‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 71 sur 90 · Tome VIL--No. V. N · texte numérisé non relu

Tome VIL--No. V. N

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Restait à éprouver l'efficacité de ce préservatif. M. Aldini en a fuit l'expérience dans son laboratoire à Milan, en présence d'une députation municipale, dé plusieurs membres de l’Institut impérial et de plusieurs officiers du génie ainsi que du capitaine des pompiers. Cette expérience a eu lieu le 8 décembre 1827, et il en a été dressé un procès-verbal dont l'original est déposé dans les archives de la ville. Ce procès-verbal constat: que les pompiers vêtus de l’arure exposèrent impunément leurs mains, leurs pieds, même leur visage; à l’attion de la flamme, sans ressentir lä mointlre gène dans la fespiratioh, sans même éprouver une augmentation sensible de chaleur: Ils demeuréreut au milieu du feu pendant cinq minutes, espace de tems suffisant pour sauver un homrhe et mettre en sûreté des objets précievx. On employa dans cette expérience des gants, des bottes et des bonnets mis en articulation par des mailles de métal combinées avec de l'amiante. (On vit des pompiers manier des braises, les corps ardents, marcher pendant cinq minutes sur une grille de fer sous laquelle étaient des fagots enflammés. ‘Ainsi les lois de la physique donnent l’explication de l’heureux résultat de quelques-uhes de ces épreuves auxquelles la barbarie du moyen âge soumettait les accusés.

Les mailles construites par les soins de M. Aldini sont légères, flexibles, et articulées de manière à laisser au pompier la liberté et la célérité de ses mouvemens. Il peut, au besoin, s’en dépouiller, et les suspendre à l’ouverture d’une chambre incendiée pour empêcher le passage du feu et la commui.ication de la chaleur dans les pièces voisines:

Au moyen d’une préparation particulière donnée à l'amiante, M. Aldini a obtenu d’un morceau de ce singulier minéral, long d’un dé:imètre seulement; des fils aussi déliés que ceux de la soie et longs d’un mètre. Il ne peut cependant se dissimuler que des tissus de cette nature sont fort coûteux; il a donc cherché à substituer à l’amiante d’autres substances. rendues imcombustiblès au moyen de divers procédés chimiques, et à espère pouvoir bientôt résoudre ce problème. |

L'auteur de cette belle découverte a aussi trouvé que les réseaux métalliques n’ont pas seulement la propriété d’arrêter ke passage des flammes, mais encore de les éteindre.

: Une maladie grave interrompnit les travaux auxquels l’illustre savant se livrait sansrelâche. Cependant, le 29 mars dernier, fl renouvela ses expériences dans sa propre maison. Précédemment, il avait été obligé de se lancer le pre:-irr a feu, malgré son grand âge, pour encourager les pomp : Lette #ois les pompiers le dispensèrent de cette épreuve, :. s’y sou-

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mirent. sans hésiter. L'un d'eux traversa trente fois de suite les flammes, au milieu d’une épaisse fumée, qui, dans, une chambre voûtée, incommodait fort les spectateurs, parmi les-

uels se trouvaient M. de Cuamp-1a-CranDps, consul général

‘de Frañce à Milan; M. MacnacareTro, lieutenant des pom-

piers, et M. Myrus, directeur de l'Académie impériale de Petersbourg. A D'autres expériences eurent lieu à Pavie les 31 mars et ler avril derniers, non plus dans un endroit fermé, mais en plein air ; elles furent exécutées par le corps des pompiers de cette ville. Un d'eux traversa va flammes douze fois de suite, un autre vingt-quatre fois. Ce dernier entrn dans le feu, tenant à la main une cage, afin d’y faire des expériences sur les animaux à sang chaud. La cage fut déposée au milieu du feu pendant une minute entière, et reprise par le pompier, dans le dernier trajet, sans que les animaux qui y étaient renfermés eussent éprouvé la moindre souffrance. ‘‘L’espace enflammé qu’il fallait traverser était,à péu près de sept mètres de longueur, et la flamme s'élevait quelquefois au-dessus de deux mètres. Cette expérience a été faite dans le local de la clinique, en présence du maire, des professeurs et des étudians de l’université. Les professeurs MM. HicpeBranD et PLATNER examinèrent l’état physiologique des pompiers après les épreuves, et reconnurent u'aucun trouble n’avait été porté dans l’économie animale. Le célèbre professeur M. Scarra examina très attentivement les armures, et indiqua plusieurs changemens à faire dans la construction du masque d'amiante, et dans la forme des lunettes qui y sont adaptées. “ . Aldini 2 fait plusieurs applications utiles de son appareil calorifuge; . il a perfectionné la lampe de sûreté de Davy et

en a tellement simplifié la construction, qu’elle pourra désormais

être livrée à un prix modique, et employée aux usages les plus vulgaires. Quatre Mémoires lus à l’institut de Milan contiennent la description de plusieurs modes d'application du même système, tels qu'un tabouret isolateur du calorique, lequel doit être posé sur des corps enflammés, et un bouclier angulaire arni d’un réseau métallique pour détourner la direction dés lammes, sans dérober au pompier la vue des objets qu’il rencontre. Se té | L'illustre savant se rend :lui-même un témoignage qui ne sera pas contesté. ‘Je me flatte, dit-il, qu’on se persuadera

que je ne cherche pas à m’attirer une admiration stérile, et.

que je n'ai d'autre but que de me rendre utile à la société.”

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