du Cunada. le.
gas que le dernier succès des Français les portât à tenter de. énétrer dans la Virginie, se contentérent de laisser un petit détachement au fort Cumberland, et se retirèrent à Philadelphie, : où ils arrivérent le 2’ Août, aù nombre de seize cents hommes.’ Ils furent aussitôt embarqués pour Albanyÿ, par l’ordre du géné ral Shirley, auquel le commandement général était dévol par ka mort du général Braddock. dc pspiol Le marquis Duquesne s’étant démis du gouvernement du - Canada, pour rentrer dans le service de mer, on lui donna pour, successeur le marquis de VAUDREUIL DE CAVAGNAL, gouverneur * de la Louisiane, . Ses provisions, datées du ler, Janvier 1755, * furent enrégistrées, à Ouébec, le 13 Juillet de la même année.” M. Bigot était revenu de France quelques mois auparavant. Cependant les colons. anglais, plutôt animés que découragés °? par la défaite de Braddock, mirent sur pied déux nouvelles ex-” péditions, l'une sous le commandement du général Shirley, êt, l’autre sous celui du général Johnson Ce dernier partit le 8? Août pour le lac George, ou du St. Sacrement, où le général”? LyMan était déjà arrivé avec six mille hommes. de troupes pro: vinciales. ‘Il s’y posta dans un endroit avantageux, entourré” de bois, ayant derrière lui le lac George, et devant, un long” abbatis d'arbres. Aussitôt qu'il fut connu À Montréal, que les! troupés anglaises étaient parties pre ‘et que l’objet du gé2" néral Johnson était d’attaquer la Pointe à la Chevelure, le Ê u à avec un carps'de trois mille hommes,” composé de troupes de ligne, de troupes de la marine, de Ca°°
sa grande. attaque de centré à cent cinquante verges de distari? cé, avec ses troupes régulières, pendant que les Canadiens et? les sauvages, dispersés sur les flancs, faissaient un feu de ti railleurs. ‘ La bataille devint bientôt générale sur toute la ligne! les soldats français combattirent avec un ordre et une bravouré”! qui firent croire que si leur commandant n'avait pas füit la fau? (car nous croyons que c'en fut une) de laisser lu moitié de sëÿ
troupes à la Pointe à la Chevelure, il aurait remporté une vi:
toire éclatante, au lieu de la défüite signalée qu'il essaya: éat
accablées par la grande supérioritée. du nombre de leurs entfgil mis, les troupes de ligne furent obligées de faire un mouvemétit" rétrograde sur la droite des Anglais, et quoique renforcées HA sd un corps de Canadiens, :.:rès quatre heures d’un combat si IA&f® gal, il ne leur.fut plus possible [': résister, et la retraite leur”te#
188 Histoire du Canada.
vint inévitable. Les Français la firent sans être poursuivis ; mäis leur perte avait été énorme : les historiens anglais la portent à près de mille honrmes, tués, blessés et prisonniers ; tandis
u’ils n’estiment celle de leurs gens qu’à déux cents quatrevingts. Le baron Dieskau, qui combattit avec la plus grande bra. voure, fut blessé grièvement et fait prisonnier. Les restes de l’armée française se retirèrent à la Pointe à la Chevelure, -
L'expédition sous le général Shirley partit d’Albany à la fin de Juillet, et arriva à Oswego au commencement d’Août. Le général y attendit des provisions, qui ne lui arrivèrent qu’à la fin de Septembre. Il erut qu'il était trop tard alors pour entreprendre une expédition contre Niagara, qu’il avait eu en vue, et ayant laissé une garnison de six à sept cents hommes à Oswego, il repartit, le 24 Octobre, pour Albany.
