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Ce n’est qu 8 d'augmentation,
Je vous disais dans ma première lettre que les domestiques é. taient ici en petit nombre, et qu’il ne paraissait pas y avoir pour eux des gages à-peu-près fixes. En achevant de parcourir aujourd’hüi la partie du village où il :y en a le plus, je me suis cependant convaincu de deux choses:—1°, Que le nombre de ces serviteurs est grand, puisqu'on en compte 52; et 2°. Que les ages d’une servante sont généralement de 7s6d. par mois. N'y a-t-il pas de la noblesse à revenir de ses erreurs, à les avouer! . Chevaux et vaches.-—S'ai compté dans le village 74 chevaux et 149 vaches. Les liabitants de la paroisse entretiennent, l’un por-
tant l’autré, 2 chevaux, et 3 vaches chacun, : ÆEcoles.—Nous avons ici deux écoles; une pour les garçons. et Pautre pour les filles. Ly première mérite à peyré d’être mentionnée; la seconde est tenue par deux Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. J'ai été voir ces Dames; voici: e que J'en ‘ai ris. Men Boucherville est une des plus anciennes missions de leur com+
munauté. , ARE on Elles ont, année commune, uné cinquantaine d’enfans sous leur direction, qui sé classent en pensionnaires, -demi-pensiannaires et externes; auxquelles elles enseignent à lire, compter, coudre, broder, tricote:, &c. en mème: tems qu’elles les instruisent de leuxé devoirs religieux. | :
Un enfant peñsionnaire paye 6s8d.. et un minot de froment par
mofs; un demi-pensionnaire, 56. et un-demi minot de froment par
mois; un externe ÿs. en tout pour l’année:
Il est facile, ce me semble, de calcaler quel peut-être le revenu de cette maison. , Mettons.le bled ‘à 105. le minot. Ces Dames ne peuvent guères prendre commodément plus de. |
80 Pensionnaires, à la Mission, c'est à £10 chacune, “£300 12 demi: do. : à Æ£6 do. 72 12 Externes, äs. do. 8 54 Ecolières. (1811) | £875
C’est avec une aussi modique somme que cés bonries Dames nourrissent, chau#ent et éclairent 30 pensionnaires, 2 servantes et elles-mêmes; qu’elles, donnent à diner à 12 demi-pensionnaires; qu’elles se yêtissent et s’entretiennent-elles-mêmes. -C’est de cette
«mème.senne qu’elles doivent payer, à 7564. par mois, 2 et 3,domestiques anunuellemenñt,—pourvoir aux réparations de leur éta-
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Kang-hi, 97
blissement, au modeste ameublement de léur maison, À la nourris ture de 4 vaches, &c. Quelle économie ne ‘faut-il pas | De quel secours, de quelle atilité n’est pas à l'instruction particulière de la
classe pauyre des habitans de ce pays, —une aussi pleuse et charitable institution !
J'ai répondu, je crois, à toutes vos questions; adieu, mon cher ami, Tout à
voub, S, R,
se ‘KANG-HI,
* KanG:ur, Empereur de la Chine, né en 1654, monta sur le trône en 1661, etmourut en 1723, Sa réputation a pénétré des ex: trémités de l'Asie jusqu'aux extrémités de l'Europe, (On a vu peu de souverains réunir dans un degré aussi éminent toutes les qualités qui font les grands princes, Sa pénétration d'esprit, ses vas: tes connaissances, sa majesté, sa bravoure, sa mg ge sa bienfaisance, son ae infatigable aux soins du gouvernement lui méritèrent les glorieux surnoms de PEnz et MER de son
peuple. :
L Quand l'Empereur Chimi-chi, son père, fut sur le-point dé mourir, il fit appeller ses enfans pour en nommer un à l'empire; I demanda à l’xmé s’il voulait être Empereur, ‘Ce Prince répon: dit qu’il était trop faible pour porter un si grand fardeau, Le se. cond fit ä-peu-près la mième réponse, Lorsqu'il interrogea le jeune Kanghi, qui n’avait pas encore 7. "e accomplis, il réondit:‘ & Papa, Empereur, donnez-moi l'empire à gouverner, èt n verra éomment Je m'en démêlerai,” Cette réponse naïve et hardie charma le père. ‘Il a du courage,” dit-il, qu’il soit Em-
Teur”
Peridant la minorité de Den l'empire fut administré sans Vautorité de sa mère par un Conseil de Régence, nommé par l'Empereur avant sa mort. Pa-tou-rou-koum, un des quatre Conseillérs de Rss était un homme d’un mérite extraordinaire. Du rang dé simple soldat il s'était élevé aux plus hautes digmités; et il s'était ee ra des prodiges de force et de valeur, lorsque les Tartares firent la conquête de la Chine: Mais la fortune l’avéugla. : Sa hauteur, son orgueil, son avarice devinrent extrêmes. Dès que Kang-hi eut été déclaré majeur à l'âge de treize ans et uh jour, Pa-tou-rou-koum fut accusé, convaincu dé coneussions, et condamné à être haché dans la place publique. Déjà on lui avait lü sa sentence: et on allait lui mettre à la bouche te bâillon qu’ôn-méet aux criminels d'état, lorsqu'il s'écria d’une Voix forte: ‘ Eñ qualité d'homme, qui al gouverné l’étut, j'ai
Tom. II. No. $ | | 8
28 Kang-hl,
Era chose d'importänt' à communiquer à l'Empereur avant que e mourir”. Il. fit trembler tous ceux qui étulent présens, et on craignit qu'il ne fit impression sur un Tous Prince, et qu’il ne recouvrât sonsancienne faveur, On n’osa cependant point cacher cette circonstance à l'Empereur, Il était alors avec son Conseil, Dès qu'on eut‘ rapporté la demande de Pustou-rou-koum, tous les Conseillers d'Etat se prosternèrent et supplidrent pour que la sentence de mort fût sur le champ exécutée, Le jeune Prince répondit: .‘ Non, qu’on l'amène,” Aussitôt que Pa-tou-rou-koum fut en présence de Kang-hi, il découvre sa poitrine, et montrant les cicatrices dont elle était couverte, il lui dit d'une voix tonante: ‘ Seigneur, aurez-vous le cœur d'envoyer au supplice un homme ui a reçu toutes ces blessures pour sauver la vie à votre ayeul.”
