‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 85 sur 90 · Reçuril de: Foyages et de Mémoires · texte numérisé non relu

Reçuril de: Foyages et de Mémoires

amenérent ensuite le jour inévitable, la nuit désastreuse. où,

dans un tremblement de terre, au milieu des inondations, tous ‘

les guerriers d'Athènes furent entraînés sous les abimes, et l'ile Atlantique, récouverte à jamais par les flots. Aujourd’hui cette mer est inaccessible, et la fange du continéat englouti arrête les navigateurs qui veulent visiter ces ruines. Voilà le récit que le vieux CaITIAS avait entendu faire à Soon” Nous voyons dans Proclus que Platon lui-même avait lu ce récit, en caractères hiéroglyphiques, sur les colonnes égyptiennes ; 1am-

BLIQUE ajoute que c’étâient celles d'Hermès-Trismégiste. On.

s'accorde assez a croire que cette tradition n’est pas entièrement fabuleuse, que l’île engloutie a pu exister dans l'Océan Atlantique, et que les Canaries ou les Antillès en sont poutre des

débris. La mémoire de quelque grande catastrophe semblable

paraît s’être conservée parmi certaines peuplades sauvages de l'Amérique du nord: säns cesse repoussées dans les déserts

par les états civilisés de l’Union, elles s’ättendent à voir succes-" sivement périx toutes leurs tribus; mais elles se flattent que leurs. ennemis disparaîtront à leur tour, Comme jadis les Athéniens périrent avec les Atlantes qu’ils avaiént vainéus. “Quand

les hommes blancs, disent leurs sages, ‘auronl fini de tuer les’

hommes rouges, le grand Esprit dônnera le ‘signal de la vengeance; la tortue gigantesque qui porte sur son dos.notre terré,

secouera son fardeau, comme elle a déja fait une fois; les blancs

périront dans-ce nouveau déluge, et le grand Esprit rendra la

igrre aux peuples rouges, be nd ee à Ces rapports sont singuliérs : je pourrais en rassembler quelques autres plus sensibles eñcore, si j'examinais la quéstior traitée dans un ouvrage dont M. Warden ne parle pus et qui parut à Boston sous Ce titre: L'Amérique connue des anciens. Pour ne pas essayer de tout dre, quand je puis à péine indiquer rapidement quelques faits, je nié borne à un rapprochement qui ne s’est, je crois, présenté èncore & personne, et qhe je livre. aux réfléxions des savans, °° " ee MS Em La topographie de Mexico est assez connue : qe ville, dit Robertson, est située dans une plaine entourée dé montagnes ; les'eaux qui descendent des hauteurs.se réunissent dans différents lacs, dont les deux plus graids communiquent l’uñ avec l’autre; c'était sur les bords de lun d’eux et sur q0e uës îles voisines: qu'était bâtie la capitale du Mexique. On arrivait à la ville r des chaussées de pierre et de terre, d'environ trente pieds de large. Comme les eaux des lacs. inondaient la plaine dans la saison des pluies, ces chaussées s’étendaient très loin... Du côté de l’est il n’y avait point de chaussée, et on ne pouvait arriver à la ville qu’en canot. À chaque chaussée il y avait des

ouvertures de distance en distance, par lesquelles les eaux,

La

al “déb dustrie ét les arts ont régné autrefois dans ces solitudes, qui ñe sont plus aujourd'hui traversées que par dé misérables peuplades, sans annales, sans traditions." C'est.a l’aide des proba- bilités de la Science moderrie, marchant pas à pas, avec une lenteur scrupuleuse, à travers.ces vestiges d’une obscure antiquité, qu'on pourra successivement augmenter les connaissances, ou du moins les vraisemblances historiques. | s

UNE FAÛTE DE GEOGRAPHIE, &e.

Un riche négociant de Paris ayant vu chez un de ses amis servir quelques morceaux d’un fromage raffiné et crèmeux, les trouva d’un goût exquis, et s’informa du nom de la contrée qui les produisait. L’ami nomma Nenfchâtel. “ Parbleu! s'écria le négociant, j'y ai un correspondant; je lui en commanderai un envoi.” Rentré chez lui, il expédie une lettre, où il demandait douze douzaines de ces fromages.

“Il les avait complètement aubiiés, lorsqu'un jour qu'il traitait une société nombreuse, son maître d'hôtel arrive tout effaré lui dire d’une voix entrecoupée: ‘ Monsieur... monsieur. les fromages sont arrivés.—Bon, répond indolemment son maître, servez-en une demi-douZaine sur. une assiette, et mettez le reste dans l’armoire.—Comment, monsieur, que j'en mette une demi-douzaine sur ‘une assiette?—Eh! certainement. — Ët le reste dans l’armoire?—Ne voulez-vous pas les servir tous ?—Dieu m'en préserve, monsieur! des fromages grands comme des meules de moulins 1—Que voulez-vous dire! vous perdez la tête.— Regardez par la fenêtre, monsieur; il ÿ en a six charrettes toutes pleines qui viennent d'entrer dans la cour.”

