‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 84 sur 90 · SOCIETE GEOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

SOCIETE GEOGRAPHIQUE

La société de Géographi, | qui s'attache dans Je publ age de M. Carr à Tome uctou, s’est empressée de -publier les détails qu'elle à reci

usqu'à ce jour dans ément au No

L ent : its. ni À * L'importance des nouvelles suivatites ui viennent de pañè i Géographie, la met dé | te

| vice-consü],

4 0nsulat général de France à Tanges

membre de la Société adr à M. Jo Af, d

l'Institut, vice-président de Ja commission cehtfale, et datée du ptembré üefnier, dont voici l’extrait : ambrétis

# M. A. Cüillé, déjà menti

que je me suis empressé de lui offrir moi-mêfne. ‘ stime: heureu d’avoir été le premier qui l’e

# essuyées par l'idée qui soit parve

nu Jusqu'à ce jouf à terminer avec subcès uné entreprise dans laquellé ont succoinbé tant de Sourageux voyageurs.” |

Æstrait de der lettres de M. 4. Caillé à M. Président de le : : Commission centrale. PE Tovzon, 10 Ottobte 1828, :

“ Etant au Séné l'en 1824, je projetai d'explorer l'Afrique Centrale, de visi er les de bte et de Tombbuctou, objet hes de uropéens, Qui a coûté Ja vi Voyageurs, enfin de él qui nous avaient devancés, tir pour l'intérienx À l'aide de és seules ressure qu'à mon retour le gouverner Ul , + |

anchi sans obetacles les hautes Montagnes de la Sénégambie et d kau, de Wasoulo, &c., et j

224 Recueil de Voyages et de Mémoires.

habité par des Mandingues mahométäns, situé” dans la partie sud du Bambars, où je séjournai cinq mois, retenu par une maladie très grave. : +-; : °! ‘". dot AT dr & ft

‘ Le 9 Janvier 1828, je repris mon voyage; je visitai l’île et la ville de Jenné, et je m’embarquai sur le Niger sur une embarcation d'environ 60 tonneaux, destinée pour Tombouctou; j'y arrivai après un mois d’une pénible navigation. . Cette ville est située à cinq milles au nord de Kabra, dans une plaine de sable mouvant, où il ne croit que de frèlés atbrisseaux. J'y séjournai quatorze jours; j'étudiai les mœurs et les usages des habitans, + commerce et les ressources. du pays, .etje pris toutes les informations que je pus me #rocurer. Ensuite je me dirigeai au nord pour traverser le gfand désert, et j'arrivai à El-Arawan, Cette ville est située à six jours au nord de Tombouctoù: c'est l’entrepôt du sel qui est transporté à Sänsanding et à Yamina. Elle est situeé sur un sôl'aride et sans ancun arbrisseau, Le vent brûlant de l’est y règne continuellement. Je continuai ma route au nord, ‘et j'arrivai au puits de Téligue, à huit jours d'El-Arawan, . AT

4 De là je m'enfonçai dans le désert, au N:-N.-0. Tout le sol est composé de sable mouvant et.de roches de quartz 0 jaspé de blanc. Après deux mois de marche:et des plus pénibles Privations dans cet horrible, désert, j'arrivai enfin à Tafilet; Je.passai à Fez, Mesquinez, Rabat et langer, où je fus accueilli par M. Delaporte, vice-consul de France, qui me prôcura tous les soins qu’exigeait ma position, ,Peu après je m’embarquai sur une goélette qui me conduisit à Toulon, ‘où je suis en convalescence.” LS ;

Après avoir entendu ces communications, la commission centrale 2 décidé à l’unanimité, dans sa séance du’ 17 octobre, qu'il serait envoyé sur-le-champ à M. A. Caillé, une première indemnité pécuniaire,

tie

RECUEÏL DE VOYAGES ET DE MEMOIRES, __ Publiés par la Société de Géographie.

Le Vénitien Marco Pozo, le père de la géographie orientale et de la science des voyages, a reçu les premiers et justes hommages de la Société. Elle publie. une traduction de son ouvrage, en français du quatorzième siècle, d’après un manusrit de {a Bibliothèque du Roi: cette copie, la plus soignée et la plus complète de toutes, est doublement précieuse, puisqu'elle intéresse à la fois l’histoire de la gévgraphie et celle de notre : vieux langage. On promet un commentaire sur cette édition vraiment nouvelle. Faisons des vœux pour que les géographes, les naturalistes, les navigateurs, les Shtlologues;'se hâtent de

