MELANGES
Développement extraordinaire des facultés intellectuelles ‘et morales, à la suite de certaines maladies.
Pendant le séjour que iesenvoyés des Etats-Unis firent à Fond du Lac, pour négocier un treité avec les pevplades indigènes réndues autour du lac Supérieur, M. MacKenxey, membre de a légation, fit de fréquentes visites à une jeune fndienne de quinze à seize ans, attaquée d’une hémiplégie dont les gun +08 progrès annonçaïent la fin prochaine de cette infortunée. Une couche de roseaux étendus sur la terre était son lit de douleur, On lui prodiguait toutes les ressources de la médecine des sauvages, c'est-à-dire que les sorciers s'évertuaient autour d'elle, pour chasser la maladie ; mais la fille avait perdu tout Tome VIL.—No. II,
Mélanges.
espoir. Elle ne s'occupait que du soin de consoler ses parens et de leur. inspirer la résignation. dont elle donnait l'exemple. Cette touchante piété filiale angmentait saut jour l'intérêt que M. MacKenney portait à sa maladie ;.ce qu’i admirait surtout en elle, c'était-une raison supérieure, une justesse d'idées et d’expressions, dont il semble qu’une intelligence non cultivée n'est pas susceptible. Il n'eut pas le tems d'observer jusqu'au bout ce phénomène si digne d'attention, et.ce qui l’affigea beaucoup, il ne put rien. faire pour lui rendre la santé; il n'y avait point de médecin attaché à la légation,.et M. MacKenney n'était que militaire. D'ailleurs, l'état de la malade ne laissait plus d’espérance ; les nerfs optiques étaient paralysés, de manière que l’infortunée était aveugle. D js agp
Un voyageur à observé, dans une région montagneuse de Ja France, un fait analogue à celui que M. MacKenney a vu sur le lac Supérieur. Dans un village de la Lorraine, où il s'était arrêté la nuit, ce voyageur-fut:conduit par son hôte dans la chambre qui lui était destinéé; il fallait, pour-cela, traverser une pièce où la jeune fille-de læ maison reposait sur un lit: “Ne faites pas de bruit, dit le: malheureux père; notre pauvre fille dort peutêtre, et cela lui attive:si-raremént! son sommeil nous est si précieux ! en vérité;:cet (enfant vant/mieux quénous tous,” Malgré les précautions du père et du voyageur, la jeune malade entendit le bruit que l’on'né: put-:se dispenser, de.faire.en ouvrant la iporte de'sa chambre; elle appela son père, d’une voix si douce, qu’elle semblait :résonner sur, le cœv; ; la conversation s'engagea. . “ Ses idées, dit le voyageur, ne s'étendaient pas hors | du cercle qu’elle avait parcouru, ‘c'est-à-dire des. objets qu'elle avait vus, et des livres qu’elle avait pu lire et comprendre; mais, sur tout ce qui était à sa portée, ses notions élaleni si justes, si nettes, si lucides; elle en parlait avec une propriété d'expressions si remarquable, qu’il était impossible de ne pas admirer la précision et l’admirable simplicité de son langage. Chacune de ses pensées manifestait si bien la céleste pureté de son ame ! Son père avait raison : on ne pouvait s'empêcüer d'en convenir après l'avoir vue et entendue; et cependant sa famille valait beaucoup: elle était très estimée dans le village, ct tous les habitans s’affligeaient d'avance du malheur dont elle était menacée.”
Une petite-vérole répercutée avait mis. cette jeune fille dans l’état déplorable où le. voyageur la. vit. , La maladie avait épargné son: beau visage, dont la pâleur n'affaiblissait point l'aimable.-expression; elle a succombé sans doute. Il semble que les : êtres: de. cette nature n’apparaissent sur.la terre que pour y laisser de longs regrets.
On:pourrait multiplier les citations et rapporter ‘beaucoup d’autres exemples, presque tous de jeunes filles qui, ont acquis,
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au pris de leur santé, et le plus souvent de leur vie, une intelligence et des qualités peu communes. Cette singülière influence des maladies tient-elle à l'organisation du sexe féminin? Avant de s'occuper des moyens de résoudre cette question, il serait indispensable de constater les faits dont on aurait à rechercher la cause, Ces faits ont été observés et recueillis par des hommes : ils n’ont pu voir, sans une profonde émotion, dans un être faible et délicat, la force mofale aux prises avec les souffrances physiques. L’observateur était peut-être trop affecté pour conserver cette indifférence philosophique qui laisse voir les choses telles qu'elles sont. Les recherches de cette nature sont plus difficiles qu'on ne le pense, et, pour les faire avec succès, il ne suffit pas d'être médecin.
Voyages de Sidi-Aly, Amiral Turc.