Toute l'assemblée se leva, courut aux fenêtres, et vérifia la justesse du SES Notre négociant avait pris Neufchâtel en Suisse, pour Neufchâtel en Normandie. Il quitta la facture, les frais de transport, se défit à perte de ses fromages, et conclut de ce malentendu qu’il aurait mieux fait d'employer son argent à se donner quelques notions de géographié.—Journal Français. Me è :

‘ —L'anecdote qui précède nous appelle une singulière méprise d’un genre à peu près semblable, DT

* Un négociant de Néw-York avait écrit à son correspondant d'Amsterdam de lui envoyer une cértaine quantité de pièces d’étoffe de soie d’une espèce particulière appelée en anglais’ moleskin (peau de taupe). “Le correspondant hollandais traduisit l’ordre littéralement et'comprit qu’on lui demandait une égale quantité de peaux de taupes. Ken trouvant aucune 4 vendre’dans toute la ville, il offrit un bon prix aux jardiniers et habitans de la campagne aux environs pour chasser et tuer. toutes les taupes qÜ’ils pourraient trouver. * On lui'en appôrta une quantité suffisante dont il fit enlever les peaux, qui furent

réparées avec soin et emballées avec toute ‘la précision hol. Endèlle. L'envoi arriva en cet étatà New-York. ‘ Qu'on juge! de la surprise de notre négociant ici,. à l'ouverture des caisses, de les trouver remplies non de pièces de soie, mais de peaux de taupes,—Journal Américain, ét ES |

gai VOYAGE EN AFRIQUE,

M. Mazraï; le. missionaire, a pénétré dans l'Afrique méri- . dionale jusqu'à 800 milles au-delà de Lattakou, où il a trouvé .une contrée extrèmement populeuse, gouvernée par un nommé MaxaBBa; voici le récit qu'il fait de cette partie de son voyage : “ Arrivés au sommet dé la colline, nous découvrimes à nos pieds Ja capitale des Wankits, et au Nord une multitude de villes répandues dans la vallée. Notre guide nous conduisit, à travers une rue tortueuse, à l'habitation de Makabba, qui nous attendait à la porte d’une de ses maisons, et nous accuellit avec beaucoup d’empressement; il parut À la fois surpris et satisfait de voir que nous étions sans armes, observant, avec un gros rire, . qù’il s’étonnait que nous eussions osé nous avanturer ainsi dans une ville commandée par un brigand tel qu’il passait pour être. ‘“ Au coucher du:soleil, il nous envoya sa femine favorite, avec un sac plein de lait caillé, en nous promettant pour le lendemain matin le régal d’un bœuf. Je lui fis présent, én retour, de quelques grains de verre et d’autres bagatelles, ainsi . que d’un chapeau, qu’un des Oriquas l'engagea à mettre sur sa. tête, ce qu'il fit, mais pour lôter. au même instant et le lacer sur celle d’un autre, afin, dit-il, de pouvoir juger de sa auté, Nous fûmes toute la nuit éveillés et âlarmés par le cri des hyènes, dont il y a. là trois espèces, des bariolées, des tachetées, et une autre variété très petite, “+ 6 Je visitai la ville, qui est fort-grande, et couvre au moins huit fois autant de terrain qu'aucune de celles que j’eusse encore . tues Parmi les Bechuanas; sa-population doit donc être consi: dérable, et les missionnaires trouveraient ici un vaste champ à exploiter. . Les femmes de Makabba, qui sont en grand nom“ bre, ont chacune un établissement séparé. cons'-*ant en trois où quatre maisons, une grange à blé et un magasin à provisions. Ces maisons et leurs dépendances sont mieux distribuées èt .soignées qu’on ne les trouve d'ordinaire; les cours et les planchers sont tenus avec une admirable proprété, et celle de tous leurs ustensiles n'est pas moins remarquable. La place où les .æssemblées publiques ont lieu forme un cercle de 170 pieds de diamètre, entouré de pieux serrés dont la hauteur est de 8 pieds. . C’est en dehors et tout autour de ces pieux que le bétail est parqué: plusieurs milliers de bœufs et de moutons peuvent y être rassemblés.

«6 Makabba n'est plus jeune, quoique sa mère vive encore; il est grand, fort et bien portant, mais a les traits d’un Hottentot, et le regard cauteleux; il est aisé de juger, par sa conversation, que la politique africaine lui est familière. De toutes les tribus environnantes, il ne craint que les Makouas, ou na‘ions civis

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