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Le
a son ret Mron et | tourne:
‘n'Ozn:
de l'in Adepuis
es, ct de bien È Ades Français armés d’arquebuses. Cette manœuvre déconcerta lun peu l'ennemi, et on serait peut-être venu à bout de le réduire,
merce utile à d nombre de
faisait pas ré- !
s volontés de 4 er le respect #
e Courir ainsi *
des sauvages AAC
re.
able de bien uébec aurait it donné une procurée.
! CL plain de les faire combattre en ordre, y avait d'ail. (4
Üistoire du Canadt. U)
i les Hurons enssent fait leur devoir; mais leur grand nombre Jes avait rendus si présomptueux, qu'il ne fut pas possible à Cham D'ailleurs il fut lui-même plessé considérablement à la jambe et au genou, et cet accident
hyant fait passer les shuvages de l'excès de la présomption au dé-
Aouragement, il fallut se retirer avec perte et avec honte,
J1 aurait \
qu'ils lui a: % it bientôt de !
s qui étaient 4
et.
tement leur
. de,Cham-
son tour se
leur parti à L. et avec le P. Le Caron, et arriva le 11 Juillet, à Québec, où tout le monde était persuadé qu'il était mort; aussi bien que le père
‘Hrécollet.
er le mépris moins qu’il s de besoin s'embarqua en arrivant joindre les rmaient un ment, et il e de douze is, qui s’éles approbien consds abattis s, d'où ils ssi Ja preopos d’en ttis, dans:
lent pour- Sa ensuite on plaça
Ce reli- k.
struire de la # Hsines avec les
La retraite se fit assez bien, et quoiqu’on fût poursuivi, of ne perdit pas un homme. Les plus jeunes et les plus braves avaient ais au milieu les plus faibles, et les blessés, qu’on portait dans
| les paniers, et l’on fit de cette manière vingt2cinq lieues, sans
arrêter. M. de Champlain fut bientôt guéri; mais quend il vous
: 1 ut partir pour retourner à Québec, il ne put obtenir un guide, à Québec, il M | retour, qui À
qu’on lui avait promis, et dont il ne pouvait absolument se passer: es Hurons accompagnèrent même ce refus d'assez mauvaises manières. Il fallut se résoudre à passer l'hiver avec ces barbares;
mais personne ne savait mieux que Champlain, ni prendre son :
parti, ni profiter de tout. Il visita toutes les bourgades huronnes, t quelques unes même de celles que les Algonquins avaient alors nux environs du lac Nipissing. reconcilia quelques tribus voi«
Hurons, et dès que les rivières furent navigables,
ayant su qu’on le voulait engager dans une nouvelle entreprise
ontre les Iroquois, il a quelques sauvages, qu’ils s'était atachés par ses bonnes manières, s’embarqua secrètement avec eux
M. de Champlain ne resta pas lus d’un mois à Québec, après on retour de che les Hurons: il s'embarqua avec le P. Le Ca-
Mron et le P. Denis JaMaY, supérieur de la mission, pour s’en retourner en France. Il ne resta dans la colonie que le P. Jean
»'OLrEAU, et-le frère Pacrrique Duriessys, qui avait été chargé
ide l’instraction des enfans des Français et des sauvages établis depuis peu aux Trois-Rivières, et où il rendit, l’année suivante, fun service encore plus essentiel à la colonie. Les sauvages confédérés, par on ne sait quel mécontentement, avaient complotté de (Mise défaire de tous les’ Français. Peut-être n’avaient-ils pris cetta (résolution que dans la crainte que Champlain, revenu nouvellement ‘de France, ne voulût tirer une vengeance éclatante de la mort de 1 deux habitans, qu’ils avaient assassinés, probablement pour profi- Ai ter de leurs dépouilles; car la fréquentation des Européens leur 1 avait déja fait perdre quelque chose de leur désintéressement. Ce
qui est certain, c’est qu’ils s’assemblérent au nombre de huit cents,
l auprès des Trois-Rivières, pour délibérer des moyens de faire 1 main-basse en même tems sur tous les Français, (1 plessys fut averti de leur dessein par l’un d’entr'eux; il en gagna
frère Du:
Ilistoire du Canada.
