‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 51 sur 90 · BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE

LES DESHOULIERES AMERICAINES.

Brercken.=(Ann-Elisa), dame qui a joui d’une célébrité littéraire à New-York, fille de Mr. BRANT-SCHUYLER, née en Octobre 1752, Dès sa tendre jeunesse, elle-aima passionnément les livres. En 1769, elle fut mariée à John I. BLBECKER, Pa Li et vécut pendant plusieurs années tranquille et heureuse, à Tomhanie, superbe village, situé à dix-huit milies au-dessus d’Albany. L'approche de l’ennemi par le Canada, en 1777, l'obligea de quitter sa retraite et -interrompit-sa félicité: des chagrins domestiques enveloppèrent son esprit comme d’un nuage obscur, et cette dame, qui était douée d’une grande sensibilité, ue put surmonter le poids accablant de ses chagrins. Après que la paix eut été signée, elle revint à New-York, dans l'espérance d'y revoir ses anciennes connaïssances ; mais la dispersior. de ses amis, et la désolation qui s'offrit à sa vue de foute part, lui: caussèrent ‘une douleur. qui l’accabla: elle retourna dans sa chaumière, où elle mourut le 23 Novembre 1773. Elle fut l’amie des vieillards et des infirmes, et sa bonté envers les pauvres du village qu’elle habitait, fut cause des regrets dont sa mort fut accompagnée. Après son décès, quelques ui.: de ses écrits furent recueillis et imprimés en 1793, sous le titre d’'Œvres posthumes d’ Ann-Elisa Bleecker, en pruse et en vers. Les Mémoires de sa vie, écrits par sr fille, ont été insérés au

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composés par sa fille, madame Faugères.

. Faucrnss Re QE distinguée dans la littérature, fille d’Ann-Elisa Bleecker, néeen 1771, passa les premières années de sû vie chez ses parens, retirés dans le village de Tomhanie,

à 18 milles d'Albany, et fut très bien élevée par sa mère; mais

elle la perdit dans l’âge où ses conseils lui étaient le plus nécessaires. Bleecker, qui jouissait d’une fortune considérable, passa à New-York, quand la guerre fut terminée, et vit avec plaisir sa fille parvenue à l’âge où ses grâces et son esprit attiraient de tous côtés les hommages; mais elle eut le' malheur de mal placer ses affections. Son choix tomba sur un homme dissipé, et malgré les remontrances les plus vives de son père, elle épousa, en 1792, Peter FauGzres, médecin à New-York, Elle ne fut pas longtemps sans se repentir d'avoir préféré les conseils d’une passion aveugle à ceux de la raison. Sa vie ne fut plus qu'un Enchainement de chagrins et de malheurs; dans l'espace de trois ou quatre ans, la grande fortune qu’elle avait apportée à son mari fut entièrement dissipée ; l'affection de son père, tant qu’il vécut, lui procura des secours; mais en 1796, elle était refugiée dans un grenier, avec l’auteur de ses maux etunenfant. En 1798, Faugères fut attaqué de la fièvre jaune et succomba. Son épouse se plaça à New-Brunswick, dans une pension de jeunes demoiselles, pour seconder l'institutrices La multiplicité de ses talens et la douceur de son caractère la rendaient plus qu'aucune autre propre ä ces fonctions. Une année après, elle passa à Brooklyn, où elle se chargea de l'éducation de plusieurs enfans des principales familles. Sa santé, qui s’affuiblissait, ne lui permit pas longtemps de se livrer â ce travail. Enfin, elle mourut en 1801, âgée de 30 ans, à New-York, chez un ami qui lui avait offert une retraite. Madame Faugères avait du goût pour la poésie. Beau.oup de ses productions, qui ont eu du succès, furent insérées dans le Magazine de New-York, et dans le Museum Américain. En 1798, elle publia les Memoïrs (notice biographique) de sa mère, à la tète des Œuvres de cette dame. Plusieurs autres Essais par elle-même furent joints à ce volume. ‘Sans avoir jamais mis le pied sur aucun théâtre, elle donna, en 1795 ou 1796, une tragedie intitulée, Bélisaire. Ses plus précieux manuscrits sônt entre les mains de Mr. Hanoie, de New-York, qui a manifesté l'intention de les publier.—{ Dictionnaire Bk phique.) | :

