‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 68 sur 90 · TOPOGRAPHIE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE

Lettre d‘un des individus du parti qui a exploré le Saguenay et le pays adjacent jusqu'au lac St. Jean, datée de Tadoussac, Septembre 1838.

Je vous ai déja transmis les renseignemens précieux et exacts

qui m‘ont été communiqués par Mr. Gauvreau, de la Malbuie,

au sujet des havres et de la navigation du Saguenay, ainsi que des terres et particularités des bords de cette rivière, et qui s‘accordent presque en tout avec ce que j'ai observé de mes propres yeux. : Je vais maintenant vous informer du résultat de mes observations immédiates et de mes opinions, à l'égard de l‘étendue de pays qui vient d'être explorée, depuis le poste de Chicoutimy sur le Saguenay, jusqu'a celui de Metabitsrhouan sur le lac St. Jean, et tout autour de ce beau lac. :Et pour. commencer par Chiçoutimy, je vous dirai que, selon moi, ce poste est si éminemment propre à devenir un des principaux entrepots d‘une population étendue, dans la colonisation future de cette partie du Bas-Canadn, et d‘une importance essentielle pour la ville et le district de Québec, tant à cause de la quantité de terres fertiles qui se trouvent dans les environs, qu'à cause de Ja facilité de communiquer par eau dans toutes les directions, encore augmentée par la marée, qui s'élève à ce poste à près de vingt pieds, que quiconque est capable d‘apprécier la valeur et l'avantage de telles ressources (à peine à cent milles de la capitale et du houlevart du pays par un chemin sur terre facile:

à pratiquer), ne peut qu'être étrangement surpris de voir

qu'un si beau territoire, qui l‘emporte'en étendue et en fertilité

sur plusieurs des états souverains de l‘Europe (en Allemagne

* Les naturels la nommaient Guanahani. Dans ce premier voyage.

car ilen fit encore trois ensuite), Colomb découvrit plusieurs autres des, îles Lucayes, où de Bahama, et celles de Cuba et d'Hayti. Il nomma cette dernière Hispaniola (Petite Espagne) : elle a été plus connue ensuite sous le nom de Saint-Domingue, qui était celui de sa première et principale’ ville.—(Vote de l'Editeur.) . +4

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et en Italie), ait été jusqu‘à présent entièrement négligé, et pour ainsi dire sacrifié, pour la misérable somme d‘environ mille loui:, ou au plus, ettout compté, de moins de: deux mille livres, courant, de rente annuelle, en faveur d‘une compagnie de coureurs de bois { rdian traders),

L'homme impartial, capable de se former une juste idée de Ja valeur ét de l‘importance future de cette belle et sûre rivière, de cette seconde, sinon de cette principale clef .'u Bas-Canada, ne saurait se rendre raison du peu de cas qu‘en a Mis présent le gouvernement local, ou doit en chercher l‘explication dans la sagacité et l'adresse de la compagnie de traitans qui a joui jusqu'a cette heurë exclusivement des profits provenant de

a traite des pelleteries avec les sauvages, et dans l'influence qu‘on sait que cette compagnie possédait, au temps: de son opulence et de sa splendeur.

Les histoires merveilleuses et étonnantes que ‘on débitait sur le Saguenay, comme inaccessible et innavigable, étaient. bien propres a faire croire qu'il était destiné, comme autrefois, Carybde. et Sylla, à être éterneliement la terreur et l‘effroi de. tous les navigateurs. Le Saguenay, suivant ce qu‘ru nous, disait, de même que l‘infernal Acheron, n‘avait point de fond à. mille brasses de profondeur: ses tempêtes étaient des ouragans;, ses écueils étaient plus dangereux que ceux de Scylla et, d‘Eddystone, que Tuskar et le Rocher Ferrible; ses mascarets. et ses tourniquets ressemblaient à celui de Maelstrom; ses joyeux marsouins et ses onctueux veux de mer étaient autant d'affreux kracken des mers de Norwèze, Les vaisseaux ne trouvaient point d'ancrage (parce qu'ils n‘en cherchaient point), mais étaient obligés de s‘attacher avec des eables aux énormes arbres des rivages; tandis qu‘il est maintenant connu qu'en dépit et à la face de toutes ces prétendues horreurs, un parti nombreux, tout composé de marins de rivière, et dont une ou deux divisions se sont confiées à de frèles canots d‘écarce, usés de, vieillesse et faisant eau, de.dix-huit pieds au plus de longueur, avec deux pagayeurs seulement pour les conduire, a exploré. tout récemment, et parcouru en tout sens, ce noble bras de. mer, (peut-être le véritable Bras-d‘Or futur de ce pays).

