‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 81 · RETS · texte numérisé non relu

RETS

nibres,

Mes Tablettes de 1813.

Ët l’effroi, qui déja lui peint.sa mort prochaine, Fait frémir chaque nerf et court dans chaque veine. Dans un sentier perfide il craint de s’engager,

Il voit partout un pièges et partout un danger; D'un terrain infidèle il peut être victime;

Sous ses pas tout-ä-coup peut s'ouvrir un abîme; Peut-être un noir marais recouvert de frimas, Sous leur tapis trompeur lui cache le trépast

Il se peint un étang, un lac dont la surfuce Couvre des flots bouillanits, suus sa voute de glace, Un prévipice affreux, des carrières sans fonds, L'imagination dans ces gouffres profonds

Déja le précipite} il tressaille, il s'arrête,

Devs it lui le désert, et sur lui la tempête,

Enfin, tremblant de crainte, épuisé de vigueur,

À côté d’un glaçon il tombe de langueur;

La mort vient, ét son âme à cette idée horrible Joint les déchiremens de cet adieu pénible

Que la nature envoie, avec de longs regrets,

A des objets chéris et perdas pour jamais.

Eu vain, en l’attendant, sa femme prévoyante Prépare du sarmet la flamme pétillante,

Et de chiauds vêtemens, et son sobre féstiné

Par ses touchants regrets, le rappellant en vain, De sés énfans chéris la troupe aimable pleure; En vain, d’un air timide, entr’ouvrant leur demeuré, Ïls avancent la tête, et, L rchant de l’œil,

De frayeur et de froid frissonnent sur le seuil:

Sa femme, ses enfans, sa cabane chérie,

Hi ne les verra plus!... Aux sources de la vie

Déja du froid mortel le poison s’est glissé;

Tous ses nerfs sont roidis, tout son sang s’est glac/ Le malheureux expire, et le vent qui l’assiè

Né bat plus qu’un cadavre étendu' sur la neige,

a MES TABETTES DE 1819,

Kingston où Cataratoui—La ville de Kingston, à l'extrémité nord-est du lac Ontario, dans le comté de Frontenac, est par les

M 4428 dé latitude nord; et les 75% 41 de longitude ouest de Green-

wich; c’est la ccpitale du District du Milieu, { Midland District, ) Elle est sur un terrain de roc et l’on n’y élève pas de maison, qu’il n’en faille creuser le fondement dans la pierre. ‘ Cette pierre,” remarque Liancourt, » le double avantage d’être tendre à cou« per et de durcir à l’air'sans jamais se fendre à la gelée;” néanmoins

60 Mes Tablettes de. 1813,

les maisons qui:y sont en grand nombre sont pour la plupart'cons: truites de-bois.

Cette ville occupe le site de l’ancien Fort Frontenac, doût on voit encore quelques ruines: les sauvages donnaient à ce lieu le nom de Catarocoui, c’est-à-dire,: à la terre glaise.. La ville est bâtie avec ‘goût sur'1une pointe; les rues en sont larges, alignées et se coupént à angle droit, :-A l’extrémité orientale sont les casernes et les magazins-du: roi. ‘Les casernes, mi-partie bois, mi-partie pierre, forment un grand quarré:; «elles sont à deux étages.—

Une ‘uur servant de poudrière et un bâtiment triangulaire, auprès |

des casernés, occupé par l'artillerie, sont-des restes de construction française, On voit aussi au -mê:ne -endroit les ruines d’un

-parapet élévé par le général BRADSTREET, qui s’empura du fôrt en

758 Deux grands bâtimens de bois vers le‘centre de la ville servent d'hôpital militaire, NASA, #1 Kingston est divisé en deux par une place publique, qui sert à y.exercer les troupes et-sur laquelle est une halle pour.le marché; vis-d-vis est construite.vne église épiscopale anglicane;. ces deux bâtimens sont en bois... A droite du. quarré..est :le café'et la maison de justice; ces deux. bâtimens sont de.pierre :et à deux étages. Le café est une bonne maison sous tous les rapports, mais l'autre édifice est tout-à-fait de mauvais goût. ; Au rez-deschaussée:il ÿ a une cuisine et les prisons; le haut est divisé en trois appartétens: le plus grand.sert-aux cours-de .justice; les sessions de quärtier s'y tiennent en Avril et en Octobre annuellement. Dans une autre chambre, il ya une bibliothèque publique de 4 à 500 volumes: la souscription est de 20s. par an. -

Un maître de réputation tient ici-une école ‘pour les-enfans;'elle ‘est bien fréquentée.

