‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme] (volume 2)Chapitre 50 sur 81 · VARIETES · texte numérisé non relu

VARIETES

Ua gentilhomme pauvre-s’étant présenté pour entrer au serde la Dauphine, femme de Monseigneur, fils de Louis XIV, fut refusé parce qu’il était louche, et que l‘on craignait de présenter de pareils objets à la princesse qui était enceinte. Quelque tems après, ce pauvre diable ayant appris que les borgnes étaient admis,; pourvu qu’ils n’eussent rien de dégoutant, s‘avisa de se mettre un emplâtre sur l‘œil droit, et obtint en qualité de borgne ce qu’on lui avait refusé lorsqu’il était louche. . Peut-être entrait-il un peu de caprice dans cette préférence, mais le borgne volontaire fut charmé d’en profiter. Un jour qu’il servait la princesse à table, et qu’il s‘empressait fort à remplir son devoir, il s’apperçutique son emplâtre allait tomber, et s'étant toirné pour le remettre, il lui fit faire demi tour à gauche, sans y penser. : Lorsqu'il se fut remis à sa place, le Dauphin remarqua quelque différence. dans, ce visage, et demanda à son épouse qu’elle était l'œil qui.manquait à.cet officier. La princesse répondit sans hésiter que c'était le droit. C’est présentement le gauche, dit le Dauphin. : On questionna le pauvre gentihomn qui avoua le fait de bonne foi, et on lui pardonna I‘invention à cause de son zèle qui parut grand, et surtout parce qu’il avait fait rire.

En 1759, un subdélégué de * * * *, en Normandie, ayant donné ordre au syndic du village de... de rassembler les, miliciens de son village; je viendrai les prendre, ajoutait-il dans sa lettre, et les conduirai au rendez-vous général des milices de la province: en m‘attendant, vous voudrez bien les mettre en bataille sur trois de hauteur',

Dès six heures du matin, le syndic rassembla tout son monde, pour remplir les intentions de son supérieur, et le subdélégué étant arrivé 4 midi, il courut audevant de lui pour s’excuser de ce que tout nfétait pas près comme il l’avait demandé. Ce n‘est pas ma faute, lui dit-il, il y a au moins six heures que j‘y travaille, mais j'ai beau faire, il y en a toujours qui culbutent, et jusqu’ici je x’ai.pu les faire tenir que sur deux de hauteur.

‘fre à la compagnie qu‘un personnage capable de déparer le cer-

«demande une chanson, 1l entreprend, après stêtre fait longtems

'aviété, .

Le subdélégué, fort surpris d’une pareille interprétation de ses qui va c

“ordres, se ee sur le terrain, et ne trouva eflectivement que couvre : très peu de miliciens qui pussent soutenir sur leur dos la charge D anque de deux hommes, et fut obligé de faire comprendre au syndic, Æ onde 1 que trois de hauteur voulait dire trois Les uns derrière les autres, a Æ lesq non pas les uns sur les autres, quelle o

x : nuyeux Mademoiselle Auausrt était une chanteuse d‘une figure assez Quelc

agréable, qui ne manquait pas de talent et qui avait surtout un ca D je Paris ractère ferme et décidé. Elle fit un voygage en Pologne; pas- Æ 46 prop sant par Berlin à son retour, elle se trouva dans un bal auquel Æ suis qu assistait rr’b£/ric IT, -Il fut eurieux de l'entendre, et envoya un Æ troducte chambellan la prier de chanter. Mademoiselle Auguste répondit Æ que ce c qu’elle n’était pas venue dans cette intention, et qu'elle ne le pou. Æ lspect vait pas ce jour là. Frédéric contrarié dans ses désirs, oublia un Æ sdroiten moment qu'il était Sr pour se souvenir qu'il était mo- Æ stacle, il parque; il renvoya le chambellan porteur de ces paroles: Made. Æ ;erse tor moiselle, c'est le Z?oi qui vous demande une chansons il néest D maison : point accoutumé aux refus.— Monsieur, répondit la jeune Fran. Æ lisse et gaises dites au Roi qu'il a mille moyens de me füuire pleurer, mais DE quais ré e me faire chanter, ‘pas un. mépren

, met en p

Timidité.— L'opinion la plus commune est que la timidité pro- EE écrase le cède d’un manque d‘amour-propre tel qu‘un homme apprécie Œfait, il p trop les autres et ne s‘apprécie pas assez soi-même, Quoiqu'il Msauver s: en’soit, il est vrai de dire que la timidité change, trouble, distrait, Mle valet ite un homme; absorbe toutes les facultés de son âme, et l‘en. colat qu lève entièrement à lui-même; elle altère sa figure, disloqué son renverse maintien, fait disparaître ses grâces, obscurcit son-esprit et: dé- BL'‘ami.s grade ses talens, L'homme timide n’est plus en publie tel qu‘on der les c ‘a vu en particulier. La naturé lui a-t-elle donné,une belle fi. aventure ure, un maintien noble, une tournure agréable, il ne sait recueil. Ba renonc er dans aucune occasion le fruit de ces avantages; en entrant eur de dans une assemblée, son visage pälit, se décompose; il se pré- Iputant d sente gauchement, oublie les positions, perd son maintien, etn‘of. Eserait e