ous:les grands se prosternèrent et dlenrandlèrent la mort du cou- | et la pes de son insolence, 4 Non, non,” repliqua
ang-hi, il ne sera Le dit qu'un homme, qui.u ainsi exposé sa vie.pour sauver celle de mon ayeul, a 616 amis à mort par mon ordre. Qu'on le remène, qu’on l’enferme entre quatre murailles.” On bâtit à Pa-tou-rou-koum une maison entre ces quatre murailles où il finit ses jours. , Tout l'empire adinira la sagesse du jeune Empereur, et sentit qu’il avait un maitre,
L’éclat et les occupations du trône ne gâterent pas l’éducation de-Kang-hi. : Il disait lui-même.à sosenfans pour les animer à l'étude: .‘ ‘Tchang et Lin, mes deux:ministres, furent mes maitres, etme frent.étudier sans relâche les King et les annales Ce ne fut qu'après, qu’ils m'enseignôrent l’éloquence et ln poésie. À dix-sept ans,mon goût pour les livres me fulnait lever avant l’aurore; et coucher bien avant dans la nuit, ‘Je m'y livrai tellement
ue ma santé en fut affaiblie, Mais mes connaissances s'éten- | dieu “et on ne peut bien gouverner un grand empire qu'avec de grandes connaissances.” me
Toujours occupé des soins de l'état, il portait ses vues sur tous les objets qui pouvaient servir ou nuire à la félicité de l’empire. Ses réflexions sur les peuples de l'Europe méritent d'être connues. ‘“ Les Oross, (les Russes) les Hong mao, (les Hollandais, les Fou lan ki de Luçon, sont des européens qui dépendent de plusieurs puissances d'Europe, ‘Les Orons ne faisaient ci-devant qu’un petit état en Europe; ils y sont devenus puissans, et ont presque détruit la belliqueuse nation de Souecla, (la Suède.) Ils se sont-étendus vers lorient: ils ont des ports de mer et des vais- | seaux:de guerre en Europe, à Cachan, à Astarahan, sur le lac Tengkis,.(la mer.Caspienne,) en Sibir, (la Sibérie.) Ils ont des ‘armées, nombreuses: ils se sont rendu tributaires les hordes de Ayaki, (Tourgout;au nord de la mer Caspienne,) et plusieurs autres: : ils pensent à se rendre maîtres des Hoey- ons (les Mahométahs,) qui ont. divers petits princes depuis Tengkis jusqu’à Cachegar: ils s’ellient avec les Éleuths, (Tartares vers le nord-ouest,
avant que ens, et on t qu’il ne int cacher h Conseil, , tous les ur que la ne Prince rou-koum montrant X tonante: un homme tre ayeul,.” rt du cou- ”, repliqua i exposé sa at mon ormurailles.” Atre murailse du jeune
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Kang-hi. 99
et l’ouest de la ville de Hami,) nos ennemis. Les:Oross sont devenus nos voisins du côté des fleuves de Selinghe, Toula, Kerlons, Sahalien Oula; et ils ont, dans ces quartiers-là des Tartares qui leur sont tributaires, des forts, des villes, et des troupes. Ils sont munis de bonne artillerie: ils continuent à s'établir au nord du fleuve Sahalien Oula, jusqu’à son embouchure: ils ont passé le Cap Noshata; et sur les côtes de la mer, qui est vers l’embouchue de ce fleuve, ils ont déja des soldats: ils pensent à y construire des forts et des vaisseaux pour venir dans les mers du Japon, de Corée et de nos provinces méridionales de la Chine. Les Hong mao sont très puissans dans les mers des Indes: ils ont détruit les Fou lan ki, (les Portugais,) dont il y a quelques restes à Gao-men, (Macao.) Ils ont parmi eux beaucoup de Chinois. Nous les avons chassés de Tay Ouan, (l’île Formose,) mais ils sont bien puissans à Soum en ta la, (Sumatra,) à Koua oua, (Java,)
à Manlakia, (Malaque,) à Poni, (Bornse,) à Mely Loki, (les Moluques;) et dans d’autres lieux. 1
s se font craindre à Mien, (Ava,) à Sien lo, (Siam,) et dans d’autres pays pres de la province Chi-
, noise de Yün nan. Ils ‘ont de bons soldats, un nombre infini de-
