Tome VII. JUILLET
HISTOIRE DU CANADA
Tandis que les sauvages de l’Acadie harcelaient ainsi la Nouvelle Angleterre, MM. d'Iberville et de Serigny se rendaient maitres du Port Nelson, de la Baie d'Hudson. Ils arrivèrent à l’entrée de la rivière Ste. Thérèse, le 24 Septembre, sur deux vaisseaux, la Salamandre, commandé par le premier, ct le Poli, par le second. Ils firent leur débarquement le jour même, et la nuit suivante, quarante Canadiens investirent le fort. Ce fort était une maison quarrée, à laquelle on avait attaché quatre bastions. En ligne de la palissade, il y avait deux autres bastions, dont l’un servait de logement aux officiers : entre les deux était unc espèce de demi-lune, où il y avait une batterie de huit pièces de canon de huit, qui battaient sur la rivière, et en bas une plateforme à rez de chaussée, avec six pièces de gros canon. Le corps de la place était muni d’une double palissade, et avait trente six canons et six pierriers. La garnison était de cinquantetrois hommes; mais le commandant était un marchand, ou traitant, qui n’entendait rien à la guerre.
Le 27, après qu’on eut déchargé du Poli dans la Salamandre tout ce qui était nécessaire pour le siège, les deux commandans voulurent s'approcher du fort; mais les glaces les arrêtèrent un mois entier. Enfin le 28 Octobre, la Salamandre mouilla à un mille au-dessus de la place, et M. d'Iberville fit camper tout son monde à terre.
Le siège commença d’une manière assez triste pour MM, d'fberville et de Serigny : CRATEAUGUE’, ou CHATEAUGUAY, leur frère, qui servait sur le Poli, en qualité d’enseigne, s'étant avancé le # Novembre, pour empêcher les assiégés de faire une sortie, fut tué d’un coup de mousquet.* Depuis le 4 jusqu’au 9, on ne fut occupé qu’à se loger. Le 9,on commença de former les batteries, qui furent en état le 13 à midi. Mais avant de
* Ce fut le troisième de cette famille (Lemoyne), remarque Charlevoix, qui mou-
| rut au service de son prince. Les deux autres. étaient MM. de Ste, Hélène et de Bienville,