cle. La timidité ne s’en tient pas ln; elle rend aveugle, sourd et M 4ecd muet; ‘homme timide ne s‘apperçoit pas d’une honnêteté qu‘on eux, ce Jui a faite, et manque aux attentions les plus usitées! on lui parle, Mois bie il ne répond pas; on l‘agace, il demeure interdit; et cherche inu- ui attir tilement sa repartie; il se flatte que ses talens feront oublier toutes Eontre « les irrégularités, toutes les fautes qu’il vient de commettre; mais JP° mépr sa timidité le poursuit encore, et lui ôte ce dernier espoir de ré- BReTT0ga parer ‘ses torts. Quelqu‘un vante sa voix et son gout: on lui Po‘sue,

prier;. son gosier est en défaut; sa voix s’altères il lui est imposi- Au le d'achever: il se-met au piano pour accompagner une dame Pau

Tom:

ation de ses vement que os la char

au syndic, des autres, ex

figure assez artout un ca ologne; pasbal sb et envoya un iste répondit le ne le pou:

rs, Oublia un \éil était mooles: Made.

son? il n‘est jeune Fran.

pleurer, mais

timidité prome «apprécie é Quoiquil üble, distrait,

âme, et l'en.

; disloqué son “esprit et: déiblic tel qu‘on

une belle f- 1e sait recueil- »s;, en entrant ose; il se préintien, et n‘oféparer le ceruÿle, sourd et nnêteté qu'on : on lui pärle, tcherche inuoublier toutes imettre; mais espoir de ré- \ ponts on lui + fait longtems lui est imposiner une .dame

Variéiée. 143 qui va chanter à sa place; ses mains tremblent; un voile épais couvre ses yeux; il ne voit plus les notes, perd la mesure et fuit manquer l‘ariette. Ce par td enfin, qui est l’homme du monde le pre aimable dans le tète-à-tête, ou parmi des amis avec lesquels il est'en liberté, sort désespéré de la maison dans laquelle on l‘a introduit, et y laisse de lui l’idée d‘un homme ennuyeux et mal élevé.

Quelqu‘un présenta, il y a peu d‘années, dans une bonne maison de Paris, un pthomme de province, qui avait toutes les qualités propres à le faire paraître avec distinction dans le monde, mais qui était malheureusement d‘une extrème timidité. L‘ntroducteur entre le premier, le provincial le suit; au premier pas que ce dernier fait dans l‘appartement, la timidité s‘en empare, l‘aspect d‘une brillante assemblée le déconcerte; il enfonce maladroitement son pied entre le tapis et le parquet; il sent un obstacle, il le force pour avancer; pe le tapis avec lui, renverse tous les siégés qui Karrètent, et arrive à la maîtresse de la maison avec le tapis au cou, en forme de cravate: en saluant, il glisse et tombe sur elles il se relève, et fait ses excuses, Les la quais réparent au plutôt ce désordre: on lui offre un siége; il se méprend, s‘assied sur un autre, sur la guitarre de Madame qu'il met en pièces; il se lève tout effrayé, se jette dans un fauteuil, et écrase le: petite chienne. Qu‘on juge de sa confusion; c‘en est fait, il perd contenance et ng voit d‘autre parti que celui de se sauver sans rien dire. En fuyant avec précipitation, il coudoie le valet de cliambre, lui fait tomber des mains le cabaret de chocolat qu'il allait servir à la compagnie, casse toutes les tasses, et renverse le chocolat sur les robes À toutes les dames du cercle.— ‘ L‘ami.sort après lui, pour tâcher de le ramener et de racommoer les chosces; mais son homine a disparu. La honte de cette venture empêche l‘introducteur de rentrer lui-même, et le force renoncer pour jamais à une maison dans pt il a eu le mal-* heur de-présenter cet ami destructeur, qui fait en un clin d‘œil autant de ravage, qu‘en aurait pu faire une troupe ennemie qui erait entrée à discrétion.

Anecdote. —Porg, quoique petit et contrefait, était très-orgueileux, ce qui lui attirait souvent des disputes ; car on était quelquevis bien aise d‘humilier cet amour-propre excessif; c'est ce qui ui attira un jour une réponse assez plaisante. Il se disputait ontre quelqu‘un, et dans sa vivacité il lui demanda, d‘un ton je mépris, sil savait-seulement ce que c‘était qu‘un point d‘inerrogation? Oui, lui répondit-on, c‘est une petite figure tortue, ossue, qui fait souvent des demandes impertinentes.