plusieurs autres, et peu-à-jieu, il les réduisit tous à faire des avances pour une reconciliation parfaite, qu’il se chargea de négocier avec le commandant.
meurtriers des deux Français; on ne lui en envoya qu’un, mais avec une quantité de pelleteries, pour couvrir les morts, e’est-àdire, pour dédommager les parens, comme il se pratique parmi eux. Il fallut se contenter de cette espèce de satisfaction, moyennant'aussi deux chefs qu’on se fit livrer comme otages. Champlain ne fuisait plus qu’aller et venir de Québec en France, pour en tirer des secours de ne lui fournissait presque jamais tels, à beaucoup près, qu’il les demandait. La cour ne se mêlait point de la Nouvelle France; elle abandonnait le tout à des par-
ticuliers dont les vues étaient bornées, qui n’avaient point d'autre |
objet que leur commerce, et qui ne faissaient qu’à regret des avances pour -l’établissement d’une colonie qui ne les intéressait
que fort peu, ou n’en faisaient jamais à-propos. Le Prince de Condé croyait faire beaucoup en prêtant son nom: d’ailleurs les M troubles de la régence, qui lui coutèrent alors sa liberté, et les in- 4 trigues qu'on fit jouer, pour lui ôter le titre de vice-roi, qu'il avait %
pris, et pour faire révoquer la commission du maréchal de Tue-
MINES, à qui il avait confié le Canada, pendant sa prison; le dé- 4 faut de concert entre les associés, la jalousie du commerce, qui MP brouilla les one entr’eux; tout cela joint ensemble mit bien:'
des fois la colonie naissante en danger d’être étouffée dans son:
berceau; et l’on ne saruait trop admirer, avec l’historien, le cou-
rage de M. de Champlain, qui ne pouvait faire un pas sans rencontrer de nouveaux obstacles, qui consumait ses forces, sans songr à se procurer aucun avantage réel, et qui ne renonçait pas à une entreprise, pour laquelle il avait continuellément à essuyer les caprices des uns et les contradictions des autres,
En 1620, le Prince de Condé céda pour 11,000 écus sa vice- !
royauté au Maréchal de MonrTmorEency, son beau-frère. Le nouveau vice-roi continua la lieutenance à Champlain, et chargea des affaires de la colonie en France, M. DoLu, grand-audiencier, dont le zèle et la probité lui étaient connus. Alors Champlain,
persuadé que la Nouvelle France allait prendre une nouvelle face, :
y mena sa famille. Il arriva au mois de Mai à Tadoussac, où il rencontra des Rochelais, qui, au préjudice de la Compagnie, et contre les défenses expresses du roi, faissaient la traite avec les sauvages, et leur vendaient mème des armes à feu, ce qu’on avait sagement évité jusqu'alors.
L'année suivante, les Iroquois parurent en armes jusque dans le centre de la colonie, Ces barbares craignant que si les Français se multipliaient dans le pays, leur alliance ne fit reprendre aux Algonquins et aux Hurons leur ancienne supériorité sur eux, résolurent de s’en délivrer, avant qu’ils eussent le tems de-se for.
M. de Champlain voulut avoir les 4
tifier davantage. Ils levèrent donc trois grands partis pour atta-
Quer le rs le [LÉRETAS ptit no s enn stère unt UME s attei Mprnère eh miss tems on do pnne f( Le se Jnébec.
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10 Histoire du Canada.
rable, mais la traite des pelleteries se faisait toujours à Tudons: sac, avec beaucoup de succès; et l’on en avait établi une autre aux Trois-Rivières, qui réussissait aussi, ) née Guillaume de Caen était venu lui-même.sur les lieux, et quoique calviniste, il vivait bien. avec tout le monde: il avait donné l:1 érection dé ses affaires, à M. de Pontgravé;. mais le peu de santé de ce directeur l’obliges de repasser en France en.1623, et ee fui une, perte pour le Canada... Cette, nème année, Chemplain fut - sverti.de bonne, part que les Hurons songeaient à se détacher de lala des Français, et à s’unir avec les Ir ss; ce qui l’obligens per renvoÿer le P. Le Caron, que le P. NicHozas Visz, et.le
de France, voulutent bien accompagner... L’année:suivante, il fit bâtir de piérre le fort de Québec. Il semblait que son dessein 6tait.de mettre fin, ä.ses courses, èt de se livrer tout.entier au .gouvernement, de sa, colonie; mais à peine le fort fut-il achevé, qu'il retourna en France avec sa famille... 7‘ trouva le maréchal de
Montmoreney qui traitait de sa vice-ruyauté avec. ITENRI.DE Levi, 4
duc de. Vexrapouk, son neveu, et le traité fut bientôt conclu.
