Tome VIL— No, II, F
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42 Histoire du Canada.
les faire servir, d'Iberville envoya sommer le commandant de se rendre,
Cet officier se voyant sur le point d’être bombardé, manquant d: bois, et n’ayant aucune espérance d'en pouvoir faire, si les Français s'obtinaient à passer l'hiver dans leur camp, et surtout ne connaissant rien à l’art militaire, répondit qu’il consentait à livrer sa place, et que le lendemain, il enverrait son lieutenant pour régler la capitulation, Iltint parole : le lieutenant demanda que tous les officiers fussent logés dans le fort pendant l’hiver; qu'on ne touchât ni à leurs hardes ni à leurs papiers, et qu'aussitôt que la navigation serait libre, on les transportât en France, d’où ils auraient la liberté de passer en Angleterre. Tout cela fut accordé : la capitulation fut signée le même jour, et fut exécutée de bonne foi. M. d’Iberville prit possession de la place, le lendemain, et lui donna le nom de Fort Bourbon. Les provisions de bouche qui s’y trouvèrent aidèrent aux Français à passer agréablement l’hiver, qui fut plus rude et plus long que de coutume; mais au printemps, ils furent presque tous attaqués du scorbut: M. de T'illy, lieutenant du Pob, et dix autres Canadiens en moururent. La navigation ne se trouva libre qu’à la fin de Juillet : d’Iberville attendit encore jusqu’au comimencement de Septembre, dans l'espérance de faire quelque prise : mais aucun vaisséau anglais ne parraissant, il nomma M. de la Forêt commandant du Fort-Bourbon, et M. de Mar1G\r son lieutenant ; leur laissa soixante-quatre Canadiens et six sauvages du Sault St. Louis, et prit la route du Canada, avec ses deux navires. Mais les vents contraires l'ayant retenu longtemps sur les côtes de Labrador, il tourna du côté de France, et arriva
.à La Rochelle le 9 Octobre.
Cependant l'intérieur de la colonie ne jouissait pas. à beaucoup près, d’un état de tranquilité, ou du moins de sécurité parfaite. Les [roquois, malgré leurs députations et leurs promesses, se remontraient autour des habitations françaises, et y excrçaient leurs ravages accoutumés. Le comte de Frontenac crut, contre l'avis de bien des gens, que le remède le lus efficace à ces maux était le rétablissement du Fort de Catarocouy, projet qu’il n'avait pas perdu de vue, depuis sun retour en Canada. Afin d'en hâter l'exécution, il partit pour Montréal, où il arriva le 8 Juillet, escorté de cent-dix habitans des gouvernemens de Québec et des Trois-Rivières. Il leva encore cent hommes de milice, deux cents soldats et deux cents sauvages, dans le gouvernement de Montréal, avec trente-six officiers. Dès que cet armement fut prêt, il se mit en chemin sous la conduite du chevalier de Crisasi. Cet officier montra, dans l'exécution des ordres qu'il avait reçus de son général, une conduite qui lui mérita les éloges de ceuxmêmes qui désapprouvaient le plus l'entreprise. En quinze jours
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: nommé Le Baron.