FUSIL À VAPEUR
Les journaux anglais contiennent des détails curieux sur la dernière épreuve qu‘on vient de faire à Londres du noveau fusil à vapeur inventé par M. PERkINs.
* Le 6 Décembre, dès le matin, des brigades d‘agens de police mAH à 17 d'hommes portant des placards écrits en gros caractères furent postés sur toutes les routes qui avoisinent la manufacture de M. Perkins, pour inviter toutes les personnes à cheval et toutes celles qui conduisaient des voitures à faire un grand détour, afin d'éviter des accidens semblables à ceux qui étaient déja résultés plüsieurs fois de la frayeur causée aux chevaux par les détonations du fusil à vapeur. A neuf heures, plusieurs ministres, quantité de généraux et officiers distingués par leur instruction, se rendirent à la manufacture pour examiner les étonnans effets de ce nouvel instrument de destruction, Les décharges de vapeur commencèrent alors et durèrent presque sans interruption pendant deux heures, avec un bruit Elnblable aux plus forts oups de tonnerre. Pendant ce temps, le fusil de M. Perkins dé- Chargea une immense quantité dé balles avec une force et “une
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rapidité incroyables. abord elles furent tirées à de eourts {n. tervailes, comme une salve d'artillerie, et dirigées contre un but en fer placé à la distance de trente-ciñq verges (100 pieds français environ). La force de projection était telle qu'elles étaient littéralement reduites en atomes. Dans la seconde expérience on les lança contre un but en bois, et elles traversèrent onze planches du sapin le-plus dur, épaisses d‘un pouee et placées à la distance d‘un pouce l‘une derrière l‘autre. On les dirigea ensuite contre une plaque de fer d‘un quart de pouce d‘épaisseur qui fut traversée par la première balle. Toùt le monde, déclara ‘que c'était le maximum d‘effet de la poudre: à canon. Le fait est que cette plaque avait été apportée exprès de l‘arsenal de Woolwich pour obtenir ‘une notion comparative de la force de la poudre et de celle de la vapeur. Il parait que la pression au moyen de laquelle on obtient ces résultats étonnans n‘excède pas 65 at mosphères ou 900 livres par pouce quarré, et M. Perkins assura plusieurs fois qu‘il pouvait élever cette pression jusqu‘à 200 atmosphères sans le moindre danger. Fe outes les personnes présentes s‘étant montrées satisfaites pour ce qui regardait la force de læ vapeur, M. Perkins s‘occupa de démontrer avec quelle rapidité ce moteur extraordinaire pouvait lancer. une immense quantité de balles d‘un seul conon de fusil. Pour cela iladapta au canon de son arme un tube rempli de balles qui par le seul effet de leur poids s’y introduisaient une à une. Ces balles furent lancées successivement avec une assez grande promptitude pour démontrer qu’au moyen de plusieurs tubes de ce genre fixés à une roue dont M. Perkins montra le modèle, un seul fusil pouvait décharger milles balles: par minute. Les autres expériences eurent pour objet de faire voir la facilité avec lauelle le fusil à vapeur pouvait, au moyen d’un pivot, être pointé ans toutes les directions. Pour première épreuve on lui communiqua un mouvement de rotation horizontale, et les balles percèrent d’un bout à l'autre une planche longue de douze pieds qu’on avait présentée pour but, On répéta la même épreuve en donnant au fusil un mouvement de rotation horizontale, et une planche pareille présentée debout fut également percée du haut eri bas. On en dut conclure que le fusil de Perkins, établi devant un bataillon, peut en quelques secondes lancer des balles sur toute l’étendue de son front: ainsi cette arme qui projette des balles avec une force égale et mème supérieure à celle de la poudre, peut arir dens toutes les directions presqu’au même instant; et d’après Ë vitesse de mille balles par minutes, il en résulterait que tirée contre un bataillon de 600 hommes sur trois rangs, ou de 100 files, il y aurait cinq balles pour chaque file par minute. Les éreuves suivantes augmentèrent encore la surprise des assistans. Une volée de balles lancées contre un mur de briques de 18 pou-
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Analyse d‘un Entretien &c. 449
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Le journal auquel nous empreuntons ces détails ajoute: 4 Cette expérience nous a extrêmement satisfait, non-seulement parce que l'invention de M. Perkins va ouvrir une nouvelle ère à l’art de la guerre; et conduira.vraisemblablement à une paix universelle, (car quelle pépulation pourrait réparer les pertes causées par de pareilles armes?) mais encore parce que nous voyons avec plaisir les immenses avantages que retirera l’industrie des machines à haute pression AA D à celles adaptées au fusil de M. Perkins.— Elles consomment infiniment moins de combustible et d’eau, et ne présentent aucun danger, ce qui les à fait surnommer machines de sûreté. Y |
ANALYSE d’un ENTRETIEN sur la Conservation des Etablissemens du Bas-Canada, des Lois, des Usages, &c. de ses Habitans; par un CANADIEN, dans une Lettre d'un de ses amis; Pp. 46. 8vo.
