LE PECHER EN ESPALIER ET LE PEUPLIER D'ITALIE
Que je plains ton triste partage, + Disait, un jour, l’orgueilleux Peuplier Au modéste Pêcher, enfant du voisinage.
À quatre pieds, au plus, s'élève ton feuillage; Bientôt un cruel Jardinier, Guidé par son avarice, Te taille, te mutile, et, suivant son caprice, Fait fléchir tes rameaux sous des liens d’osier.. Je suis indépendant; ma tête fortunée Touche presque les cieux; à mes pieds, j'apperçois Les chènes, les ormeaux, ces souverains des bois. Pauvre petit! L’'injuste destinée T'a placé dans un coin où tu gis sans honneur. Le Bocage me doit sa fraicheur Sa grâce, sa gaîté, sa plus belle parure; Tout, dans ces heureux dons que me fit la nature, D'un enfant d'Italie annonce la splendeur, Examinons un peu-ces brillans avantages, Lui répond l’Arbrisseau, Vous avez la hauteur; Mais ce front qui touche aux nuages, . N’en est que plus près des orages, Je vis du moins tranquille, en mon obscurité, Cette apparente liberté, | Dont tant faites le fier, me parait une honte, Car elle nait de l’inutilité, Je n’en suis poin jaloux, et vaut mieux, à mon compte, Une heureuse fécondité, Ce Jardinier qui me veille sans cesse, M'adoucit les rigueurs de l’arrière-saison, Et raffermit ma fuiblesse Contre les coups de l‘Aquilon:
Au bout de l'an, il a sa récompense.
Pour tout dire, en deux mots, voici la différence Que le destin met entre nous:
On recherche mes fruits, et vous êtes stériles Du vent votre ennemi je crains fort peu les coups ; Vous brillez, j'en conviens; mais moi ÿ suis utile,
DELETAND, (0x NEW-YORK)
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