LE LANGAGE DES FLEURS
Ocrone. |
Cariz'1re. Distrétion, ‘Jusqu'à ce: jour, les botanistes ont en vai étudié cette plante, qui semble dérober à leurs savantes recherches le secret-de ses ‘fleurs et celui de ses fruits. Elle ne confie qu’au zéphyr les germes invisibles de sa'jeune famille. Ce dieu choisit seul le berceau de ses’enfanss il se plaît quelquefois ‘à former, de leurs ondoyantes chevelures, le sombre voile qui dérobe aux regards l’antre où dort, depuis le commencemént des siècles, la naïade solitaires; d’autres fois, il les porte sur ses ‘ailes, et les fait rayonner en étoiles de verdure au sommet des tours d’un vieux chateau, ou bienilles dispose en légers festons, et en décore les lieux frais et so iu aimés des bergers. Ainsi la fougère rnet en défaut la science ; elle cache sa secrète origine aux yeux les plus pénétrants:; mais elle s’'empresse de répondraes par des bienfaits, à la main qui l'interroge. us!
. GERANIUM ECARLATE.—Sof/ise, Madame la baronne de SraeL se fâchait toutes les fois que l‘on tentait. d‘introduire dans sa société un homme sans esprit Un jour, un de ses amis risqua pourtant de lui présenter un jeune officier suisse, de la plus aimable figure. Cette dame, séduite par l‘apparence, s‘anima, et dit mille choses flatteuses au nouveau venu, qui d‘abord lui sembla muet de surprise et d‘admiration. Cependant comme il l‘écoutait depuis une heure sans ouvrir la bouche, elle commença à se méfier: un peu de son silence, et lui adressa tout à coup des questions tellement directes, qu’il fallut:bien y répondre, Hélas! le. malheureux n’y répondit que: par des sottises. Madame de Staël se tourna alors, fâchée d’avoir perdu sa peine et son esprit, vers son ami,:et lui dit: En vérité, monsieur, vous ressemblez à ‘non jardinier,: qui a cru me faire fète en m'apportant, ce matin, un pot de geranium; mais je vous
réviens que j'ai renvoyé cette fleur, en le priant de ne plus Pédrir à mes regards. Eh! pourquoi donc, demanda le.jeune homme, Se. ee cl monsieur, puisque vous. voulez le savoir, que le geranium est une fleur bien vêtue de rouge: tant qu’on la regarde, elle plaïît:aux yeux ;: mais lorsqu'on:la presse légèrement, il n’en sort qu'une odeur importune, En disant ces mots, madame de Staël se. leva et sortit, laissant; comme on pense bien, les joues du jeune sot aussi rouges queson-habit, ou que la fleur à laquelle il venait d’être comparé, ‘:. : nus BELLE DE NUIT.— Timidité.
Solitaire amante des nuits, Pourquoi ces timides alarmes,