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La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]

temps, ni de lous les lieux ; mais les lettres sont un aliment pour la jeunesse, et une recréalion pour la vieillesse : elles sont un ornement dans la prospérité ; un refuge el une consolation dans l'adversilé : elles égaient au dedans ; elles n'embarrassent point audehors : elles veillent avec nous, elles voyagent, elles demeurent à la campagne avec nous. —CIcERON.

Heureux le sage instruit des lois de la nature,

Qui du taste univers embrasse la structure.

O vous à qui j'offris mes premiers sacrihces,

Muses, soyez toujours mes plus chères délices !

Diles-moi quelle cause éclipse dans leur cours

Le clair flambeau des nuits, l'astre pompeux des jours ; Pourquoi la terre tremble, et posant la mer gronde ;

Quel nouvoir fait enfler, fait décroître son onde ;

Pourquoi de nos soleils l'inégale clarté

S'abrège dans l'hiver, se prolonge en été ;

Comment roulent les cieux, et quel puissant génie. [orzs. Des sphères dans leurs cours entretient l'harmonie. —Vir-

Du globe tu peignis les visibles beautés,

Ses riches ornemens, ses aspects enchantés ;

Ose plus aujourd'hui : pénètre sa structure,

Ses vastes fondemens, sa noble architecture,

Les formes, les couleurs, les principes des corps,

Et leur guerre féconde, et leurs secrets accords ;

Suis dans tous ses degrés la nature vivante ;

Fuis naîlre les métaux, fructifier la plante ; ([zrzre, Soumets la brute à l'homme, élève l'homme à Dieu.—De:

Combien de l'homme encor les étonnants ouvrages

Secondent dans leurs jeux la nature et les dues !

Eñn limpide nectar il fond les régétaux ;

Le fer se tourne en cendre, et la cendre en mélaux. Heureux donc le rival de la toute-puissance,

Qui des êtres divers analysant l'essence,

Les détruit, les refait, les combine à son gré—Ineu. oMm VIL.—No, I, A

HISTOIRE DU CANADA

( Continuation, )

Au miliev de ces hostilités, il y eut quelques lucurs de paix. Le 10 Juin (1693), T'AREHA, chef onneyouth, arriva à Montréal avec un habitart de cette ville, nommé Sr, Amoun, qui était captif chez les Froquois depuis quatre ans. El proposa au chevalier de Callières l'échange de cet homme avec un de sés neveux, et lui remit une lettre du P, Millet, toujours prisonnier à Onneyouth. Cercligieux mandait que Tareha était bien intentionné, et qu'on pouvait ajouter foi à ce qu’il dirait,

M. de Callières l'envoya incontinent à Québec, où le comte de Frontenac lui accorda de bonne grâce l'échange qu'il demandait. Ce bon accueil l'ayant enhardi, il présenta au comte des colliers de la part des principales cabannes, ou familles d'Onneyouth; et pour convaincre le général de la droiture de sa cond'uite, il l'avertit de se tenir sur ses gardes, particulièrement au temps de la moisson. Tout en donnant cet avis, Tareha assura que les Cantons n'étaient pas éloignés de faire la paix ; que les familles qui l'avaient député la souhaitaient avec ardeur, depuis longtemps, et que si elles avaient différé à la demander, c'était uniquement par la crainte de paraître devant leur père irrité ; qu'il s'était enfin risqué pour le bieu public, espérant que sa franchise ferait sa sureté.

Le comte de Frontenac était trop accoutumé à ces sortes de protestations pour s'y laisser tromper, et le témoignage d’un missionaire qui n’était pas libre, ne lui paraissait point une preuve suffisante de la sincérité de celles de T'areha : il répondit néanmoins à ce chef, que quoique la perfidie des Onnontagués à l’égard du chevalier d'Eau ct des Français qui l'accompagnaïent, et les cruautés inouies que les Iroquois exerçaient journellement sur les prisonniers français, l’autorisassent à user de représailles, il voulait bien encore écouter un reste de tendresse pour des enfars qui ne méritaient plus ce nom; qu'il n’avait donc rien à craindre, ni pour sa vie, ni même pour sa liberté; mais que si les Cantons voulaient sincèrement entrer en négociation, ils se pressassent de lui envoyer des députés; qu’il voulait bien encore avoir patience jusqu'à la fin de Septembre; mais que, ce terme expiré, il n’écouterait plus quesa juste indignation. Tareha promit d'être de retour à cette époque, quelque chose qui pût ariiver, et reprit le chemin d’Onneyouth.