Mecueil de Voyages et de Mémoires, Ho

pme à l'appel de la Société, qni, pour interpréter ce vénérable reste du moyen-âge, réclame la co-opérätion de leur de et de leurs recherches

s aûtres travaux déjà pates concernent là Cyréuaïque et ‘ja, Pentapole, quelques récits d'ün Marabou sut l'intérieur de l'Afrique, un itinéraire da .Corfftantinople à là Mecque; les

pachaliks de Bagdad, d'Orfa et d'Alep, accompagnés d’une notice de M. G. BArmirk du Bocace; les provinces méridionales de la Perse, décrites par M. de Hamster, dans un Mémoire -traduit par M. de Nenciar, &c. Grardons-noùs bien de vouloir donner mème une idée rapide. de l’importance et de 1» nouveauté de ces documens géographiques, ornés la pliüpart de cartes et de plans; imitons plutôt le vôyageur qui, dans un paÿs trop riche rn turiosités de la datüre .et de l'art, réduit à ‘choisir, se résigne à savoir. moins, dans l'espérance de savoir - mieux, et s'âttache vue involontairement à ce qui lui semble plus extraordinaire ét plus inattendu, Ainsi, dans cette abondante moisson de descriptions et de faits, il est tout simple que l'antique Orient tienne une grande plate: il a son histoire, ses souvenirs, sa longüe suite de siècles, ses monuméens expliqués . par ses annales. Ne trouvéra-t-on pas, au contraire, qu'ily a quelque chose de paradoxal à fixer l'attention des gens instruits sur les antiquités de cette jeùne Amérique, née d'hier, et qui ne . - nous paraît avoir véritablement existé que depuis l'expédition We Colomb? Est-il possible que de grands peuples y aient -vécu sans nous, qu'on y ait élevé sans nous des villes opulentes, de superbes édifices, et qu’elle aît ses ruines comme l’Europe,

1’ Afrique et l'Asie, ses aînées dans l’histoire du Monde ? . C'est là cependant ce que nous apprennent les autorités les plus imposantes, dont M. WaARDEN,. ancien consul des Etats- Unis, a rassemblé les témoignages dans dèux notices fort intéressantes, l’une sur les fameuses ruines de Palanqué, l'autre sur les antiquités de divers Etats de l'Union. Ne parlons que

‘de 'ces faits encore peu connus, .., Dans toute la ‘partie de l'Amérique septentrionale arrosée par l'Ohi6, depuis le lac Erié et l'Illinois jusqu'au golfe du: Mexique, et le long du Missouri jusqu'aux monts rocheux, la ‘terre porte évidemment l'empreinte du passé, et révèle l’exis- Ææence d’une grande et puissante population, dont l’histoire ést ‘perdue pour jamais, D’immenses tertres, dont les Indiens mo- :dornesne connaissent point l'usage, remplisd’ossemens humains, -Qüi paraissent avoir appartenü à des peuplades étrangères ;: des ‘armes telles qu’on n’en a point fabriqué sur ce continent depuis dition ‘la découverte; des restes de villes fortifiées de circonvallations en phes, . terre, de citadelles construites de briqueset de ciment, de vastes. nt de «murailles où. des arbres d’une grosseur prodigieuse ont pris Tome VII.—No. VI. D

“Recueil de Voyages ct de Mémoires.

racine depuis des siècles; des constructions régulières, des | chambres voûtées, des inscriptions en langage qu'on n’entendsit déjé plus au Lems des premiers voyageurs, tout annonce l'antique existence d'un peuple très différent de ceux que les Européens trouvèrent dans les mêmes contrées: et ces profondés marques des anciens terms, dônt les pays situés à l’est des monts : Alleghany n’offrent pas le moindre vestige, semblent nous dire ue nous somme: loin de tout savoir sur.ce que les hommes ont dit avant nous, et que nos prétendues histoires wniverselles, DEL tant de recherches curieuses; seront toujours incom- ‘ pietes.

je Ces traces d’antiquité se rencontrent qüelquefois jusque dans les provinces maritimes du Nord. Le rocher de Dighton, dans l'Etat de Massnchusets, a surtout exercé l'esprit aventu- ‘reux des savans cles deux Mondes. Les uns se sont contentés de reconnaître dans l'inscription la forme des carnctères phéniciens, et la preuve dés expéditions commerciales des Carthaginois en Amérique; les autres ont été plus hardis, et se sont imaginé qu’ils lisaient fort clairement sur ce rocher le nom de An, fus d'Indios, qui vivait, disent-ils, da tems de l'empereur chinois Y40, l'an du monde 2296; quarante-huit ars après la submersion de l'ile Atlantide. % EL El Tout récemment, à Fayetteville, sur l’Elk, non loin d’une fortification en ruines; on a trouvé uhe espèce de monnaie romaine qui serait du second siècle de notre ère; car elle porte, -en fort style numismatique, d’un côté le nom d’ANTONIN-LE- .Preux, et de l'autre celui de Manrc-AureLe. Voilà, certes, une médaille qui prouve fort peu de chose, parce quelle prouverait trop; mais il n’en est pas moins singulier de l’avoir trouvée