e Canada souffrait, Cepuis quelque temps, de la rareté et de la cherté des provisions de bouche : les choses empirèrent sous çe rapport, pendant l'hiver de 1755 à 1756, et cela, en grande partie, par la faute de l’intendant Bigot et des employés du gou« vernement. Malgré la rareté du bled, il en fut embarqué, dans l’automne, une grande quantité pour les Iles, au détriment manifeste. des habitans de la colonie } et la compagnie dont nous avons déjà parlé, accaparait tout le commerce intérieur des céréales : elle expédia ses agens dans les campagnes, pour y acheter autant de bled que possible : elle en revendit ensuite au gouvernement ce qu’il lui’en fallait, à un prix exhorbitant, BxÉ p par l’intendant lui-même, et demanda le même prix aux particuliers pour ce qu’il lui en restait, On se plaignit à l’intendant de la conduite des associés; mais ces messieurs lui firent entendre que la rareté du bled provenait de ce que les cultivuteurs le tenaient à un haut prix, dans la vue d’en tirer un plus grana profit, et lui çonseillèrent de faire faire des perquisitions
ans les campagnes, et de contraindre les habitans à “.urnir ce qu'il fallait de grains pour la subsistance des villes. M. Bigot
t un estimé de la quantité requise, et en fixa le prix à un taux incomparablement plus bas que celui de la compagnie, Aussi. tôt le sieur CADET, commis aux vivres, et ses employés se mirent à parcourir les paroïsses de la campagne, pour en contraindre les habitans à vendre leur bled au bas prix fixé par M. Bigot; et ceux qui ne le voulurent pas faire le perdirent; car il fut saisi et enlevé sans payement ni rémunération quelconque. Plusieurs se plaignirent des procédés de Çadet à l’intendant ; mais celui-ci les renvoyait à quelqu'un des associés, qui, ligués avec les autres, menaçait les plaignants de la prison, s'ils ne cessaient de se plaindre et de murmurer. Ce manège se continua les années suivantes.
Peu contente du gain énorme que lui procurait le monopole
ju bled et « de l'intende loger tous besoin.
mation de comme ila demander :
nit de la c rix étaien tendant n’a de Fripon commerce sur le mên nom que C:
Les pl sorbant, opérer, d' croissent, sol ou la plantes ; l véhicules les à leu moyen de jour, la d tituants 1 gétantes.
me des plantes, ‘çipes nu rantes 0 leurs rac
Les s ment les ples ou carbonic
phuré, |
Supplément Critique: 189
a farine, la société fit construire, près du palais ie une grande voute, ou magazin, dans la yue d su tous les articles dont le gouvernement pourrait avoir NR Chaque automne, l’intendant envoyait en France une es- Pat des effets nécessaires pour l'usage du gouvernement, et su e il avait.sa part dans le gain des associés, il avait soin d’en bander moins qu’il n’en fallait, afin d'acheter ce qui manque. mn la compagnie, aux prix qu’elle y voudrait mettre ; ch oee, 2e étaient toujours exhorbitants, aussurée qu elle était que l’inint n'acheterait jamais que d’elle seule : d’où vint le nom
. p . ° de . } donné par les habitans de Québec à la maison
L Faune HAN Il en fut aussi établi une à Montréal,
Os M, le même plan, et elle fut significativement appellée du mème nom que celle de la capitale.
tin A CONTINUER.
sous
ande
£ou« aire case ne . … SUPPLEMENT CRITIQUE.
et CHAPITRE SECOND. | rya- Remarques utiles et pratiques. # pote | i sèdsnt un pouvoir abi lantes, comme les animaux, pos 4 ) Itant, Rd digestif et assimilateur; mais ce pouvoir 1 LL Ra ux opérer, d’une manière parfaite, qu’au moyen du sol où e LA i so sl de l’eau, de l’air, du calorique et de la lmière. e ire sol ou la terre sert de couche et de réservoir alimentaire aux pis lantes ; l’eau et l'air leur servent de nourriture, mais ss MS tions ulée des autres substances Eu RUE RAP rar ir ce ù roissement, L'air, le calorique et la lumière, au Bi ot mL de Thumidité que produit l’eau, favorisent, pendant le
M it, la décomposion des plantes mortes, dont les principes cons- Mr Muants RE LGER au soutien et à la nutrition des plantes véus dar L'air, le calorique et la lumière agissent encore comrs Eh ds nilnte puissants sur les organes assimilateurs des PM. side et les incitent à absorber, avec plus d’avidité, les pu car il cipes nutritifs Qui deviennent en contact avec les parties a ie He rantes de leur feuillage, mais surtout avec les extrémités de
ines fibreuses, &c. &c. | ë
sil ur “Rita tes principales, dont se nourrissent essentiellese ment les plantes, sont généralement dans un gs fs se tinua ples ou composés, tels que l'oxygène, l'hydrogène, le g
A 0 à} $ | DR Î le nitrogène, l'hydrogène carburé, l'hydrogène su pole A Re. &ec. qui résultent tous, plus ou moins, de
