LE GYMNOTE ELECTRIQUE
Parmi les animaux les plus dignes de fixer l'attention du physicien, le gymnote, auquel on a donné jusqu’à présent le nom d'élecirique, doit occuper un des premiers rangs. ‘ L’explication des effets remarquables qu’il produit, dans uñ grand nombre de circonstances, se lie nécessairement avec la solution de plusieurs. questions des plus importantes pour les progrès de la physiologie et de la physique proprement dite, .‘ Quoique l’épithète d’électrique ait déja été donnée à cia@ poissons d’espèces très différentes, le gymnote, que nous a#9f5 décrire, est celui qui a le plus frappé l'imagination duilgf.e, excité l'admiration du voyageur et étonné le phÿ#ieréh. Quelle a dû être en effet la surprise des premiers observateurs, lorsqu’ils ont vu un poisson, en apparance très faible, assez semblable, d’après le premier coup d'œil, à une anguille ou à un congre, arrêter soudain, et malgré d’assez grandes distances, la poursuite de son ennemi ou la fuite de sa proie, suspendre’ à l'instant tous les mouvemens de sa victime, les dompter par un pouvoir aussi invincible qu'irrésistible, les immoler avec la rapidité de l’éclair, au travers d’un très large intervalle, les frapper comme par enchantement, les engourdir etles enchainer, our ainsi dire, dans le momerit où ils se croyaient garantis par ‘éloignement, de tout dans danger. et même de toute atteinte. C’est surtout auprès de Surit'am qu’habite le gymnote électrique; il parait même qu’on r’a encore observé le véritable gymnote que dans l'ÉMÉTIE méridionale, dans quelques parties de l'Afrique occidentale et dans la Méditerranée. Cet animal parvient ordinairemest jusqu’à la longueur d’un mètre, un ou deux décimètres (un peu plus de irois pieds,) et la circonférence de son corps, dans l‘endroïit, le plus gros, est alors de trois à quatre décimètres : il a donc onze ou douze fois plus de longueur que de largeur. Sa tête est percée de petits trous ou pores très sensibles, qui sunt les orifices des vaissèaux destinés à répandre sur sa surface une liqueur visqueuse : ‘des ouvertures plus petites, mais analogues, sont disséminées, en très grand nombre, sur son corps et sur sa queue. 1 n’est donc pas étonnant qu’il soit enduit d’une matière gluante très abondante. Sa peau ne présente d’ailleurs suçune écoille facilement visible. : Son museau est arromd; sa mâchoire. inférieure est plus avancée que la supérieure; ses dents sont nombreuses et acérées, et lon voit des verrues sur son palais, ainsi que sur sa langue, qui est large, Les nageoires pectorales sont très petites et ovales; celles de l'anus s'étendent jusqu'a l'extrémité de la queue, dont le bout, au lieu de se terminer en pointe, paraît comme tronqué. Quant à la couleur du
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mnote électrique, elle est noirâtre, et relevée par quelques raies étroites et longitudinales d’une nuance plus foncée.
‘ Lorsqu'on touche cet animal avec une seule main, on .n’éprouve pas de commotion, ou on n'en ressent qu’une extrémement faible ; mais la secousse est très forte lorsquon applique les deux mains sur le poisson, et qu’elles sont séparées l’une de l’autre par une distance assez grande; ainsi que dans Îes expérienées électriques. Le coup recu par le moyen des deux mains.peüt être assez fort pour donner aux deux bras une paralysie de plusieurs années. “ Mais, pour que le gymnote Jouisse de tout son pouvoir, il faut qu’il se soit, pour ainsi dire, progressivement animé. Les premières impressions qu’il fait éprouver ne sont pas ordinairement les plus fortes; elles deviennent plus vives à mesure qu’il s'évertue, s’agité, s’irrite : -elles sont terribles lorsqu'il est livré à une espèce de rage.
Cependant on assure que certaines personnes, et particulière ment les femmes qui ont une fièvre nerveuse, peuvent toucher un gymnote électrique sans ressentir de secousses ;. et d’après lés observations faites dans la Caroline méridionale, ‘par un célèbre physicien, Henry Coins FLac, il'ést constant que plusieurs Nègres, plusieurs Indiens, et d’autres personnes, h’ont pu arrêter le cours de la vertu électrique ow"engourdissante du gymnote de Surinam, ni interrompre sy + préparée pour son passage, tandis que cette interruption. a été produite par une femme qui était atteinte d’une maladie àlaquelle plusieurs médecins donnent le nom de fièvre hectique.
