POESIE
Il est inutile de chercher l’origine de la poésie: on la rettouve chez tous les peuples sauvages ou policés. Avant que les hommes pussent transmettre à la pnstérité, les évènemens remarquables de leür temps, en lés ‘ zeant en corps d’histoire, ils en composaient des espèces de poëmes lyriques, qu'ils chahtaient à leurs enfans, afin de leur faire aimer Îa gloire de leur patrie, et de les attächer à elle par une espèce d’orgueil national, C'était aussi pat des chants poétiques qu'ils ‘ -
loraient la divinité, ou la remerciaient de sa munificen. +
s premièrs monumeñs de l’histoire hébraïque sont des cantiques sacrés: les poëmes d’Homere nous ont fait connaître les commericemens de la Grèce, et le barde Ossran a été le jvemier historien des Ecossais. Les Gaules ont eu aussi leurs bardes, qui chantaient au milieu des armées et dans les fectins : ces poëtes subsistèrent jusque sous nos premiers rois; mais la poésie proprement dite ne jetta quelques lueurs en France que sous CHARLEMAGNE; puis il n’en fut plus question jusqu’au commencement du douzième siècle, que les froubadours ou trouveres, lui rendirent la vie, en allant chanter de tous côtés les belles et les héros. à
AseLanp, si célèbre par ses amours et par ses malheurs, essaya un des premiers de faire des vers dans le langage vulgaire
ue l’on parlait en France, de son temps: il chanta cette
ELOISE quil aimait si tendrement, et pour laquelle son sort devint si déplorable. La traduction de la vie d’ALEXANDRE du latin en français fut ensuite commencée par Lambert Lrcors, ét achevée par ALEXANDRE de Paris, qui, pour cet ouvrage même, donna son nom aux grands vers ou vers aléxandrins. Le Roman de la Rose vint plus tard. Sous le règne de CHARLES V, oh vit paraître les chants royaux, les ballades, les rondeaux, les vastorales et les virelais ; et Vizzon, du temps de Lours XI],
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154 Caves des morts, des Guanches,
donna aux vers français un toir plus aisé et plus haturel, Sous Louis, XII, Sainte GeLais traduisit l’Odysséé d'Homère, Y Ænéide de VinGie et les Æpitres d'OviDE.
Arriva le règne de Francois Î: la poésie, prit alors une forme à la fois plus réqu ière et plus gracieuse: on lit toujours avec plaisir les pièces légères de Clément Manor, fruits d’un génie facile, qui deviria les grâces convenables à notre langage.
partir de.sette heureuse époque jusqu’à HEnu1 IV, la poésie profit que peu de progrès. Enfin MALHERBE vint. . ...
Avec un goût sévère et un esprit qui avait de l'élévation, ce poëte sentit que notre langue manquait de noblesse et de régularité ; et c’est à lui donner ce doub'c et précieux avantage qu’il s’attacha dans ses compositions. BoiLEAU a tracé de main de maître cette révolution 6pérée dans la poésie française. ; Enfin Malherbe vint, et le premier en France,
Fit sentir dans:les vers une juste cadence :” Éo | D'un mot mis à sa place enseignia le pouvoir,
Et réduisit la muse aux règles du devoir.
Par ce sage écrivain la langue réparée
N'offrit plus rien de rude ÉTorie le épurée,
Les stances avec grâce apprirenr à tomber,
Et le vers sur lé vérs n’osa plus Fee FR
Tout reconnut des lois; et ce guide fidèle |
__ Aux.auteurs de ce temps sert encor de modèle. . |
Ainsi, sans étre un de ces hommes qüe l’on place aû premier rang, Malheïbe prépara le beau siècle littéraire de Louis XIV ; et la poésie noble n’eut peut-être pas encore paru avec tant d'éclat et de correction, si son goût difficilé et son oreille délicate n’eussent trouvé et reconnu le vrai génie dé notre langue. {Petit Dict. des Inventions, &c.)
k PE CAVES DES MORTS, DÉS GUANCHES. *
Ce sont des lieux anciennement crensés dans les rochers, ou formés par la nature, qui servent de sépulcre aux Guanch£é, Leur étendue ést plus où moins gtande, suivant la € ispotion du terrain. Les corps y sont conservés dans des peaux de chèvre, avec dés courroies de mème mâtière. Les coutures sont si égales et si ubies, qu'on n’en peut trop admirer l'art. Chaque enveloppe ést parfaitement proportionnée à la grandeur du corps; mais ce qui paraît vraiment surprénant, C'est que ces corps sont presque tous entiers, Ils sont placés dans.
L'* Naturels de lle de T'énérife, dontl'ofigine n'est pas bien connue.
. lesquels où Que
La Source de Knaresborough. 155
diverses. caves, les. uns de bout.et les autres couchés sur des lits d’un bois que les Guanches savent rendre si dur, qu'il n’est pas possible dé:le percer. Embaumés par un procédé qui n'ést connu ed ce peuple, les cadavres sont aussilégers que s’ils-étaient de paille. Plusieurs voyageurs qui en ont vu qui étaient sortis de leur enveloppe, assurent qu’on y distingue parfaitement les nerfs, les tendons, et mème les veines et les artères, qui paraissent comme autant de petites cordes.
Ce n’est pas sans beancoup de difficultés que l’on peut parvenir à obtenir des Guanches la permission de visiter leurs tayernes sépulcrales,. et l’on s’exposerait au danger de perdre la vie, si l'on risquait de le faire sans leur:agrêment ; car le respect qu’ils ont pour les corps de leurs ancètres est si grand, que la seule curiosité des AE vaÿg passe chéz eux pour une profanation: mais! sien raison des services qu'on. a pu leur rendre, ils cansentent à conduire un étranger dans les tombeaux qui leur’sont propres, rien ne peut les décider à laisser voir ceux où sont déposés les corps de leurs fois et des grands hommés qui ont illustré leur pays: si en.tés pressé Sur ce point, ils répondent qu’il y a effectivement plus de: vingt caves destinées à ces seules sépultures ; mais qu’elles sont inconnues, même parmi eux, à l’exception de quelques vieillards qui sont dépositaires de ce grand secret, et qui.ne doivent jamais le révéler.-—{ Merveilles du Monde.) ‘|