Ce dan A retiré de’la cour,.et avait.même reçu.les or- "3
dres sacrés. . ÎLne se chargeait des affaires de la Nouvelle France,
jésuites avaient la direction de sa conscience, il jetta les yeux sur eux.pour l'exécution. de ce.projet, Le conseil du roi, à qui. la
que pot ,y procurer la conversion des dE et, comme les
chose fit proposée, y donna d'autant plus volontiers les mains, que la te 8
les récollets, bien loin de. s’y opposer, en avaient fait ouverture.au duc de Ventadour.: Ainsi: tous conçcourant.au même
but, le P. Cnances LaLLEMANT, qui avait accompagné M. de la 3 | Saussaie à. Pantagoët; le P. Exemoxn Masse, dont il a déjmété !à : pulé; et le, P. Jean ne Bre/Bœun, furent destinés à la mission M
«lu Cnnada, ayec:deux Frères, et furent prèts.en 1625, .: Ce fut Guillaume de Caen qui les conduisit.a Québec, avec le P. JosEpx
pe DaïcLon, récollet. Il avait promis au duc de Ventadour, qu'il .
ne les laisserait manquer de rien;, eapené lant, dès qu’ils furent débarqués, il leur déclara que si les P
a. prendre que. de s’en retourner en France, .Ïls s'apperçurent même bientôt, au dire de Charlevoix, qu’on avait travaillé à;prévenir contre eux les habitans de Québec, .en leur mettant entre
les mains des écrits injurieux, que les protestans.de France a- ‘1 voient publiés contre leur compagnie, Mais leur: présence eut 48 bientôt effacé tous les préjugés: les libelles furent brulés publi. * uement, et les nouveaux missionnaires ne furent pas longtems à & é la ville, ou du fort. de à harles, au lieu où se trouve mainte-
charge aux récollets, qui les avaient obligés d'accepter leur mai- . son,.située-alors à un petit quart. de lieu
Québec, sur la rivière St. €
pant l'hopital-général.—{ 4 contiquer.) 7
P. récollets ne voulaient pas | les recevoir et les loger chez eux, ils n’aÿaient point d’autre.parti !
- GaBriët, SAGHART,.Ses confrères, qui. venaient d'arriver ‘(fi
Re:
la ti, douc mor:
suive
tagéc côte:
nôtre et lé, droit sans de lo
à Tadous:
i une autré
uxet quoi- À ait donné ki (# eu de santé 23, et ee fut mplain fut détacher de ce qui l’obli- A HOLAS ViEL, 1
ent d'arriver ‘4 niyante, il fit 35 n dessein. 6tier au .gounchevé, qu'il ‘?
maréchal de 4 NRLDE LEVI; 4 t conclu... 1 reçu.les or- "% velle France, 44 , comme les à
les yeux sur oi, à qui. la es Mains, que la première antau même ila déjmété 4 à la mission 25,.: Ce fut # le P. Josspx atadour, qu’il ls furent déoulaient pas d'autre. parti apperçurent vaillé à;pré-
+ ent Re AD ce rm Re ee D pere
udu fort de à
puve mainte- }
D la
| d’un empan,-de la grosseur environ du petit doi
ti) BOTANIQUE.