je ne prétends point par cette remarque blämer aucunement le conduite des présents locataires ou fermiers de ces postes, de qui je dois dire, pour leur rendre la justice qui leur est dûe, qu‘ils ont fourni au parti en question trois canots neufs, grands et. solides. * Maïs le fait dont je vienis dé parler fut la conséquence de là néressité où nous fümes de nous partager en cinq diffé rentes divisions, pour nous mettre. en état d‘explorer tout le pays dans un temps donné. Il est vrai qu‘en remontant cette, étonnante rivière, Sur sa rive septéntriogale, la nouveauté, la.

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grandeur, la sublimité sauvage de ses paysages et de ses hauteurs hardies, combinées avec les effets décourageants d‘un avantgoût particulièrement désagréable, provenant du temps horrilement mauvais que nous avions essuyé, dans les premières nuits de notre campement mal choisi sur le rivage, ne tena‘ent pas à tous désabuser des idées défavorables que nous noùs étions faites sur le sujet; mais une connaissance plus intime de ses ressources, en cas de danger ou de difficulté, combinées avec la fréquence, la distance et l‘inactessibilité de ses lieux de refuge et de sureté, a entièrement dissipé toutes terreurs vaines et mal fondées. La rive méridionale surtout a d'excellents havres pour des vaisseaux de toutes sortes, comme on le peut voir par la description qu‘en fait Mr. Gauvreau. On verra par la communication de ce monsieut, fortement corrobotée, comme elle l'est, et authentiqtiée en quelque sorte, par le journal de Mr. Prouzx (l‘arpenteur), qu'on trouverait Jeu de difficulté à ouvrir un chemin du fond de la baie des Era-ha (excellent havre et beau site pour un établissement), jusqu'a la rivière des Aulnaïs, et conséquemment jusqu'à la Belle-Rivière, (qui sont toutes deux, comme vous savez, navigables pour des canots et des bateaux), au lac St. Jean. Par ce moyen, on éviterait la totalité, ou du moins une grande partie des portages et des rapides de cette belle chaine de lacs; et les produits futurs de cette vaste étendue de pays seraient amenés à ce poste avec facilité, et de là transportés par eau, et avec la marée, à Québec, ou ailleurs, suivant les circonstances. à Il est, dans le fait, évident qu’on pourrait, avec la plus grande

facilité, pratiquer un chemin d'hiver direct et commode, pour

cette communication éminemment utile, même dans les premières années d’un certain nombre d’établissemens. , Ce serait un moyen puissant d'ouvrir un débouché aux ressources de ce beau district et d’y envoyer de Québec tous les articles de nécessité; d’où il résulterait un grand avantage pour la com-

‘munauté entière,

: C’est un fait notoire qu’en cette année 1828, la récolte du bled, au-dessus de Québec, y compriz le district de Montréal et le Haut-Canada généralement, jusqu’à présent regardés comme les principales ressources pour les céréal:s, a presque entièrement manqué, le grain ayant été gâté par la nielle ;

tandis que depuis la Malbaie, en descendant, même jusqu’au

ste sur le lac St. Jean, le bled s’est trouvé d’une bonne

qualité généralement, ‘ Il est vrai qu’il n’en a été semé à ce

oste qu'une petite quantité, inais il s’est trouvé d'une très ne qualité C’a:été également le cas à la Pointe ou eu Port au Persil, à environ sept lieues au-dessous de ls Malbaie ;

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