180 Supplément Critique.
la décomposition chimique des corps organiques en leurs prin, çipes élémentaires, qui se répandent dans l’eau et dans l’air, qui les attirent, les absorbent, et les retiennent jusqu’à ce qu’ils soient parvenus en contact avec les organes altérants et assimilateurs des plantes contingentes, qui s’en nourrissent, et les convertis. sent en leur propre substance,
L’air absorbe les gaz fétides et le carbone qui provient des décompositions chimiques des substances organiques présentes et circonvoisines, comme aussi de la transpiration et de la res. piration des animaux qui, par ces moyens, le produissent en abondance. L'air agit encore principalement sur les organes du feuillage et de l'écorce; et l’eau, qui absorbe parii!lement ces diverses substances nutritives, leur sert de conducteur direct, à travers les pores de la terre, et agit sur les racines des plantes; et c'est précisément d’après ces propriétés connues de l'air et de l’eau, que le chêne, dont nous venons de parler, a pu se maintenir et croître, dans la couche de sa boëte, sans Finterven. tion auxiliaire d'aucun suc particulier de la portion donné de la terre qu’elle contenait, comme qgussi sans la vertu exclusive de l’eau.
Mais il y a encore d’autres substances, telles que la chaux et la cendre qui, à cause des alkalis qu’elles contiennent, le calcium et le patassinm, agissent encore puissamment sur les diverses parties absorbantes des plantes. Ces deux substances, y compris le sulphate de chaux (plâtre de Paris), au moyen de leurs alkalis, ont aussi la vertu d’attires à eux et d’absorber de lat. mosphère, pendant la saison fraiche de la nuit, non-seulement l’eau, mais encore le carbone qui, à l’aide de l'humidité, est ain. si porté au besoin des plantes, comme étant le principe le plus essentiel à leur accroissement. Le carbone, qui a lui-même la grande propriété d'absorber, aussi pendant la nuit, toutes les matières fétides qui flottent dans l’air, après avoir éte ainsiincorporé aux alkalis de la chaux et de la cendre, devient libre pendant la saison plus chaude du jour, et est enfin conduit aux plantes contingentes, qui se l’assimilent et se l’approprient pendant le jour, temps durant lequel elles exhalent beaucoup d’o-
xygène. L’inverse a lieu pendant la nuit ; elles exhalent beau-
coup de carbone et absorbent avec rapidité l’oxygène de l'air. Or, l’oxygène est l’air vital par excellence, et la vie, animale et végétale, ne saurait exister et se maintenir sans l'influence bénigne et nécessaire de ce principe vivifiant. Mais le carbone, au contraire, quoique nourrissant et convenable aux organes de Ja digestion, est cependant très injurieux à ceux de la respiration; car il diminue Ja vivacité des esprits animaux, affaibli l‘action des organes, produit une lenteur dans leurs fonctions respectives, établit une dépression générale et induit le système
| dans une (
nantes, es gereuses
Cette b
de l'oxygs donne ut la apen Gi eflet, etle repc joints à to partitive 4 de l'oxyg à trouver; naturelle attentions rieux, le mort.
De cett par l'eau par les pl cause de surface dehors b salutaire l'aide d décompo celle de } tout l'hy:
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si vivant et que le conséqu' sorbé le:
à l’aide. « moins fs . Cette des alks loxygèn doctrine bien cor se imp
qu’ils soient
rovient des s présentes dela res.
luissent en les organes ‘lement ces teur direct, es plantes:
de l'air et er, 4 pu se Pinterven.
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la chaux et , le calcium >s diverses ES, y comn de leurs er de l'at.
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leurs prin, ns l'air, qui
ssimilateurs S CONvertis.