: Les métaux, l’eau, les corps monillés, et toutes les autres substancés tonductrices de l‘lectricité, transmettent la vertu “engourdissahte de gymnote. - Voila pourquoi on est frappé au milieu des Aeuves, quoiqu’on soit à une assez grande distance de l’animel: Voila pourquoi encore les petits poissons, pour lesquels cette seconsse est beaucoup plus dangereuse, éprouvent une commotion dont ils meurent à l'instant, quoiqu’ils soient éloignés de plus de cinq mètres de l’animal torporifique. ‘
| Nous croyons ne pouvoir mieux terminer cet article, qu’en citant un fait arrivé tout récemment, au jardin du roi, où un gymnoté ‘avait été apporté d’Ainérique. Plusieurs savans s'étant plu à répéter sur cet animal, le premier qu’on eût encore. vu en France, les expériences du célèbre voyageur, M. de Hum- ‘BOLD, et tous ayant éprouvé des secousses plus au moins sensi- ‘bles, M. le docteur Janin. DE Sr. Jusr voulut voir si, en saisissant et pressant l’animal avec les deux mains, l'effet qu'il -produirait sur lui serait plus ou: moins considérable. Mais à peine eut-il commencé cette épreuve, qu’il ressentit plusieurs coramotions d’une force extraordinaire, et telles que la pile de volta n’en fit jamais éprouver à personne. Mais une circons-
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tance remarquable et qi lui fit éprouver un danger réel, c'est w’il lui devint impossiblé de rendre la liberté à l'animal, dont (és mouvemens ébranlaient toute son organisatioh. Une’ contraction involontaire le lui faisait même serrer avec une force bien supérieure à celle qui lui est naturelle, ‘et plus il serrait, lus les secousses électriques devenaient violentes; elles lui Étiadibiant même des cris qui effrayèrent tous les assistans, ait nombre desquels se ttdlènt M1 . ALIBERT, GEorrRoy, Sr. Hicaïre, SErne et Lanney. On craignait pour sa vie, et il n‘est pas dauteux que si cet état se füt prolongé, il n'eût amerié bientôt la mort. On ne savait quel secours porter au docteur Janin: Lâchez! lâchez! lui criait-on; mais il n'était pas maître de suivre ce conseil. Heureusement il lui vint dans idée de replonger le gros dans son baquet; ses mains ne furent pas plutôt mouillées, que le contact de l'eau, excellerit, conducteur du fluide éléctrique, lui rendit la liberté de se débarrasser de son ennemi.
‘”C'est'ainsi que le docteur a échappé à une mort certaine, s’estimant trop heureux fl’en être quitte pour de vives douleurs dans toutes les parties du corps, ét particulièrement dans les épaules. Ces douleurs ont duré plusieurs jours, et ont mème rendu impossible, pendant’ vingt-quatre heures, tout mouve-
ment du bras droit, lequel était douloureux au toucher, comme
s’il eût été atteint d’un violent rhumatisme.—/ Merveilles du Monde, 1825.) “ 2
LANGUE MUSICABE.
L'Académie royale des Beaux-Arts vient de publier un rap. port sur la langue musicale, inventée par M. Sunre. Ce Musicien a développé la méthode de sa langue musicale devant la commission chargée d'en faire l'examen. M. Sudre l'a. parlée sur son violon, l’a écrite avec des signes musicaux, et la, traduction en a été-faite à l'instant par son élève DELDEVEZ, âgé de onze'ans: * Plusieurs expériences ont été réitérées ; toutes ont réussi; l'enfant, a toujours traduit ce qui lui était transmis musicalement par son maître, et cette traduction a été toujours conforme à ce’ que plusieurs membres, de l’Institut avaient dicté. ‘La commission; dont lès membres étaient MM."
Caerusint, Lesueur, Berrow, Carez, BovELpiEU, de PRoNr, AraGo, Fouriër et Raouz-ROcHETTr, à reconnu que l’auteur
avait parfaitement atteint le but qu'il s'était proposé, celui de créer une véritable langue musicale. ‘La commission a donc pensé, qu’offrir aux homnmios un nouveau moyen de se co
affrirai de rh} télégra
Cou
mieux eux qu choisir.
poëmes que: d qui al} naient passan:
l’idée à de villa
Thédhrie: 183
ryniquer leurs idées, de se. les, transmettre à des distances éloignées et dans l'obscurité la plus profonde, était un service rendy à la société, et que surtout dans l’art de la guerre, l'emploi de ce langage; pourrait; en certains cas, devenir très utile, et servit. de télégraphe nocturne, dans les circonstances où les corps militaires ne peuvent se communiquer les ordres nécessaires À l'exécution de tels où tels mouvemens. Plusieurs instrumieris à vent seraient propres à l'emploi de ce moyen; je peïse pourtant qu’un jeu d'orgue poïtant seulement une gam- :"e du jeu de clairon donnerait Jes dy à les plus satisfaisants.