Il y a plus d’intérèt encoredans la desèription des ruinès découvertes près de Palanqué, dans la province de Guatimals, restes majestueux d'édifices .cachiés pendant des siècles sous des forêts impénétrables, et inconnus jusqu’a nos jours à tous les historiens du Nouveau:Ménde. Ces ruines témoignent d'un état de société bien plus florissant que celui des peuples qui habitèrent la vallée de l‘Ohio. Des aqueducs, qui paraissent être de construction romaines des bas-reliefs, où L‘on a .cru retrouver des. sujets fabuleux de l'antiquité classique; des “emblèmes, analogues à ceux de l'ancien Monde, ont fait penser au capitaine Dez Rio, un des plüs exacts observateurs de cet autre Herculanum, que des Phéniciens, des Grecs, des. Romains, avaient pu étendre leurs conquêtes ou leur commerce jusqu'à ces régions éloignées, et y laisser supques. notions affaiblies de leurs arts et de leurs croyances. D'autres ont

‘voulu reconnaître, dans les traits confus de !curs idoles, l'Isis et

, des ndsit 'antis CurO= ndés nonts dire ‘s ont selles, cOM-

dans

hton, entutentés héniarthae sont om de Jereur rès la

d’une nie rOporte, N-LE- ‘ertes, ouveouvée

uinèés mala, sous a tous gnent euples arais-

Recueil de Voyages et de Mémoires. 227

l'Osiris des Egyptiens, quoique ces bizarres figures me paraissènt ressembler beaucoup plus aux dieux de l'Inde, et que cette ressemblance s’accorile mieux avec l’idée probable que l'Amérique a été peuplée par le nord-ouest. D'autres n'ont ‘époque certaine où l'Hercule libyien vint débärquer.a l'ile At- Jantide (suivant eux l’île d'Haïti,) des bords de laquelle ilfit partir une nouvelle colonie paur le continent américain. M. War-

den ne se prononce pas.: Il ne faut pas être b.:n téméraire pour

dire hautement qu’il a raison. vis Quelque opinion que l’on adopte sur ces débris d’une civilisation si long-tems effacée, il est certain qu’ils existent, et qu'ils

ont été décrits par des hommes dignes de foi. RoBERTSON

avait donc tort de croire que la conquête éspagnole avait détruit tous les anciens monumens de l'Amérique, et en avait ensevéli les ruines mêmes. Les voyages de MM. de Humgozor, But- Lock, &c. l'ont réfuté victorieusement, et nous ont appris que le Nouveau-Monde avait aussi ses antiquités. On pensé même que plusieurs de ces magnifiques restes, dés l’époque de ‘la conquête, se perdaient déjà dans la nuit des terms, ét que la végétation riche et féconde, qui rend aujourd’hui presque méconnaïssables les palais, les Daius les temples, les avait déjà

recouverts et soustraits à une destruction nouvelle. Ces débris.

ont quelque chose de plus triste que ceux de notre ancien Monde, et le nom de momümens leur convient à peine, puisqu'ils

nese rattachent à aucun fait connu, et ne sont les représentans-

d'aucune histoire. Ceux de la Grèce et de Rome ont pour

interprètes les immortels écrits de ces deux grands peuples, et'

nous suivons à travers les siècles leyrs longues vicissitudes. Ceux de l'Egypte, ceux de Palmyre ont sans ;

plus obcures et plus confuses, mais cependant les traditions du passé ne se taisent pas tout à fait sur leur origine et leurs destinéés. Il n’est pas jusqu'aux vieux sanctuaires de l'Inde dont

on ne puisse espérer de dissiper un joùr l’obcurité mystérieuse.

Ici point d’espérance: le peuple qui a bâti ces temples, adoré ces idoles, et non seulement le peuple, maïs ses livres, ses annales, tout a disparu. L'Amérique, surtout dans le nord, n'offre plus à l’inutile curiosité du voyageur que des signes d’une langue & jamais perdue, que des ruines sans souvenir. |

On sait combien les’ modernes, depuis Rupseck jusqu'à Baizcy, ont imaginé de systèmes sur l’Atlantide de PLaToN, île plus grande, dit-il, que l’Asie et l'Afrique ensémble,' et qu’il place vis-à-vis les colonnes d’Hercule. Il raconte, dans le Timée, que les rois de ce vaste continent, déjà maîtres d’une partie de l'Afrique et de l'Europe, voulurent conquérir Athènes, qui sauva sa liberté par une victoire. “Les siècles, ajoute-t.il,

as craint de fixer, année par année, et presque jour par'jour,

oute des annales,

D re — =

Page 1