Tome IX. No. X
194 Supplément Critique.
un peu à l'observation et à l'expérience d‘une manière plus étendue en agriculture, et à se servir plus généralement de éés ingrédiens dont ils ont, jusqu’à présent, ignoré ou dédaigné les vertus, afin d'améliorer le sol fatigué de leurs terres, et d'en ‘augmenter les produits annuels, h 13,10 a cendre et la chaux (éteinte,) quelques jours après avoit ‘ensemencé le sol, peuvent être jettées sur la surface des pièces de terre stériles, ainsi que des prairies, de bonne heure au brin. ‘temps, de la même n nière que le sont les grains ; se rappeh ‘ant toujours qu’une ou deux expériences ne suffisent pas pout “décider de leur utilité; parce que les circonstances étant rarement les mèmes, elles peuvent donnér des résultats variés ; tout ce qui cependant, n'empêche pas l'usage soigné des engrais or. dinaires qui, dans le cas actuel, deviennent encore plus avanta. géux, à cause du pouvoir, dans les alkalis, d'attirer leurs parties nutritives, et de les tenir en contiguité avec les racines fibreuies des plantes qui, pour cette raison et celles mentionnées ci-avant, les absorbent avec beaucoup plus d’aise et d'activité. Même %es cendres à potasse, qui sont passées par le procédé de h li. xiviation, peuvent n'être pas tout-a-fuit inutiles sur les terres stériles et ingrates, vu qu’elles contiennent toujours une certaine ‘quantité de pofassium qui, quoique d’une importante sécondaire, "comme principe nutritif, est encore un ingrédient plus ou moins nécessaire à la nutrition des plantes, maïs surtout dés arbres comme on le voit dans leur cendre après la combustion, princi Palement celle du bois franc. : sd ds
"Les sels qui ont pour base les oxydes (ou rouilles) de fer,
rendent la terre stérile, mais ils sont dééomposés, et leur effèt ‘st détruit, par la présence de la chaux, pour laquelle leurs acides ayant une plus grande affinité chimique qué pour le fer, fls changent de base, et forment des sels nouveaux, d’uhe nature et d’une propriété différente. Le sol, par exemple, qui con: tient du sulphate de fer (couperose) est généralement d’une cou. Jeur bleuâtre, et la présence de la chaux, surtout lorsqu'elle est Tépandue en saison chaude, fesant apérer l’affinité élective chi. mique, il y a un échange de base, le sulphate de fer est décompôsé, son oxyde est déposé, et le sulphate de chaux {plâtre dé aris) est formé au grand avantage des plantes et du cultivateur un pareil sol: La terre glaise d'une couleur bleue où bleuêtre contient généralement du sulphate de fer, et celle de cou: Teur jaune ou rouge contient de d'oxyde de fer, qui se trouve eicore plus souvent dans les sables jaunes; mais une certaine sas d'oxyde ne saurait nuire beaucoup à la végétation. oxyde de fer abonde dans certains quartiers dé notre comté, “de telui de Lachenaie et de Berthier, et plusieurs s’en servent, Méleyé dans de l'eau, du lait, du lessi, &c. pour colorer leürs
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De PEsprit de Parti. 4 195
isons et autres bâtisses, Lorsqu’au moyen d’un four chaud, \"ekpose uhe portion de la terre qui en contient à un dégré ‘fnteñse du calorique (chaleur,) l’affinité chimique est augmientéé entre le fer et l’oxygène, leur union est pie intime; 'et il se forme un peroxyde parfait d'un rouge er e; au lieu que cel- Je qui n'a pas subi cette opération est d’une couleur approchant ejuune, parceque le fer est dans un état de deutosyde où #ritoæyde. Notre beau village commence déjà à être décoré des “gouleurs de cet ingrédient peu couteux; et j'ai dans mon office, gnbel échantillon de cet oxyde naturel solide, qu’à ma süggestion, on a trouvé, à une certaine profondeur, dans un’ #ol qui contient benucoup de cette terre d’un rouge imparfait, qui edhère ou tient fortement aux bâtisses dont elle préserve bien de bois des injures et des rigueurs du temps. ‘Ainsi, pour revenir à notre sujet, il est donc très utile de diviser la glaise avec du sable, de substanter le sable avec la glaise, et de mitiger, avec de la chaux, la terre qui, par sa couleur ou autrement, paraît contenir des sels, où une surabondance d'oxydes de fer. s A PAT ja #04 ESS : DE L'ESPRIT DE PARTI.