Petite Anchoiie du Canada. Agnilegie pumila précox canadensiti
ette plante croît de très benne heures Çar avant le mois de Mai, elle a déja perdu toutes ses fleurs. Ses fleuilles ressemblent, pour grandeuret la figure; à celles du thaliétrum des prés, mais la couleur en est un peu plus pâle. Ses tiges sit rougetres et fort
1 menues; elles ont tout au plus une palme de haut, ‘Toutes sont | terminées: par de petites fleurs composées de cin
ts cornets creux, mais non crochus, comme ceux de l'ancholie. d'Europe, Ces cornets sont d'une couleur obscure dans la partie inférieures la supérieure à une teinture de couleur de safran, Au milieu sont cinq petites feuilles (pétales) rouges, dont la pointe est renversée en arrière, et qui énvironnent un grand nambre d’étamines blan+ ches; dont les unes ônt la: tête jaune:et tombent avec les fleurs, les-autres se terminent en pointe, ét deviennent des gousses au nomb:e de quatre ou cinq: Elles sont recourbées et pleines de grains noirs: et luisantss c’est Ja: semence de la plante, Les rncines jettent une quant'.£ de filamens,
Herbe à Serpens à Sonnettes, : Bidens canadensis, anayyridis dio, flore luteo. . Cette plante; qui s'élève sur une seule tige a la hauteur-de,cinq. à six pieds, terminée par uno fleur jaune. de lu figure. d’un petit soleil, varie un;peu dans la figure de ses feuilles, ‘Dans:les unes; elle est unique, partagée en trois: par des entaile lures profondes; dans les. autres, ce sont trois, quelquefois cinq pitites feuilles ovales, engin pointues, portées sur un même pédicule, et:fsisant comme [a patte d’un dindon. ‘Toutes sont d’un beau vert, croissent deux à: deux, sur une tige ronde, verte, divisée.à la manière des cannes, et c'est de ces divisons que sortent les feuilles La fleur est grande à proportion de la grosseur de la tige, qui n’est pas toujours lamême, Elle a une odeur trèsdouce et très-suave. La racine broyée est souveraine contre la imotsure des serpens à sennettes..… M, pe Tounaneronr en distin-
| gue de plusieurs espèces.
Seneka, ou Polygale du Canada. Polygala canadensis, ‘Il est eu de plantes de l'Amérique plus estimées que cellésci dans la
tañique, Sa racine-.est vivace, longue d’un demi empan, rou plus ou moins, suivant que la plante est plus ou moins avancée, tortueuse, par< tagée en plusieurs branches, garnies de fibres lbtérales, et d'une côte saillante, qui s'étend dans toute sa longueur, Elle est jaunâtre en dehors, blanche en dedans, d’un goût âcre, un peu amer, et légèrement aromatique. Elle pousse plusieurs tiges, les unes droites, les autres couchées sur terre, menues, jaunâtres, sim sons branches, cylindriques, lisses, faibles, et d'environ un de long. Ges tiges sont chargées dé feuilles ovales, pointues, ale
12 j Le Luth de la Montaghe.
ternes, longues d'environ un pouce, lisses, entières, et qui deviefts nent plus grandes à mesure qu’elles approchent plus du sommet: élles paraissent n’avoir point de queue, ou pétiole. Les mêmes tiges sont terminées par ün petit épi de fleurs clair-semées, enticrerhent semblables à velles:du polygale ordinaire, mais plus pei tites, alterties et sans pédicules, : On ‘distingue la racine du S6pe mot te mémibraneuse, saillante, quilrègne d'un seul côté dans toute st longteur.: M. TrxnanT, médecin anglais, qui &'éemeuté :plusieuts années en Virginie, attribue à cette racine nié vertu diaphorétique, diurétique, alétipharmaque, celle de rés soudre lo sang visquenx, tenace etinflammatoire, :Les sauvages ls regardent comtime un ‘spécifique’ contre le venin du serpent à sonnéettéss M, Tentisnt dit qu’il en'a:vu deux, qui le lendemain du jour qu'ils avaient êté mordus, avaient les rc qüe causent la pleurésie et la périprieumonie; la difficulté de respiter, la toux, 1é cravhément de sang congdulé; le poulx fort'et frétent, Le pied ‘blessé était font eniflé, et les lèvres de la pluie lis vides: ils avaient pris d'abord de H racine du Sénéka en poudre cé qui-h’avalt pas énipéehd que tout leur corps n’enflt en peu’de minutes, avec une très-grande’ faiblesse; et presque sans poulx Mis à mestre que le remède‘'se répandait dans les veines, les forces et le pouix revenaient et l’enflure diminuait. Ils prenaient dans ce tems là trois fois'le jour ide 14 décoction de :cetto racine dans:du tait; ce qu'ils continuaient: jusqu’à ce que ln plaie fût guérie. :: Ils appliqualent en même tems un cataplème de la même décoction sur le pied. At-reste il faut user promptenient de ce rethède, onf en très peu de tetiis, on meurt de lu piqüre, du ser+. pént à sonniettesi Mr:'Tennant s’est servi de cette radine contre toutes MS autres maladies catisées par: l'épaississement. du’ sang, ét'elle lui'a surtout! éussi contre la pleurésie ‘ét lu péripnou-
monie, pu tx j hi 54 ' fi (A Continuer, ) «13 | Le) if
bii: à de # | “LE LUTH DE LA MONTAGNE.
