‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme] (volume 2)Chapitre 1 sur 81 · AU PUBLIC · texte numérisé non relu

AU PUBLIC

©" L'£zxPE'RIENCE est plus que le raisonnement la démonstratrice MA les choses. L'existence d’un Journal Littéraire et Scientifique dans M le Bas-Canada peuf prouver (à ceux qui en pourraient douter, ) que À ce pays n'est pas absolument étranger à la littérature et aux sciences. M À la vérité les hommes qui font ici des sciences et des lettres une nrof- M fession, un état, ne sont rien moins que communs; il n'est poiné or- M dinaire de voir quelqu'un désigné dans les actes publics ou privés sous M Le titre d'homme de lettres ou de savant; mais les personnes qu'on ‘M peut appeller lettrées, même hors des professions qui exigent certaines ‘M études dans ceux qui les exercent, comme celles d’Avocat, de Médecin, ME de Notaire, d’Arpenteur, d’Instituteur, sans parler de l'Etat Ecclé- (® siastique, les personnes qu'on peut appeller lettrées, disons-nous, ne 0 sont pas aussi rares que quelques uns l'ont cru, ou ont feint de le (Ù croire: on en pourrait compter plusieurs même chez Lg beau sèxe.

Outre les personnes qu'on peut appeller lettrées, il en est d’autres

M qui sant assez instruites pour désirer de s’instruire davantage, et en

A prendre les mouens. D'autres, sans espérer de devenir eux-mêmes 0 trés-instruits, ou de rattrapper ce qui n’a pas été à leyr portée dans Le « tems de leur jeunesse, ont assez de ban-sens, de patriotisme et de con- 1® naissance des affaires du monde, pour faire cas de l'instruction ct 1 vouloir qu'elle soit le partage de leursenfans, de leurs proches, et de 0 leurs concitoyens, et sont conséquemment portés à encourager ceux 1 qui, par une voie ou pur une aufre, travaillent à faciliter les moyens

de parvenir à ce but désirable,

"Œ Ces faits nous étaient connus, lorsque nous nous sommes proposés à de publier un Journal Stientifique et Littéraire, et ils ont été pour 4 nous des motifs de l’entreprendre. Nous ne nous sommes pas trompés

\ dans nos calculs: l'encouragement que nous avons éprouvé, (particu-

A lièrement dans la ville et le district de Montréul, ) a été aussi grand

M que nous avions espéré. Lors de la publication du premier numéro

Ni de la Bibliothèque Canadienne, Le nombre de nos souscripteurs n'é- D} tait pas de beaucoup au-dessus de deux cents ; il a auymenté depuis de

4 plus de cent cinquante. Si dans un ou deux des grands villages de ce

} district, quelques personnes réputées riches, instruites et patriotes, ont

Au Public.

certaines conjonctures, nous aimons à croire, non seulement pour notre

intérêt péeuniaire, mais encore pour le bien de notre pays, que cette | indifférence réelle ou apparente, ne sera.que momentanée, el n°4.6té due qu'à des circonstances passagères; si dans ces endroits, disons- | nous, le succès est résté, pour le moment, au-dessous de notre attente,

il a été au-delà dans un bien plus grand nombre d'autres.

C'est pondre autant qu'il est en nous, à cet ençouragement ; ‘à cette bien de la part de ñôs compatriotes, que nous avons 4 hdté le terme où nous avons promis d'augmenter le nombre des pages % de chaque numéro de la Bibliothèque Canadienne; au lieu de trentedeux, ( Lt sera dorénavant de quarante, sans compter la cou- À ‘verture, Cette qugmentation atcroît d’un quart la dépense de papier, | des frais d'impression, &c. Mais nous 6sons espérer que le A brofs ;

répol veillance

d'encouragement et de faveur :

séquence, nous dédommägera a

Hd d'abord de favoriser une entreprise accueille ailleurs avec tanf À bienveillance, un. ouvrage unique de son espèce dans le pays, etqui |

pett lui être, et surtout lui devenir si utile, si nécessaire mêmé dans |

won voudra bien nous montrer en conont de ce surcroît de dépenses.— !

