‹ La Bibliothèque canadienne ou Miscellanées historiques, scientifiques et littéraires [microforme]Chapitre 89 sur 90 · DE EL · texte numérisé non relu

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Mes Pensees. 231 t

qu'ils sont sortis de l’école, et oublient entièrement ce qu'ils y ont apptis. ‘On entend pourtant dire à plusieurs de ces parens, ét autres, qu'ils donneraient beaucoup pour savoir ce qu’ils ignorent; mais il y a'apparence ‘que C’est plutôt du bôut des lèvres que du fond'du cœur 'qu'ils'le disent; c’est devant’ des ersonnes instruites qu'ils ‘parlent ainsi, apparemment pour eur faire complithent. nd Ne Le se D Pen * On peut nbuser de l'instruction comme de tous les autres dons de la nature ou de’là providence; mais elle est bonne de

soi; et s’il ert résulte quelquéfois du mal, c'est la faute dè l'hom-

me, et noû celle dé la chose. ! ‘ :

*: L'ignôrance ‘est plus passive qu'active: mais elle n’en est pas moins" dangereuse, selon les occasions et les circonstances; il

suffit souvent d’un exemple, d'un conseil, pour mettre l’homme

ignorant hors du sentier dé la vertu. * :" -‘ * Dire d’un‘peuple qu’il n’est pas mûr pour la liberté, c’est dire à peu près qu'il doit rester toujours ‘asservi; puisque ce n’est

pas sous un régime pat qu'il pourra se mdrir, ou se

mouler pour la liberté. Un peuple qui a üne’constitütion libérale

doit êi'é mis au ‘niveau de cette constitution, afin qu’il puisse:

là priser ce qu’elle vaut, éten jouir sans eh abuser" C’ést à diré que l'instruction doit aller de pair avec l'émancipation, si elle d'a pu la dévancer. A

: Ce que Mr. Joux LamBerrT dit de l'ignorance de quelques membres canadiens de notre assemblée me paraît fort exagéré : s'il s’était contenté de dire qu’il y avait des membres qui ne savaient qué lire et écrire, on aurait pu le croire; mais Quand il'dit: qu'il ÿ

vraisemblance.” ‘ :

On a exagéré, en parlant de l'igrorance des habitans de ce pays, comnie ‘on a fait en’ parlant de là rigueur ‘de ses hivers.

À en cruiré certains voyageurs, ‘il fait aüssi froid'ici que dans la :

Sibérie, et nos cultivateürs sént aussi ignorants que les paysans russés. L’igrorance ést graïide, sans doûte, dans nos cam-

pagnes, mais jé ne vois, pas qu’elle ‘soit si’ extraordinaire et si.

unique dans le monde; mème civilisé, qu’elle doivé passer en proverbe et'apprêter ‘à rire aux étrangers. °YŸ a-t-il beaucoup dé pays au monde où les ‘simples cultivateurs'soïent générale.

ment bien instruits ? ‘Ils ne l'étaient point du tout en France,

avant la'révolution, et ils le sont très pèu encore en Angleterre,

en Irlande, en Espagne, en Allemagne, &c. Toute la différence qu'il y a entre les paysans de tés contrées et'nos agriculteurs,

c'est que chez ceux-là l'instruction paraît stationnaire, tandis

qu'ici elle fait évidemment des progrès rapides. * Dans tout pays, le peuple, et'surtout la classe des paysans,

n'a jamais parlé, et ne parlera jamais qu'une seule langue; et

en 8 qui ne savent ni lire ni écrire, cela passe lé 5% de F 1e8 ft TRS: * Co CAPE EN , ”" 07

