Tome VIL—No. Il. H
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état de faire la description des places éloignées qu’il n’avait pas vucs, mieux que les gens qui les habitaient. Enfin M. de la Galissonière était l’hommé qu'il fallait pour exciter dans l'esprit des Canadiens un goût pour les sciences et les beaux arts, si cèt esprit n'avait été qu’endormi; mis le fait est que descendant d'hommes Dérésébité, inquiets et volages, ils n’eurent jamais la moindre inclination ni la moindre habileté à se tirer de l’état d'is rancé et de dissipation dans lequel ils étaient plongés.
; Î at des arts et de la littérature n'a pas Led dés progrès bien rap iss, après la Conquête du pays par les Anglais. Les marchärnds et les colons qui s’établirent parmi les Français, étaient peu propres à répandre le got‘ ttes arts et des sciences, à moins que ce ne fût la science des trocs et l’art de gagner cent pour cént sur ses marchandises.
Pendant plusieurs années, on n’imprima dans la colonie d’au- {re ouvrage qu’un almanac : on ne pouvait même trouver des talens pour la publication et des souscriptions pour le soutien d'unege etté; ce qui était d'autant plus surprenant, que ces ouvrages périodiques sont très goutés des Anglais, et existaient depuis plus de cent ans dans Les colonies voisines. À présent, les gazettes se répandent sur tout cet immense territoire (des Etats-Unis) comme des brins de paille devant un vent violent ; et.en fait de mérite, plusieurs ne valent pas plus que ces fétus.
Depuis quelques années, les Canadiens ont paru désirer se faire
une réputation littéraire : ils semblent vouloir compenser la négligence avec laquelle ils ont traité jusqu'à présent cet avantage atile et agréable dans la société: La publication de six papiers-noûvelles par semaine, est une preuve de la prospérité progressive du pays; er ce puisse n'être qu'un symptôme
trompeur do progrès de la littérature.
Quatre de ces papiers se publient à Québec, et deux à Montréal, Ces papiers avec un almänac, et les Actes du Parlement Provincial, sont tous les ouvrages qui s’impriment dans le Bas- Canada Deux de ces papiers-nouvelles sont établis depuis quinze où seize ans : ce sont les Gaxettes de Montréal et de Québet, qui se pablient en français et en anglais:
Les gazettes parlent peu des mœurs et dès manières de là société.: elles laisserit ces sujets aux autres feuilles hebdomadaires. Ces feuilles sont le Quebec Mercury et le Canadian Courant, qui se püblient en anglais: seulement ; le Canadien et le Couricr de Québec; qui se publient en frünçais.
Le Canndienest conduit par quelques hommes de loi et quelques membres de l'Assemblée, mal afféctionriés, où plutôt mécontents ; c’est le seul papier de l'opposition qu'il ÿ ait das lä province ; inais les paysans, où ne peuvent pas le lire, où font très-peu d'attention'anx plaintes qu'il contient contre le gou-
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Etat de la Littérature Canadienne en 1809. 59 vernement. IL leur suflit de ne point sentir les fardeaux et les calamités dont les autres se plaignent. Cependant les éditeurs
etles correspondans du Canadien abusèrent tellement de la liberté
de la presse dans le cours de l’anuée 1808, que Sir James CRaïG
jugea à-propos d'ôter à plusieurs de ces Messieurs les commis-
sions qu’ils avaient dans la milice canadienne,
Il faut pourtant avouer qu'ilest bon d'observer de près les dépenses publiques de chaque pays ; et la faillite (deféction) du dernier commissairc-général en Canada, ainsi que la vente honteuse des forges de St. Maurice, justifient un examen soigneux de la conduite des officiers publics. J’ai aussi entendu dire qu'il existe dans le gouvernement du Haut-Canada des abus criants, qui devraient être examinés sans délai. Les purs républicains mêmes des Etats-Unis, qui reprochent sans cesse aux anciens gouvernemens de l’Europe, leur corruption et leurs vices, avotent qu’ils ont fait dernièrement le procès à un vice-président pur trahison,—à un sénateur pour conspiration,—à un Commandant en chef de la marine, pour lacheté,—et à un commandant en chef de l’armée, pour intrigue et Corruption! "©
. L'autre papier français appellé le Le Courier de Québec, est d’un très petit format, et se publie tuus les Samedis, à raison de deux piastres par an. 7 4 ou trois jeunes Cariadiens-français ont établi ce papier, afin d'y insérer leurs pièces HonrT "Ces messieurs on établi, depuis peu, une Souêté Littéraire qui, quoiqu’ellé ne renferme point les talens et les connaissances d’un
Institut National, ou d’une Société Royalé, mé‘ néarimoins
tout l’encouragement que le gouvernement du Ca Ja est en état
de donner à un tel établissement. Dans un tel paÿs, la première lueur du génie doit être apperçue avec plaisir. ” 1! °°" Le Mercury et le Canadian Courant se remplissent de nouvelles étrangères et locales. ‘Les essais originaux qui paraissent dans ces papiers, n'ont, rapport qu’au pays, et sont généralément le fruit de l'esprit de parti, de laigreur, et de l'envie dé médire ; et COnRÉUERENt, sont presque toujours écrits en dépit dé l'ésprit, du bon sens, et de la nature.® "°° La seule bibliothèque publique qi ait en Canada, se trouve à Québec. dans une des salles de l'évéché. Elle ést petite, et très médiociement fournie de livres nouveaux. Les livres qu’elle contient.ne circulent dans cette ville que parmi ceux dé ses habitans qui sont souscripteurs. Les rdmans sont ‘en grande es parmi les dames du Canada, comme ils le sopt parnti celles d'Europe. Ce sont ies seuls livres qui semblent avoir des
.Charmés pourles personnes du beau sèxe d'à présent, ét pèu jm-
porte, dans l'opinion de plusieurs, quel est le contenu dé ces li-
: nt re : DRE EE Vo re tjrs ed) AT pre *In-Wit, and. Sense, and Natures Spite.