‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 22 sur 90 · LE SUMAC DU CANADA · texte numérisé non relu

LE SUMAC DU CANADA

Il est parlé, dans un ariicle de notre numéro de Mai dernier, du Sumac ou Vinaigritr, comme étant d'une grande utilité dans les tanneries: nous tenons le morceau suivant de Mr. M‘Fanr-

NE, le tanneur de la Côte des Neiges auquel il est fait alluson dans l’article en question.

“Le Sumac ou Rhus,est un genre de plante dont les botanistes comptent au moins neuf espèces, outre plusisurs variétés. L'espèce qui croît spontanément sur la montagne de Montréal et aux environs, et qui est même une production naturelle de la plupart des sols secs du Bas-Canada, semble être le rhus /yphinum,® ou sumac à bois de cerf. Il s'élève à la hauteur de huit ou dix pieds, et porie des branches irrégulières, qui, durant le premier été de leur croissance,sont couvertes d’un duvet très doux autoucher. Les feuilles, en forme de fer de lance, sont opposées en nombre impair, de treize, quinze, dix-neuf, &c. sur le même pédicule, qui a de douze à quinze pouces de longueur. La surface inférieure est plus veloutée, et d’un vert moins foncé que la supérieure. La floraison et la fructifiuztion ont lieu aux extrémités des rameaux (péduncule:) destinés à ces opérations naturelles, en grappes ou épis à grains serrés, de couleur de pourpre, qui demeurent sur l'arbre tout l'hiver, et même jusqu’au commencement d’une nouvelle fructification. Les graines sont portées au loin par le vent, et germent partout où le terrain est ouvért ei mou. Les endroits où le feu a passé, dars les bois ou dans les champs, semblent être les plus favorables à la crue du sumac canadien.

“ On emploie ies feuilles et les rameaux de cette plante dans les tanneries : mais en Canada, le sumac n’a pas eu jusqu’à présent tout l'effet désiré ; parce qu'en mêmetemps qu'il tanne la peau, in donne au cuir une teinte verdâtie ; tandis que le sumac commun importé du Levant, ou du midi de l’Europe, donne au cuir une belle couleur claire. La plante qui produit cette cou. leur est le rhus coriarium, ou sumac des tanneurs, espèce diffé rente, dont les fleurs et les fruits sont de couleur jaunâtre.

“ Peut-être que quand des savans se seront plus assidûment appliqués à l'avancement des arts utiles, on pourra,remédier à ce défant dans le sumac du Canada: peut-être aussi sera-t-ii possible de naturaliser le r'us coriarium dans ce pays. Quoiqu'il en soit, il est certain que le sumac à cornes de cerf est cultivé pour l'usage des tannerics, dans quelques uns des Etats-Unis, dans ce-

* Mr, J. Lambert croit que e’est le rus g/abrum.

Mai dernier, e utilité dans Mr. M'Farst fait allu-

lont les botaurs variétés.

> Montréal et lurelle de la e rhus lyphiauteur de huit ui, durant le vet très doux ont opposées sur le même eur. La surfoncé que la u aux extrérations natur de pourpre, squ'au Cornes sont porrrain est ou- :s les bois ou à la crue du

plante dans jusqu'à préu’il tanne la jue le sumac be, donne au it cette con.

spèce diffé nâtre.

idûment apemédier à ce ra-t-ii pussi- Quoiqu'il en cultivé pour nis, dans ce-

Etat de la Litlérature Canadienne en 1809. 57

lui de New-York, par exemple, où il se vend, dit-on, £20 le tonneau, lorsqu'il est moulu et prêt à étre employé.

& Il est probable que la teinte verdâtre donnée au cuir par le sumac du Canada provient de l’espèce d’écorce qui est employée en même temps: car.on se sert rarement, ou plutôt on ne se sert jamais du sumac, pour compléter le procédé, sans y joindre quelqu'autre ingrédient. En Angleterre, c’est ordinairement l’écorce de chêne: dans ce pays, c'est ordinairement l'écorce de cette esrèce d’épinette appellée pruche, qui, employée seule, ne manque jamais de donner au cuir une couleur rouge ou pourprée.”

Er e ETAT pe LA LITTERATURE CANADIENNE ex 1809, D'après Mr. John Lambert.

” «On ne peut pas dire que la littératur+, les arts et les sciences

sont peu fleurissants en Canada, parce qu'ils n’y ont jamais fleuri ; ct d'après ce que j'ai dit des défauts du systeme d'éducation en usage dans la colonie, il n’est pas probable qu’ils s’élèvent beaucoup au-dessus de leur niveau actuel, du moins de notre temps. La politique du gouvernement français était de tenir le peuple dans l'ignorance ; il n’y avait point d’imprimeries ; et l’on ne pouvait faire. venir des livres de France qu'avec dificulté, et à grands frais, La légèreté et la dissipation qui régnaient dans la société tendaient encore à déprécier le savoir. Les Jésuites et leurs missionnaires étaient les seuls hommes qui eussent du goût po: les sciences, et qui possédassent les moyens de cultiver ce goût. Ils étudièrent avec ardeur l’histoire naiurelle du pays, et le: mœurs de ses habitans ; et c'est d’eux que nous tenons la plupart de ce que nous savons de l’intérieur de l'Amérique Septentrionale,

Si, sous le gouvernement frança‘- les Canadiens avaient été disposés à cultiver les arts et les sciences, cette disposition se serait développée sous le marquis de la GALISSONIERE, qui fut le gouverneur le plus actif et le plus entreprenant qui fut envoyé en Canada, et qui avait une connaissance étendue dans chaque branche des sciences, Il était à tous égards, un homme d'état accompli, et ses connaissances dans l’histoire naturelle, la philosophie et les mathématiques, devinrent utiles aux vues de son gouvernement, Il se procura des renseignemens des parties les plus éloignées de la colonie, concernant. ses habitans, ses animaur, ses ar ses plantes, ses terres et ses minéraux; ainsi que sur les lacs, les rivières et les mers qui baignent cette portion étendue de l'Amérique qu'il gouvernait. [1 était même en

Page 1