LÉ PROCUREUR “CUPIDE
Un jour Dämon, l'avide Er Voihnt conduire dn fgnoble voleur De la prison au lièu de son supplice, | Disait : vet-hoïme avait coins e malice
Discours de Simon: Latreste.
” Que de bêtise... On lui dit: bonnement:
Il n'avait pas comme vous la science, En derobant, d’éviter la potence.
# À nids a ee EH DISCOURS DE SIMON LÂTRESSE, AU LIT DÈ LA MORT, Mr. Brsaun.
Le Canadien, Journal politique, littéraire et polémique, publié à Québec en 1807, annonce le décès d’un nommé Simon La- TRESSE, mort à l'hotel-dieu, le 18 Septembre, des suites d’un coup de feu qu’il avait reçu dans la.nuit du Samedi précédent, de la main d’un des soldats presseurs du vaisseau de sa Majesté le Blossom, commandé par Gaorge PickeT, écuyer. ” 4 Latresse, dit le journal, était à danser dans le fanxbourg St.-Jean, lorsque la presse y entra, sous les ordres du lieutenant-ANDreL. On s'empara d’abord de lui; mais il parvint à se débarrasser des mains des soldats, par sa force et son activité, et se sauvait à la course, lors- ‘qu’un d'eux lui tira un coup de pistolet, dont la balle lui traversa le corps. Il était âgé de‘25 ans, Canadien, natif dé Montréal, | voyageur dans les environs de Michillimakinac, depuis sept ans;
” jouissait d’un caractère fidèle et attaché à ses maîtres, et laissait, pour déplorer sa perte, une mère veuve, igée de 75 ans, qu’il sou-
tenait de ses épargnes.” * NU UE dde Voici le discours qu‘un de nos poëtés du tems met dans la bou- .
che de ce malheureux jeune homme; dans ses derniérs.momens.
De l’auteur de ma vie adorant les-décrets,
Puisqu‘il faut la quitter, j‘y-souscris .sans-regrets:
Mais je te laisse seule, Ô mère respectable!
Et c’est, en expirant,-le souci quimfaccable,
Jusqu'ici, grâce aux cieux, par de tendres secours,
J’aidais à prolonger la traine de tes jours. :
Tu lisais dans mon cœur, lorsque, chaque semaine,
Du fruit de mon travail j'adoucissais ta peine, : :
Le ciel en te laissant sans moyens, sans amis, . :
Du moins sur tes vieux jours te conseryait un fils!
Faut-il qu'un sort cruel en ce jour nous sépare!
Jouet infortuné d’une loi trop barbare,
D‘un homicide plomb l’on a percé. mon sein;
Hélas! qu’avais-je fait au perfide assassin?
I1 voulait que sur mer on servit la patrie... !
Mais avait-il le droit de m’arracher la vie?
O Georgé, rci pieux, monarque juste.et bon,
Que de forfaits divers on commet: en ton nom!
Abrégez, Di:u vengeur,, mon tourinent:effroyable,
J'appelle à mon secours.la mort inéxorable,l ©
156 Les Poissons d’ Avril.
Mais je la sens venir...6 ciel, quelles douleurs! Adieu donc, c‘en est fait, ma mère, je me meurs. …
On a attribué ces vers, dans le tems, à Mr. Q.....1; et en ef. fet, ils ne me paraissent pas indignes de ceux dont ce poëte aima. ble et facile nous gratifia de tems à autre.