‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 25 sur 90 · MERVEILLES DE LA NATURE ET DE L'ART · texte numérisé non relu

MERVEILLES DE LA NATURE ET DE L'ART

LE CAMELEON.

Le caméléon, si célèbre par tout ce qu’on en dit ; le caméléon, qu’on accuse de changer de forme et de couleur, pour prendre celles de tous les objets dont il approche ; le caméléon, auquel on compare ces hommes bas et rampants, qui, n’ayant iamais d’avis à eux, se plient à toutes les formes, embrassent toutes les opinions, et ne se repaissent que de fumée et de vains projets ; le caméléon enfin, dont les poëtes ont fait, dars le délire de leur imagination, un animal fantastique, n'est qu’un lézard, dont les plus grands n’ont guère plus de quatorze pouces de longueur totale. Sa tête, applatie par-dessus, l’est aussi par les côtés ; son cou est très court, et sur sa tête on voit une espèce de capuchon, ou plutôt de pyramide à cinq faces, formée par cinq arrêtes, qui partent du museau, du sommet de la tête et des coins de la gueule, Ses yeux sont vifs et bons, Au-dessous de sa gorge est une petite poche. De petites éminences très lisses sont répandues sur sa peau.

Sans entrer dans de plus grands détails sur la structure tant intérieure qu’extérieure du caméléon, nous ne nous occuperons

‘que des particuiarités qui ont pu donner lieu à la ressemblance

qu'on lui attribue avec ce qu’on apyelle les vils courtisans. La promis peut venir de la manière dont la nature a formé pour

ui seul l'organe de la vue. Non seulement ses yeux sont enve- Dppés des membrances conservatrices : mais ils sont encore mobiles, indépendants l’un de l’autre ; de sorte que quelquefois il les tourne de façon que l’un De en arrière, et l’autre en avant ; ou bien il voit de l’un des objets qui se trouvent placés au-dessus de lui, tandis que de l’autre, il apperçoit ceux qui sont placés au-dessous.

Quant à la seconde ressemblance, qui caractérise la versatilité de ceux qu’on lui compare, elle consiste dans le changement si fréquent et si rapide des teintes de sa peau, qu'il est assez difücile d’assigner qu'elle est sa couleur naturelle. Par exemple,

’il est à l'ombre ou en repos depuis quelque temps, les petites éminences qui le couvrent sont d’un rouge pâle, et le dessous de

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