Peu de jours après, St. Michel, qui s'était échappé d’Onnontagué, où il avait été conduit, l’année précédente, arriva à Québec, et rapporta que les Anglais avaient construit, daus la prin-

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cipale bourgade de £e canton, un fort à huit bastions ct à trois enceintes de pallissades, pour servir de refuge aux femmes, enfans et vicillards, en cas d'attaque de la part des Français : il ajouta que huit cents Iroquois étaient sur le point de se mettre en campagne, pour empêcher les colons de faire leur récolte; et que les Cantons n'avaient jamais été plus éloignés de faire la paix qu'ils ne l'étaient alors, quoique plusieurs familles onneyouthes parussent fort lasses de la guerre.

Dans le temps que St. Michel parlait ainsi, les huit cents Iroquois étaient déja aux Cascades, à l'extrémité du lac. St. Louis, Sur l'avis qu'en reçut le gouverneur général, il fit partir le chevalier de Vaudreuil avec cinq compagnies d'anciennes troupes de ligne et cents soldats de recrue, qui venaient de lui arriver de France. De son côté, le gouverneur de Montréal avait assemblé un corps de sept à huit cents hommes, et il marcha à leur tête jusqu'aux Cascades ; mais ni M. de Callières, ni le chevalier de Vaudreuil ne trouvèrent plus l'ennemi : il avait décampé, à la nouvelle des préparatifs qui se faisaient contre lui.

On apprit en même temps que le grand armement qui s’était fait à Boston, et qu’on vait cru destiné à attaquer Québec, avait été attaquer le Martinique, et y avait échoué, avec une perte considérable. Les trois mille hommes qui devaient faire une irruption par terre, ne parurent pas non plus; et pour comble de bouheur, on vit arriver à Montréal, le 4 Août, dgux cents canots chargés de pellcteries, sous la conduite du sieur d'Argenteuil. Ce grand convoi portait pour près de cent mille francs de castor, et les principaux chefs de toutes les tribus du nord ct de l'ouest, à l'exception de celle des Miamis, y étaient en personné. Dès que M. de Frontenac en eut reçu la nouvelle, il partit pour Moutréal, et y arriva escorté de ces mêmes chefs, qui étaient allés au-devant de lui jusqu'aux Trois-Rivières. 145 le lendemain, il se tint un ral conseil où tout se passa à la satisfaction des assistans, L'orateur huron parla longtemps, et fit an grand récit de toutes les expéditions que sa tribu avait faites contre les Iroquois. Les autres se contentérent de dire qu'ils étaient venus pour entendre la voix de leur père, pour recevoir ses ordres, et le prier en même temps de leur faire donner à un prix modéré les marchandises dont ils avaient besoin.

M. de Frontenac n'épargna rien pour achever de s'attacher toutes les tribus dont les députés se trouvaient à Montréal : tous ces sauvages partirent charmés de ses manières et combiés de ses présens. [ les fit suivre de près par un grand nombre de Français, sous la conduite du chevalier de Tonti, qui continuait de commander aux Illinois, et que ses affaires avaient obligé de descendre à Québec, MM. de Courtemancheet de Mantet furent de ce voyage, ainsi que M. d'Argenteuil, qui fut nommé lieute-

Re nr ——

6 {listoire du Canada.

nant de M. de Louvigny ; M. Le Surun, qui fut chargé de faire un établissement à Chagouamigon, et Nicholis Perrot, à qui le gouverneur recommanda d'empêcher de gré on de force les Miamis de traiter avec les Anglais, de qui ces sauvages avaient reçu des présens, par l'entremise des Mohingans.

