HISTOIRE POLITIQUE DU CANADA.—INVASION DU CANADA
Tezs sont les titres de deux différents articles du dernier numéro du Canadian Review. On trouve dans ces deux articles plusieurs passages propres à faire croire que la fidélité, ou l’attachement d’une partie au moins des Canadiens au gouvernement britaunique, à l’époque de l’invasion américaine, en 1775 et 16, était assez problématique. Nous n’en sommes pas encore rendus à l‘endroit de l'Histoire du Canada, où il s’agira de reiater les par. ticularités de cette invasion, et d'examiner ce qu’il peut y svoir de bien ou de mal fondé dans les assertions en question; en quoi elles peuvent se rapprocher ou s‘écarter de l’exacte vérité. Néanmoins, afin que ces assertions, et les insinuations auxquelles elles peuvent donner lieu, ne demeurent pas absolument sans réponse et sans contrepoids, pendant un tems assez considérable, nous mettrons ici le morceau suivant, avec le titre sous lequel il a été communiqué pour le Spectateur Canadien, à une occasion à peuprès semblable. Nous prions en même tems les personnes qui auraient des Mémoires, &c. sur Ja premicre guerre américaine, en autant qu'elle se rattache à l’histoire de ce pays, ou sur quelque évènement particulier de cette guerre, de vouloir bien nous les communiquer, afin que nous en puissions mettre sous les yeux du public, soit en entier ou en substance, les morceaux dont la publication paraitra venir le plus à propos.
FAITS HISTORIQUES Propres à rassurer les Unionaïbes sur leurs craëntes chimériques, ou ypocrites, concernant la loyauté des Canadiens.
Le 7 de Juin 1775, un courrier arriva de St. Jean à Montréal, annonçant que la nuit précédente, un parti de troupes américaines avait surpris et enlevé la petite garrison de St. Jean, composée d'un sergent et dix soldats: laissant un détachement de leurs troupes, pour garder la possession du: Fort.
Cette nouvelle causa naturellement une alarme à Montréal, où commandait le Major PresrTon,, du 26eme. Régiment, qui n‘ayant sous ses ordres, que quelques Campagnies, ne pouvait que pourvoir à la surcté immédiate de la ville, dont on ferma les portes, &c. |
Le jour suivant, M. nt Bscesrre, Chevalier de St. Louis, Officisr Canadien, très distingué dans l’armée française avant la conquîte, offrit au Major Preston d'aller à St. Jean, avec un parti de Volontaires Canadiens, qu’il leverait en peu d’heures, et avec lequel il se flattait de reprendre le Fort St. Jean, et de le garder jusqu’à l’arrivée des troupes, qui viendraient de Québec sous peu de jours. Le Major Preston accepta volontiers les services de
VASION
dernier nuarticles pluou l’attachernement bri- 5 et 16, était re rendus à later les parpeut y avoir ion; en quoi vérité. éxquelles elles sans réponse érable, nous equel il a été casion à peupersonnes qui américaine, ou sur queliv bien nous sous les yeux eaux dont la
himériques, où iens.
n à Montréal, es américaines an, composée nent de leurs
, Montréal, où ent, qui n‘aye pouvait que rma les portes,
St. Louis, Ofçaise avant la , avec un parti heures, et avec + de le garder 1ébec sous peu les services de
Zaits Historiques, 231
Mr. de Belestre, qui partit le lendemain, ayant sous ses ordres MM. de Longurul, de Lotbinière, de Rouville, de Boucherville, de Lacorne, de Labruère, de St. Ours, Perthuis, Elrvicux, Gamelin, de Montigny, d’Eschambault, Yaïiné, de Lamadelaine, Gaucher, de Fleurimont, Giasson, Campion, et autres Messieurs dont les noms m'ont échappé, mais dont je respecte également la mémoire, formant ensemble environ quatre-vingts volontaires. Le juur de leur départ fut le 9 de Juin; ils chassèrent le 10 les Américains du Fort St. Jean et le yardèrent, en veillant pour ainsi dire jour et nuit, jusqu’à l’arrivée d'un détachement du eme. Régiment, ou Royel Fusilleers, sous les ordres du Capitaine KENIER, à qui Mr. de Belestre remit le Fort,
Lorsque ce parti de volontaires laissa Montréel, un nombre de Marchands Anglais furent ensemble, chez le Major Preston, et lui témoignèrent leurs craintes, que la conduite trop zélée des Volontaires Canadiens, n’attirât sur Montréal quelqu’attique de la part des Américains; ce qui mettrait en danger leurs marchandises et leurs propriétés. Le Major leur répondit qu’il avait accepté avec recannaissance’les services de Mr. de Belestre et de ses Volontaires: que ceux qui craindraient pour leurs marchandises, pouvaient empaqueter leurs effets et sten aller ailleurs.