Tour VIL.—-No, I | &

.STATILEGIE, ,

Un Français, M. Bouanouse ne Larrons, vient d’attacher son nom à une nouvelle Méthode de Lecture.en peu de leçons, déjà éprouvée à Turin et. dans le midi de la France, par .des expériences multipliées. L'auteur appelle cette méthode Statilégie.. Le public reconnaissant lui a. donné le nom de Mé/ode Lafforienne: c'est celui qu’elle mérite, c'est le seul qui lui restera.

Les résultats en sont si étonnans, qu’ils n’ont d’abord trouvé que des incrédules, et nous-mêmes nous ne voulons pas dissimuler que nous avions soupçonné quelque exagération dans les premiers récits de ses panégyristes. Comment ajouter foi à un prodige .à moins que l'évidence n’en soit démontrée ? Apprendre.4 lire.en huit oudix jours à des enfans de cinq à six ans, ou à des personnes totalement illétrées, mais chez qui un âge plus avancé rend les impressions plu difficilement transmissibles; donner même en quelques heures à l’inexpérience des premières années, ou à l'ignorance endurcie de la maturité, la connaissance parfaite des élémens et des signes de la langue écrite, voilà, nous l’avouons, ce qui nous semblait passer les bornes du possible. Cependant il n’y avait de franchi que celles de la vraisemblance; nous en avons en ce moment sous les yeux des preuves irréfragabies.

. Ce sont des procès-verbaux d'expériences faites publique ment dans les villes de Nimes, le 12 mai dernier, d'Agen, le

26 du mème mois, de Montpellier, le 10 juin suivant, en

présence d’un concours nombreux des, plus notables habitans, des autorités civiles, judiciaires, militaires, universitaires, et, ce qui est plus concluant encore, des professeurs de la faculté de médecine de Montpellier, parmi lesquels-on remarque MM. DeLpecx et LALLEMAND qui, examinant la découverte de M. Delaffore, dans ses rapports avec la science qu’ils-exercent et qu'ils enseignent, ont reconnu et se sont fait un devoir de publier que M, de Laffore, en mettant à contrivution ‘la

hysiologie et l'anatomie, avaitjeté les fondemens d’un système.

inébranlable.” Ce sont ces mêmes savans qui n’ont pas balancé de déclarer “ que la découverte de M. Laffore restera comme un monument, ei que le jour où elle sera partrat enseignée, sers Certainement un beau jour dans les progrès de l'esprit humain.”

Obligés de céderà des témoignages aussi unanimes «et aussi imposants, nous formohs des vœux bien sincères pour que. M. Delaffore, en confiant à quelques personnes éclairées de la ‘apitaie le secret de ses procédés, nous mette bientôt à-même

le voir et d'entendre par nous-mêmes l’applicatiin-de sa dés.

ouverts C'est de Paris, comme du cendre de l'instruction

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‘ Anstitut de France.—Académie des Sciences. ‘ 189

… et des lumières, qu'elle doit se prôriager avec rapidité jusqu'aux ‘extrémités du royaume, Ce n'est qu’à Paris que le scepticisme

H le plus opiniâtre sera définitivement vaincu.—Pep. Français

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sr INSTITUT pe FRANCE—ACADEMIE pes SCIENCES.

vé k . COMBUSTIONS HUMAINES SPONTANE’ES. |

A M. Juura-FoNTENELLE lit un mémoire intitulé: Recherches

développée étaient presque toutes âgées. Une seule malade ‘était âgéé seulement de 17 ans, et la combustion chez elle ne

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l'incinération s'opère dans les Sr are re sans que les objets les plus combustibles placés dans le voisinage soïent brûlés. Dans une observation très singulière, par la coïncidence d’une double combustion spontanée opérée sur deux personnes réunies dans une même chambre, on a vu cette double combustion ne pas produire celle de l'appartement ni des meubles.