On apprit, dans le même temps, que le fort Ste, Anne de Ja Baic d'Hudson avait été pris par les Anglais, au commencement de Juillet. Trois vaisseaux de cette nation avaient hiverné à soixante dix lieues de ce fort, et s’en étaient approchés, dès que Ja avigation avait été libre. Ils s'étaient bien douté que la gare niso.1 était faible, mais ils n'auraient jamais pu s’imaginer' qu'elle ne consistât qu'en quatre hommes, dont l’un était aux fers pour cause de meurtre.

Les Anglais avaient débarqué quarante hommes pour attaquer le fort: les trois Français en tièrent d'abord deux, et contrai. gnirent ensuite Îcs autres de s'éloigner, Mais les Anglais ayant appris de quelques sauvages l’état de la place, et le nombre de ceux qui la défendaient, ils eurent honte d'avoir reculé devant trois hommes, auxquels néanmoins ils firent l'honneur d'en opposer jusqu'à cent. Ces braves comprirent qu'il leur serait impossible de résister à tant de monde ; mais ne voulant pas devenir prisonniers de guerre, ils trouvèrent le moyen de s'embarquer dans un canot, sans être appercus, et furent assez heureux pour sc rendre à Québec sans accidens. Ils y trouvèrent le gouverneur

énéral fort chagrin de ce que le retardement des vaisseaux de rance avait fait manquer encore une fois l'expédition depuis si longtemps projettée contre le Port Nelson.

ers la fin de Septembre, Tareha revint à Québec, suivant sa promesse, et y amena une femme onncyouthe, que le seul désir de voir le comte de Frontenac, avait engagée à faire ce voyage. Ce n’était pas tout-à-fait, remarque Charlevoix, la reine de Saba ; mais l’Iroquoise était animée du même motif que cette princesse,

et le général français en fut tellement flatté, qu’il crut voir dans

cette femme quelque chose de plus qu’une sauvagesse. Le comte de Frontenac avait d’ailleurs plus d’une raison de faire à cette femme un bon accueil : elle avait rendu de grands services aux Français prisonniers dans son canton, et c'était à elle principalement que le P. Millet était redevable de la vie. “Dieu,” dit “encore Charlevoix, donna à sa charité la même récompense “quen reçut autrefois le centenier Conneï LLE; il l'éclaira “comme lui des lumières de l'évangile ; elle fut baptisée sous le “ nom de Susanne,” et se fixa au Sault St. Louis, où elle mourut dans un âge avancé. ,

Ce fut probablement à la considération de cette femme que le comte de Frontenac reçut assez bien Tareha, quoiqu'il fût extrêmement choqué des propositions que lui fit ce sauvage.

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Histoire du Canada. 7

Après avoir apporté pour excuse de ce que son canton n'avait pas envoyé de députés au général pour traiter de la paix, que les Anglais avaient empêché les Onneyonths de suivre les sentimens de leur cœu r, il Ôsa le prier d'envoyer lui-même des ambassadeurs à Orange, où ces mêmes Anglais voulaient absolument que cette grande affaire se négociât. UE ANR Le gouverneur général ne fut pas peu indigné de se voir joué ainsi par une nation dont il s'était flatté d'être estimé et redouté. IL voulut pourtant donner à entendre à Tareha qu'il était persuadé qu'il pensait en son particulier beaucoup mieux qu'il ne parlait au nom'de ceux qui l'avaient député : il lui fit des présens, et le congédia, en fui disant qu'il voulait bien ne pas interpréter trop défavorablement les excuses des Onneÿouths; mais qu'il ne tarderait pas à faire repentir les Cantons de n'avoir point profité des dispositions favorables où il était à leur égard, à son arrivée de France, et d'avoir ajouté l'insolence à la mauvaise foi. Au commencement de l'année 1694, deux Onnontagués vinrent à Montréal, pour demander à M. de Callières, si les députés des cinq cantons, qui, dirent-ils, étaient déja en chemin, seraient bien reçus à prier leur père Ononthio de leur accorder la paix. Le gouverneur de Montréal leur répondit que probablement ils seraient écoutés, s'ils se présentaient. Ils se retirèrent avec cette réponse, et il se passa deux mois sans qu'on entendiît parler de rien. M, de Callières n'en fut nullement surpris: cependant, pour ne pas manquer à ce qui dépendait de lui, il jugea à propos d'envoyer quelques partis du côté de la Nouvelle York, afin de voir si, par le moyen des prisonniers qu'on ferait sur les Iroquois, on ne découvrirait- point les véritables causes de l'envoi de leurs premiers députés, ou du retard des seconds.