258 Wufè et Montealr.

c'est dens sa langue maternelle qu'il doit apprendre les premiers rudimens de l’édication. Le dessein de faire changer de langue à un peuple, ou de l’obliger à savoir déux langues, 'n'est ja entré, et nes jamais dans la tète d’un législateur sensé, Rien ne dépare tant un idiome que leg mots et les tours barbares qu'on y introduit, Mal à propos; et, les personnes qui. ont, à cœur la pureté de leur langue devraient réprouver de tout leur pouvoir, et tourner en ridicule, cette manie d’anglifier le français, qui paraît devenir plus générale de jour en Jour. ,Qn ne, peut s'empêcher d’être surpris, en voyant Comme on défigure, dans ce pays, la première comme la plus universelle des langues, de l'Europe. Les étrangers se font gloire de bien parler le français; et cette langue est présentement, dans presque tous les pays de l’Europe, une branche essentielle de l’éducations, et nous, qui avons l’avantage de Îa parler naturellement, nous en faisons âsses peu de cas pour la défigurer. Combien de fautes ne rearque-t-on pas dans la manière dont prononcent, cetle langue des personnes, qui, vu l'éducation qu’elles ont reçue et lés maîtres sous lesquels elles ont étudié, devraient la, prononcer parfaitement bien. Que de fautes de construction, ,

d'ange mériout, d'autres: ne Knt-ls pes en écrivant À

WOLFE ET MONFGALM.

j Harsquune rivalité interminable entretient l’ini eux, na 1 - w qh ’ 3 J e i

déux partis cherchent à se distinguer par des actions héroïques. La. bataille. de:St.. Abr. en Canads, .en offre l'exemple.

Les Anglais, jaloux de la prospérité dont la colonie française : uissait “dans cette partie de l'Amérique Septentrionale, résourent, taquer Québec. Cette ville était défendue paï cinq .

jouissent

au mille hommes, sous les ordres du perquis de MonrcaLm,'

éral WOoLFE assiégea la placé avec huit. mille hommes, de Cats une actilarie foi deble, êt se rendit \maitre des bauteurs qui dominaient la ville du côté où-elle était le. moins.

fortifiée, Le marquis de Montcalm voyant le danger auquel il.

allait se trouver exposé, se décida à livrer bataille, et elle eut lieu, Les, deux armées combattirent avec une égale valeur. Le générak Wolfe d'abord bléssé au poignet, ensuite a laine, se

tnt, constamment à la tête de ses troipes, et ce ne fut qu'au

moment où reçut un coup de feu dans la poitrine, qu’il consentit à se fai

succés de ls journée. Tout à coup ces cris répétés, ss fuient,

nab initié. entre | ons, léurs guerres sont, sanglantes, opiniâtres, et les |

re transporter sur les derniers rangs. Près d'ex- . pirer, il ne pensait point à la mort, et n'était occupé que du

PE Me €

Le Bibliomane. 239 ils fuient ! retentissent à son oreille. 11 soulève sa tête, et demande aveè inquiétude av sont les fuyards. ‘ Ce sont les Français, lui dit-on. Les Français! répondit-il, avec l'accent à la joie, je meurs content.” Un moment après il n'éxistait

us. LA 1 $ bc Co à le combat continüe avec un acharñeïnent incroyable. Mocxron succède à Wolfe; mais atteint comme lui à la poitrine, il est forcé de céder le commandement àu général Towsend. Alors le marquis de Montcalm reçoit üne blessure mortelle, et la victoire si longtems incertaine se décide pour les Anglais. Moritçalm apprenant cette fatale nouvelle, néppiontts de sa blessure, et: s’écrie: ‘ Je rends grâces à la providence, jé ne serai pas témoin de là reddition de Québec.” , Il mourut et effet avant que gets ville ne-tombât au pouvoir de l'ennemi.

Le corps du général Wolfe fut port à Angleterre, et ënterré à Westminster, dans là. sépulture des fois. Celui de Montcalm resta en Canada, et, fut déposé dans un ge que fit une bômbe dans l'église des. Ursulines de Québec; l’Académie des Belles-lettres de Paris, composä l’inscripti à Qui fut. placée sûr s4 tombe.—Beautés de l'Histoire Militaire.

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