TRIBUNAL DE POLICE D'AUXERRE
En lisant les fables du modeste et bon Lafontaine,qui n’a point admiré celle de la laitière et du pot au lait ?
Cette fiction ingénieuse, qui, dans l'accident de la laitière, a pour but de prouver la fragilité des calculs humains, a beaucoup d’analogie avec celui que vient d'éprouver la fille Jarly, et qui a donné lieu à une action devant le tribunal de simple police:
CaroziNE SARLO est propre aux spéculations, elle possède au plus haut degré l'intelligence du commerce, elle se livre particulièrement au monopole des œufs et des fromages, aussi tout le canton de Seignelai se plait à protéger l'activité et l'industrie de la jeune et jolie biquetière ! c'est le terme du pays.
LP foire d'Auxerre approche, la vente sera sûre, le bénéfice réel : il ne faut pas laisser échapper une pareille occasion, aussi Caroline se met-elle en quête et bieutôt dans son magasin sont réunis 100 œufs et 100 fromages.
Comme fortune pour elle ne fait que de commencer, elle n’a pas encore de voiture, mais elle possède un coursier à lougues oreilles, le plus docile animal de la contrée.
Au jourindiqué, deux paniers, l'un contenant les œufs, l’autre les from sont placés sur le dos du patient aliboron, et dès le matin Caroline, son sceptre à la main le dirige vers la ville ; il suivait tout pensif le chemin de Monterean à Auxerre en longeant.un fossé plein d’eau, tandis que Caroline i:9r loin de lui, songeant à son petit bénéfice, fredonnait giiment un air villagegeois; mais hélas! sa gaité ne sera pas de longue durée. ; :
Bientôt.au-devant d'elle et sur la chaussée se présentent trois chartiers de bateaux, ayant.chaçun un trait composé de trois chevaux : on sait que ces messieurs PL s.civilisés, ce n'est pas parmi eux que l'on . rencontre l'urbanité, la politesse française ; Caroline en fait une {risie expérience, :
Se faisant d'avance un malin, ou plutôtun cruel plaisir du tort et du chagrin qu’ils vont faire éprouver à la pauvre Caroline, dont l'air décent, la figure, la taille légère devraient leur tèepirer tout autre sentiment, ils quittent la chaussée, mettent leurs. citevaux autrot; l’un d'eux Len vies un des paniers, l'âne chaucelle,
l'équilibre;iet voilà Martin qui-plonge jusqu'au ',cou, düs
‘eau avec ses marchandises,
78 Fragmens de Médecine pratique.
Le pauvre animal veut se relever; en se débattant il broye tous les œufs, et oncque de la vie on ne vit omelctie plus copieuse, tandis que tous les fromages surnageant les uns sur les autres, se décomposent, se divisent et disparaissent sous les eaux;
Caroline éplorée voit dans un instant se détruire toutes ses espérances et le fruit de ses économies. Son compagnon d'infortune est pe à périr; elle se jette dans le fossé et embrasse martin dans l'attente d’une mort prochaine, car, les quatre pattes en l'air, il buvait déjà à longs traits; quelqu'un vient au secours, le baudet gagne la rive, et Caroline en est quitte pour ses œufs bri. sés, ses fromages fondus et toutse ses cer ro
ais plus heureuse que Perrette de Lafontaine, il lui restait la ressource d’une demande en dommage et intérêts, qui a été accueillie, et a réussi malgré tous les efforts faits pour tromper la justice sur les véritables coupables : des témoins, consciencieux amis de la verité, ont dissipé le nuage qui la voilait, le malveillant à été reconnu et puni d'une condamnation à l’amende, et à cinquante francs de dommage en intérêts envers Caroline.
Dr. ee 7 FRAGMENS DE MEDECINE PRATIQUE, Par F, O, Doucer, Docteur en Médecine.—(Paris, 1828.)