Le 23 Mars, deux Agniers vinrent à Montréal faire les excuscs de Téganissorens, qui devait être le chef de la députation, et dirent qu’il fallait s’en prendre aux Anglais, si les Cantons avaient manqué à leur parole; mais que pourtant la députation netarderait pas beaucoup à arriver. En effet, Téganissorens arriva à Québec, au mois de Mai, avec huit députés. C'était le temps des semences, et cetle circonstance fit dissimuler au gouverneur général le peu de fond qu’il faisait sur cette députation, Il donna aux députés une audienne publique avec beaucoup d'appareil, et prolongea ensuite leur séjour autant qu'il était nécessaire pour donner aux habitans le loisir d’ensemencer leurs terres.

Ce délai eut encore un autre effet, qui ne fut pas moins avantageux à la colonie. M. de Louvignyÿ avait quelque sujet d'appréhender une rupture avec les tribus du nord et de l’ouest, ou du moins un accommodement entr'elles et les Iroquois ; ces dernicrs ne cessant de leur insinuer que les Français voulaient faire la paix avec les Cantons, sans se mettre en peins de leurs inté-

8 Histoire du Canada rêls. Tout ce qu'il avait pu gagner, ç'avait été d'engager les principaux chefs de ces tribus à s'éclaircir par eux-mêmes de la vérité. Ces chefs arrivèrent à Québec deux jours uprès le dés part des froquois. Le gouverneur ayant su d'eux-mêmes le sujet de leur voyage, envoya un exprès à T'éganissorens, pour le prier de revenir à Québec. 11 y accourat sur le champ; il y vit les chefs du nord ct de l'ouest; et ceux-ci, après l'avoir entendu, crurent comprendre que les Froquois n'avaient en vue que de leur faire prendre le change ; d'empêcher leurs partis du courir sur l'ennemi commun, et de les brouiller avec les Françuis, pour avoir ensuite meilleur marché des uns et des autres,

Avant son départ, Téganissorens, qui en son particulier, voulait sincèrement la paix, proposa au comte de Frontenac, le rétablissement du fort de Catarocouy, comme un moyen de la hâter et de la rendre durable. Le gouverneur saisit cette ouverture avec loute l’ardeur dont il était capable : il fit travailler avec une extrême diligence à un grand convoi, qui devait conduire à ce j'oste une garnison, des ouvriers, des munitions, ct tout ce qui était nécessaire à un établissement dont il prétendait faire le boulevard de la colonie. Ilen donna le commandement au chuvalier de Crisasi ; mais comme cet officier allait s’embarquer, il reçut ordre de désarmer.

Lo cause de ce changement était l’arrivée de Serigny à Montréal, où se trouvait le gouverneur général, avec une commission du roi pour la levée d’un détachement considérable destiné à une entreprise contre le Port Nelson, de laquelle il avait été chargé conjointement avec son frère d’Iberville. IT n'y avait pas un moment à perdre, si l’on ne voulait pus faire manquer ce projet pour la troisième fois; et il fallut prendre une partie des hommes qui devaient accompagner le chevalier de Crisasi, Ondonna cent vingt Canadiens et quelques sauvages du Sault St. Louis à Scrigny ; le reste fut congédié jusqu’à nouvel ordre.