Supplément Critique. 19
| dans une débilité proportionée à la eue 5 surnaturelle que les | paumonss
dans une circonstance défavorable, ont pu avoir ab-
sorbé. La pratique de certains amateurs des fleurs de cultiver
des plantes dans des chambres à coucher, ou dans celles avoisi-
nantes, est donc plus ou moins malsaine, pour me pas dire danrreuse, surtout pour les enfants qui y couchent;
Cette balance alternative de labsorption et de l’exhalaison de l'oxygène et du carbone, par les plantes et les animaux, nous donne une idée des causes physiques de l’assoupissement et de h prapension au sommeïl.que nous éprouvons pendant la nuit. En.effet, le:silence et les ténèbres nocturnes, le calme de l'esprit ele repos ostensible où sont tous les objets de la création; joints à tout celà la fatigue des travaux du jour et la privation
artitive de l’action stimulante, sur les organes pendant la nuit, de l'oxygène et de la lumière, peuvent donner à celui qui aime i trouver, dans la nature et les œuvres du Seigneur, la cause naturelle des effets qui excitent et commandent tous les jours son attentiou, une raison suffisante de cet acte suspénsif et mystérieux, le sommeil, que l'Eglise regarde comme l’image de la mort.
De cette absorption, pendant la nuit, des matières carbonnées, par l'eau et les alkalis, plus considérable que celle de l'oxygène par les plantes, et des matières fédides. par le carbone qui, à œuse de sa pesanteur spécifique, est toujours sur ou près la surface de la terre, vient que l‘atmosphère du matin est au dehors bien plus léger, et que l’air-en est bien plus vivifiant et salutaire. que celui du dedans et du haut jour, pendant lequel, à l'aide du calorique, de la lumière et de l'humidité, s'opère la décomposition des cadavres et des plantes mortes, comme aussi celle de l’eau, dont les gaz constituants, l’oxygène, mais surtout l'hydrogène, fürment une partie considérable de la nourriture végétale ; «et c’est précisément pour ces mêmes raisons que le matin de bonne heure, avant l’évaporotion de la rosée, la nature entière présente, à l'œil obserxateur, un aspect nouveau et si vivant ; parce que les plantes sont saturées du principe vital, et que les.animaux le respirent dans un état bien plus pur et conséquemment plus salubre, le: serein, en tombant, ayant absorbé les matières fétides et le carbone surabôndant de l'air, où, à l’aide. du calorique et de la lumière, il s’est répandu plus ou moins facilement pendant:le jour précédent.
. Cette proptiété atéractive et absorbante: de l’eau, de l'air et des alkalis; .cette alternation -d’absorption-et d’exhalaison de loxygène et du carbone par les anirhaux'et les plantes, et cette doctrine des stimulants, paraissent n’avoir encore jamais été bien comprises ; cependant ce sont là des faits d’une très granse importance pour l’agriculteur, et dont la connaissance mise
192 Supplément Critique.
en pratique, dans la culture de son art, peut lui procurer je, plus grands avantages j car, étant fondés sur des principes stric, tement philosophiques, outre qu'ils prouvent encore bien claire. ment. que les plantes n’ont pas absolument besoin d'un suc nu: tritif particulier pour subsister, se maintenir et croître, ils con. duisent directement à la pratique qu’on ne saurait trop recom mandet à nos, cultivateurs :—
10. De labourer souvent, et par petits sillons, c’est-à-dire an -mains.deux fois pour chaque semence. Uette pratique rend js terre pour ainsi dire comme une éponge, et la met en état d’ab: sorber plus rapidement, et plus complètement, au moyen de l'humidité, &ce. les substances nutritives qui flottent sut su surface et qui conviennent à l'accroissement des plantes, Cest sur ce principe qu'est fondée la pratique de remuer souvent là terre, et de rechausser les plantes, surtout après une petite pluie, afiu de présenter aux diverses substances absorbables, toujours une surface nouvelle des parties absorbantes du sol où elles croissent.: Par cette pratique de labourer plusieurs fois l: :nème-pièce de terre, avant de l’ensemencer, peut résulter encore la destruction des mauvaissés herbes, et en patticulier des char. dons, qüi:sont si nuisibles aux graïris et aux moissonneurs :
20. De labourer et de herser immédiatement autant que possible, après une pluie ou la fonte des: neiges, mais surtout le matin de bonne heure, après la chûte d’une rosée épaisse, afin de faire absorber et d’enfermer dans la terre, l’eau Pair, &e, qui sont chargés des substances carbonées et autres qui sont esgen. tielles à l'accroissement des plantes, C’est en grande partie
“de divis
rade | ttre :
sur ce prin qu'est fondé le succès qu'ont ceux qui sément el | et et D haine heare au rare à immédiatement après htege Ja fonte des neiges : su Me 30. De labourer par grandes planches, afin de ne pas perdre, Re en raies, une portion considérable de terrain où il y a toujours È #5 trop d'humidité; mais, surtout, afin de préserver le centre des Le lanches d’une trop grande exposition, sur tous les côtés, à At ’action du calorique; de l'air et du soleil, qui dilatent, et font ER évaporer pendant le jour, -une grande partie de l'humidité et Rs des matières nutritives qui conviennent aux plantes. C’est prihe à |es cipalement sur cette excellente pratique, de tailler de grandes Clus planches, qu'est fondé le succès, cormparativement plus grand, pet L des cultivateurs écossais ‘parmi nous : L Les :+ 40:! D'unir, autant-que pratiquable, la sûrface de la terre : ce 1 à qui peut se faire en labourant les'buttés, ét ensuîte en transpor- Hu 2e tant alternativement dans les fonds; avec une pelle et un cheval, Eau Ja terre labourée, à la manière pratiquée pour unir lés chemins; “ALU var les raisons et les faits. exposés touchant les planchés et les Lo raies sont également appliquables aux buttes et aux: basefonds, key
OCurer les 1Pes stric.
