‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme] (volume 2)Chapitre 47 sur 81 · D MES TABLETTES DE · texte numérisé non relu

D MES TABLETTES DE

Dans les deux extraits que nous avons déjà publiés du petit Voyage d’un de nos compatriotes à Kingston, Haut-Canada, nous nous sommes bornés à donner son Itinéraire; c'était le moyen de voir comment il narre et comment il décrit Voyons maintenant comment il conte et comment il peint.

Nous avons vu qu’il partit de Williamsburg, le 7, dans une voiture du capitaine CHRYSTLER, et sous les soins de l’homme de confiance de cet excellent Hollandais. Voici comme notre voyageur rend compte d’un petit accident que lui et le Dr. éprouvèrent, cette journée, et qu’il intitule gaiment,

& Le Bain froid.—Nous avons cheminé aujourd’hui dans un Épres sleish, ou cariole-à-patins, tiré par deux chevaux. Rien e bien extraordinrire dans le trajet de ce jour, sinon que le Dr. prit un bain froid, et que je faillis me ne à côté de lui. Quoique pôt faire notre habile cocher, il lui fut impossible de parer le coup Nous voyagions sur le bord de fleuve, par un chemin affreux; un gros arbre se trouva en travers, on ne pouvait éviter de passer dessus; la barque chavira, et nous voilà à l’eau. Il y en avait, certes, au moins deux pieds de hauteur! Le Dr. tomba debout, moi sur le dos, et notre bagage flotta à nos côtés. L'eau n’est pas tout-à-fait chaude quan 7 rivière charrie encore des. glaces: je me trouvai donc tellement saisi, que je me sentis tout-

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à-coup privé de l'usage de tous mes membres,.….....celui de fa Jangue excepté |— Quel triomphe pour une femme, direz-vous !” # Oui, je dois l'avouer, la langue dans la bouche d’un home à toujours son avantage...hem!”—Mon conducteur me retira. de l’eau, trempé comme une soupe, et je fus contraint, à la maison voisine, de demander une chambre a-part, où, pour parler poliment, je me mis absolument ex dalmatique.

Redingotte, habit, veste, Culotte, et tout le reste,

tout,...tout, en un mot, était tordant; et, j'employaï toute la mai. sonnée à me sécher. Le Dr. s’en était asséz bien tiré; aussi riaitil de ma misère.” ts,

L’Ablé Gaulin.—"1l y a ici plusieurs familles du Bas-Canada, mais elles n’ont en partage ni le rang, ni la fortune: une ou deux, je crois, ont, tout au plus, de l’aisance. Le seul homme (Bas- Canadien,) avec qui l’on puisse, ici, s'associer avec agrément et profit, est le Missionnaire GauLiN; homme vraiment instruit, spirituel et aimable. Il est natif de Québec, et parle l'anglais avec la plus grande facilité. On ne peut être plus universelle ment estimé qu'il ne l’est, et il le mérite à plus d’un titre. Ses vertus, ses connaissances, ses manières, son patriotisme, tout chez ee digne prètre et ce brave et loyal compatriote le rend recommandable, lui assure un accueil empressé et favorable partout où il se présente, et le fait désirer où il n’est pas. Il a suffi à nos sol-

dats de le connaître pour l’aimer; et pour nous..….ertlés!...l Abbé :

Gaulin est un homme précieux. Exilés, direz-vous!—quel mot étrange!—Oui; il ne faut que quitter sa famille, ses amis, son lieu: natal, un instant; —il ne f\ut que s’en éloigner d’une soixantaine de lieues; —il ne faut surtout que rencontrer dans cet instant, à cette petite distance, un compatriote, pour éprouver qu’il est une patrie, et conséquemment un exi//—Oh! je me rappellerai iongtems la rencontre que je fis à Québec, en 1808, de Mr. D C'était la première fois que je m’éloignais de Montréal, de ma ville natale... ! J’y avais vu, j'y avais rencontré Mr. D—— un million de fois. Un froid, bon jour, Monsieur, une indifférente inclination de tête l’un vers l’autre, étaient les seuls mots qu'on s’adressait en passant, la seule politesse qu’on se faisait en se croisant. Certes! comme il en fut autrement, quand, pour la première fois, nous nous rencontrâmes dans les rues de la capitale! Comme on courut l’un à l’autre en se reconnaissant; comme nos yeux parlaient; comme nos mains se serraient; comme nous nous écriâmes en même tems: Æ4 quoi, c’est vous, mon CHER monsieur! Toutes ces distances que l’âge, l’état, la société, mettaient entre nous à Montréal, disparurent à l'instant; nous étions des amis de collège, de l'enfance, dans ce moment délicieux! Et, dans notre snivrante joie, il nous sembla que le Cap Tourmente s'était affais-

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