Au commencement de Septembre, Oureouharé, qui avait accompagné T'éganissorens à son retour, revint avec treize prisonniers français, qu’il avait délivrés, ct parmi lesquels étaient les deux Hertel, pris deux ans auparavant dans la déroute de M. de la Gemeraye, et qu’on avait crus morts ; mais il n’amenait point d'autres députés que ceux de son canton de Goyogouin et de ce: Jui de Tsonnonthouan, La considération que le comte de Frontenac avait pour leur conducteur Îles fit écouter. favorablement, et ce général voulut que les chefs du nord ct de l’ouest, qui étaient descendus avec un grand convoi de pelleteries conduit par M. de Louvigny, fussent présents à l'audience qu’il leur donna,

Ourcoubaré, qui portait la parole, présenta d’abord un collier dont Ie sens était qu'il avait brisé les fers de treize Français : il

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Ilistoire du Cunuda. 9 en présenta ensuilé d'antrés pour marquer que les cantons dont on voyait les députés s'appercevant que la négocialion de Téganissorens trainaît trop en longueur, et sachant qu'elle était traversée par les Anglais, avaient pris les devans, et chargé leurs envoyés de priér Ononthio de ne pas s'impatienter, de l'assurer qu'iis voulaient, à quelque prix que ce fût, rentrer dans ses bonnes grâces, ct lé conjuraient de suspendre encore sa hache pour quelque (vmps.

Le , Strheut leut répondit qu’il acceptait le premier collier, et qu'il revoyait avec plaisir ses enfans, qu'il avait pleurés comme morts ; qu'il savait bon gré aux députés des deux cantons de leur empressement à l’assurer de leurs bonnes dispositions ; mais que ne recevait point les autres colliers, par lesquels on prétendait arrêter son bras, et qu'il allait frapper incessamment, si on ne se hâtait point de lui rendre une réponse précise sur tout ce qu'il avait déclaré à Tareha et. à T'éganissorens. Dans un festin, qu'il leur donna ensuite, il s’étudia à bien convaincre les Goyogouins et les Tsonnonthouans, qu'il souhaitait la paix, mais plutôt pour eux-mêmés que pour sé et en père qui nc châtie qu'à regret ses énfans,

Vers la fin d'Octobre, le P. Millet arriva à Québec, après cinq ans de captivité, et donna avis au gouverneur que Tarcha le suivait de près avec les députés d'Onneyouth. Ils déparquèrent en effet, pos de jours après. M, de Frontenac les reçut d’abord assez mal; mais il se radoucit ensuite, en faisant réflexion que ces négociations avaient au moins cela d’utile, qu’elles procuraicnt quelque repos aux habitans de la colonie. (C'était d’ailleurs pour lui une nécessité de faire au moins semblant de s’y prêter, ou d'aller attaquer les Iroquois avec des forces capables de les détruire, et 11 s’en fallait bien qu'il en eût de suflisantes pour une pareille entreprise, Il ne pouvait guère compter que sur doux mille hommes, y compris les troupes, les milics et les sauvages domiciliés ; la prudence ne permettant pas de dégarnir les postes les plus exposés,.qui étaient en assez grand nombre,

Au reste, si les Anglais cherchaient à empêcher les Iroquois de faire la paix avec les Français du Canada, ceux-ci ne travaillaient pas avec moins d'activité à empêcher tout accommodement entre les Abénaquis et la Nouvelle Angleterre, ; Ces derniers n'élaicnt pas moins que les Iroquois fatigués d'une guerre qui, outre les pertes qu'elle leur causait, les forçait de se tenir continucllement sur leurs gardes, Dès le mois de Mai de cette année 1694, deux de leurs chefs s'étaient engagés à, conclure un traité de paix avec le gouverneur de la Nouvelle Angleterre ; et ce

énéral, après avoir reçudes otages, s'était rendu en personne à emkuit, , pour accélérer la conclusion du traité. Mais dans le temps qu'il se tenait le plus assuré de mettre cnfin son gouverne-