‘On.y a bâti dernièrement une égls catholique de pierre:avec l'aide des séminaires et citoyens du, Bas-Canada; l'intérieur n’en

est pas encore fini: le gouvernement loccupe comme hôpital.— Une wieille maison de bois que l’on a transportée, il y,a quelques | ‘années, «l’une des îles voisines, est la mazson du Commandant; elle }

est d'assez mauvais goût, mais joliment située, ‘On voit ‘encore sur la place publique les restes d’uñ fossé et

d'un glacis faits par les Français; plus haut est la pointe Mississa- |

gué; plus à l’ouest encore est la pointe Murney. : Ces deux points importants sont fortifiés; on y a érigé des batteries; le parapet de la première est revètu a l’intérieur de grosses pièces de bois équarri Sur les derrières de la ville, et sur le flanc droit, on,a cons-

truit, depuis peu, plusieurs redoutes de pierre ou de bois qui en ! rendent les approches difficiles, et l’on y a fait plusieurs autres ou- |

vrages.

e terrain derrière Kingston s’élève doucement en amphithéä- À

tre., Au devant est une baie de cinq milles de profondeur, au fond de laquelle le gouvernement a de superbes moulins. Cette

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Mes Tablettes de 1813. 6!

baie fournit un hâvre excellent, où les vaisseaux hivernent en su-

| reté et commodément. La côte opposée se termine en trois poin-

tes; les deux plus éloignées:sont extrèmement hautes; mais celle du milieu est de tous les environs de la ville le lieu le plus élevé.

La pointe la plus. éloignée se nomme Hamilton; elle est couverte de bois, Vis-d-vis est- 7{le aux Cèdres, rocher considérable; dont on a: rasé dernièrement tout les. bois. On y tient un télégraphe qui correspond:avec celui de l'île aux. Serpents,* nudessus et ceux .en Mao mr ic Cananocoui, Celle du milieu s’appelle pointe Henri. On l'a désertée pour y construire des logemens, pour un camp d'observation, et l’on méditait d’y faire des fortifications de conséquence, La pointe la plus près de la ville a d’abord:eu.le nom de‘Pointe Haldimand; elle a Maintenant celui de Pointe Frédérick. C’est un terrain uni, fort peu élévé et bien fortifié. Cette langue de terre se nomme encore Nawy Point, parce que c’est là que sont les chantiers de construction et.les magazins de la marine. Il y.a ici constamment des troupes;- elles y ont de bons quartiers et un “ar de garde séparé. Un vaisseau

ars de service, étançonné dans là baie qui sépare cette pointe de la Pointe Henri, y sert d'hôpital, La sureté et le salut de Kingston du côté de l’eau, dépendent de la coopération des batteries des pointes Mississagué et Frédérick, et le canon de ces deux, postes peut interdire l'entrée du port à toute forçe navale, sile feu est habilement dirigé.

Kingston est l’entrepôt des marchandises destinées pour le haut pays, ct le principal dépôt des approvisionnemens et des munitions militaires. Tous ces articles y sont-communément transporté de Montréal en bateaux; en conséquence les vaisseaux ne descendent presque jean it bas, quoique les plus gros vaisseaux du lac pussent aller sans obstacle jusqu’à Prescott; mais le canal étant étroit, ils ne.pourraient monter sans u'1-vent bien favorable. Les premiers vaisseaux français qui ont navigué sur le lac Ontario ont été ‘construits à Catarocoui par Mr. DE LA SALLE.

Ayant F784 cette ville n’était proprement qu’un poste miliaire, où le Roi et-quelques marchands avaient-des magäzins; ce n’est que de cette époque peu reculée: qu’elle.a commencé à devenir ce qu’elle est à présent. Le commerce y est florissant.. :

Les terres auprès de la ville sont- assez. médiocres, mais elles sont, bonnes à deux ou trois milles en profondeur, et les établissemens. s’y augmentent journellement. Le climat y est sain. ‘On y trouvé,” dit. LaroCHEFOUCAUET LiancourT, ‘ de la pierre à chaux de l'espèce argilleuse, à grain fin et d’un gris foncé. La ainsi que sur la plupart des côtes du lac, les cailloux sont de dif-

* Snake Island.—C'est nne petite île plus hant.que Kingston, absolument

dérerte, et d'où la vue s'étend fort an loiu sur le 2: on y a construit une redoute, et l'on y tient un petit détachement qui 8 soin du télégraphe.

62 Modèles de Paris et de Québec.

férentes espèces, des schistes durs, des couches de quartz et de nit.. On voit près du rivage de grosses pierres noires, roule ressemblant à des basaltes, et beaucoup de pierres sabloneuses, contenant des impressions d'animaux de mer.”

. À trois milles environ en arrière de la ville, il y a une petite rivière quia retenu le nom de Cafarocoui, Elle est passablement large, le lit en est extrèmement vaseux et les bords hérissés de brossailles. Elle traverse le chemin qui conduit à York; à la tête du pont on a élevé un petit retranchement percé pour du canon.

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