‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 2 sur 90 · LES MUSES, OU DEESSES DÉS SCIENCES ET DES ARTS · texte numérisé non relu

LES MUSES, OU DEESSES DÉS SCIENCES ET DES ARTS

Hesiopr, dans sa Théogonie,en compte neuf, filles de Jupiteret de Mnémosyne. “Dans l’Olynpe,” dit-il,” elles chantentles mervilles des dieux ; connaissent le passé, lé présent, l'avenir, et rejouissent la cour céleste de leurs harmonieux concerts.” Cicr- Ron en compte d'abord quatre, Thelxiope, Mnémè, Aède et Mélète, filles du deuxième Jupiter; puis neuf, qui ont eu pour père Jupiter troisième, et pour mère Mnémosyne ; et enfin neuf nomméés comme les précédentes, mais nées de Piétus et d’Anthiope. PavusaniAs en compte trois, savoir, la Mémoire, la Méditation et la Chant, dont le culte fat établi en Grèce par les Aloïdes : c'est-à-dire qu'on persoinifia les trois choses qui constituent le poëme. Vanrron n’en admettait quétrois, et dit que Sicyone donna ordre à trois sculpteurs de faire trois statues des Muses, pour les placer dans le temple d’Apollon, et cela dans l'intention de les acheter de celui qui auraîtle mieux réussi, Mais comme elles se trouvèrent toutes également belles, la ville les acheta pour les dédier à Apollon. Aureste, ce nombre de trois était tiré de ce qu'il n’y a que trois modes de chant ; la voix sans instrumens ; le souffle avec les instrumens à vent, et la pulsation avec des lÿres, &c.

Dionore donne encore aux Muses une autre origine, %“Osiris,” dit-il, “aïmait la joie, et prenait plaisir au clrant et à la

‘& danse. Ïl avait toujours avec lui une troupe de musiciens " parmi lesquels étaient neuf filles instruites de tous les arts qui

# ont quelque rapport à la musique, d’où vient leur nom deMuses ; # elles étaient conduites par Apollon, un de ses généraux ; de là

“Kpeut-être son nom de Musagète, donné aussi à Hercule, qui a-

yait été comme lui un des généraux d'Osiris” Leczerc croit que la fable des Muses vient des concerts établis par Jupiter en Crète ; que ce dieu n’a passé pour le père des Muses, que parce qu'ilest le premier parmi les Grecs qui ait eu un concert reglé, et qu'on léur a donné Mnémosyne pour mère, parce que c'est la mémoire qui fournit la matière des poëmes. | L'opinion commune est donc qu’il ÿ à neuf Muses, auxquelles

Les Musées.

Hésiode est le premier qui ait donné des noms. % On les fuit “ présider,” dit encore Diodore, “ chacune à différents arts, “ comme à la musique, à la poésie, à la danse, à l'astrologie, &c.” On les dit vicrges, parce que les bienfaits de l'éducation sont inaltérables ; elles sont appellées Muses, d'un mot grec (myein) quisignifie expliquer lesmystères, parce qu'elles ont enseigné aux homines des choses importantes, mais hors de ia portée des ignorants. Chacun de leurs noms renferme une allégorie particulière : Clio est ainsi appellée, parce que ceux qui sont loués dans les vers acquièrent une gloire immortelle ; £utherpe, à cause du plaisir que:la poésie savante procure à ceux qui l'écautent; Thalie, pour dire qu'a jamais elle fleurira; Welpomène, pour signifier que la mélodie s’insinue jusque dans le fond de l'âme des auditeurs ; ,Terpsichore, pour marquer le plaisir que ceux qui ont appris les beaux-arts retirent de leurs études: Æralo semble indiquer que les savans s’attirent l'estime ct l'affection ; Polymnie, que plusieurs poëtessont devenus illustres par le grand nombre d’hymnes qu'ils ont, consacrés aux dieux ; Uranie, que ceux qu'elle instruit. élèvent leurs contemplations et leur gloire jusqu'au ciel : enfin la belle voix de Calliope lui a fait donuer ce now, pour nous apprendre que léloquence charme lesprit et entraine l'approbation des auditeurs.

Les anciens ont regardé les Muses comme des déesses guerrières, et les ont souvent confondues avec les bacchantes. Non seulement elles furent mises au rang des déesses, mais on leur prodigua tous les honneurs de ladivinité. On leur offrait des sacrifices en. plusieurs villes de la Grèce et de la Macédoine. Elles avaient à Athènes un magnifique autel. Rome leur avait aussi consacré deux temples, et un troisième, où elles étaient fêtées sous le nom de Camœnes. Les Muses et les Grâces n’ayaient ardinairement qu’un temple ; on nc faisait guère de repas agréables sans les les y appeller, et sans les saluer le verreàla main. Hésiode leur donne l'amour pour compagnon, et PINDARE confond leur juridiction, Mais personne ne les a tant honorées que les poëtes, qui ne manquent jamais de les invoquer au commencement de leurs poëmes, comme les déesses capables de leur inspirer cet enthousiasme si nécessaire à leur art. Le Parnasse, l’'Hélicon, le Pinde, étaient leur demeure ordinaire. Le cheval Pégase paissait ordinairement sur ces montagnes et aux environs. Parmi les fontaines et les fleuves, l'Hippocrène, Castalie et Ie Permesse leur élaient consacrés, ainsi que, parmi les arbres, le palmier et le laurier.

On les peint jeunes, belles, modestes, vêtues simplement.— À pollon est à leur tête, la Iyre à la main et couronné de laurier.— Comme chacune préside à un art. différent, elles ont des couronnes et des attributs particuliers. Les peintures d'Herculancum offrent les neuf Muses ornécs de leurs divers attributs. —

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