‘Les personnes qui n’ont pas souscrit d’abord, par la seule raison que | r ne: leur semblait pas assex considérable pour le prix, vou-

dront bien le faire Sans doute, à présent que cette raison, ou cette obdection ne paraît plus exister. Ef, por qu'on ne puisse pas nous ace |

cuser de nous manquer à nous-même dans l'occasion, nous prendrons encore cette fois la liberté d'adresser ce premivr numéro’ à cviles des |

personnes notables que nous n'avions pas l'honneur de connaître, il y }

a sir Mois, ou dont les nüms ne nous sont pas venus’ alors à In mé- | more, où enffn que nous pouvons supposer n'avoir pas reçu les numé- |fR

ros que nous leur avions'adressés. Il sera toujours possible à ceux des |

nouveaux aborinés qui voudront avoir l'ouvrage complet, de se procur

rer les numéros du sémestre déja écoulé,

Nous terminons en ajoutant que la modération, (si jamais ÿ} s'agit de politique où de disputes littér

les pages de la Bibliothèque Canadienne. Nous comptons beaucoup, comme nous l'avons dit dans le Prospectus, pour rendre notre Journal plus instructif ou plas amusant, sur les productions scienti- Jiques, littéraires, &c. on voudra bien nous communiquer; nous serons toujours disposés à accueillir favorablement ces productions, avec induigence, ou reconnaissance, selon le cas; mais nous nous ré-

servons le droit de rejetter tout ce qui nous paraîtrait aller à l'encon-

tre des engagemens que nous preñvns.

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aires, ) l'impartialité envers tous, le respect pour la religion et les mœurs, s'observeront constamment dans W

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HISTOIRE DU CANADA

M. x Mowrs, en perdant son maître, avait perdu tout ce qui lui restait de crédit, et ne fut plus en état de rien entreprendre. à Il exhorta Champlain, qui ne l’avait jamais abandonné, à ne point

rdre courage, et à chercher quelque puissant protecteur à [a co- Lnie naissante. Champlain suivit son avis, et s’adressa à Charles de Soissons, qui le reçut très favorablement, et agréa la proposition qu’il lui fit d’être le père de la Nouvelle France, se fit donner par la reine régente, toute l’autorité nécessaire, pour maintenir et avancer ce qui était déja fait, et nomma Champlain lui-même son lieutenant, avec un plein pouvoir sans restriction. : : LA A

La mort du Comte de Soissons, arrivée peu de tems après, ne dérangea rien aux. affaires de l’ Amérique, parceque le Prince de ConpE’ voulut bien s’en charger; et continua Champlain dans l'emploi et l'autorité que son prédécesseur lui avait donnés, Après avoir été retenu en France pendant toute l’année 1618, par ‘des difficultés que formèrent quelques négocians de St. Malo, touchant le commerce, Champlain s’embarqua le 6 Mars 1613,

sur uh vaisseau que commandait Pontgravé, revenu depuis peu de L l'Acadie, et ils mouillèrent, le 7 Mai, devant Québec. ‘Ils trouvè- : rent l’habitation en si bon état, que n’y jugeant pas leur présence ‘nécessaire, ils remontèrent jusqu’à Montréal. Après w'ils y éurent fait quelque séjour, ha redescendit à Québec, &t Champlain fit une course sur la grande rivière des Outnounis, après quoi il alla rejoindre Pontgravé. Ils s’embarquèrent tous L ‘deux pour France, et arrivèrent à St. Malo, dans les derniers jours du mois d’Août.

j ‘ M.'de Champlain conclut un nouveau traité d'association avec des marchands de cette ville, de Rouen et de la Rochelle, Mr. le Prince approuva ce qu’il avait fait, obtint aux associés des lettres patentes du roi, et y mit son attache. Alors n2 doutant point qu'une colonie à laquelle il venait d’intéresser tar: de personnes riches, et qui avait à sa tête le premier prince du sang, ne prit bicntôt une forme solide, Champlain songea à lui procurer les ‘secours spirituels dont elle avait été jusques-là entièrement dépourvue. Il demanda et obtint quatre récollets, que sa compagnie s’engagea avec joie à fournir de tout ce qui était nécessaire, et il se chargea de les conduire lui-même en Canada. - Ils arrivèrent, le 25 Mars, à Tadoussac, oùils ne s’arrêtèrent point, et peu de jours après, ils prirent terre à Québec, d’où M. de Champlain monta toùt de suite à Montréal.

