‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme] (volume 2)Chapitre 56 sur 81 · PLIER · texte numérisé non relu

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Toue Il. AVRIL, 1826.

Nouero 5.

HISTOIRE DU CANADA. ut, %

La fondation des Ursulines souffrit plus de difficultés: l'affaire avait déjà été plus d‘une fois à la veille d’être consommée, et avait toujours échoué au moment qu’on se croyait assuré du succès La Compagnie du Canada ne s’en était pas mêlée, apparemment parce qu’elle ne la croyait pas d’une nécessité aussi pressante. Enfin une jeune veuve de condition nommée Madame DE LA PELTRIE, fut la personne dont les mesures se trouvèrent plus

| justes, et dont le courage fut plus constant. Cette illustre fonda-

trice, après avoir surmonté tous les obstacles qui s‘opposaient à son dessein, consacra ses biens et sa personne même à cette œuvre méritoire.

D'Alençon, où elle demeurait, elle se transporta à Paris; pour y régler les affaires de sa fondation; puis à Tours, pour y chercher des religieuses ursulines. Elle en tira la Sœur ManiE nE ITxcarxarron, que le P. Charlevoix appelle la THE’RESE de la France, et ia Sœur Marie DE ST. Josepx, dont le même historien fait aussi le plus grand éloge. De là elle se rendit à Dieppe où elle avait donné ordre qu’on lui frétât un navire. Elle y acquit une troisième Ursuline, et le 4 Mai 1639, elle s‘embarqua avec les religieuses hospitalières, et le P. Barthélemy Vimonn, qui allait succéder au P. Lejeune dans l‘emploi de supérieur général des missions, et qui conduisait avec lui une nombreuse recrue de missionnaires. Le vaisseau n‘arriva à Québec que le ler Août, ayant eu une longue et périlleuse navigation.

On n’omit rien pour faire comprendre aux sauvages combien il fallait qu’on eût à cœur leurs intérèts et ke salut de leurs âmes,

A puisque des femmes mêmes, et de jeunes filles, élevées dans l‘a-

bondance et la délicatesse, quittaient une vie douce et tranquille, ctaffrontaient les périls de la mer, pour venir instruire leurs enfans, et prendre soin de leurs malades. ‘ Le jour de l‘arrivée de tant de personnes si désirées fut pour toute la ville un jour de fète; tous les travaux cessèrent, toutes les boutiques furent fermées. Le gouverneur reçut ces héroïnes sur le rivage, à la tête de ses troupes, aui étaient sous les armes, et au bruit du canon. Après les premiers complimens, ils les mena au milieu des acelamations du peuple, à l'église, où le Te Deum fut chanté an ace Tous II.—-No, 6, 11

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