M. Branou1i rend compté (à la Société NE EST de Paris) de la Relation des Voyages de Sidi-Aly, fils d'Housein, amiral de SozrMmAN IL, traduite de l’allemand de M. Diez, par M. Monis,
Sibi-ALy, surnommé KiariB1-Roum:i, fils de Hussein, inspecteur des chantiers impériaux, fut un des marins les plus célèbres et les plus instruits de l'empire ottoman au seizième siècle. Il fit ses premières armes sous KnAtREDD1N (Barberousse), et fut ensuite Per par Solinian, comme amiral de la flotte d'Egypte, de réunir à Suez les flottes ottomanes qui se trouvaient dans le golfe Persique et dans la mer des Indes. Plusieurs fois Sidi-Aly se mesura avec succès contre Îles escadres portugaises dans ces parages. Mais une tempête, en dispersant ses vaisseaux, en fit échouer plusieurs et le jeta lui-même sur la côte de Guzerate. Il vendit les débris de:sa: malheureuse flotte au sultan de cette contrée, etune partie de ses troupes s’enrôla daus l’armée-des Indiens. Quant à lui, accompagné de 50 desisiens, il prit le parti de retourner à Constantinople par terre. C'est dela relation de ce voyage que se compose la plus grande partie de l'ouvrage traduit par M. Moris. De 1553 à 1 Sidi traversa le Guzerate, le Sind, le Zaboulistan, le Bedackchan, le Kotlant, le Maveraennehar (ou la Transoxane) et le désert de-Keptéhak. Ici, dit le rapporteur, l'impossibilité d’aller plus avant obligea le voyageur de rétrograder: vers le S..0., et lui fit-découvrir.unc nouvelle route par le: Khowarezm, le Khorassan, le Perse et le Kurdistan : ce fut:de là qu’ilirévint par ln Mésopotamie et. la Romélie à Constantinople. ‘Cette Relation se reconimande au-
tant par les : faits historiques que par les détails curieux qu'elle
contient-sur:les: localités, les mœurs, les usages, les croyances et
“l'histoire’-natorelle des contrées parcourues. Sidi-Aly, ajoute
LA
M. Bianchi, d'après le sentiment de Hany1-KHALrAU, se mone tra aussi savant dans la science de la navigation et de l’astronomie qu'habile écrivain en vers et en prose. Dans le cours de son voyage, ses talens furent d’un grand secours à plusieurs des princes auprès desquels il séjourna. Il les aidaït dans leurs gucrres, servait de médiateur dans leurs différens, et les charmait par ses poésies. rap prince lui fit les propositions les plusavantageuses À ag wi retenir près de lui. Le sultan de Delhi le fit rétrograder de Lahore pour mettre à profit ses connaissances dans l'astronomie, et le combla de la Le sultan de Guzerate lui offrit le pays de 0 e Khan des Usbecks voulut lui faire accepter la ville de Boukhara. Mais son amour pour la patrie autant que son attachement pour la maison ottomane l'emporta dans Sidi-Aly sur toutes les offres de fortune,
On a de lui plusieurs ouvrages: 19° le Mouhit (Océan,) qui traite de la mer des Indes ; 2° un traité sur l'emploi de l'astrolabe, ou quart de cércle, etc. intitulé : Miroir de l'Univers ; 3° une traduction du livre des conquêtes, intitulé : Fwéouñué.
Depuis ss moït, l’armée navale des Tutcs n’a point eu d’hommes qui l’aient égalé jusqu’au tems de Hadji-Khalfah : telle est du moins l'opinion de Hadji-Khalfah lui-même. Cependant M. Bianchi pense que les hommes de mer auxquelson pourrait sous quelques rapports le comparer daïis ces derniers téms, sont H 4ssay-PacHa et Hussein. Le premierest connu par ses combats contre les Russes dans la mer Noire, et le second par les améliorations si importantes qu'il a introduites dans la marine ottomane.
Méthode Facile d' Etudier le Français.
Une dame anglai âgée de se cr ans, écrivit de Londres à son à : “ Mon cher Guillaume, je me suis enfin décidée à t’aller rejoindre à Paris : comme je ne veux pas avoir l’air d'une soite à mon arrivée, j'ai l'intention, avant mon départ, de:consacrer trois mois à apprendre le français par principes. La reine ELisasztx, selon de que nous dit Ascxam, apprit complétement le latin entre Pâques et Noël ; pourquoi re vanrmat ef pas, dans le même temps, une langue plus ai-
Réponse." Ma chère mère, conformément à votre demande, ‘je vous envoie les meilleurs écrivains sur la langue française ; ce Fagor © mio 2 DU ; Dictionnaire de “av À "3 $ ra ; eur F é$ langue çaise, par même, 2 vol. in-8° en 1,400pages à double A arm je:suis fà- 0 le caractère. en soit si menu, mais il n’y en a pasd’autre ; naire des Synonymes, par Lavaix, 2? vol. in-8°, même
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Tribunat de Police d'Auxerre. 77
caractère. Ainsi, vous voyez que vous n'avez qu'à étudier la
rammaire, parcourir les dictionnaires, et pes par cœur, $ 800
re de diflicultés, et à peu près 2,000 pages de synonymes. 1l ya ms d'autres bons livres sur cette mile ; mais ce petit nombre sufüra pour remplir vos vues.
4 Dans le vif espoir de vous voir dans trois mois, je suis votre fils affectionné.—Signé G, Dunnam.”