Toux VIIL.—No. I, B

10 Histoire du Canada.

ment hors d'insulle de la part de voisins si dangereux, le'sieur de Villieu, le même qui s'était si fort distingué au siège de Québec, secondé de M, de Thury, missionnaire à Pentagoët, trouva "4 le secret de regagner un chef malécite, nommé Maraouanno, % qui s'était déja déclaré pour la paix ; leva un parti de deux cent ‘4 cinquante sanvages des environs de Pentaguët et de la rivière St, Jean; se fit joindre par ceux de la mission du P. Biacor l’ainé; se mit à la tête de tous ces guerriers, et les mena sur le rivière de Pescadoué, au milieu des habitations anglaises, et à douze lieues seulement de Boston. Il y avait en cet endroit deux forts un peu éloignés l’un de l’antre ; la petite armée se partagea en deux troupes, et les forts furent emportés en très peu de temps. Îl y périt, suivant Charlevoix, deux cent trente Anglais ; il fut brulé cinquante ou soixante maisons ; et cet exploit ne couta aux vaingnéenrs qu’un seul homme FE! .& Un chef abénaquis, nommé T'Axous, enhardi, ou plutôt animé par un sticcès si prompt et si peu couteux, choisit quarante des plus lestes de sa troupe, arriva, après trois jours de marche, auprès d'un petit fort situé près de Boston, l’attaqua en plein jour, s'en rendit maître, nonobstant une vigoureuse résistance, et alla ensuite faire le dégat jnsqu’aux portes de la capitale.

Ces hostilités irritèrent d'autant plus le chevalier Phibs, que sur les assurances qu'il avait données d’un accommodement prochain avec les sauvages, tout le pays était dans une sécurité par-

faite, et qu'après des irruptions si brusques, et si peu attendues, le peuple de Boston murmurait hautement et paraissait prêt à se soulever contre lui. 1 partit pour Pemkauit, et dès qu’il y fut arrivé, il cnvoya dire à ceux avec qui il avait traité, qu'ils eussent à lui remettre deux des leurs, qui s'étaient trouvés à l’attaque du premier fort; sinon qu’il les regarderait tons comme complicés d’une hostilité faite contre le droit des gens, et après‘la parole donnée de n’en faire aucune, ajoutant qu'il était à Pemkuit en état de tirer vengeance de cette perfidie.

Ces menaces n’embarrassèrent pas peu les sauvages ; ils avaient donné des otages au géiréral anglais, et plusieurs avaient des per prisonniers à Boston, Ces considérations les firent ba-

ancer longtemps sur le parti qu'ils avaient à prendre : à la fin, le plus grand riombre fut d'avis qu’il fallait envoyer des députés au gouverneur de la Nouvelle Angleterre, pour lui faire des excuses sur Île passé, et l’assurer qu'à l'avenir il n'aurait plus l sujet de se plaindre d'eux. Ils l'auraient fait sans doute, sans les efforts de leurs missionnaires pour rassurer les plus timides, et faire entendre à tous qu'ils avaient fait trop de mal aux Anglais, pour être en droit de s'attendre à en être bien traités à l'avenir, et qu'il allait de leur salut de demeurer inviolablement attachés nl aux Frauçais. M. de Villieu engugea en même temps plusieurs ‘4

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le'sieur le Quétrouva UANDO, ‘Ux cent vière St, 10T l'ai ur le rie ses, et à oit deux e parta- | peu de nte Anexploit In chef par un des plus >, AU Près vur, s'en alla en-

iibs, que ent pro»

rité partendues, it prêt à nil y fut u'ils eus- ’attaque me coniaprès'la ‘à Pem-

savaient ient des irent ba.

à la fin, es dépufaire des rait plus ue, sans mides, et Anglais, l'avenir, attachés plusieurs

Les Mises. Il de leurs chefs à aller avec lui à Québec; d'autres le suivirent de près ; el tous renouvellèrent au gouverneur général les protestations d’une fidélité inviolable.

(A Cértinuer. ) EE

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