Tel'est le titre d’un petit ouvrage qui vient de nous être communiqué. ‘Nos lecteurs verront sans doute avec plaisir qu'il est d’un de leurs compattiotes. Nous À he que le temps et l'espace nous manquent pour en faire l’analyse ;. peut-être aussi fandrait-il être médecin pour la faire convenablement. Nous nous conienterons donc de recommander aux messieurs de ln profession de se procurer ces opuscules, comme l’auteur les ap-
le, et pour leur'en donner le désir; nous leur mettrons sous es yeux les deux extraits qui suivent. 4
6 Les fragmens qui font le sujet de cette brochure (dit l'auteur, par voie d'introduction) ont été présentés à deux sociétés sa vantes de Paris, qui en ont ordonné l'impression, et qni ont admis l'auteur au nombre de leurs membres. D + 9
‘La Gäsctte de Santé, dan si révue mensuelle, a distinghé ce travail, qu’elle a a g imm et des réflexions des médecine français. Malgré ‘importance, un peu éxagérée peutêtre, que l’on a bien voula accorder à ces opuscules, faits à la hôte, je suis loin de me dissimuler leur imperfection. Et pour ne parler que de l&' Note sur'les fièvres ‘bilieuses, elle seule eût pu fournir la matière d'un long volume: maisle temps, l’abe sence des documens indispensables, et une infifité d’autres diffcultés qui entourrent un étranger, m'ont’miis dans l'impossibilité
broye 1s cour les
eaux.
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tait la été acper la ncieux alveille, et à
Fragmens de Médecine pratique.
de remplir un but aussi important.”
Voici la début de la Note sur les fièvres bilieuses, dont il est parlé ci-dessus :
“ Sandwich est une paroisse située entre le lac Erié et le lac Huron, sur les bords du détroit qui sert de communication à ces deux lacs. C'est un paystrès plat, continuellement couvert d'eaux stagnantes que les chaleurs de l'été dessècheut partiellement ; du veste, peu cultivé. Les bords du détroit fournissent, par leur grande fertilité, au-dela du nécessaire pour les besoins particuliers du petit nombre d'individus qui l’habitent. Les eflluves marécageux qui se ps pendant l'été, sont la cause incontestable d'une épidémie de fièvre bilieuse
ui attaque tous les ans ce pays, au mois de Septembre.
l'ai été à même d'observer celte maladie pendant trois années consécutives, et j'ai pu remarquer que, tous les ans, elle avait un caractère particulier, qui la dominait, au point d'obliger les médecins à changer le traitement dans sa base. Ainsi, en 1819, elle étaitaccompagnée de la plupart des rie del'hépatite; en 1820, ce fut une péripneumonie ; en 1821, ni le poumon ni le foie ne furent effectés, mais l'estomac. Quand je dis que c'était une fièvre bilieuse avec hépatite, ou péripneumonie, ou gastrite, je ne veux pas qu’on croie que le symptôme que je signale était a maladic elle-même ; car la maladie existait avant que lesymptôme apparût,et elle existait encore quand il était dispart,et il fallait toujours traiter la fièvre quand on avait guéri le symptôme. La preuve encore, c'est que la maladie pv se terminait toujours par une crise commune aux trois années, telle que des sucurs copieuses ou des évacuations alvines, ou bien les unes et les autres à la fois, selon les sujets ; et cette crise n'influait en aucune manière sur la disparition de l'hépatite, de la péripneumonie ou de la gastrite, puisque toutes lentraces de ces affections avaient déja disparu par les moyens appropriés, quand arrivait la crise qui amenait une franche convalescence. Je sais combien cette manière de voir diffère de l'opinion émise ct soutenue avec opiniâtreté par quelques médecins français, qui sont persuadés que tous les symptômes morbides ont pour cause un mal local et circonscrit dans une partie déterminé de l'organisme. J'ai fait tous mes efforts pour constater la réalité de cette manière de voir, et je pense qu'elle ne peut pas être. adoptée d’une manière absolue.— Il y a certainement plusieurs maladies dont la nature a été beaucoup éclairée par la localisation ; mais toutes ne sont pas de cenombre, et je suis d'avis que les maladies bilieuses dont Je parle doivent en être retranchées, comme je crois qu’on en trouvera la preuve dans les observations suivantes, que je regarde comme le type des épidémies de 1819 et de 1820.”
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