Le Général CARLETON arriva, quelques jours après, à Montréal; en même temps que Mr. de Belestre et son parti rentraient en ville, Ils y reçurent les remerciments publics du Général, qui rassura sans. doute les Marchands dont rious avons perlé plus haut.
En Septembre de la même année, le même parti de volontaires augmenté par l’arrivée de MM. de Montessons Chevalier de St, Louis, Duchesnay, de Rigouville, de Salaberry, de Tonnacour, Beaubien, Demusseau, Moquin, Lamarque, Foucher, et autres Messieurs de Québec, des ‘Frois Rivières et des environs de Montréal, fut à St. Jean pour y partager avec le eme. et le 26eme. Régiment, le pénible service du siège dont ils étaient menacés. Le Fort fut bloqué, assiégé ct enfin obligé de se rendre, par capitulation au Général Montgomery, le 2 de Novembre.
Les Canadiens furent emmenés avec les deux régiments, ayant perdu MM. de Lacorne, Perthuis et Bcaubien, qui furent tués pendansle siège. Mr. de Labruère,y perdit un bras, Mr. de Salaberry y fut blessé deux fois, ce qui les empècha d‘étre emmenés prisonniers. Messieurs de Lamadelaine et Giasson furent aussi blessés, mais moins sévèrement.
Il ést à remarquer que les Canadiens furent détenus deux ans prisonniers; le Congrès Américain refusant de les faire échanger, parce qu’ils étaient trop attachés au gouvernement anglais, et qu'ils avaient trop d‘influence dans leur pays. MM. de Montesson et de Æigouville moururent tôus deux prisonniers.
Cependant on annonsait déjà des secours de France pour les
Lthnisr
232 Caverne de St, Michel.
Américains; plusieurs Officiers Français étaient déjà arrivés dans les Colonies, | |
Mr. de-S. Luc, officier Canadien et Chevalier de St, Louis, et. M. de Rouville, Juge à Montréal; furent arrétés chez eux, et envoyés prisonniers pendant l‘hiver par le Général Américain, Woosrer,.
. Mr. Muihiot et plusieurs autres Canadiens,’ Prêtres et Laïques, furent aussi arrêtés, à l‘instigation de quelques Marchands Anglais, très intimement et publiquement liés avec les Officiers Américains alors à Montréal, lesquels marchands furent obligés de laisser la ville, avec leurs amis, lorsque les troupes anglaises revinrent au printemps, |
MM. de St, Luc, de Lanaudière, et vingt-cinq autres Officiers Canadiens, avec au moins 500 miliciens et volontaires, firent la campagne malheureuse du Général Burgoyne, quoique le Général de Lafayette, et plusieurs autres officiers Français eussent déjà joint l'armée Américaine.
Lorsqu‘en 1804, on annonça qu'une escadre Française avec des troupes, devait faire voile pour le Canada, et qu’il fût ordonné qu'un cinquième de la milice serait tiré au sort, pour être pris en cas de besoin, le cinquième de la milice Canadienne fut tiré au sort, avec autant de facilité qu‘on l‘eût iait üans aucun autre pays.
En 1813, lorsque les troupes Américaines menacèrent le Bas- Canada d‘une invasion, tout le monde sait comment se conduisirent les Voltigeurs Canadiens sous les ordres du brave de Sa!aberry. Cinq Pataillons de milice incorporée méritèrent les remerciments du Commandant en Chef, et 18,000 hommes des milices du District de Montréal, se rendirent sur les frontières, le 25 Septembre 1813, et y restèrent en armes jusqu’au 27 de Novembre suivant,
Cinq de ces divisons de Milices étaient commandées par des
À o wv: He: Officiers audessus de soixante ans, n‘ayaut aucune place lucra-: +ive du Gouvernement.
"Boucherville, le 22 Octobre, 1822.
n'enrt hé rm
= tie CAVERNE DE ST, MICHEL.