1 y rencontra des Hurons et quelques uns de leurs alliés, qui l'engagèrent dans une troisième expédition contre les Iroquois, pi est constant, dit Charlevoix, que par cette complaisance, il pre-

6 Histoire du Canada.

nait le véritable moyen de gagner l’amitié des sauvages, ct de bien connaître un pays, où il s'agissait d'établir un; commerce utile à la France, et la religion chrétienne parmi un grand nombre de

tribus payennes; mais il s’exposait beaucoup, et ne füisait pas ré- !

flexion que cette facilité à condescendre à toutes les volontés de ces barbares, n’était nullement propre à lui concilier le oepest que demandait le caractère dont il était'fevêtu. Il y avait d'ailleurs quelque chose de mieux à faire pour lui, que de courir ainsi en chevalier errant par les lacs et les forêts, avec des sauvages qui souvent ne gardaient pas même à son égard les bienséance

et dont il n’était nullement en état de se faire craindre. J1 aurait pu.aisément envoyer à sa place quelque Français, capable de bien observer toutes choses, tandis que sa présence à Québec aurait beaucoup plus avancé son établissement, et lui aurait donné une solidité, qu’il se repentit trop tard de ne lui avoir pas procurée.

r'1A er être prompt: mais ceux-ci, oubliant la parole qu'ils lui avaient donnée de ne.pas partir sans lui, se lassèrent bientôt de l’attendre, et s’embarquèrent avec quelques Français qui étaient restés à Montréal, et le P. Joserx is ieux avait voulu profiter de cette occasion pour s’instruire de la çon de vivre des sauvages et apprendre plus promptement leur langue, en se mettant dans la nécessité de la parler. es alliés n’ayant pas daigné attendre le retour de M. de.Champlain, malgré leur promesse, il semble qu’il pouvait à son tour se tenir quitte de son engagement; c'était mème le meilleur parti à prendre pour ne pas perdre l’estime, ou même s’attirer le mépris de ces barbares: car en courant après les Hurons, le moins qu’il pût arriver, c'était de leur faire croire qu’il avait plus de besoin d'eux qu’ils n’en avaient de lui. .Quoïqu'il en soit, il s'embarqua avec deux Français et dix sauvages, qu’il rencontra, en arrivant à Montréal; mais quelque diligence qu’il fit, il ne put joindre les Hurons que dans | Aa villages. 11 Les trouva qui formaient un rand parti de guerre; ils lui en offrirent le commandement, et il ‘accepta d'autant plus volontiers qu’il se tronvait à la tête de douze Français. On ne différa point à marcher aux ennemis, qui s’étaient retranchés de manière qu’il n’était pas facile de les approcher. Outre qu’ils occupaient une espèce de fort assez bien construit, ils en avaient embarrassé les avenues par de grands gbattis d’abres, et ils y avaient élevé tout autour des galeries, d'où ils pouvaient tirer (le haut en bas, sans se découvrir. Aussi la preière attaque réussit-elle si mal, qu’on ne jugea pas propos d'en

tenter une seconde. On essaya de mettre le feu aux abattis, dans

l'espérance qu'il gagnerait le fort, mais les assiégés y avaient pourvu, en faisant de grandes provisions d’eau. On dressa ensuite ane machine plus haute que les galeries, et sur laquelle on plaça

Il U eut plus; se voyant obligé de faire un voyage à Québec, il es sauvages. de différer leur départ jusqu’à son retour, qui 4

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