Tes est le titre d‘une brochure qui vient d‘ètre imprimée chez Mr. J. LANE, et qui est à vendre chez Messrs. E. R. FABre & Co, Ce titre annonce 2: 7 clairement la nature de l‘ouvrage pour qu‘on puisse se dis. : ‘ de l‘expliquer: : Le sujet est le même
ue dans la Lettre :: : : : cnorable Enwarp BOowEN, avec cette dif-
érence- qu'il est ici plus développé'et présenté sous un plus grand nombre de points de vue; que dans fe premier de ces deux ouvrages on:appuie principalement sur la question du droit, et dans le dernier, sur celle de la saine politique. g
On:écrit si peu dans ce pays, qu’il semble qu’on mérite bien du public:par cela seul qu’on le fait, surtout si en le faisait on se montre mû par de-bons motifs, tels que le zèle du bien public, l'amour dela patrie, la loyauté, &c. (Ces qualités se font éminemment remarquer dans P'ENTRETIEN analysé; mais.on n’en est pas réduit à ne pouvoir louer que les bonnes intentions, les vues droites de l’auteur; on est forcé de lui reconnaître encore des talens et des connaissances rares en fait d'histoire, de politique et de gouvernement. Quoique la matière fut elle-même assez sèche, ou du moins le sujet assez sérieux, il a su lui’ donner des formes assez variées, et le présenter sous des jours assez différents, pour intéresser le lecteur depuis le commencement jusqu'à la fin. Ce qui donne surtout durelief et de l'intérêt à l'ouvrage, ce sont des citations nombreuses, et des maximes politiques plus nombreuses encore, et qui pour n’être pas toutes originales, peut-être, n’en sont ni moins vraies ni moins bien placées la où elles se trouvent. La nature du sujet, ou plutôt la forme de l‘écrit, ne permettait pas que le style fût partout le mème, partout également souteru
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mais on peut dire qu’il est parfois d’une forcé et d‘une précision peu communes. Enfin l‘ouvrag: nous a paru mériter non seulement d'être lu une fois, mais d‘être conservé pour être lu encore, par tout Canadien ami des lettres, de son pays et de son gouvernement, et nous osons espérer qu'il ne restera pas inutile dans les librairies de la province, ou sur les tablettes de auteur. Pour donner une idée plus juste du fond et du style de cet ouvrage nous mettons les extraits suivants sous les yeux de nos lecteurs,
“ Si cette espèce de manutention politique par laquelle. une
“ nation tend à modèler un autre peuple à son gré, était si pro- ‘ pre a opérer l’effet que vous lui attribuez, si elle avait celui de ‘’ resserrer les liens de la fraternité entr’eux, pardessus tout: de . concilier à la nation qui a la suprématie politique, l'affection
‘ de ceux qui sont soumis à cette épreuve, enfin de faire règner * parmi eux, l‘ordre, la paix et le bonheur, en leur faisant part “ de tous les avantages dont elle jc.:it elle-même, et d’affermit par là l’autorité de son gouvernement, l'Irlande travaillée en ce genre depuis des siècles devrait être un exemple à citer. Les 5% Jumières de ses habitans, leur félicité, leur prospérité toujours ‘ croissante auraient dû marcher de pair avec c2lles de leur mé-
An
56 tropole. Comment se fait-il que la population de ce pays ait
6 été au contraire en proie à tous les genres de souffrancs, qu’elle “ soit si fort en arrière de celle de 4 Grande-Bretagne, peut-êétre de celle de la plus grande partie de l’Europe? ‘Un écrivain ‘ respectable de ces derniers temps va jusqu’à dire au‘une partie
“ de ces hsbitans est aüdessous de l‘état sauvage; un autre, que .
& ses cultivateurs sont plus malheureux que le paysan russe.— & Son histoire présente une suite non interrompue d'actes de ty- “ rannie, d‘un côté, de révoltes, de l’autre: de brigandages, de spo- “ liations, de meurtres de la part des vainqueurs; de vengeances
“ atroces de la part des vaincus. On a dit que l‘histoire de ce
“ pays n'aurait dû être écrite qu'avec de la fange détrempée dans “ le sang, que son peuple était un malade dans les convulsions de ‘ Ja mort. Cependant là on a réduit en pratique le système de conduite qui est l’objet de cette discussion. On n'a négligé ‘ aucrnin moyen de succès, on 2 tout tenté pour le faire triompher. On n’a jamais mis plus de constance dans l’exécution d’un pro- ‘ jet que dans celui d’anglifier l'Irlande, Quel résultat plus propre à démontrer la fausseté de la théorie dont on a suivi les “ principes en gouvernant cette contrée infortunée!
‘ L’Irlande ft conquise à une époque où l’ignerance couvrait l'Europe de son voile de ténébres. Les principes de la politi- & que devaient tenir de la barbarie qui règnait encore sur les dé- ‘ bris des sciences et des arts, sur les ruines dé l’ancienne civili- ‘“ sation. Les erreurs d'un gouvernement une fois appuyées.sur ‘ ces bases résistent longtemps aux progrès des lumières et à
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Analyse d'un Entretien de. 151
ceux de la morale publique. Combien il-faut de temps et de
“ peines” pour les dissiper! C’est l’ouvrage des siècles Les a- 4 bus, les crimes seuls, se propagent avec la rapidité de l'incendie,
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“ Il faut remarquer à ce sujet que l’on se tromperait étrangement d'attribuer à la diversité du culte les maux de ce pays dévoué. Ses habitans n’éprouvèrent-ils pas les mêmes injustices avant la naissance du protestantisme, et quand les deux nations étaient également composées de catholiques? C'était comme Irlandais et à ce titre, qu’ils étaient, avant le changement de religion qui s’opéra depuis en Angleterre, l’objet d’une persécution qui n’a connu de relâche que dans ces derniers temps. Le but et les motifs qui les allun:aient, qui en nourrissaient la flamme, étaient les mêmes. Ee prétexte seul a changé; et comme l’a observé un des plus beaux génies qui ait brillé en Angleterre, ceux qui voudraient continuer de nos jours à écraser les Irlandais, s’occupent en réalité fort peu de les amener à un changement de religion. Ce zèle leur est étranger. Ils seraient même extrèmement fâchés de n’avoir pas toujours ce prétexte pour colorer des injustices dont-ils recueillent le fuit. Ils. en trouveraient un autre toujours prèt au besoin pour continuer d‘exploiter cette mine, s‘il était possible que celui-ci leur manquât.”
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