6°. Il n’est pas démontré que la présence d'un corps enflammé soit nécessaire pour développer les combustions humaines spontanées; tout porte à croire le contraire, ‘ 7°. L'eau, bien loin d’éteindre la flamme, semble lui donner plus d'activité; et, quand la flimme a disparu, la come bustion continue à s’opérer. ire turs 8°, Les combustions spontanées se sont montrées plus fré« quemment en hiver qu’en été. ad Fee 99. On n’a point obtenu de guérison de combustions géné. fales, mais seulement d’une partielle. FU 10. Ceux qri éprouvent une combustion spontanée sont en proie à une chuleur interne très forte, :

119. La combustian se développe tout-ä-coup, et Consume le corps en quelques heures. HAN 18 ©. Les parties du corps qui n’en sant point atteintes sont frappées de sphacèle, a on ME CET 13°. Chez les individus atteints de combustion spontanée, il survient une dégénérescence putride qui amène aussitôt la gangrène,. | . 149. Le résidu de cette combustion se compose de cendres asses et d’une suie onctueuse, l’une et l’autre d’une odeur fétide qui se trouve également répandue dans l’appartement, ui en imprègne les meubles et qui frappe l'odorat à une grande istance. , L'auteur expose ensuite des deux théories de la combustion qui partagent actuellement le monde savant: celle de LavoisiEr, et celle qu'a proposée M. BenzeLius dans ces derniers tems. 11 passe alors aux théories proposées pour l'explication du phénomène qu’il a spécialement en vue. : LR:

‘La plupart dés auteurs qui se sont oecupés des combustions spontanées ont cru voir une relation intime entre leur manifestation et l’usage immodéré que faisaient des substances spiritucuses les individus qui en étaient atteints, Ils pensent que ces liqueurs, se trouvant continuellement en contact avec l'estomac, pénètrent à travers les tissus, et ies imbibent jusqu’à saturation, de manière qu'il suffit ensuite de l'approche d’un

éorps enflammé pour en:déterminer la combustion. ©: : ; Julie: Fontimele ne creit ps G l'en puisse s'arrêter & cette” 62 108. ire :

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Xl se. fonde, 1 © sur ce que rien .. démontre la réalité de cette prétendue saturation des organes chez les personnes abandonnées à l'usage des boissons spiritueuses ; 2° sur ce que | cette saturation elle-mème ne suflirait pas pour rendre le corps ON NE humain combustible; et, pour démontrer cette assertion, il if donne le résultat de plusieurs expériences, dans lesquelles il a: | { vainement tenté de rendre inflammable de la chair de bœuf EU qu’il avait laissée plusieurs mois tremper dans de l’eau-de-vie, li

et même dans de l'alcool où dans de l’éther.

. Une autre explicatiou des combustions humaines a été pro-

posée. M. le docteur Marc, et avec lui plusieurs autres médecins, d'après le développement de gaz hydrogène qui a. lieu enplus ou moins grande quantité dans les intestins, ont été portés à croire qu’une telle formation devait avoir lieu dans les . ‘autres parties du corps, ét que Ce gaz pouvait prendre feu par

l’approche d’un corps enflammé, ou bien par une action élec-

trique produite per le fluide électrique qui se serait développé LM chez:les individus ainsi brûlés. D'après cela MM. Lecar, Kerpet Marc supposent, chez les'sujets atteints de combustion | spontanée, 1® un état idio-électrique; 2° le développement FA gaz hydrogène ; 3° son accumulation dans le tissu cellulaire, __… Cette. dernière manière de voir parnîtrait confirmée par une observation très curieuse de M. Baizcy. Ce médecin, faisant, en présence de plus de vingt. élèves, l'ouverture d’un cadavre sur tout le corps duquel était un emphysème plus considérable aux extrémités inférieures que partout ailleurs, remarqua que, chaque fois qu'on y. faisait des incisions longitudinales, il s'e: dégageait un gaz qui brülait avec une flamme bleue, ponction de l'abdomen en donna un jet qui produisit une flamme