‘Désomimet le plus élévé de ces hautes montagnes qui dominétit la ville dé B;4‘jé contemplais le paysage immense, offert de tôtis côtés à mes rephris. JPétais seul. J'avais laissé mon fidèle Au*b* dans la Qi voisines avec’ ordre de ne m’attencire qu'au bout dé trois jouvé; que j'avais destinés à parcourir cés lieux ro: mantédisés, Vers pied de la montagne, je découvrais un ha: Médu qui m'assarait un nsylé pour la nuit. Ainsi, Ubred'inquiétudé, ét tot /Entier à res sensations; je laissais mon esprit datfs la fonle de ses vagues ‘pensées, et ma vue dans les variétés d'üné perspective #dmirable. Bientôt les derniers chante. cles oi
et qui devieits s du sommet:
Les mêmes emées, entiémais plus pei racine du SC gne d'un seul ''añglnis, qui | cette racine y celle de réi 8 sauvages lu: serpent à le len er ‘symptômes D rt r'ess x fortet fré:
e la pluie lis | en poudre/ t'en peu de sans poulx, veines, les » prenaient cette racine nié fût ués o la même ment de ce ire, du ser.
es contre t.du A | pétlpnous
LE ar if 4
qui domi:
y offert de + de fidèle
ré qu'au lieu ro+ is un ha< ‘d'inquié ion esprit y variétés te. cles où
Le Luth de la Montagne,
M peaux m'overtirent, qu'il fallait songer à la retraite, Déja le soleil caché ::rière le dos de la montagne, opposée, ne frappait de ses rayoï: 67 que les ren flottants syr la cime chevelue des À arbres qui couronnent, Je descendais lentement, avec le regret D de voir se rétrécir à chaque pas ce vaste horizon, dont mes regards 1 ne pouvaient d’abord embrasser l'étendue. Le crépuseule çom | ! mençait à les couvrir de ses ombres transparentes, qui se rembru- © nissaient par degrés, jusqu'à ce que la reine des nuits vint de nouveau les éclairer des traits argentés de sa lumière. Je m'assis un © moment pour jouir encore de ce spectacle, Les nuages s'étaient } dissipés, Rien n’interceptait mes regards. dans toute l’étendue desoieux. Je parcourais d’une vaste pensée ces espaces infinis, Mes yeux éblouis par les balancements de la terre, et per les feux l étincelants des étoiles, allaient se reposer sux le bleu calme.et pur du firmament. : L'air était frais, sans que le moindre géphyr l’a. itât de son souffle. Toute la nature était plongée dans un pro- End silence, animé seulement par le murmure léger d’une source R lointaine. Ætendu sur la mousse, j’aurais peut-être attendu dans D une agréable rêverie le retour du soleil; lorsque les sons d’un luth, mêlés aux accents d’une voix ravissante, vinrent frapper mon oreille. . Je pensai d’abord que mon imagination se jouait de mes sans enivrés, et jéprouvai le plaisir de me croire transporté par un songe dans un séjour d’enchantement. (Cette douce illusion fut bientôt combattue par des sons nouveaux. Un luth sur la montagne m'évriai-je en me levant incertain encore. Je tournai
les yeux du côté d’où partait la voix, J’aperçus à travers la verdure noirâtre des arbres, les murs blanchis d’une cabane peu éloignée. . Je m'en approchai, le cœur. palpitaut. Quelle fut me surprise en voyant un jeune paysan tenont dans ses bras un luth qu’il touchait avec le plus grande M Er Une femme assise à sa droite, le regardoit d’un œil plein de tendresse, A leurs pieds, sur le gazon, étaient dispersés de jeunes garçons et de jeunes filles, des femmes et des vieillards, tous dans une attitude d’admiration ‘et de recueillement. Quelques enfants vinrent devant moi, me regardèrent, et se dirent l’un à l’autre: qui est ce Monsieurlà? Le joueur de luth se retournait lentement sans s’interrompre;s mais je ne pus résister au premier mouvement de mon cœur. Je lui tendis la main: il me donna la sienne que je sérrai.avec transport. Tout le monde alors se leva, et vint se ranger en cercle autour de nous. Je leur dis’'er peu de mots ce qui in’avait attiré dans ces lieux, et comment je m'y trouvais sitard. Nous n’avons point ici d’hôtellerie, me répondit le jeune paysan: notre hanieau m'est pas sur la grande route, : Mais si vous ne craignez pas de: soucher dans une pauvre cabane, nous tâcherons de vous y biers recevoir, Si j'avais été frappé de son exécution facile sur le luth, et Gu goût de son chant; je le fus bien'plus encore de lu politesse de so