bons vaisseaux et beaucoup d'argent. Les Fou lan ki de Luçon ont beaucoup de Chinois. Ils peuvent aisément devenir très puissans dans les pays voisins de la Chine et du Japon. Leur Roi en Europe.est trés riche, et possède de grands états loin de l'Europe. Il est de la même famille que le Roi de Foulan, (France,) nation uissante et belliqueuse, estimée et respectée par terre et par mer dans tout le monde. Les Oross, les Hong mao, les Fou lan ki, comme les autres européens, viennent à bout de tout ce qu’ils entreprennent, quelque difficulté qu’il y ait. Ils sont intrépides, habiles, et profitent de tout. Tant que je régnerai, il n’y a rien à craindre d’eux pour la Chine. Je les traite bien: ils m’aiment, m'estiment, et eichent à me faire plaisir. Les Rois de Fou lan et de Poro tou kal, (Portugal,) ont soin de m’envoyer de bons sujets dans les sciences et les arts qui servent bien notre dynastie. Mais si notre gouvernement devient faible, si on manque d’attention sur les Chinois des provinces du midi, et sur le grand nombre de barques qui en partent tous les ans pour Luçon, Calapa, Batavia,) le Japon et autres pays, si la division se met parmi nos antcheou et les princes de ma famille; si les Tartares Eleuths nos ennemis viennent à bout d'attirer à eux les Tartares de Sy hay, (pays de Kokonor,) et les Calca et les Mongou nos tributaires, que deviendra notre empire. Les Oross au nord, les Fou lan ki de Luçon à lorient, les Hong mao au sud feront de la Chine ce qu’ils voudront. Vous, princes de ma famillé, grands, mandarins, faites réflexion sur ce que je dis; et, dans des placets, marquez-moi en détail ce que vous pensez. Faisons attention à ce du peut arriver dans la suite.” ang-hi fit aux Eleuths une guerre longue et sanglante où il .
100 Chronique de Moré À
dépensa sept millions de facts, (cinq milliards deux cent cinquante millions, monnaie de France.) Les victoires qu’il remporta sur <es péuples ônt été gravées à Paris, quelques añnées avant la révolution. Mais ce qui doit exciter davantage notre étonnement, : ou plutôt notre admiration, c’est qu'après aVoir terminé sa guerre des Eleuths, il remit à tout son empire une anmée entière d’impôts. Il eut seulément l'attention au seule province chaque année, jouit de la grâce qu’il accordait. ,
On représentait à ce Prince issu des rois Tartares, qui avaient fait la conquête de la Chine, qu’il était étonnant qu'il confiât la garde de sa persor ne à des eunuques chinois; il répondit: “ Je crains trop le Tien. vour avoir peur des eunuques; mais les eunuques me font veiller sur moi.” ' | |
eu de tems avant de mourir, Kang-hi dit aux princes ses enfans: * J'ai étudié avec soin l’histoire, et j'ai réfléchi sur ce qui est arrivé sous mon règne. J’ai remarqué que tous ceux qui cherchaient à nuire aux autres finissaient mal; que ceux qui n’avaient point d’entrailles trouvaient dès gehs cruels; et que les ens de'guerre même qui étaient sanguinaires sans nécessité dans Je pays enriemi, ne moutraient pas de'leur mort naturelle, Le Tien venge un homme par-un autre, et souvent même il permet que celui qui a‘préparé le poison le boive. Me voici presque arrivé à ma $Soixante et dixième année, 11 y'a bien des familles où Je vois la quatrième et même la cinquième génération. Je n'ai vu Île bonheur, la paix et les richesses se perpétuer que dans celles où l’on aime -et cultive la vertu. La pauvreté, les revers, les malheurs et mille accidens ont précipité sous mes ÿeux dans la misère, ou même dissipé les maisons où l’on s’enrichissait par
l'injustice, et où l’on était âpre à la vengeance, et livré au désor-
dre. Je’tonclus de tout ce-que ja vu que les événemens ne se trompent pas. Ceux qai font le bien en recueillent Te fruit; ceux qui font.le mal en reçoivent le châtiment.” |