: à celles qui lui ont fait rejeter la première hypothèse, ne croit pas, devoir, admettre la présence du gaz hydrogène camme js cause des combustions spontanées, Il s'appuie, en particulier, ti hi sur des expériences dans lesquelles il a vainement tenté de ji rendre combustibles des tranches de viande fort minces, les tenant pendant trois jours plongées dans du gaz hydrogène jo

ur, dans du gaz hydrogène percarbané, dans du gaz oxide Hi A de carbone, ou dans du gaz oxigène, | M 4

Enfin, suivant lui, Is combustions humaines ne sont point ei li dues non plus à une combinaison de la matière animale avec Hi ib l'oxigène .de Pair, quelles que soient les altérations que cette (iv

matière puisse subirÿ, + 4, 4.

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149 * Institut de France.—Âcadèmie des Séfences

29, Parce qu’en admettant cette combustion comme réelle, le résidu serait un charbon qui ne pourrait être incinéré qu'à une température rouge, tandis qu'a contraire on h'a que de Ja cendre;

8°, Parce que l’un des produits des combustions humaines spontanées est une substance onctueuse, que ne donne jamais, la combustion des substances animales; #

8°. Parce qu’elle ne produit presque point de produits ame moniacaux, tandis qu’il s’en produit toujours dans toute come. bustion animale. Re Rn

Après avoir ainsi rejeté toutes les hypothèses proposées jusqu'ici, M. Julia-Fontenelle en conclut que ce phénomène est

e résultat d’une décomposition interne, et est tout-à-fuit indé. pendant de l'influence des agens extérieurs; nous reproduirons textuellement ses conclusions : 4

& Nous regardons, dit-il, ce qu’on nomme combustians hue. maines spontanées, nôn comme de véritables combustions, mais comme des réactions.intimes et spontunées qui sont dues. à des produits nouveaux auxquels donne naissance une dégénérescence des muscles, tendons, viscères, &c.. Ces produits. en s’unissant présentent les mêmes phénomènes que la combustion, sans dépendre aucunement de l'influence des agens

extérieurs, soit en admettant l'effet des électricités opposées .

de Berzélius, soit en citant, par exemple, l'inflammation de l'hydrogène par son contact avec le chlore, l’arsénic,. où l’antimoine en poudre, projetés dans ce dernier gaz, &c. “On pourrait m'objecter cependant que quelle que soit la cause qui détermine cette combustion, le calorique dégagé doit être considérable, et, par conséquent, incendier tous les objets. voisins, Nous répondrons à cela que toutes les sübstances combustibles ne dégagent as, bien s’en faut, une égale quantité de as LL par on. ] léne gaze métallique ayant 160 trous par pouce carré, et faite avec un fil de 1-60 de pouce de grosseur, se laisse traverser, à la température ordinaire, par la flamme du gaz Bydrogêne, tandis qu’elle est imperméable à moins que la

à celle de l'alcool, à ma gaze ne soit très fortement chauffée. D'après le inême chimiste, une gaze chauffée au rouge luisse passer le flamme du gaz hydrogène sans se laisser traverser par le gaz hydrogène percarboné. Il est probable, d’après cela, que les produits dus

à la dégénérescence du. corps peuvent être cembustibles, sans cependant dégager autant de calorique ue les autres Corps

combustibles connus, et sans laisser de résidu comme ces deux derniers gaz; et, en dérnièré analyse, nous pensons que, chez

une diathèse particulière, laquelle, jointe à l’asthénie qû'occa-

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