PR tale
En
oe
14 Le Luth de la Montagne. ?
manières, de la ptireté de son langage, et de l’aisance avec laquelle il s’exprimait. Vous n'êtes pas né dans un hameau, lui dis-je a+ vec surprise. Je vous demande pardon, me répondit-il en souris ant: je suis même de celui-ci Mais vous devez être fatigué. George! apporte une chaise pour notre hôte. Excusez, je vous pre monsieur; je dois encore aujourd'hui une romance à mes
ns voisins, |
Je refüsai la chaise, et je me jetai comme les autres sur le gagon. Tout le monde se rassit, et reprit le silence. :
Le jeune paysan se mit aussitôt à chanter, én s’accompagnant, une romance populaire; et il la chantait avec une expression si tendre et si naïve, que, dès les premiers couplets, les larmes vinrent aux yeux de toute l'assemblée. J’enviai dans ce moment le génie du poëte rustique, capable de produire de si vives impressions sur des âmes peu cultivées. J’aimais à voir comme les beautés franches et naturelles se font sentir à tous les hommes. Aucun des traits pathétiques ne fut perdu; et au dernier, qui était le plus touchant, je n’entendis autour de moi que des soupirs et des sanglots étouflés, te se
près quelques minutes de silence, chacun se leva en or ses yeux. Le bon soir fut souhaité cordialement de part et d’autre. Les voisins, avec leurs enfants, s’en allèrent. Il ne demeura qu’un vieillard, que je n'avais pas remarqué, sur un siége de pierre, à côté de lu -porte; le jeuné paysan, la femme assise au+ près de lui; Geôrge, dont j'avais retenu le nom, et moi. :.
Il m’én coûtait de m'arracher de la situation délicieuse où mon âme se trouvait alors, J’étais resté assis le dernier. Je me levai enfin; et j'allai vers le jeurie paysan, que j'embrassai avec tendresse. Qu'il est doux, lui dis-je, de rencontrer des personnes
qui excitent la surprise au premier coup-d’œil, et qu'on fnit par aimer au bout d’un À co ‘heure! Il ne me répondit qu'en me
serrant la main. Mon cher monsieur, me dit le vieillard, vous êtes, à ce qu'il me paraît, content de nos plaisirs de la soirée! Je suis bien aise que vous ayez pris si vite de J’amitié pour mon Valentin, Pour cela, vous coucherez cette nuit dans mon lit Non, non, mon père! interrompit George, qui revenait: en courant de la grange. Je viens de m'arranger deux bottes de paille. C'est dans mon lit, s’il vous plaît, que monsieur voudra bien coucher. Il me fallut promettre de aéder à ses invitations pressantes. Il prit sous le bras le vieillard qu’il conduisit dans la cabane. Je me trouvai seul avec Valentin, et la jeune paysanne qu’il me présenta comme son épouse. Je leur demandai si, par complaisance pour moi, ils ne voudraient pas encore passer un quart d'heure à nous entretenir au clair de la lune. Très-volontiers, monsieur, répondit Louise, un peu vaine de l'attention avec laquelle j'obsere "vais son mari. De tout mon cœur, ajouta Valentin, qui voyait le désir de sa femme. 3 À Hroÿ
> Avec laquelle , lui dis-je a, lit-il en souris être fatigué.