Trait littéraire.—Ex 1762, lorsque l'académie, dans-sa séance

publique, annonça que le prix de l‘année, d’eusuite serait accordé,

146 Variétés.

äu Meilleur éloge du Duc de SuLuy, tout le monde battit des

mains à cette annonce, et l’un des spectateurs s‘écria: % Voils des Yéloge fait”. | U Cause extraordinaire—On plaida en 1761, à la salle de West. ANS minster, une cause fort extraordinaire, Ils'agissait d‘un legs El considérable, spécifié dans un testament en faveur d’une certaine ans, | compagnie célèbre, mais qui ne devait être payé que lorsqu'une senti personne; dénommée dans ce testament, seraif morte, pourrie « avait damnée. La mort de cette personne fut aisément prouvée à ls fectic cour; et l‘on jugea qu'elle devait être prurrie, puisqu'elle était A morte depuis trois ans ; mais la troisième clause de la volonté du ges f testateur étant plus difficile à établir, on fut obligé de renvoyer rend Faffaire à un plus ample informé, Siou:

Extrait littéral du testament d'une homme marié, mort à Londret fs au mois de Juin 1791. Vu que j‘ni eu le malheur d‘avoir pour déug femme Elisabeth M****, qui, depuis notre mariage, m‘a tour. se Liv menté de toutes les manières ; que, non contente de se moquer de père nes avis, elle a fait tout ce qui lui était possible de faire pour me “Di rendre la vie à charge; que le ciel ne semble l'avoir envoyée dans sauva ce monde que pour m'en faire sortir plutôt ; que la force dé Sam. ghand son, le génie d'Homere, la prudence d‘AuGusrt, l'adresse de Les Pyrruus, la patience de Jos, la subtilité d'AnniBaL, la vigilancoh un mé

d'HerMoGExess, ne suflraient pas pour dompter la perversité de son caractère; que rien dans le monde ne pourrait la faire chan. ger, puisque nous avons vécu séparés pendant huit ans, sans que jy aie gagné autre chose que la perte de mon fils qu'elle a cor. rompu et qui m‘a totalement abandonné par ses conseils ; pesant murement et attentivement toutes ces considérations, j'ai légué «th je lègue à la dite Elisabeth M****, ma femme, un schelling.

Oñoloaïthka.—C’est près de la rivière des Cypewais (dit M. Bet. TRAMI,) que commence le lac Pepin, qui n’est qu'une vallée pre: fonde remplie par le Mississipi, Mais avant d’y entrer, arrêtons.R nous un instant pour fixer notre attention, et réveiller notre tendrese sur un point qui est d'autant plus intéressant, qu’il distingue une belle âme parmi les sauvages.

Un rocher qui se projette sur les eaux du lac, à l’est, là précisé ment où il commence, représente les mêmes traits physiques « historiques: que celui de Leucade, -

La, la Muse de Mitylène, plus savante Sr belle, se précipits pour guérir d’un amour que son PHAON méprisait : ici, Onozoai THA, plus belle qu'heureuse, trancha le cours d’une vie qui lui é tait devenue insupportable, séparée de son ANtk1@1,.qui, l’aimaï

Si je n’écrivas pas des lettres en me promenant, je m’occupe rais volontiers d'écrire son histoire, ct je pourrais aussi faire Je re

s battit des ia: ‘ Voils

e de West.

t d‘un legs une certaine e lorsqu'une e, pourrie el prouvée à la qu'elle était a volonté du de renvoyer

ort à Londret d'avoir pour re, m'a tourse moquer de faire pour me envoyée dans force dé Sau-

d'enrn de L, la vigilance L verte de la faire chanans, Sans que y qu'elle a cornseils 4 pesant 18, j'ai légué th schellinge

is (dit M. Br ne vallée pro:

ntrer, arrètons:} iller notre ten- , qu’il distingue

l’est, là précisé ts physiques €

Île, se précipit + ici, Onooii ne vie qui Fui é @1, qui, l’aimai it, je m'occupe ussi faire Je re

Fusil à Vapeur. 147 imanciér ; mais deux mots de faits valent des volumes mendiés.

Une bande ennemie surprit la tribu d'Oholoïatha, dont son père <st encore chef. (en 1823.) Epargnée dans le massacre, elle fut faite prisonnière. :

Elevée dans la maison du chef vainqueur depuis Pâge de'10 ans, jusqu’à celui de 18, âge des plus vives impressions, elle se sentit touchée de reconnaissance et d’amour pour son fils, qui lui avait lui-même sauvé la vie, et payait vivement de retour ses affections. | ,

A l’occasion d’une de ces paix que les sauvages et non sauvages font de bouche et démentent du fond de leur cœur, elle fut rendue, et demandée en même tems comme épouse. Son père, Sioux barbare et ennemi irréconciliable, la refusa opiniâtrement äu bon Cypewais qui, de bonne foi, tout en satisfesant sa tendresse, voulait mieux consolider, par cette alliance, et la paix des deux familles et celle des deux nations. La pauvre Oholoaïtha se livra à son désespoir, et fit le saut fatal, le jour même où son père cruel voulait la sacrifier à des nœuds welle détestait.

. Dieu sait combien d’âmes bienfaites se cachent sous cette écorce sauvage | mais le contact des peuples civilisés a déja jetté de grandes racines vicieuses dans leur cœur. f

Les sauvages ont voué sa mémoire à l’infamie; chez eux, c’est un mérite de tuer, et un des plus grands crimes de se tuer.

quelquefois mieux que

Te

Page 1