Il n’est pas d'état-major dans, lequel on ne rencontre un officier sachant la musique, et dix leçons suffisent à un musicien
pour parler, écrire et traduire la langue de M. Sudre. L’officier .
recevrait l'ordre de son général, le traduirait musicalement, et
Je ferait transmettre d‘uñe rive on d’un camp à l’aütre, par un.
des musiciens de son corps. Cette expériente a été faite, à fninbit, du pont des Arts au pont Royal, et elle a parfaitement réussi ; il est inutile de dire qu’en rase ca:npagne; où sur des hauteurs; la portée du son serait infinimeat plus longue. Par le moyen des différentes combinaisons des sons et des valeurs, il sera très facile d'obtenir des variétés de transmissions de ce langage, afin de prévenir les inconvéniens d’une transmission donnée en signes dont tout le monde aurait l'intelligence. .
L'invention de M. Sudre est ingénieuse et simple ; j'ai parlé,
d’un jeu de clairon renfermant une octave; cette petite échelle est " que suffisante pour exprimer tout ce que l’on voudræ faite entendre: je pense même que les trois sons, #4, mi, sol affriraieht assez de combinaisons au moyen de l'immense variété de rhythmes que l'on pourrait introduire dans les phrases télégraphiques.—Journal Français.
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THEATRE. é
Comevrs.—Nous devons la comédie aux Grecs, ou pour mieux dire, nous leur devons toute notre littérature: ce sont eux qui nous ont servi de modèles, et nous ne pouvions mieux choisir. On fait remonter la naissance de la comédie aux poëmes informes que chantaient les vendangeurs, dans l’Attique: déguisés en satyres, en silènes, et montés sur les charriots qui allaient du pressoir à la vigne, ces vendangeurs se tournaient mutuellement en ridicule et adressaient des injures aux passans, Ces jeux grossiers donnèrent à quelques . poëtes l’idée de composer des ouvrages propres à faire rire, et d'aller de village en village les réciter, élevés sur des charriots où sur
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atteint sa perfection.
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et de peiniire l’homme en gé ekista véritabletnent. LS t Les Romains imitètent là comédie des Grebss et te fut: Lrviüs’ ANprokicus qui, le premier, l’an 514 de la fondation de ‘Rome, fit représenter des pièces ‘régulières. Avant cette époque; on n'avait d'autre spectacle comique que les vers: féscennins, chansons grossières et shtiriques, que l’on accom- ‘’pagnait de danses et de postures indécentas, vint après Livius ANDRonrcus, porta la comédie à un haut TerEïcE fit mieux encore: ses pièces sont plus châtiées et mieux écritesi mais elles ont moins dé comique et de force.
En France, l’origine
point de perfection.
Théâtre. .
dés trétenux. La licence de’ ces poëmes força let agistrats à‘ défendre’ l'entrée des villes à ces nouveaux aclerrss; cette défense fut cause que la comédie était encore inconnue Athènes, dans le temps même où la tragédie avaient déjé Enfin, on l’admit dans cette villé, et niême du temps de Peritees, on proposa des prix aux acteurs : et aux poëtes comiques.’ Cet encouragement lui fit prendre uhe Face nouvelle: elle devint un poëme régulier, à l'imitation de la tragédie; imnis elle conserva sa première licence, et au lieu de peindre les mœùurs en général, elle s’attaqua aux prin: . cipaux citoyens et aux magistrats eux-mêmes.
l Ce gente de pièces comiques, qui s’appelle l’antienne comédie, sübsista jusqu’au temps où ALCIBIADE gouverna la république: J1 fut'alors défendu aux auteurs de nommer dans leurs ouvrages pour se conformer à la loi, lés poêtes choisirént en effet des noïns supposés, mais fils désignèrent si bien les peïsonnes qu'ils voulaient livrer au tidicule, et ils frent faire des masques si ressemblants, que le public ne manquait jamais de prononcer le nom que l'acteur n'avait
s le droit de faire entendre. Ce nouveau genre: fut appellé Jl ‘fallut éncore réprimer cette licence ; et, heuteus”inent pour uit, les auteurs furent obligés d'étudier néral: ce fut alors que la comédie
de la comédie, ou plutôt du théâtre, Péuit'rémonter jusqu'à CHarLEs V.' Le premier essai s’en”fit ä-St. Maur, bourg dés environs de Paris; ef comme le sujet était la passion de Jésus-Christ, les acteurs prirent le titre de éonfrères de la passions Ils obtinrent pour leur établissement des lettres en date du 4 Décembre 1402. Francors I éonfirma leurs privilèges en 1518. Ces pièces religieuses eurent de læ vogue pendant un siècle et demi: où tommença alors à jouer des sujets profanes et des bouffonneries.
le premier qui traita les sujets sérieux, à là manière des Grecs ét des Romains, sous Charles IX ét Henrr III. Jean Barr et LapERUSE marchèrent sur Ses” trace
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