A l'exception de rapides, de cascades et de chutes, dit J. Lam- BERT, le Bas-Canada offre peu de curiosités naturelles. Ces sortes de curiosités sont en effet les principales que l‘on rencontre dans notre province, du moins dans les parties que l‘on en connaît; mais elles ne sont pas les seules qui méritent d‘ètre mentionnées; et, pour ne parler présentement que d‘une autre espèce de curiosités naturelles, à l’époque où M. Lambert écrivait, c’est-à dire en 1808 et 9, la caverne de St. Paul n’était pas connue, autrement ce voyageur n’aurait pas manqüé d’en faire mention,
est
par plu:
tivé un la ç arp fait, qui turc À fan ya
con)
cou him
van pot dic Ap Ta
fac ell e lon
la}
tre fad voi c'es de te
ré
ple le
trivés dans
ouis, et.M.
etenvoyés Woo$fERr.
et Laïques, hands Anfficiers At ooligés de iglaises re-
es Officiers s, firent la te le Géné- -ussent déjà
nçaise avec füt ordonpur être pris e fut tiré au autre pays.
rent le Basse conduisive de Sa!arent les renes des mirontières, le 2% de No-
ées par des place lucra-
dit J. Lam- Ces sortes contre dans en connait; entionnées ; èce de curi-
C'est-à dire
e, autrement
Caverne de St, Michel, 233
La caverne de St. Michel, dont un correspondant a eu la complaisance de nous envoyer la description qui suit, n’est pas sans doute comparable à celle de St, Paul, quant aux dimensions, &c. cependant elle ne laisse pas que d'être une assez grniie curiosité, et elle a sur cette dernière, pour un grand nombre de nos lecteurs, l'avantage de pouvoir être vue, sans qu'il leur en coute autre chose qu'une promenade de tros ou quatre lieues de chemin, et de trois ou quatre heures de tems.
‘ Cette caverne, découverte, à ce qu’il parnît, en 1811 ou 1812. est sur la terre d’un nommé Manrnwau, de ln Côte St,, Michel, paroisse du Sault au Récollet, dans l‘ile de Montréal, Elle est à plus de trente arpens du chemin du roi, à l'ouest d'un champ cultivé. On se rend en voiture jusqu'au haut de ce chump. De là, un sentier bien frayé vous y conduit, à travers un petit bois qui la couvre et l‘environne au loin, Ce trajet est de trois à quatre arpens au plus. Le sol, aux environs, cst pierreux; et dans le fait, cette caverne n'est autre chose qu'un boyuu loug et étroit, qu'un appartement composé de trois pièces pratiqué par la nature seule, dans une carrière de pierre calcaire,
Jusqu'en 1815, elle n'était connue que du propriétaire et de sa faille; mais à cette époque, elle fit quelque bruit, et la curiosité y attira beaucoup de visiteurs. J'y fus donc 1e 3 Juillet, en la compagnie d‘un citoyen respectable de Montréal, et nous la parcourûmes ensemble, précédés d’un conducteur qui portait de !a famière. J’en publiai une description dans le tems; mais ne pouant la retrouver dans ce moment, jai recours à nes notes d'alors pour celle que je vous envoie aujourd'hui,
lére Pièce.—L’entrée de la caverne est dans un rocher perpendiculaire; elle a quatre pieds d'ouverture, percée en plein roc.— Après avoir avancé 14 pieds, en descendant par une perte assez rapide, mais devenue facile par les marches que le propriétaire a façonnées dans la terre, vous rencontrez l£ roc sous vos pieds: là elle a 7 pieds 4 pouces de hauteur, Vous descendéz encore la longueur de 16 pieds et demi, pe une déclivité aussi rapide que la première; et là, la caverne n'a que 2 pieds 3 pouces de largeur.
À ce point, vous trouvez une citerne de 4 à & pieds de diamètre. L’eau en est aussi fraiche que limpide et légère, un peu fade, mais non désacréable au goût, Aucune ébullition ne se voit à sa surface. J’ai enfoncé obliquement dans cette citerne, c'est-à-dire dans la direction de l’entrée de la caverne, une perche de 14 pieds, sans en trouver le fond; ce qui prouve assez l’existence, en cet endroit, d‘un autre souterrain profond, servant de réservoir aux eaux des terres et du rocher,
Les parois de la caverne descendent perpendiculairement du plafond au pavé, depuis son entrée jusqu’à la citerne, Mais là, le plafond s'abaisse tout-a-coup considérablement, en mème tems
235 Caverme de St. Michel.
que les parois se courbant en arc, s’éloignent l’une de léautre du pied, en s‘arrondissant régulièrement tout autour de ce joli bas. sin, qui se trouve par cela même sous une arche de 9 pieds de base ou de diamètre. On franchit ce pas en se courbant.