d'autre mobile que l’esprit de parti. Ce déplorable esprit fausse le jugement des hommes ét pervertit leur cœur ; il les rend soupçonneux, méfiants, hypocrites, injustes, inconséquens, bér- -bares, impitoyables ; il les excite aux haines, aux perfidies, aux vengeances cruelles; il les faits trahir lâchement, sans honte et mème avec joie, leurs parens, leurs amis, leurs concitoyens, leur patrie elle-même ‘ en un mot, cet abominable esprit est üne esèce de démence qui rend insensible à la voix de la raison et de ‘Ja nature. LR CAT ROUE EDIT 172 En Angleterre, l'esprit de parti n’a cessé d'agir avec une sorte de fureur à la fois niaise et dangereuse ; on peut assurer ‘‘ qu'il « été et est encore pour ce pays en pärticulier uné pèste et üne
@) ME vd de ]'immoralité de l'esprit de parti, on pèut citer la conduite des Whigs, qui se sont faits les avocats d’unefemme que, sans lui ils auraient en honte de défendre, et dont ils ne voudraient pas même faire Jeur bociété particulière.
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156 De l'Esprit de Parti.
honte; il n’est même sucun peuple qui en ait autant
fert que les Anglais, et qui néanmoins ait si peu puofté de ur expérience.” (2) Voyons d'ailleurs en quels termes les plus chauds partisans de ce détestable esprit s’en exprimaient encore tout sécemment. ‘ Nous sommes bien loin de vouloir nier qu'on a toujours abusé du principe des associations de parti, et que .la Perversion qu'on.en a fuite est résultée, le plus souvent, de la Goslition de quelques grandes familles, qui n'étaient unies per sueune opinion distincte, et qui s’opposaient au gouvernement par des motifs presque inintelligibles. L'objet qu’on avait en ‘vu semble plutôt avoir été la distribution du patronage, et je point de différence avec le ministère parait n'avoir.rien eu de plus important pour la nation que celui de savoir {per quels ca. Baux particuliers couleraient les faveurs royales. En pareil cas, Swirr aurait bien pu se moquer et se railler de l‘esprit de parti, en l’appellant ‘ la folie d’un grand nombre d’hommes pour l'a. xantage de quelques uns.” (3)
Et, d’ailleurs, comment les Anglais pourraient-ils juger antrement d’une opposition systématique, débile, envieuse, maligne, pie-grièche, qui repousse indifféremment et du mème ton de voix tout ce qui vient des ministres. Une telle opposition ne sau. rait ètre un frein salutaire contre un gouvernement. oppressif; elle n'offre en réalité qu’une lutte scandaleuse de pouvoir entre des chefs de parti, ou une ligue d'hommes qui, ayant besoin de se.vendre, ne contrarient Je gauvernement que pour s’en faire acheter, Quant à l'intérêt public, dont ils se disentles champions sincères, il n’est pour eux qu’un prétexte.
Dans nne revue anglaise on trouve ce passage curieux : ‘ L’ef. fet produit sur une vile faction par une victoire décisive remportée de nos jours, montre qu’en tout temps l'esprit de parti est le même, et qu’il détruit tout véritable sentiment patriotique : l’un de nos oppositionnistes distingués, et qui habite la province, se. trouva, par hazard, avoir un grand diver le jour aù la nouvelle d’une bataille gagnée parvint à la poste de $a ville; par une pieuse fraude, on crut devoir la lui cacher, de péur que le choc de cette nouvelle ne le rendit incapable de recevoir ses amis: cette ignorance fut pour lui un bienfait, et il dormit avec calme une nuit de plus. ” (4) ,
Le nombre des ‘Torys qui, par principes monarchiques, soutiennent aujourd’hui au parlement l'administration actuelle, est si bornée, qu'on pourrait les eompter dans les deux chambres; ils ne s'y font d’ailleurs constamment remarquer que par
ones @): Review, No. 45, pag. T et 19.
ni Quarter Review, No. 59, pag. 1992.
Review, No. 45, pag. 30.
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ls nature servile de leurs doctrines, leur esprit rampant et une conduite féellement pitoyable; on les voit même combiner avec Jeur torysme les basses propensions des coureurs d'emplois. ”(5).
Quant aux autres Torys en plus grand nombre; ceux qu'on devrait appeller simplement ministériels, et dont la pratique invariable ‘est dé Voter toujours en faveur du ministère existant, quels que soient ses principes, ses mesures et sa composition, ” on ne saurait disconvenir que leur caractère a quelque chose d'assez iéprisnble, Le mot est dur, je l'avoue ; mais comment ne pas trouver dignes d’un ptofond mépris, ‘ des hommes qui ont besoin d’être payés pour voter selon leur consciente. ” (Essai sur la Constitütion pratique et le Parlement d'Angleterre Paris, 1821.)
(5) Edinburg Heview, No. 68, pag. 45.
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