usez, je vous mance à mes
Le Luth de la Montagne. là 4 Je m'assis entr'eux au pied d’un tilleul, dont la lune perçait le ‘fcuillage de ses rayons, |
1 Depuis combien de temps, mes chers amis, leur dis-je, en preant . maig de Louise, jouissez.vous du bonheur que je vous rois goûter? Depuis six mois, répondit-elle: et il y en aura bienôt neuf, que Valentin est de retour de ses voyages. Vous avez onc voyagé? lui dis-je, aves un mouvement de surprise. —Oui,
es sur Je ga. onsieur, j'a employ quelques années à parcourir une partie de. Europe?-—Tout ce que je vois, tait ce que j'entends de vous, ex- Compagnant, Fite en moi le plus vif étonnement, Si vous n’avez point quelque
eXpression si > larmes vin.
:e moment le vives impres.
me les beaummes. Au '; qui était le upirs et des
en essuyant part et au:
l ne demeu:
an siége de le Assise au Dis":
use où mon Je'me levai 1 avec ten.
personnes mn finit par t qu’en me lard, vous soirée! Je r mon Valit Non, courant de lle. C'est n coucher, antes, Il e. Je me ne présent nplaisance d'heure à onsieur, le J'obser.
voyait le
motif secret pour me cacher les événements de votre vie; ne re- "Afusez point, Je vous en conjure, de satisfaire ma curiosité. Oh Wpui, mon ami! lui dit naïvement Louise: ce monsieur paraît le Wlnériter si bien! Et tu sais que moi aussi, je t’'écoute toujours arec tant de plaisir! Valentin, èn souriant, se rendit à nos instances; et c’est de sa bouche que part le récit que je vais rapporter, Aautant que ma mémoire pourra me fournir ses propres expressions.
* Je suis né dans cette cabane vers la fin de l’année 1760. J’eus le malheur de perdre ma mère, aussitôt après qu’elle m’eut nourri. Mon père était un des habitants les plus aisés du hameau; mais un procès qu’il eut à soutenir contre un riche fermier du voisi- D nage, l'eut bientôt réduit à la misère; et il mourut de douleur, ! lorsqu'on vint l’arracher de sa cabane, pour lu vendre au profit à des gens de la justice. Ce vieillard que vous avez vu, et qui est le père de ma Louise, l’acheta, et vint s’y établir. Il eut pitié de me voir orphelin si jeune: il me donna ses brebisä garder. Je ne recevais de lui qu’un traitement fort doux; ses enfans-me regardaient comme de leur. famille; cependant la pete de mon pète, l'abandon où je me trouvais de mes autres parens, l’idée de me 4} trouver étranger dans la cabane où j'avais pris naissance, la vie À solitaire que je menais sur la montagne, tous ces sentiments à la fois affligeaient mon cœur, et ma gité naturelle se changeait insensiblement dans une profonde tristesse, Je passais des journées, entières à pleurer auprès de mon troupeau.
(Ici Louise retira doucement sa main que je tenais dans les miennes, pour essuyer quelques larmes, et me la rer.dit avec in- | génuité.) HER, Un soir j'étais assis au plus haut de la montagne, et je chantais | trisement la romance que vous venez d'entendre, Je vis entre
les arbres, un homme vêtu de brun, pâle, et d’une figure pleine. de mélancolie; qui m’écoutait. Il avait attendu la fin sn ma chanson. Alors il s'approcha de moi, et me demanda s’il était bien éloigné du grand chemin. -Oh oui, mon cher monsieur, lui répondis-je: 1] ne passe qu’à une lieue et demie d’ici.—Ne pourraistu pas m'y conduire?—Je le voudrais; mais je ne peux quitter. mon troupeau. lés parens n’auraient-ils pas un logemeht à mer
16 ….. Aptiéraiure,,.
gomier pas cette nuit?—Ah} mes pauvres parents, ils sont bien loin! — sont heureux dens le ciel.
bonheur de satisfaire d'uné manière dont il ae content. La nuit étant venue, je le conduisis dans notre demeure, où il reçut
de Louise, Lorsque je me disposais à retourner au pâturage, je
nonça que l'étranger m'emmenait avec lui, sx (La conclusion au prochain numéro. )