LE ROCHER FENDU
Daos le township de Willsborough (Etat de New-York) est un rocher fendu fort curieux. Une pointe de montagne, qui s’avançait d'environ cinquante verges dans le lac Champlain, paraît avoir été brisée par quelque violente secousse de la nature. Cette pointe est éloignée du rocher ou de la montagne principale d'environ vingt pieds, et les deux côtés opposés se conviennent si exactement, qu'il n’est. point besoin d’autre chose pour prouver qu'ils ont été autrefois unis. La pointe rompue ou détachée contient environ un demi-acre de terre et est couverte de bois. La hauteur du rocher de chaque côté de l’ouverture est d’environ douze pieds. Au tour de cette pointe est une baie spacieuse, mise à l'abri des vents de sud-ouest et de nord-ouest par les collines et les bois environnants. Du côté de l'ouest sont quatre ou cinq fermes extrêmement bien cultivées, qui ensemble, à certaines saisons et dans certaines positions, forment un des plus beaux paysages que l’on puisse imaginer. Lorsqu'on navigue le long de cette côte, plusieurs milles avant d'arriver au Rocher Fendu, des montagnes nues et stériles semblent être suspendues sur la tête du voyageur et le menacer de la destruction. Une surface liquide, dont il ne voit pas le terme, se déploie devant lui. L'homme alors sent sa petitesse, et l’infidélité même rend un hommage involontaire au créateur. A l'instant et inopinément, la scène change; et regardant d’un œil curieux et avide par la fente du rocher, la nature offre à sa vue un bassin d’argent, une plaine verdoyante, une humble chaumière, une moisson dorée, une forêt majestueuse, une montagne élevée, un ciel d'azur, s’élevant l’un au-dessus de l’autre, “ dans la juste gradation de l’étonnant ensemble.” —(Dn. rat
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