Au-delà de la citerne, vous cessez de descendre, et le pavé de cette première pièce, qui se prolonge encore de 20 pieds 8 pouces, est à peu-près horisontal. Les parois sont de nouveau taillées à pic; près de la citerne, elles ne sont distantes l'une de l‘autre que de trois pieds et demi; mais elles s‘éloignent graduellement en gagnant le fond, jusqu’à 9 pieds. La hauteur de la cavité varie également: elle a 13 pieds près de la citerne, et 9 pieds seulement au fond. Vous observez dans cette partie de la caverne, un roc de six pieds quarrés, qui forme une espèce de cul-de-lampe solidement suspendu à la voute.
Cette première pièce a donc, d‘après les dimensions données cidessus, 60 pieds 2 pouces de profondeur, 2 pieds 3 pouces dans sa moindre largeur, et 9 pieds dans sa plus grande, et de 5 à 13 pieds de hauteur, mesure française. Autant le pavé est inégal, et les parois rudes et anguleuses, autant la voute m'a paru, à travers Îles sinuosités de ce boyau tortueux, invariablement unie et de niveau: c‘estun plafond d‘un seul morceau,
2de et 3me Pièces.—A extrémité nord-ouest de la première pièce, on trouve deux autres enfoncemens peu profonds, mais très obscurs. Lun a 3 pieds 2 pouces d'ouverture, 15 pieds de profondeur, et 6 pieds 7 pouces dans sa plus grande hauteur: il s'étend en droite ligne du côté de l’ouest. L'autre a 2 pieds de large à l‘ouverture, 18 pieds 8 pouces de profondeur, et 5 pieds 8 pouces de haut. Il est sémi-circulaire, allant d'abord au nord, . puis détournant à l‘ouest. IL est étroit et bas vers son extrémité, et mon conducteur se traina sur le ventre pour atteindre ce qu’il avait cru en former le fond. La voute de ees deux pièces est: comme celle de la première, un plafond uni un seul morceau,
La profondeur entière de la caverne est done de 75 pieds 2 pouces, si l‘on ajoute la deuxième piece à.la première; et de 78 pieds 10 pouces, si lon joint la troisième pièce à la première. — Les longueurs réunies des trois pièces donnent un appartement de 93 pieds 10 pouces français.
Aux trois voutes de cette caverne pendent quelques stalactites, les unes creuses, les autres solides, mais toutes petites. On apperçoit aussi quelques belles stalagmites attachées aux parois: celles qui ont la forme de mamelons sont les plus curieuses.— Nous en détachâmes quelques unes, tout en observant au propriétaire, qu’il serait à désirer qu’il exigeôt du grand nombre de ceux qui allaient journellement visiter cette caverne, qu’ils n’enlevassent
s des revêtemens qui en fuisaient l’ornement et la plus grande beauté. Dans les intervalles d’une stalagmite à l’autre, on trouve. attachée à la pierre une ochre jaune très fine,
de léautre du le ce joli bas.
le 9 pieds de ‘bant.
et le pavé de eds 8 pouces, eau taillées à de l‘autre que ucllement en à cavité varie pieds seule.
> la caverne, cul-de-lampe
s données cipouces dans et de à 13 vé est inégal, paru, âtrament unie et
la premiète fonds, mais.
15 pieds de > hauteur: il a 2 pieds de r, et 5 pieds rc au nord, .
n extrémité, dre ce qu’il x pièces est ul morceau, 15 pieds 2 re; et de 78 première.— 1ppartement
s stalactites, ES. On apaux ‘parois:
curieuses.— au propriébre de ceux enlevassent plus grande > On trouve.
Lettres sur l'Angleterre, 235
J'oubliais de dire, pour rassurer ceux qui pourraient croire qu'il y a du danger à descendre dans cette caverne, qu‘on n’y rencontre point d'air méphitique, et que la dr ip ny est aucune= ment génée: ce aui provient sans doute de ce que l'air atmosphé. rique y a un lil. accès.”
Montréal, Avril, 1826, :
JL SR,
are «