lien claire:
n suc nu » ils con.
OP recim
t-à-dire au ue rend js état d'ab:
moyen de ent sut s es, C'est souvent |:
ne petite sorbables, du sol oÿ eurs fôis Ja ter encore des char.
heurs :
utant que Surtout le se, afin de r, &c, qui ont esgen.
de artie ii sément ent après
s perdre, toujours entre des CÔtés, à t, et font nidité et est prits
grandes s grand,
érre» ce ransporà cheval, hemins; és et les se fonds,
Supplément Critique. 198
j sont.souvent perdus pour l'agriculteur indolent. Qu'il se
” sappelle qu’ilimporte généralement fort peu quelle espèce de
e il cultive, .pourvû qu'on proportionne les ingrédiens du et qu’on lui donne, pour red fertile et profitable, des
ais convenables au grain qu'on y sème: ds. HA Je répaudte, avant leur décomposition, les fumiers sur la terre, que l'on, doit labourer aussitôt après, pour l'y enterrer; sfin que pendant leur déçomposition, les principes qui s’en dé-la
nt ne soient pas évaporés dans l'air, mais déposés dans térre qui, au moyen de l’humidité, peut ainsi aisément les absorber et les retenir pour le besoin des plantes végétantes.. Ainsi, c'est sur les pièces de terre qu’on devrait labourer une seconde fois le printemps où l’on devrait répandre, avant de le faire, les fumiers encore verds. Cette pratique paraît en opposition âcelle que-recommande M. Guillet; mais elle est fondée sur des principes certains, et les avantages qu’elle promet ne le sont pas moins.
À cette seule exception, les avis que donne notre auteur sur la manière, d’amasser et de conserver les fumiers, sont excellents, mais dans le cas qu'on ne les répandrait pas sur laterre . avant Le guérèt du printemps, en suivant bien d’ailleurs.les avis de Mr. Guillet sur ce point important, on ne. devrait les répandre qu’immédiatement avant le labour de l'été ou de l’autom-
fo. De méler du sable vec les terres glaises ou fortes, afin
‘de diviser leurs particules, de diminuer leur ténacité, et de per-
mettre aux grains qu’on y sème de recevoir, plus aisément l’in= fluence de l'air et les substances nutritives que l’humidité porte à leur besoin :
%o. Outre les engrais ordinaires, de se servir encore de la chaux et de la cendre, en agriculture, comme étant, à la vérité, un peu moins nourrissants, mais beaucoup plus stimulants que
es autres. |
L'usage de ces ingrédiens a déjà été pratiqué depuis longtemps.en agriculture ; mais l’explication raisonnée de leur mapière d'opérer. est beaucoup plus nouvelle, surtout parmi nous, où les principes. de la chimie, cette science mystérieuse. pour:le plus grand nombre, sont encore à peine connus de quelques uns.
Les substances .calcaires, alkalines, aqueuses et carbonées, sont. non-seulement des principes nutritifs nécessaires .à l’accroissement des plantes, mais, comme .on l’a déja observé, font encore l’office important d’absorber de l’atmosphère les gas oxygène hydrogène, acide carbonique, &c..&c.. qui.sont également essentiels à léuc subsistence. IL est donc -très impor-
ant que nos cultivhteurs canadiens commencent enfin à se livrer